MANIFESTE POUR LES MISSIONS LOCALES : UN ENGAGEMENT ESSENTIEL POUR L'AVENIR DES JEUNES

Signataires récents:
jenny BURTEY et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

Face à la baisse des financements, nous lançons l’alerte.
Les Missions Locales accompagnent chaque année des milliers de jeunes vers l’emploi, l’autonomie et la dignité. Pourtant, alors que les besoins augmentent, les moyens diminuent.

Ce manifeste exprime notre engagement pour défendre un accompagnement de qualité, équitable et durable. En le signant, vous soutenez celles et ceux qui œuvrent au quotidien pour que chaque jeune ait une chance réelle de construire son avenir.

 

Un paradoxe préoccupant : des besoins croissants, des moyens en diminution

Dans un contexte où l’insertion professionnelle des jeunes constitue un enjeu majeur, les Missions Locales jouent un rôle clé en accompagnant ceux qui rencontrent le plus de difficultés. Pourtant, alors que ces besoins d'accompagnement augmentent du fait des modifications engendrées par la loi pour le Plein Emploi, notamment pour l'accompagnement des jeunes les plus en difficulté, les financements alloués à ces structures essentielles connaissent une réduction significative. Cette évolution interroge et appelle une prise de conscience collective, d’autant plus qu’aucune évaluation financière récente n’a été menée sur les Missions Locales et les autres dispositifs d’insertion, rendant ces décisions budgétaires encore plus préoccupantes.

Chaque jour, nos équipes accompagnent des milliers de jeunes vers une insertion durable en adaptant les solutions à leurs parcours et aux obstacles qu’ils rencontrent. Il est aujourd’hui impératif de préserver et renforcer ces dispositifs pour garantir un avenir à ces jeunes et répondre aux défis sociaux et économiques actuels.

 

 

 

 

Les Missions Locales face à une baisse des financements en 2025

Une fausse économie aux lourdes conséquences

L’accompagnement des jeunes vers l’emploi ne se limite pas à une mise en relation avec le marché du travail, mais repose sur un travail de fond pour lever les freins à l’insertion. Aujourd’hui, les Missions Locales jouent un rôle fondamental en soutenant des jeunes qui ne sont ni autonomes ni immédiatement employables. Ces jeunes cumulent des freins qui les empêchent d’accéder durablement à un emploi : absence de qualification, difficultés de mobilité, problèmes de logement, précarité sociale et familiale, manque d’expérience et parfois des troubles de santé ou des problématiques de confiance en soi.

Une baisse de financement qui fragilise l’accompagnement de 6500 jeunes à La Réunion 

La diminution des financements des Missions Locales implique directement une réduction des ressources humaines. En 2025, cela se traduira par la suppression de 26 postes, privant 6500 jeunes d’un accompagnement adapté et entraînant mécaniquement une augmentation du nombre de jeunes suivis par conseiller. Moins de moyens humains signifie un accompagnement moins approfondi, compromettant la levée des freins et la sécurisation du parcours des jeunes les plus éloignés de l’emploi.

Face à cette contrainte, les Missions Locales n’auront d’autre choix que de réorienter certains jeunes non prêts à l’emploi dès la fin de leur période contractuelle d’accompagnement (PACEA ou CEJ). Non pas parce qu’ils sont prêts, mais parce qu’il faudra prioriser l’accompagnement des autres jeunes. Or, nous savons que l’insertion professionnelle des jeunes les plus fragiles ne se fait pas en une seule séquence : ils ont besoin de temps et de la complémentarité de plusieurs dispositifs pour atteindre l’emploi durable.

Le risque d’exclure une partie des jeunes réunionnais d’un accompagnement vers l’emploi

La loi pour le plein emploi ambitionne d’améliorer l’accompagnement des demandeurs d’emploi et de renforcer la coopération entre les acteurs du service public de l’emploi.

