Manifeste de La Maison Perchée - Pour une révolution de la santé mentale


Manifeste de La Maison Perchée - Pour une révolution de la santé mentale
Le problème
La Maison Perchée est un espace virtuel et physique d’entraide, de soutien, de rétablissement
et d’empouvoirement pour les jeunes adultes de 18 à 40 ans vivant avec un trouble psychique. Ouverte à toutes et à tous, La Maison Perchée a été fondée par et pour des personnes concernées ou sensibles à la souffrance psychique. Notre association s’appuie sur les principes de la pair-aidance et de la solidarité pour offrir des espaces d’échange, des ateliers créatifs et d’exploration de soi, permettant à chacun et chacune de trouver sa place et d’avancer à son rythme. Nous ne sommes ni une structure de soin, ni une institution : nous sommes une communauté engagée et ouverte sur le monde.
Nous croyons que la santé mentale ne doit pas être un parcours solitaire. À La Maison Perchée, nous créons un cadre bienveillant où l’expérience de chaque personne compte, où la parole des personnes concernées est valorisée et remet au centre celles et ceux qui, comme beaucoup d’entre nous, ont l’habitude d’être en marge.
Comme d’autres avant nous, nous croyons au rétablissement comme un processus individuel qui peut être aidé par la force du collectif. Nous savons que l'entraide, la solidarité et la pair-aidance sont des leviers puissants pour reprendre du pouvoir sur nos vies.
Nous, membres de La Maison Perchée, affirmons que la santé mentale est une question politique et sociétale, pas seulement individuelle.
Nous croyons dans les vertus de la pair-aidance. Parce qu’elle repose sur l’entraide, l’expérience partagée et la compréhension mutuelle des vécus. Elle permet de briser l’isolement, d’apporter de l’espoir et de redonner du pouvoir d’agir à toutes les personnes vivant avec des troubles psychiques. À La Maison Perchée, nous la considérons comme une force essentielle : une approche qui humanise le soin et ouvre des perspectives d’inclusion et d’émancipation.
Nous avons constaté combien la communauté, l'espace de parole et la déstigmatisation peuvent transformer des trajectoires et contribuer à un rétablissement plus rapide et plus pérenne.
À la Maison Perchée, nous faisons chaque jour le constat que le vivre-ensemble est possible. Personnes concernées ou non par les troubles psychiques, nous faisons société, nous partageons nos vies, sans distinction. Il est temps que cette expérience dépasse les murs de notre maison et se diffuse dans la société toute entière. Ensemble, nous nous sommes réunis et réunies pour demander une refonte profonde de la manière dont la société et le système de santé conçoivent la santé mentale.
Nous avons identifié trois axes prioritaires pour penser ce changement :
1. Sortir du tabou et déstigmatiser la santé mentale
Selon l’OMS, une personne sur cinq en France sera touchée par un trouble psychique au cours de sa vie. Pourtant, les discours dominants invisibilisent la réalité de la santé mentale et contribuent à renforcer la stigmatisation des personnes concernées.
Nous affirmons la nécessité de valoriser les échanges avec les personnes vivant avec des troubles psychiques, en reconnaissant la richesse de leurs expériences et la pertinence de leurs questionnements sur notre société. Nous revendiquons la place de la sensibilité, de la vulnérabilité et de leur acceptation comme des forces transformatrices, plutôt que comme des failles à corriger.
Nous défendons également la légitimité d’une perspective parfois dissonante face au cours dominant de la société. L’expérience des troubles psychiques peut révéler d’autres façons de percevoir le monde, questionnant l’organisation sociale, l’éducation, la banalisation des violences et l’impact des traumatismes. Ce regard critique ne doit pas être réduit au silence :
il est une voie essentielle pour repenser notre façon de vivre ensemble.
Nous plaidons pour une sensibilisation massive et systématique sur la santé mentale :
- Dans les médias, pour sortir des représentations caricaturales et alarmistes.
- Dans le monde du travail, avec des campagnes d’information pour comprendre le quotidien des personnes concernées.
- Dans le système éducatif, en intégrant la prévention et l’éducation à la santé mentale dès le plus jeune âge.
- En sensibilisant les professionnels et professionnelles de santé : infirmiers, infirmières, psychologues, psychiatres etc.
- En formant la population aux Premiers Secours en Santé Mentale, au même titre que les autres gestes de premiers secours.
