M. Macron, engagez-vous clairement pour une taxe sur les transactions financières

Le problème

Professeur de français, j'ai milité pendant une dizaine d'années dans une association de commerce équitable, Artisans du monde. En 2007 éclate la crise des Subprimes. Elle déclenche en moi une prise de conscience. Je réalise alors, pour reprendre une expression devenue célèbre, que "la finance est mon ennemi". J'ai beaucoup lu depuis sur le sujet. Maintenant, je souhaite agir.

Pour premier acte de son mandat, M. Macron a voulu donner des gages de sa bonne volonté au puissant et très actif lobby bancaire. Il a réclamé, par l'entremise de M. Lemaire, un report de la réunion des ministres de l'économie de la zone euro qui devaient signer, enfin, un accord sur les modalités d'application d'une taxe sur les transactions financières (TTF) après quatre ans de négociations poussives et peu enthousiastes. 

L'argument invoqué pour justifier cette décision ne se donne même pas la peine d'être crédible : ce serait le ... Brexit, ce pelé, ce galeux, d'où vient tout le mal. On ne voit guère le rapport.

Les banques se sont bien sûr félicitées de l'ajournement de la réunion, qui éloignait le spectre menaçant d'une Taxe sur les Transactions Financières. Leur opiniâtre et savant travail de sape du projet de directive, amorcé dès 2011, portait à la fin ses fruits.

La nouvelle a en revanche profondément déçu la société civile, car la TTF telle qu'elle avait été conçue devait réduire les mouvements spéculatifs et permettre dans le même temps de lever bon an, mal an, quelques 35 milliards d'euros affectés en partie ou en totalité à la lutte contre un réchauffement climatique dont les conséquences sur notre planète s'avèrent déjà catastrophiques.

Il aurait été à bien des égards souhaitable que les médias de l'hexagone dénoncent avec vigueur la reculade du gouvernement français, peu soucieux de défendre l'intérêt général. Le malheur est qu'alors des événements autrement plus importants se déroulaient en France. M. Macron distribuait des poignées de mains plus ou moins fermes aux grands de ce monde. Chacune d'entre elles, engageant le destin de la France, faisait l'objet dans les journaux de commentaires subtils et d'analyses passionnantes.

Ne nous laissons pas divertir par cette information spectacle qui sacrifie l'essentiel au dérisoire et, imperturbables, déterminés, continuons à exiger au plus vite la mise en place de la taxe sur les transactions financières. Il ne faudrait pas que ce report devienne la première note d'un requiem... tant espéré par ces messieurs de la finance dont M. Macron fut dans une vie antérieure un brillant specimen.

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Denis VÉRITÉLanceur de pétitionJ'enseigne le français dans un collège. Lecteur assidu d'Alternatives économiques, je m'intéresse depuis longtemps à l'économie et particulièrement à la question de la fiscalité qui me semble être la clé de voûte d'une réforme en profondeur de la société.
Cette pétition avait 61 207 signataires

Le problème

Professeur de français, j'ai milité pendant une dizaine d'années dans une association de commerce équitable, Artisans du monde. En 2007 éclate la crise des Subprimes. Elle déclenche en moi une prise de conscience. Je réalise alors, pour reprendre une expression devenue célèbre, que "la finance est mon ennemi". J'ai beaucoup lu depuis sur le sujet. Maintenant, je souhaite agir.

Pour premier acte de son mandat, M. Macron a voulu donner des gages de sa bonne volonté au puissant et très actif lobby bancaire. Il a réclamé, par l'entremise de M. Lemaire, un report de la réunion des ministres de l'économie de la zone euro qui devaient signer, enfin, un accord sur les modalités d'application d'une taxe sur les transactions financières (TTF) après quatre ans de négociations poussives et peu enthousiastes. 

L'argument invoqué pour justifier cette décision ne se donne même pas la peine d'être crédible : ce serait le ... Brexit, ce pelé, ce galeux, d'où vient tout le mal. On ne voit guère le rapport.

Les banques se sont bien sûr félicitées de l'ajournement de la réunion, qui éloignait le spectre menaçant d'une Taxe sur les Transactions Financières. Leur opiniâtre et savant travail de sape du projet de directive, amorcé dès 2011, portait à la fin ses fruits.

La nouvelle a en revanche profondément déçu la société civile, car la TTF telle qu'elle avait été conçue devait réduire les mouvements spéculatifs et permettre dans le même temps de lever bon an, mal an, quelques 35 milliards d'euros affectés en partie ou en totalité à la lutte contre un réchauffement climatique dont les conséquences sur notre planète s'avèrent déjà catastrophiques.

Il aurait été à bien des égards souhaitable que les médias de l'hexagone dénoncent avec vigueur la reculade du gouvernement français, peu soucieux de défendre l'intérêt général. Le malheur est qu'alors des événements autrement plus importants se déroulaient en France. M. Macron distribuait des poignées de mains plus ou moins fermes aux grands de ce monde. Chacune d'entre elles, engageant le destin de la France, faisait l'objet dans les journaux de commentaires subtils et d'analyses passionnantes.

Ne nous laissons pas divertir par cette information spectacle qui sacrifie l'essentiel au dérisoire et, imperturbables, déterminés, continuons à exiger au plus vite la mise en place de la taxe sur les transactions financières. Il ne faudrait pas que ce report devienne la première note d'un requiem... tant espéré par ces messieurs de la finance dont M. Macron fut dans une vie antérieure un brillant specimen.

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Denis VÉRITÉLanceur de pétitionJ'enseigne le français dans un collège. Lecteur assidu d'Alternatives économiques, je m'intéresse depuis longtemps à l'économie et particulièrement à la question de la fiscalité qui me semble être la clé de voûte d'une réforme en profondeur de la société.

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Les décisionnaires

Emmanuel MACRON
Président de la République
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