A ce titre, elle est venue conforter le rôle des Missions Locales en tant qu’opérateur spécialisé du Réseau pour l’Emploi en matière d’insertion sociale et professionnelle des jeunes, avec une répartition claire des publics selon leurs besoins :

  • les jeunes nécessitant une aide plus étendue, dépassant l’orientation professionnelle, et leur permettant d’élaborer un projet d’insertion, sociale et professionnelle, et de le mettre en œuvre dans tous les aspects de la vie quotidienne
  • tandis que les jeunes plus proches de l’emploi seront accompagnés par France Travail

Faute de moyens suffisants pour accueillir et accompagner les jeunes les plus éloignés de l’emploi selon leurs besoins et sur la durée, c’est tout un pan des jeunes réunionnais qui sera oublié

Les conséquences :

  • Des refus répétés des employeurs faute d’expérience.
  • Une précarité accrue avec des contrats courts et non adaptés.
  • Un décrochage et une sortie du système sans solution durable.

Sur le long terme, cela se traduira par un coût social plus élevé : recours prolongé aux aides sociales, besoins accrus en accompagnement d’urgence et une insertion encore plus difficile.

Investir dans les Missions Locales, c’est faire des économies à long terme

Chaque euro investi dans l’accompagnement global des Missions Locales permet d’éviter des dépenses bien plus lourdes dans le futur. Un jeune pris en charge par une Mission Locale peut espérer une sortie positive grâce à un travail progressif sur ses freins, lui permettant d’intégrer une formation qualifiante ou un emploi stable.

En revanche, un jeune réorienté par manque de moyens humains et financiers, sans dispositif spécifique pour l’aider à surmonter ses difficultés, risque de rester dans la spirale de l’exclusion.

Cette réduction budgétaire représente un choix politique lourd de conséquences, menaçant l’avenir de milliers de jeunes et engendrant des coûts sociaux et économiques bien plus élevés à long terme.

Loin d’être une dépense superflue, l’accompagnement des Missions Locales constitue un investissement stratégique pour l’avenir. Le réduire reviendrait à renoncer à des solutions durables et à aggraver la précarité sociale.

La question n’est donc pas “combien coûtent les Missions Locales aujourd’hui ?” mais “combien coûtera l’absence d’accompagnement demain ?”

Non-reconduction des actions du PIC et de la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté

Alors que les besoins en accompagnement des jeunes les plus vulnérables s’intensifient, les financements alloués aux Missions Locales subissent de nouvelles restrictions. Parmi celles-ci, la non-reconduction des actions du Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC) et de la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté constitue une perte majeure pour les dispositifs d’accompagnement, impactant directement les jeunes en difficulté.

Inéligibilité des Missions Locales aux appels à projets O2R

En plus des restrictions budgétaires, les Missions Locales se trouvent exclues des appels à projets du dispositif O2R (Objectif Réussite Réinsertion). Cette inéligibilité limite leur capacité à innover et à répondre aux besoins spécifiques des jeunes qu’elles accompagnent, réduisant ainsi leur impact au sein des territoires.

Fin des crédits alloués aux parcours personnalisés pour les jeunes entre 16 et 18 ans en outre-mer : 945 jeunes en situation critique

La suppression du financement de ces parcours personnalisés plonge aujourd’hui 945 jeunes mineurs décrocheurs dans une précarité extrême, sans solution adaptée. Cette décision est d’autant plus incompréhensible que des dispositifs similaires continuent d’être financés dans l’Hexagone, notamment via l’AFPA. Cette inégalité de traitement renforce les fractures territoriales et compromet l’avenir de ces jeunes qui se retrouvent sans accompagnement structuré.

 

 

 

 

Baisse de l’enveloppe PACEA à La Réunion : une diminution alarmante

Depuis trois ans, les crédits alloués aux allocations PACEA à La Réunion connaissent une baisse drastique :

  • 2022 : 2,341 M€
  • 2023 : 2,104 M€
  • 2024 : 1,077 M€

Cette diminution de plus de 50 % en trois ans met en péril l’accompagnement des jeunes les plus en difficulté sur le territoire. Cette baisse contraint les Missions Locales à revoir leurs priorités, impactant à la fois la qualité de l’accompagnement et le nombre de jeunes suivis.

Financement DGEFP : Baisse de 5,8% et contraintes accrues

A. Baisse de l’enveloppe DGEFP pour 2025

L’enveloppe globale de la DGEFP pour les Missions Locales sera en baisse de 7% en 2025. Le taux de réserve budgétaire reste stable à 5,5%, mais cela ne compense pas la diminution globale des financements.