2. Investir massivement dans la psychiatrie et les parcours de soin
La psychiatrie est le parent pauvre de la santé en France. Les parcours de soin sont insuffisants et inaccessibles pour de nombreuses personnes.
Nous exigeons un plan d’investissement ambitieux qui inclut :
- La fin d’une psychiatrie à plusieurs vitesses : il est impensable de constater qu’aujourd’hui, la plupart des Centres Médicaux Psychologiques doivent refuser l’accueil de personnes par manque de moyens.
- Un accès équitable à des soins psychiatriques dignes pour toutes et tous, sur l’ensemble du territoire — y compris en zones rurales, dans les quartiers défavorisés et pour les personnes en situation de grande précarité, notamment celles vivant à la rue.
- Un renforcement des parcours de soin pour offrir un suivi humain et adapté aux besoins réels des patientes et patients, en adoptant une approche holistique, qui aille au-delà de la prise en charge des périodes critiques.
- Une prise en charge complète des consultations en psychiatrie et en psychothérapie pour les personnes en affection longue durée par la Sécurité sociale.
- Un investissement dans la formation et la valorisation des soignants et soignantes, avec une revalorisation des salaires et des conditions de travail en psychiatrie.
- Une meilleure prise en compte de la place des proches et de leurs droits dans l’accompagnement des personnes vivant avec un trouble psychique.
- La création de parcours différenciés en fonction des tranches d’âge, pour mieux répondre aux besoins spécifiques des jeunes adultes.
3. Faire évoluer les pratiques en psychiatrie
Partout en France, la pair-aidance devient un pilier des parcours de rétablissement de milliers de personnes. Nous affirmons que les pairs aidants et aidantes devraient être des partenaires essentiels des équipes de soin en psychiatrie. Nous savons que les personnes concernées développent un savoir expérientiel unique, complémentaire à celui des soignants et soignantes, qui mérite d’être entendu et valorisé. Elles devraient pouvoir travailler ensemble, main dans la main, à se rétablir avec l’ensemble des équipes psychiatriques.
Il est urgent de repenser en profondeur les pratiques en psychiatrie. La psychiatrie doit évoluer vers des pratiques plus respectueuses des droits fondamentaux et de la dignité des personnes concernées. Si les pathologies empêchent parfois de prendre les bonnes décisions, nous voulons un accès à des ressources qui permettent de le faire. Trop de patients et patientes subissent encore la contention, l’isolement et les traitements imposés. Toutes les décisions liées au soin doivent respecter notre intégrité et notre consentement.
Nous demandons :
- Renforcer le respect du consentement et de l’autodétermination des personnes dans leur parcours de soin, puis dans leur parcours de rétablissement, en intégrant leurs aspirations de vie et en généralisant l’usage des Directives Anticipées en Psychiatrie.
- Un contrôle accru de la qualité du soin dans les établissements psychiatriques.
- Promouvoir des approches humaines et innovantes en santé mentale, en intégrant la pair-aidance, la co-construction des soins et la reconnaissance du savoir expérientiel tout au long des parcours.
- La fin des usages abusifs de la contention et de l’isolement, remplacés par des approches respectueuses basées sur l’apaisement et l’accompagnement.
- Des moyens humains pour veiller au bien-être des personnes hospitalisées sous contrainte et le maintien de leurs droits.
Aujourd’hui, la psychiatrie est trop souvent marquée par le manque de moyens, la contrainte et des pratiques qui peuvent éloigner plutôt que soutenir. Il est urgent d’imaginer et de bâtir une psychiatrie profondément humaine, qui accompagne avec bienveillance, soigne dans le respect et tient compte des spécificités de chaque personne. Une psychiatrie qui écoute, comprend et co-construit pour une évolution institutionnelle, permettant à chacun et chacune de trouver sa place, libre et digne.
Nous sommes la preuve que d'autres modèles sont possibles et qu'ils sont des leviers pour une meilleure prise en charge des personnes concernées, mais aussi pour la pérennité du système de soin et l'attractivité des métiers de la psychiatrie.
Nous appelons l’ensemble des décideurs et des décideuses, des responsables politiques, des professionnels et des professionnelles, des familles et de la société toute entière à nous écouter, à nous croire et à nous donner les moyens d’agir.
La Maison Perchée est un lieu d'espoir, d’actions. Un lieu où les utopies n’en sont plus. Chacun et chacune peut avoir un rôle à jouer dans ce grand changement à venir. Ensemble, montrons que la santé mentale est un sujet qui nous concerne toutes et tous, pour collectivement en prendre soin.
