Catherine LORENZIFrance
May 21, 2018
MERCI MERCI À VOUS TOUS ET À TOUS LES INTERVENANTS La ferme de Bois Luzy ne pourra être sauvée, malheureusement. Il aurait fallu pour cela, une conjonction de plusieurs paramètres indispensables : -Un propriétaire, aujourd'hui décédé, désireux de prévoir sa succession et de protéger son bien ( par un classement au PLU, par ex). -des héritiers désireux de conserver et de rénover la bâtisse, ou bien de ne la vendre qu'à fin de rénovation, et non de destruction. -des voisins et riverains motivés, prêts à faire des recours contre le permis dans les temps impartis par la loi, voire à se mobiliser par le biais d'une association. -Une préemption du lieu par la mairie pour le transformer en lieu de vie sociale ( centre aéré ou lieu de convivialité pour les seniors). Aujourd'hui, il est trop tard pour ces solutions, et il n'était pas raisonnable d'attendre un miracle, même s'il s'agissait ici d'une chapelle... Cependant, la pétition n'est pas un échec, bien au contraire. Votre mobilisation, qui était aussi la notre, a abouti à une autre mobilisation, suffisamment inédite pour être vécue comme une victoire : la DRAC, la Mairie du XIIe, K&B, l'INRAP, ont fait preuve d'une écoute qui n'avait jamais eu lieu jusque là. Avec eux, nous avons pu "sauver les meubles", même si nous ne sauverons pas les murs. Le 20 avril dernier s’était tenue en mairie du 11°/12° arrondissements de Marseille une réunion, dont nous vous avons rendu compte, au cours de laquelle le Directeur régional Provence-Alpes-Côte d’Azur des affaires culturelles avait annoncé l’ouverture par arrêté préfectoral d’un diagnostic archéologique sur le site de Bois-Luzy (voir précédente mise à jour). Ce mardi 15 mai dernier à 17 H 45 une seconde réunion a rassemblé en mairie, avec la présence remarquable de l’archéologue responsable du chantier de fouilles, les mêmes intervenants dans le but de faire connaître les résultats du diagnostic réalisé. Une volonté exceptionnelle de communication La Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), en la personne de son directeur, monsieur Marc Ceccaldi, qui se déplaçait pour la seconde fois pour Bois-Luzy, d’une part, le Groupe immobilier Kaufman & Broad, ayant lui-même souhaité la tenue de cette réunion, d’autre part, la mairie de secteur, enfin, ont manifesté une volonté de communication tout à fait exceptionnelle. Il convient, en effet, de remarquer qu’une telle réunion de restitution des résultats de fouilles, par le responsable même du chantier archéologique, ne s’est jamais produite dans de telles conditions. Il convient également de souligner que cette réunion intervenait à l’issue immédiate du diagnostic archéologique et avant même toute intervention pour travaux de l’aménageur, en plein accord avec la DRAC et la mairie. Cette démarche de restitution et de concertation est la conséquence, au premier chef, du soutien apaisé et déterminé, réfléchi et raisonné que vous avez apporté à Bois-Luzy, à sa ferme et à sa chapelle. Avec Jean Noël Beverini nous sommes même amenés à considérer que cette « communication », véritable « dialogue » permanent marqué par une écoute et un respect réciproques entre les intervenants (DRAC, INRAP, Mairie, Groupe Kaufman & Broad, auteure de la pétition, CIQ, historiens et particuliers) constitue le principal apport de cet engagement pour Bois-Luzy. La nécessité d’une concertation a été unanimement reconnue et souhaitée pour l’avenir et le très proche futur. Acceptons-en l’augure. Bois-Luzy, malgré sa modeste dimension, confirme après « la Corderie » cette nouvelle orientation prise dans la perception et le « traitement » du patrimoine à Marseille. Que chaque intervenant en soit remercié et, nous n’hésitons pas à l’écrire, le Groupe Kaufman & Broad et ses deux directeurs, messieurs Guillaume SEDE et Clément Philip-Joet. Restitution de l’archéologue responsable des fouilles Monsieur Bernard Silano, archéologue de l’INRAP et directeur du chantier de fouilles, a commenté les résultats de son intervention dans son intégralité et en totale transparence en remettant à chaque participant un dossier photographique. Là encore la démarche est tout à fait exceptionnelle. Par respect pour son travail et la très prochaine publication de son Rapport, nous choisissons de ne pas dévoiler, en l’attente de sa publication, les fruits du diagnostic tout en pouvant révéler les points suivants : - la datation de la chapelle est bien du XVII° siècle, - les murs en élévation, sol et sous-sol ont été explorés (-1,50 M.) - aucune sépulture n’a été trouvée, - le pavement d’origine en partie détruit a été prélevé, - des céramiques à décor datant du dernier quart du XVII° siècle ont été découvertes (décor incisé polychrome), - un parallèle est établi avec la chapelle de la Capelette (1656), - les caractéristiques de la chapelle, grâce aux relèvements effectués, permettent la mise en correspondance de l’édifice avec l’histoire de Marseille, élément essentiel pour l’archéologue et l’historien, - outre les éléments précités et préservés, le porche de la chapelle sera démonté par les soins de Kaufman & Broad et conservé au Dépôt archéologique de Marseille. Remerciements Au terme de cette dernière mise à jour, je tiens à remercier chacune et chacun de vous pour le soutien apporté à cette cause, en vous priant de partager cette satisfaction d’avoir contribué à l’instauration d’un nouvel état d’esprit de concertation dans la façon d’appréhender et de défendre le patrimoine de Marseille, bien commun et richesse de notre Terroir. En défendant le patrimoine, ce n’est pas le passé que nous défendons ; c’est l’homme et son histoire. Nous ajouterons à cette réflexion cette pensée d’Albert Camus : « Vivre, c’est ne pas se résigner » Merci à chacune et à chacun de vous.
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