Impact pour les Missions Locales :

  • Moins de financements disponibles, entraînant des arbitrages budgétaires contraints.
  • Risque de réduction des effectifs et des moyens dédiés à l’accompagnement des jeunes.
  • Pressions accrues sur les Missions Locales pour justifier leurs actions et leurs résultats.

B. Financement des ARML : une réduction aux effets concrets dès 2024 

Depuis 2024, les ARML ont subi une forte réduction de leur financement. Cette baisse contraint aujourd’hui les ARML à restreindre leur champ d’action et ne leur permet plus de mener des actions régionales à destination du réseau des Missions Locales. 

Aucune revalorisation n’est prévue en 2025 pour corriger cette perte de capacité d’animation régionale, alors même que les besoins de coordination sont en hausse.

C. Financement du Contrat d’Engagement Jeune (CEJ) : Baisse des moyens et vigilance accrue
Un forfait CEJ unique est envisagé au niveau national, mais cette standardisation risque d’ignorer les spécificités locales et de fragiliser davantage l’accompagnement des jeunes les plus éloignés de l’emploi.

Ce forfait sera en baisse, impactant directement les ressources des Missions Locales pour l’accompagnement des jeunes.

Les Missions Locales : un dispositif reconnu et efficace

Le PACEA : un parcours clé pour l’insertion des jeunes

Le Parcours Contractualisé d’Accompagnement vers l’Emploi et l’Autonomie (PACEA) constitue une réponse majeure aux besoins d’accompagnement des jeunes en difficulté. Ce dispositif permet un suivi individualisé et modulable selon la situation de chaque jeune, en combinant formation, immersion professionnelle, soutien social et financier. Il est un levier essentiel pour une insertion durable et réussie.

Les rapports institutionnels confirment le rôle central des Missions Locales dans l’insertion des jeunes, mettant en avant plusieurs points clés :

Un accompagnement global et personnalisé : Le rapport du Sénat (octobre 2021) met en avant l’importance des Missions Locales dans l’accompagnement des jeunes qui ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation (NEET). Elles jouent un rôle crucial en levant les freins liés à la santé, au logement et à la mobilité.

Une implantation territoriale forte et une mission de service public essentielle : Le rapport de l’IGAS (2016) rappelle que depuis les années 1980, les Missions Locales sont devenues des acteurs incontournables, touchant en 2015 près de 1,5 million de jeunes âgés de 16 à 25 ans. Leur présence territoriale leur permet d’être au plus proche des jeunes en difficulté.

Un acteur central dans la mise en œuvre des politiques publiques : Le rapport du Sénat (2017) souligne le rôle des Missions Locales dans l’application des dispositifs majeurs pour l’insertion des jeunes, comme le contrat d’insertion dans la vie sociale (CIVIS) et la Garantie jeunes. Elles sont un maillon indispensable entre les politiques publiques et les bénéficiaires.

Une activité en forte progression : Selon un article de la Banque des Territoires (octobre 2021), l’activité des Missions Locales a considérablement augmenté ces dernières années, traduisant la reconnaissance de leur utilité dans l’accompagnement des jeunes vers l’emploi et l’autonomie.

Les constats de la Cour des comptes : une alerte claire sur les fragilités des politiques jeunesse

Dans son rapport de mars 2025, la Cour des comptes confirme que les Missions Locales sont des acteurs essentiels des politiques jeunesse, mais souligne que leur efficacité est freinée par un manque de coordination avec France Travail, des dispositifs inégalement mobilisés et des moyens insuffisants. L'institution appelle à clarifier les compétences, renforcer les partenariats territoriaux et adapter les financements aux missions réellement exercées. Sans un soutien renforcé, les objectifs nationaux en matière de jeunesse risquent de rester hors d’atteinte

Efficacité et maîtrise des coûts

Les Missions Locales optimisent leurs ressources pour garantir un accompagnement efficace :

Un financement diversifié et stabilisé : Le rapport de l’IGAS (2016) indique qu’en 2014, les Missions Locales ont bénéficié d’un financement de 438 millions d’euros répartis entre l’État (232 millions d’euros, soit 53%) et les collectivités territoriales (206 millions d’euros, soit 47%). Cette capacité à mobiliser différents financeurs assure leur stabilité financière.