5 889
Le problème
La Maison Perchée est un espace virtuel et physique d’entraide, de soutien, de rétablissement
et d’empouvoirement pour les jeunes adultes de 18 à 40 ans vivant avec un trouble psychique. Ouverte à toutes et à tous, La Maison Perchée a été fondée par et pour des personnes concernées ou sensibles à la souffrance psychique. Notre association s’appuie sur les principes de la pair-aidance et de la solidarité pour offrir des espaces d’échange, des ateliers créatifs et d’exploration de soi, permettant à chacun et chacune de trouver sa place et d’avancer à son rythme. Nous ne sommes ni une structure de soin, ni une institution : nous sommes une communauté engagée et ouverte sur le monde.
Nous croyons que la santé mentale ne doit pas être un parcours solitaire. À La Maison Perchée, nous créons un cadre bienveillant où l’expérience de chaque personne compte, où la parole des personnes concernées est valorisée et remet au centre celles et ceux qui, comme beaucoup d’entre nous, ont l’habitude d’être en marge.
Comme d’autres avant nous, nous croyons au rétablissement comme un processus individuel qui peut être aidé par la force du collectif. Nous savons que l'entraide, la solidarité et la pair-aidance sont des leviers puissants pour reprendre du pouvoir sur nos vies.
Nous, membres de La Maison Perchée, affirmons que la santé mentale est une question politique et sociétale, pas seulement individuelle.
Nous croyons dans les vertus de la pair-aidance. Parce qu’elle repose sur l’entraide, l’expérience partagée et la compréhension mutuelle des vécus. Elle permet de briser l’isolement, d’apporter de l’espoir et de redonner du pouvoir d’agir à toutes les personnes vivant avec des troubles psychiques. À La Maison Perchée, nous la considérons comme une force essentielle : une approche qui humanise le soin et ouvre des perspectives d’inclusion et d’émancipation.
Nous avons constaté combien la communauté, l'espace de parole et la déstigmatisation peuvent transformer des trajectoires et contribuer à un rétablissement plus rapide et plus pérenne.
À la Maison Perchée, nous faisons chaque jour le constat que le vivre-ensemble est possible. Personnes concernées ou non par les troubles psychiques, nous faisons société, nous partageons nos vies, sans distinction. Il est temps que cette expérience dépasse les murs de notre maison et se diffuse dans la société toute entière. Ensemble, nous nous sommes réunis et réunies pour demander une refonte profonde de la manière dont la société et le système de santé conçoivent la santé mentale.
Nous avons identifié trois axes prioritaires pour penser ce changement :
1. Sortir du tabou et déstigmatiser la santé mentale
Selon l’OMS, une personne sur cinq en France sera touchée par un trouble psychique au cours de sa vie. Pourtant, les discours dominants invisibilisent la réalité de la santé mentale et contribuent à renforcer la stigmatisation des personnes concernées.
Nous affirmons la nécessité de valoriser les échanges avec les personnes vivant avec des troubles psychiques, en reconnaissant la richesse de leurs expériences et la pertinence de leurs questionnements sur notre société. Nous revendiquons la place de la sensibilité, de la vulnérabilité et de leur acceptation comme des forces transformatrices, plutôt que comme des failles à corriger.
Nous défendons également la légitimité d’une perspective parfois dissonante face au cours dominant de la société. L’expérience des troubles psychiques peut révéler d’autres façons de percevoir le monde, questionnant l’organisation sociale, l’éducation, la banalisation des violences et l’impact des traumatismes. Ce regard critique ne doit pas être réduit au silence :
il est une voie essentielle pour repenser notre façon de vivre ensemble.
Nous plaidons pour une sensibilisation massive et systématique sur la santé mentale :
- Dans les médias, pour sortir des représentations caricaturales et alarmistes.
- Dans le monde du travail, avec des campagnes d’information pour comprendre le quotidien des personnes concernées.
- Dans le système éducatif, en intégrant la prévention et l’éducation à la santé mentale dès le plus jeune âge.
- En sensibilisant les professionnels et professionnelles de santé : infirmiers, infirmières, psychologues, psychiatres etc.
- En formant la population aux Premiers Secours en Santé Mentale, au même titre que les autres gestes de premiers secours.
2. Investir massivement dans la psychiatrie et les parcours de soin
La psychiatrie est le parent pauvre de la santé en France. Les parcours de soin sont insuffisants et inaccessibles pour de nombreuses personnes.
