Обновление к петицииIl faut sauver la ferme de Bois LuzyUNE LETTRE ENVOYEE À JEAN CLAUDE GAUDIN
Catherine LORENZIФранция
3 мар. 2018 г.
Notre (relatif) silence de ces derniers jours sur le web ne sous entend pas du tout notre inaction pour le sauvetage du corps de ferme, bien au contraire! Une visite de la ferme a eu lieu il y a peu de temps, elle confirme l'intérêt du bâtiment. Une lettre au Maire de Marseille a été envoyée par Jean Noël BEVERINI. Vous pouvez la lire ci dessous. Nous attendons avec impatience une réaction positive de Jean Claude Gaudin. Monsieur Jean-Claude Gaudin Maire de Marseille Hôtel de ville 1, quai du Port 13233 Marseille Cedex 20 Objet : Chapelle de Bois-Luzy. Cher Monsieur le Maire, J'ai l'honneur d'appeler personnellement votre attention sur un vestige de notre patrimoine marseillais situé dans le 12° arrondissement et connu sous le nom de " chapelle de Bois-Luzy ". Cette chapelle, modeste dans son apparence extérieure, est riche d'une histoire particulièrement unique dans la mesure où elle appartenait au domaine bastidaire de la lignée des Gaillard de Longjumeau qui donnèrent à Marseille un de vos lointains prédécesseurs en la personne de Joachim de Gaillard, maire de Marseille (1° consul) à la veille de la Révolution. Cette appartenance suffirait à attribuer au lieu une exceptionnelle qualité à laquelle je ne doute pas que vous soyez particulièrement sensible. Elle ne saurait cependant à elle seule justifier ma présente démarche. Une chapelle marseillaise modeste mais remarquable Famille de haute noblesse française, les Gaillard de Longjumeau s'installèrent en Provence à la fin du XVI° siècle. En 1521 Michel de Gaillard avait épousé une fille illégitime de Charles d'Orléans et demi-sœur de François Ier. Devenus provençaux, les Gaillard de Longjumeau donnèrent des conseillers à la Cour des Comptes et au Parlement d'Aix-en-Provence avant que l'un d'eux soit appelé à conduire les destinées de Marseille. Le grand oncle de Joachim, Pierre de Gaillard, commandait sur nos côtes en 1696 une galère de l'Ordre de Malte nommée Le Saint-Louis . Georges Bergoin, dont vous avez décidé d'honorer, le mois prochain, la mémoire par l'attribution de son nom à une esplanade, aurait été sensible à ce rappel et certainement à ma démarche. Cette chapelle de Bois-Luzy (dont l'ancienneté est dite remonter au XVIII° siècle mais qui pourrait dater du XVII° selon les écrits de monsieur Paul Nougier) est la leur. Or, rien ne rappelle aujourd'hui dans notre ville cette illustre famille. Je sais bien, cher monsieur le maire, combien vous aimez rappeler à vos invités et auditeurs l'histoire des différents premiers magistrats de la cité dont les noms ornent au premier étage de l'Hôtel de ville les cartouches situés dans le salon conduisant à votre Cabinet. Antérieur à la Révolution, Joachim de Gaillard n'y figure pas. Sa bastide a été détruite. Seule subsiste aujourd'hui, après plus de trois siècles, sa chapelle. Convient-il d'effacer ce dernier vestige de notre mémoire ? Faut-il rappeler également que le domaine bastidaire des Gaillard de Longjumeau jouxtait celui des Ruffi ? Nous sommes là sur des terres particulièrement illustres et profondément riches de l'histoire de Marseille par les noms qui les ont fréquentées. Une chapelle - mémoire Les éléments que j'ai pu réunir sur le site en question me conduisent à conclure au caractère tout particulièrement intéressant de l'édifice. Monsieur Georges Reynaud, dont il est inutile de rappeler la qualité déclare lui-même : -" Même si elle est désaffectée depuis longtemps, c'est l'une des dernières chapelles privées dépendant du XVIII° siècle, miraculeusement préservées ". Le site n'a jamais été étudié Cette parcelle n'a jamais connu de bouleversements structurels depuis des siècles. Les lieux sont restés en l'état. Ceci est exceptionnel au sein d'un espace qui a lui-même été sujet à des mutations successives par l'édification de nombreuses