Un coût par jeune inférieur à d’autres dispositifs : Comparées à d’autres structures, les Missions Locales affichent un coût moyen par jeune accompagné inférieur à celui d’un accompagnement intensif par Pôle emploi, estimé à environ 1 500 euros par personne.

Une gestion efficace des ressources : Le rapport souligne que les Missions Locales ont su adapter leurs financements pour maintenir un haut niveau d’accompagnement malgré les variations des aides publiques.

Notre engagement pour l’insertion des jeunes

Les Missions Locales ne sont pas de simples dispositifs administratifs ; elles constituent un véritable levier d’intégration sociale et professionnelle. Nous réaffirmons notre engagement à :

  1. Accompagner chaque jeune vers une solution adaptée et durable : emploi, formation, service civique, entrepreneuriat.
  2. Répondre aux évolutions du monde du travail : développement des compétences numériques, transition écologique, nouvelles dynamiques d’emploi.
  3. Renforcer la collaboration avec les entreprises et les collectivités : mobiliser l’ensemble des acteurs pour créer des opportunités concrètes et durables pour les jeunes.

 

 

 

 

 

🔷 Résolutions prioritaires – Les piliers de notre engagement

1-Restaurer et renforcer les financements des Missions Locales

  • Rétablir les niveaux de financement antérieurs au Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC) et à la Stratégie Pauvreté.
  • Réévaluer les enveloppes PACEA, CEJ et DGEFP à hauteur des besoins réels d’accompagnement, notamment dans les territoires ultramarins.
  • Garantir une indexation des financements sur l’évolution du nombre de jeunes accompagnés et sur les indicateurs de précarité. 

2-Garantir l’équité territoriale et la reconnaissance des spécificités locales 

  • Assurer une égalité de traitement entre l’Hexagone et l’Outre-mer dans les politiques de jeunesse.
  • Prendre en compte les réalités sociales, économiques et géographiques dans la définition des forfaits nationaux et dans les critères d’attribution des quotas CEJ. 

3-Revaloriser le rôle des Missions Locales dans l’architecture de France Travail 

  • Reconnaître juridiquement les Missions Locales comme co-acteurs de plein exercice dans le service public de l’emploi, en particulier pour les jeunes.
  • Clarifier les missions respectives entre France Travail et les Missions Locales pour éviter les redondances et les ruptures de parcours. 

4-Construire un pacte pluriannuel pour l’accompagnement des jeunes 

  • Mettre en place une contractualisation pluriannuelle entre l’État, les collectivités et les Missions Locales afin de garantir une stabilité et une visibilité budgétaire.
  • Impliquer les jeunes eux-mêmes dans la co-construction de ce pacte pour qu’il soit à la hauteur de leurs attentes.

 

🔷 Résolutions complémentaires – Pour un accompagnement plus juste et innovant 
 
1. Favoriser l’innovation et l’expérimentation 

  • Rendre les Missions Locales éligibles aux appels à projets O2R et à tout dispositif permettant de tester de nouveaux modèles d’accompagnement.
  • Encourager le financement de projets innovants à l’échelle locale, portés par les équipes de terrain. 

2. Soutenir les ARML pour renforcer l’animation territoriale 

  • Revaloriser le financement des ARML afin de leur permettre d’assurer pleinement leur rôle de coordination, de formation continue, et d’animation régionale.
  • Développer une ingénierie mutualisée entre les ARML et les collectivités pour consolider les actions locales. 

3. Réviser les critères de performance pour plus de justice sociale 

  • Intégrer des indicateurs qualitatifs (levée de freins, maintien en parcours, amélioration de la situation globale) en plus des indicateurs quantitatifs de sortie.
  • Adapter les objectifs de résultats aux publics les plus éloignés de l’emploi pour éviter les effets d’éviction. 

4. Lancer une évaluation nationale indépendante des Missions Locales

  • Réaliser une étude d’impact économique et social sur les effets de l’accompagnement des Missions Locales, en comparaison avec d'autres dispositifs d'insertion.
  • Identifier les leviers de renforcement de leur efficience et de leur impact à moyen et long terme. 

Engageons-nous ensemble pour l’avenir des jeunes !

Parce que l’insertion des jeunes est un enjeu collectif, nous appelons à un engagement fort et durable pour que les Missions Locales puissent poursuivre leur mission dans les meilleures conditions.