Nous exigeons un plan d’investissement ambitieux qui inclut :
- La fin d’une psychiatrie à plusieurs vitesses : il est impensable de constater qu’aujourd’hui, la plupart des Centres Médicaux Psychologiques doivent refuser l’accueil de personnes par manque de moyens.
- Un accès équitable à des soins psychiatriques dignes pour toutes et tous, sur l’ensemble du territoire — y compris en zones rurales, dans les quartiers défavorisés et pour les personnes en situation de grande précarité, notamment celles vivant à la rue.
- Un renforcement des parcours de soin pour offrir un suivi humain et adapté aux besoins réels des patientes et patients, en adoptant une approche holistique, qui aille au-delà de la prise en charge des périodes critiques.
- Une prise en charge complète des consultations en psychiatrie et en psychothérapie pour les personnes en affection longue durée par la Sécurité sociale.
- Un investissement dans la formation et la valorisation des soignants et soignantes, avec une revalorisation des salaires et des conditions de travail en psychiatrie.
- Une meilleure prise en compte de la place des proches et de leurs droits dans l’accompagnement des personnes vivant avec un trouble psychique.
- La création de parcours différenciés en fonction des tranches d’âge, pour mieux répondre aux besoins spécifiques des jeunes adultes.
3. Faire évoluer les pratiques en psychiatrie
Partout en France, la pair-aidance devient un pilier des parcours de rétablissement de milliers de personnes. Nous affirmons que les pairs aidants et aidantes devraient être des partenaires essentiels des équipes de soin en psychiatrie. Nous savons que les personnes concernées développent un savoir expérientiel unique, complémentaire à celui des soignants et soignantes, qui mérite d’être entendu et valorisé. Elles devraient pouvoir travailler ensemble, main dans la main, à se rétablir avec l’ensemble des équipes psychiatriques.
Il est urgent de repenser en profondeur les pratiques en psychiatrie. La psychiatrie doit évoluer vers des pratiques plus respectueuses des droits fondamentaux et de la dignité des personnes concernées. Si les pathologies empêchent parfois de prendre les bonnes décisions, nous voulons un accès à des ressources qui permettent de le faire. Trop de patients et patientes subissent encore la contention, l’isolement et les traitements imposés. Toutes les décisions liées au soin doivent respecter notre intégrité et notre consentement.
Nous demandons :
- Renforcer le respect du consentement et de l’autodétermination des personnes dans leur parcours de soin, puis dans leur parcours de rétablissement, en intégrant leurs aspirations de vie et en généralisant l’usage des Directives Anticipées en Psychiatrie.
- Un contrôle accru de la qualité du soin dans les établissements psychiatriques.
- Promouvoir des approches humaines et innovantes en santé mentale, en intégrant la pair-aidance, la co-construction des soins et la reconnaissance du savoir expérientiel tout au long des parcours.
- La fin des usages abusifs de la contention et de l’isolement, remplacés par des approches respectueuses basées sur l’apaisement et l’accompagnement.
- Des moyens humains pour veiller au bien-être des personnes hospitalisées sous contrainte et le maintien de leurs droits.
Aujourd’hui, la psychiatrie est trop souvent marquée par le manque de moyens, la contrainte et des pratiques qui peuvent éloigner plutôt que soutenir. Il est urgent d’imaginer et de bâtir une psychiatrie profondément humaine, qui accompagne avec bienveillance, soigne dans le respect et tient compte des spécificités de chaque personne. Une psychiatrie qui écoute, comprend et co-construit pour une évolution institutionnelle, permettant à chacun et chacune de trouver sa place, libre et digne.
Nous sommes la preuve que d'autres modèles sont possibles et qu'ils sont des leviers pour une meilleure prise en charge des personnes concernées, mais aussi pour la pérennité du système de soin et l'attractivité des métiers de la psychiatrie.
Nous appelons l’ensemble des décideurs et des décideuses, des responsables politiques, des professionnels et des professionnelles, des familles et de la société toute entière à nous écouter, à nous croire et à nous donner les moyens d’agir.
La Maison Perchée est un lieu d'espoir, d’actions. Un lieu où les utopies n’en sont plus. Chacun et chacune peut avoir un rôle à jouer dans ce grand changement à venir. Ensemble, montrons que la santé mentale est un sujet qui nous concerne toutes et tous, pour collectivement en prendre soin.
5 889
Voix de signataires
Mises à jour sur la pétition
Partager la pétition
Pétition lancée le 5 mars 2025