constructions pavillonnaires ou collectives. Ce maintien " en l'état d'origine ", véritable glacis historique, est en lui-même et en pleine ville aujourd'hui, une richesse exceptionnelle et conduit raisonnablement à étudier scientifiquement le terrain sur lequel s'élève la chapelle et sur la zone agricole attenante. Le site peut recéler et révéler une richesse qui ne serait pas surprenante. Le Trésor d'Auriol fut ainsi découvert sur des terres agricoles. Il me semble indispensable de procéder avant tout mouvement à une étude approfondie du site. J'ai déjà transmis cette demande au directeur régional des affaires culturelles, monsieur Marc Ceccaldi qui, par réponse du 16 février dernier, m'indique que l'on peut, en effet, " s'inquiéter de la disparition de ces vestiges d'un domaine bastidaire (comme il en existait des centaines à Marseille) … ". Les deux réflexions de monsieur Georges Reynaud, d'une part, et du directeur régional de la DRAC, d'autre part, me confortent dans ma démarche. L'attachement, par ailleurs, des marseillais à la préservation de la chapelle est une motivation supplémentaire et loin d'être négligeable. Sur ces fondements, je vous serais reconnaissant, cher monsieur le maire, d'appuyer de toute votre autorité cette demande d'étude scientifique et archéologique du site avant toute opération immobilière. Une chapelle - dernière mémoire Avant toute destruction, ne convient-il pas de réfléchir, de faire œuvre d'homme et de d'intelligence ? Il y a trois siècles, à Marseille, un homme et une famille ont décidé d'élever en leur domaine une chapelle. Quel droit avons-nous de considérer nulle et non avenue leur décision ? Quel droit, trois siècles plus tard, avons-nous de la rayer de la carte alors qu'elle a traversé " miraculeusement " les siècles et qu'elle ne menace absolument pas ruine ? Devant de tels vestiges de notre passé, Mistral n'écrivait-il pas : " Aco' s lou signe de famiho Aco' s lou sacramen qu'is Avi joun li fieu Aco's lou fieu Que tèn lou nis dins La Ramiho ". (C'est là le signe de la famille ; c'est le sacrement qui unit le fils aux aïeux; c'est le fil qui tient le nid dans la ramée). Mistral était confrère de l' Académie de Marseille. Sauvant la chapelle, nous sauvons un peu l'âme de la Provence. De la Provence Mistralienne, l'âme de Marseille. Nietzsche, de son côté, ne déplorait-il pas " l'état d'une nation qui a perdu la piété envers son passé ? " Et nous parlons là d'une chapelle. Un Marseille qui délaisse ou délaisserait son passé est ou serait un Marseille intérieurement mort. Un peuple ou une ville qui détruit les marques de son histoire ancestrale " crée une rupture avec la métaphysique inconsciente de ses origines et toutes les conséquences morales qui en découlent " comme le déclarait notre regretté confrère le docteur Philippe Hiély. L'évolution, le développement économique ne sauraient être contestés mais dans le respect de la culture ancestrale. Et cette modeste chapelle, " une des dernières chapelles privées bastidaires " de notre terroir marseillais est partie intégrante de notre culture ancestrale, marseillaise et provençale. Je vous suis donc reconnaissant, cher monsieur le maire, de bien vouloir intervenir, en complément à mes démarches, auprès des services de l'État, déconcentrés et ministériels, comme auprès de nos propres services municipaux compétents, pour obtenir et assurer a minima sur ce site la préservation de la chapelle de Bois-Luzy. Les conditions de délivrance du permis de démolir et de construire, accordé le 26 septembre 2017, me semblent avoir regrettablement ignoré la haute qualité de cette chapelle au regard de notre histoire marseillaise. Je reste à votre entière disposition pour participer à toute réflexion conduite sur ce sujet. Je vous prie, cher Monsieur le Maire, de bien vouloir recevoir l'assurance de mes plus respectueuses salutations maritimes. Jean Noël BEVERINI
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