Soutenez notre manifeste et engageons-nous ensemble pour garantir à chaque jeune un avenir professionnel et citoyen.

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Jacques LOWINSKYLanceur de pétition

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Le problème

Face à la baisse des financements, nous lançons l’alerte.
Les Missions Locales accompagnent chaque année des milliers de jeunes vers l’emploi, l’autonomie et la dignité. Pourtant, alors que les besoins augmentent, les moyens diminuent.

Ce manifeste exprime notre engagement pour défendre un accompagnement de qualité, équitable et durable. En le signant, vous soutenez celles et ceux qui œuvrent au quotidien pour que chaque jeune ait une chance réelle de construire son avenir.

 

Un paradoxe préoccupant : des besoins croissants, des moyens en diminution

Dans un contexte où l’insertion professionnelle des jeunes constitue un enjeu majeur, les Missions Locales jouent un rôle clé en accompagnant ceux qui rencontrent le plus de difficultés. Pourtant, alors que ces besoins d'accompagnement augmentent du fait des modifications engendrées par la loi pour le Plein Emploi, notamment pour l'accompagnement des jeunes les plus en difficulté, les financements alloués à ces structures essentielles connaissent une réduction significative. Cette évolution interroge et appelle une prise de conscience collective, d’autant plus qu’aucune évaluation financière récente n’a été menée sur les Missions Locales et les autres dispositifs d’insertion, rendant ces décisions budgétaires encore plus préoccupantes.

Chaque jour, nos équipes accompagnent des milliers de jeunes vers une insertion durable en adaptant les solutions à leurs parcours et aux obstacles qu’ils rencontrent. Il est aujourd’hui impératif de préserver et renforcer ces dispositifs pour garantir un avenir à ces jeunes et répondre aux défis sociaux et économiques actuels.

 

 

 

 

Les Missions Locales face à une baisse des financements en 2025

Une fausse économie aux lourdes conséquences

L’accompagnement des jeunes vers l’emploi ne se limite pas à une mise en relation avec le marché du travail, mais repose sur un travail de fond pour lever les freins à l’insertion. Aujourd’hui, les Missions Locales jouent un rôle fondamental en soutenant des jeunes qui ne sont ni autonomes ni immédiatement employables. Ces jeunes cumulent des freins qui les empêchent d’accéder durablement à un emploi : absence de qualification, difficultés de mobilité, problèmes de logement, précarité sociale et familiale, manque d’expérience et parfois des troubles de santé ou des problématiques de confiance en soi.

Une baisse de financement qui fragilise l’accompagnement de 6500 jeunes à La Réunion 

La diminution des financements des Missions Locales implique directement une réduction des ressources humaines. En 2025, cela se traduira par la suppression de 26 postes, privant 6500 jeunes d’un accompagnement adapté et entraînant mécaniquement une augmentation du nombre de jeunes suivis par conseiller. Moins de moyens humains signifie un accompagnement moins approfondi, compromettant la levée des freins et la sécurisation du parcours des jeunes les plus éloignés de l’emploi.

Face à cette contrainte, les Missions Locales n’auront d’autre choix que de réorienter certains jeunes non prêts à l’emploi dès la fin de leur période contractuelle d’accompagnement (PACEA ou CEJ). Non pas parce qu’ils sont prêts, mais parce qu’il faudra prioriser l’accompagnement des autres jeunes. Or, nous savons que l’insertion professionnelle des jeunes les plus fragiles ne se fait pas en une seule séquence : ils ont besoin de temps et de la complémentarité de plusieurs dispositifs pour atteindre l’emploi durable.

Le risque d’exclure une partie des jeunes réunionnais d’un accompagnement vers l’emploi

La loi pour le plein emploi ambitionne d’améliorer l’accompagnement des demandeurs d’emploi et de renforcer la coopération entre les acteurs du service public de l’emploi.

