
Collectif contre la suppression des 1res bac pro SN de l'académie de Caen
Feb 13, 2017
Nous faisons parvenir ce courrier à plusieurs élus : le maire de Cherbourg-en-Cotentin, le président de la communauté d'agglomérations du Cotentin, le 2e vice-président de la région Normandie. Faites suivre auprès du vôtre...
Cherbourg, le 13 février 2017
Objet : bac pro Systèmes Numériques – suppression de classes
Monsieur ....,
C'est à la personne chargée de défendre les intérêts de notre région que nous nous adressons.
Le rectorat de l'académie de Caen et la région Normandie viennent de prendre une décision qui va à l'encontre d'un développement cohérent de l'éducation dans notre région.
Cette décision consiste à supprimer les classes de Première bac pro SN (Systèmes Numériques) de cinq lycées :
- Tocqueville de Cherbourg-en-Cotentin ;
- Curie-Corot de Saint-Lô ;
- La Morandière de Granville ;
- Jooris de Dives-sur-mer ;
- Tristan de La-Ferté-Macé.
Ces classes (115 élèves) sont destinées à être transférées au lycée Tellier de Condé-sur-Noireau. Bien entendu, le cas de notre lycée nous préoccupe au plus haut point puisqu'on demande aux élèves, âgés pour la plupart de 15 à 16 ans, de se séparer de leur foyer de plusieurs dizaines de kilomètres. Vous avez peut-être déjà pris connaissance de ce sujet dans les médias : France 3, JT du 8 février ; Ouest-France du 9 février ; La Presse de la Manche des 9 et 10 février...
L'histoire commence en réalité en 2009 avec la transformation des BEP / bac pro 2 ans en bac pro 3 ans. Les lycées cités plus haut ont vu leur BEP électronique supprimé et remplacé par les deux premières années du bac pro 3 ans, l'année de Terminale se déroulant à Condé-sur-Noireau. La cohérence de cette décision était déjà fort discutable mais elle a été globalement tolérée par les familles qui acceptaient le sacrifice de la dernière année de formation de leurs enfants loin de chez elles.
Avec cette nouvelle décision, le bac pro de notre lycée se voit vidé de sa substance, ne laissant sur place que la classe de Seconde. Les familles des élèves actuellement en classe de Seconde sont consternées voire choquées par cette décision qu'ils n'ont pas pu anticiper. Un sentiment de trahison a clairement été exprimé, le contrat initial n'ayant pas été respecté.
Mais c'est aussi l'avenir de cette section et des jeunes qui souhaiteraient l'intégrer qui se joue ici. La seule classe de Seconde sur place et la perspective de devoir envoyer son enfant loin de chez soi pendant deux ans, avec les frais et les tracas que cela engendre, ne sont pas de nature à favoriser l'attrait de ce bac pro. On peut même légitimement craindre que celui-ci ferme à terme, faute de postulants.
Inutile de vous dire que cette décision nous interpelle également sur la logique écoresponsable qui anime les décideurs. Faire déplacer 115 élèves et leurs enseignants n'est pas neutre, sans compter le risque que l'on fait prendre à tout ce monde. N'y a-t-il pas suffisamment de tués sur nos routes ?
Une pétition en ligne* rassemble déjà à ce jour près de 600 signatures en 3 jours. Les commentaires laissés par les signataires montrent à quel point ce sujet est sensible : avenir des jeunes, pluralité des formations locales, investissements dans l'éducation, distance rédhibitoire, cohérence du cursus suivi, bien-être des jeunes pour une scolarité épanouie, égalité des chances, brutalité de la décision, etc.
Si vous souhaitez des détails sur cette affaire préoccupante, nous nous tenons à votre disposition, sous quelque forme que ce soit, y compris en vous rencontrant si vous le jugez utile.
Nous vous prions d'accepter, Monsieur ..... , nos plus sincères salutations.
Les enseignants de spécialité en bac pro Systèmes Numériques.
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