
3 novembre alle ore 12:05 ·
Conférence Catholique des Baptisé-e-s Francophones
Communiqué de presse 2 novembre 2018
Pédophilie : l’Eglise sanctionne…les briseurs de silence
L’éviction brutale du père Pierre Vignon de son poste à l’officialité de Lyon ne peut qu’interpeller, non seulement les cent mille signataires de sa pétition, mais tout catholique. Dans celle-ci, Pierre Vignon demandait la démission du cardinal Barbarin au motif qu’il ne s’était pas rangé du côté des petits, en l’occurrence les enfants abusés, alors que l’Évangile lui intimait de le faire.
Cette décision est lourde de conséquences.
Elle méconnaît le rôle de lanceur d’alerte du père Vignon. Alors qu’il aurait du être protégé et encouragé comme la loi l’impose désormais dans la sphère publique, il est sanctionné. Espère-t-on écarter le message en tuant le messager ?
Elle encourage le silence des prêtres quelques semaines après que l’institution se soit assigné un objectif de transparence.
Ces mêmes prêtres, qui dans ce contexte de crise institutionnelle, se retrouvent fragilisés dans leurs paroisses, endeuillés par deux exceptionnels et dramatiques cas de suicides, ont plus que jamais besoin de la confiance de leur hiérarchie et d’une parole libre.
En sanctionnant ses prêtres et en les contraignant à l’omerta, l’institution catholique prouve qu’elle est incapable de faire elle-même la lumière sur les faits de pédophilie qui lui sont reprochés.
Et de fait, cette mesure, qui est d’ordre disciplinaire, détonne avec la gravité de la question posée à l’Église au sujet de sa gestion de la crise et pour laquelle aucune décision n’est encore intervenue.
Dans ces conditions, la Conférence des Baptisé-e-s s’associe à la demande de Commission parlementaire d’enquête sur la pédophilie, afin qu’elle soit cette fois portée à l’Assemblée Nationale.
Par ailleurs cette décision est grave car elle pose la question du statut de la parole dans l’Église catholique. L’éviction du père Vignon, qui ne lui a même pas été signifiée personnellement, d’homme à homme, n’a rien à voir avec la qualité de son travail. Demander la démission d’un évêque n’altère en rien la qualité d’un jugement canonique.
Elle n’a pas davantage à voir avec la « perte de confiance » invoquée par Mgr Pontier. Par un étrange jeu de miroir, c’est le père Vignon à qui l’on n’accorde plus confiance, alors qu’il posait justement la question de la confiance à accorder au cardinal !
La Conférence des Baptisé-e-s s’insurge contre cette confiscation de la parole. Aucun catholique ne peut se laisser transformer en petit soldat dont la parole serait uniforme et courtisane. Le christianisme est la religion de la parole libre, non d’un discours imposé.
La Conférence des Baptisé-e-s ne peut accepter que ceux que nous appelons encore « nos évêques » usent de méthodes totalitaires qu’ils ont pourtant abondamment dénoncées dans le passé et contre lesquelles ils devraient être des remparts.
Pour la CCBF, la présidente, Anne Soupa
de la page Face-Book de la CCBF
Merci Mme Soupa,
Pour ce texte ajousté à la vérité. Et pour votre appreciation pour le livre dans lequel Père Vignon a été un co-auteur très précieux par ses compétences et son écoute ouvert aux victimes.
Merci d'avoir réagi !!! Nous sommes encore sous le choc !!!
Pour nous soutenir, nous les victime d'abus, vous trouverez dans cette lettre ouverte la signature du Père Pierre Vignon qui a étudié nos dossiers et soutenus plus qu'un d'entre nous et a prix position avec nous contre le clericalisme.
Sa démarche ici aussi est positive dans le sens de la lettre au Peuple de Dieu du Pape François.
Et égualement dans le cadre des travaux des co-auteurs du livre http://www.editions-mols.eu/publication.php?id_pub=173
Le CLERICALISME - racine de tous les abus, de pouvoir, de conscience, abus sexuels et financiers - que le Pape François dénonce avec Sa lettre au Peuple de Dieu est l'Accusateur des "lanceurs d'allert" contre les horreurs et les erreurs qui eux devraient etre sanctionnés plus que sérieusement pour éradiquer le Mal et protéger les plus faibles.
Pourquoi les autorités continuent à vouloir mentir à eux-meme ?
On ne construit RIEN avec le Mensonge, sourtout pas l'Eglise de Jésus Christ. Je veux encore croire - malgré les apparence - que la Vérité fera son chemin TOUTE SEULE finalement.
A nous d' "étre affamés et assouffé de Justice ..." en dénoncant les abus ouvertement PRO VERITATE ADVERSA DILIGERE.
Bien cordialement et avec gratitude pour votre action,
Renata PATTI