A ce titre, elle est venue conforter le rôle des Missions Locales en tant qu’opérateur spécialisé du Réseau pour l’Emploi en matière d’insertion sociale et professionnelle des jeunes, avec une répartition claire des publics selon leurs besoins :

  • les jeunes nécessitant une aide plus étendue, dépassant l’orientation professionnelle, et leur permettant d’élaborer un projet d’insertion, sociale et professionnelle, et de le mettre en œuvre dans tous les aspects de la vie quotidienne
  • tandis que les jeunes plus proches de l’emploi seront accompagnés par France Travail

Faute de moyens suffisants pour accueillir et accompagner les jeunes les plus éloignés de l’emploi selon leurs besoins et sur la durée, c’est tout un pan des jeunes réunionnais qui sera oublié

Les conséquences :

  • Des refus répétés des employeurs faute d’expérience.
  • Une précarité accrue avec des contrats courts et non adaptés.
  • Un décrochage et une sortie du système sans solution durable.

Sur le long terme, cela se traduira par un coût social plus élevé : recours prolongé aux aides sociales, besoins accrus en accompagnement d’urgence et une insertion encore plus difficile.

Investir dans les Missions Locales, c’est faire des économies à long terme

Chaque euro investi dans l’accompagnement global des Missions Locales permet d’éviter des dépenses bien plus lourdes dans le futur. Un jeune pris en charge par une Mission Locale peut espérer une sortie positive grâce à un travail progressif sur ses freins, lui permettant d’intégrer une formation qualifiante ou un emploi stable.

En revanche, un jeune réorienté par manque de moyens humains et financiers, sans dispositif spécifique pour l’aider à surmonter ses difficultés, risque de rester dans la spirale de l’exclusion.

Cette réduction budgétaire représente un choix politique lourd de conséquences, menaçant l’avenir de milliers de jeunes et engendrant des coûts sociaux et économiques bien plus élevés à long terme.

Loin d’être une dépense superflue, l’accompagnement des Missions Locales constitue un investissement stratégique pour l’avenir. Le réduire reviendrait à renoncer à des solutions durables et à aggraver la précarité sociale.

La question n’est donc pas “combien coûtent les Missions Locales aujourd’hui ?” mais “combien coûtera l’absence d’accompagnement demain ?”

Non-reconduction des actions du PIC et de la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté

Alors que les besoins en accompagnement des jeunes les plus vulnérables s’intensifient, les financements alloués aux Missions Locales subissent de nouvelles restrictions. Parmi celles-ci, la non-reconduction des actions du Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC) et de la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté constitue une perte majeure pour les dispositifs d’accompagnement, impactant directement les jeunes en difficulté.

Inéligibilité des Missions Locales aux appels à projets O2R

En plus des restrictions budgétaires, les Missions Locales se trouvent exclues des appels à projets du dispositif O2R (Objectif Réussite Réinsertion). Cette inéligibilité limite leur capacité à innover et à répondre aux besoins spécifiques des jeunes qu’elles accompagnent, réduisant ainsi leur impact au sein des territoires.

Fin des crédits alloués aux parcours personnalisés pour les jeunes entre 16 et 18 ans en outre-mer : 945 jeunes en situation critique

La suppression du financement de ces parcours personnalisés plonge aujourd’hui 945 jeunes mineurs décrocheurs dans une précarité extrême, sans solution adaptée. Cette décision est d’autant plus incompréhensible que des dispositifs similaires continuent d’être financés dans l’Hexagone, notamment via l’AFPA. Cette inégalité de traitement renforce les fractures territoriales et compromet l’avenir de ces jeunes qui se retrouvent sans accompagnement structuré.

 

 

 

 

Baisse de l’enveloppe PACEA à La Réunion : une diminution alarmante

Depuis trois ans, les crédits alloués aux allocations PACEA à La Réunion connaissent une baisse drastique :

  • 2022 : 2,341 M€
  • 2023 : 2,104 M€
  • 2024 : 1,077 M€

Cette diminution de plus de 50 % en trois ans met en péril l’accompagnement des jeunes les plus en difficulté sur le territoire. Cette baisse contraint les Missions Locales à revoir leurs priorités, impactant à la fois la qualité de l’accompagnement et le nombre de jeunes suivis.

Financement DGEFP : Baisse de 5,8% et contraintes accrues

A. Baisse de l’enveloppe DGEFP pour 2025

L’enveloppe globale de la DGEFP pour les Missions Locales sera en baisse de 7% en 2025. Le taux de réserve budgétaire reste stable à 5,5%, mais cela ne compense pas la diminution globale des financements.

Impact pour les Missions Locales :

  • Moins de financements disponibles, entraînant des arbitrages budgétaires contraints.
  • Risque de réduction des effectifs et des moyens dédiés à l’accompagnement des jeunes.
  • Pressions accrues sur les Missions Locales pour justifier leurs actions et leurs résultats.

B. Financement des ARML : une réduction aux effets concrets dès 2024 

Depuis 2024, les ARML ont subi une forte réduction de leur financement. Cette baisse contraint aujourd’hui les ARML à restreindre leur champ d’action et ne leur permet plus de mener des actions régionales à destination du réseau des Missions Locales. 

Aucune revalorisation n’est prévue en 2025 pour corriger cette perte de capacité d’animation régionale, alors même que les besoins de coordination sont en hausse.

C. Financement du Contrat d’Engagement Jeune (CEJ) : Baisse des moyens et vigilance accrue
Un forfait CEJ unique est envisagé au niveau national, mais cette standardisation risque d’ignorer les spécificités locales et de fragiliser davantage l’accompagnement des jeunes les plus éloignés de l’emploi.

Ce forfait sera en baisse, impactant directement les ressources des Missions Locales pour l’accompagnement des jeunes.

Les Missions Locales : un dispositif reconnu et efficace

Le PACEA : un parcours clé pour l’insertion des jeunes

Le Parcours Contractualisé d’Accompagnement vers l’Emploi et l’Autonomie (PACEA) constitue une réponse majeure aux besoins d’accompagnement des jeunes en difficulté. Ce dispositif permet un suivi individualisé et modulable selon la situation de chaque jeune, en combinant formation, immersion professionnelle, soutien social et financier. Il est un levier essentiel pour une insertion durable et réussie.

Les rapports institutionnels confirment le rôle central des Missions Locales dans l’insertion des jeunes, mettant en avant plusieurs points clés :

Un accompagnement global et personnalisé : Le rapport du Sénat (octobre 2021) met en avant l’importance des Missions Locales dans l’accompagnement des jeunes qui ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation (NEET). Elles jouent un rôle crucial en levant les freins liés à la santé, au logement et à la mobilité.

Une implantation territoriale forte et une mission de service public essentielle : Le rapport de l’IGAS (2016) rappelle que depuis les années 1980, les Missions Locales sont devenues des acteurs incontournables, touchant en 2015 près de 1,5 million de jeunes âgés de 16 à 25 ans. Leur présence territoriale leur permet d’être au plus proche des jeunes en difficulté.

Un acteur central dans la mise en œuvre des politiques publiques : Le rapport du Sénat (2017) souligne le rôle des Missions Locales dans l’application des dispositifs majeurs pour l’insertion des jeunes, comme le contrat d’insertion dans la vie sociale (CIVIS) et la Garantie jeunes. Elles sont un maillon indispensable entre les politiques publiques et les bénéficiaires.

Une activité en forte progression : Selon un article de la Banque des Territoires (octobre 2021), l’activité des Missions Locales a considérablement augmenté ces dernières années, traduisant la reconnaissance de leur utilité dans l’accompagnement des jeunes vers l’emploi et l’autonomie.

Les constats de la Cour des comptes : une alerte claire sur les fragilités des politiques jeunesse

Dans son rapport de mars 2025, la Cour des comptes confirme que les Missions Locales sont des acteurs essentiels des politiques jeunesse, mais souligne que leur efficacité est freinée par un manque de coordination avec France Travail, des dispositifs inégalement mobilisés et des moyens insuffisants. L'institution appelle à clarifier les compétences, renforcer les partenariats territoriaux et adapter les financements aux missions réellement exercées. Sans un soutien renforcé, les objectifs nationaux en matière de jeunesse risquent de rester hors d’atteinte

Efficacité et maîtrise des coûts

Les Missions Locales optimisent leurs ressources pour garantir un accompagnement efficace :

Un financement diversifié et stabilisé : Le rapport de l’IGAS (2016) indique qu’en 2014, les Missions Locales ont bénéficié d’un financement de 438 millions d’euros répartis entre l’État (232 millions d’euros, soit 53%) et les collectivités territoriales (206 millions d’euros, soit 47%). Cette capacité à mobiliser différents financeurs assure leur stabilité financière.

Un coût par jeune inférieur à d’autres dispositifs : Comparées à d’autres structures, les Missions Locales affichent un coût moyen par jeune accompagné inférieur à celui d’un accompagnement intensif par Pôle emploi, estimé à environ 1 500 euros par personne.

Une gestion efficace des ressources : Le rapport souligne que les Missions Locales ont su adapter leurs financements pour maintenir un haut niveau d’accompagnement malgré les variations des aides publiques.

Notre engagement pour l’insertion des jeunes

Les Missions Locales ne sont pas de simples dispositifs administratifs ; elles constituent un véritable levier d’intégration sociale et professionnelle. Nous réaffirmons notre engagement à :

  1. Accompagner chaque jeune vers une solution adaptée et durable : emploi, formation, service civique, entrepreneuriat.
  2. Répondre aux évolutions du monde du travail : développement des compétences numériques, transition écologique, nouvelles dynamiques d’emploi.
  3. Renforcer la collaboration avec les entreprises et les collectivités : mobiliser l’ensemble des acteurs pour créer des opportunités concrètes et durables pour les jeunes.

 

 

 

 

 

🔷 Résolutions prioritaires – Les piliers de notre engagement

1-Restaurer et renforcer les financements des Missions Locales

  • Rétablir les niveaux de financement antérieurs au Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC) et à la Stratégie Pauvreté.
  • Réévaluer les enveloppes PACEA, CEJ et DGEFP à hauteur des besoins réels d’accompagnement, notamment dans les territoires ultramarins.
  • Garantir une indexation des financements sur l’évolution du nombre de jeunes accompagnés et sur les indicateurs de précarité. 

2-Garantir l’équité territoriale et la reconnaissance des spécificités locales 

  • Assurer une égalité de traitement entre l’Hexagone et l’Outre-mer dans les politiques de jeunesse.
  • Prendre en compte les réalités sociales, économiques et géographiques dans la définition des forfaits nationaux et dans les critères d’attribution des quotas CEJ. 

3-Revaloriser le rôle des Missions Locales dans l’architecture de France Travail 

  • Reconnaître juridiquement les Missions Locales comme co-acteurs de plein exercice dans le service public de l’emploi, en particulier pour les jeunes.
  • Clarifier les missions respectives entre France Travail et les Missions Locales pour éviter les redondances et les ruptures de parcours. 

4-Construire un pacte pluriannuel pour l’accompagnement des jeunes 

  • Mettre en place une contractualisation pluriannuelle entre l’État, les collectivités et les Missions Locales afin de garantir une stabilité et une visibilité budgétaire.
  • Impliquer les jeunes eux-mêmes dans la co-construction de ce pacte pour qu’il soit à la hauteur de leurs attentes.

 

🔷 Résolutions complémentaires – Pour un accompagnement plus juste et innovant 
 
1. Favoriser l’innovation et l’expérimentation 

  • Rendre les Missions Locales éligibles aux appels à projets O2R et à tout dispositif permettant de tester de nouveaux modèles d’accompagnement.
  • Encourager le financement de projets innovants à l’échelle locale, portés par les équipes de terrain. 

2. Soutenir les ARML pour renforcer l’animation territoriale 

  • Revaloriser le financement des ARML afin de leur permettre d’assurer pleinement leur rôle de coordination, de formation continue, et d’animation régionale.
  • Développer une ingénierie mutualisée entre les ARML et les collectivités pour consolider les actions locales. 

3. Réviser les critères de performance pour plus de justice sociale 

  • Intégrer des indicateurs qualitatifs (levée de freins, maintien en parcours, amélioration de la situation globale) en plus des indicateurs quantitatifs de sortie.
  • Adapter les objectifs de résultats aux publics les plus éloignés de l’emploi pour éviter les effets d’éviction. 

4. Lancer une évaluation nationale indépendante des Missions Locales

  • Réaliser une étude d’impact économique et social sur les effets de l’accompagnement des Missions Locales, en comparaison avec d'autres dispositifs d'insertion.
  • Identifier les leviers de renforcement de leur efficience et de leur impact à moyen et long terme. 

Engageons-nous ensemble pour l’avenir des jeunes !

Parce que l’insertion des jeunes est un enjeu collectif, nous appelons à un engagement fort et durable pour que les Missions Locales puissent poursuivre leur mission dans les meilleures conditions.

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Jacques LOWINSKYLanceur de pétition
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