Adressée à M. le Ministre de l'Education nationale

Lettre ouverte des Directrices et Directeurs d'école du GDiD à M. le Ministre

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Monsieur le Ministre,

nous sommes près de 46000 Directrices et Directeurs d'école répartis sur tout le territoire de notre pays. De difficile il y a quelques années, notre situation aujourd'hui est devenue intenable. Nous sommes débordés de tâches chronophages et énergivores, que nous n'arrivons à faire désormais qu'avec les plus grandes difficultés, quand nous arrivons à les remplir.

Si nous sommes Directrices ou Directeurs, Monsieur le Ministre, c'est parce que nous croyons fermement à l'importance de notre rôle dans le fonctionnement de l'école publique pour la réussite de nos élèves. Le référentiel-métier de décembre 2014, qui définit les compétences nécessaires à notre action et surtout les responsabilités qui nous incombent, est mis à mal par la réalité de nos gestes quotidiens qui se résument désormais à un intense, long, et compliqué travail de secrétariat : élections au Conseil d'école, PPMS, DUER, réunions fréquentes avec les municipalités ou les familles, PEDT, Conseil école-collège, AFFELNET, listes diverses à fournir à droite et à gauche, gestion lourde de l'intégration du handicap ou des élèves en difficulté, protection de l'enfance, livrets numériques, Onde, statistiques variées, agréments des parents pour certaines activités, Projet d'école... La liste ne s'arrête pas là.

Nous ne pouvons plus nous multiplier, notre efficacité en souffre. La suppression des contrats aidés dans les écoles où travaillait un personnel d'aide à la direction est une épreuve supplémentaire pour ceux d'entre nous qui se déchargeaient ainsi de tâches subalternes mais importantes pour nos écoles. Nous sommes d'accord avec vous sur l'efficacité aléatoire du dispositif et l'inintérêt d'emplois précaires et mal rémunérés. Néanmoins désormais ce sont toutes les Directrices et tous les Directeurs d'école de France qui se retrouvent seuls face à leurs énormes responsabilités.

La plupart d'entre nous travaillons dans de petites écoles. Nous sommes professeurs des écoles, nous avons une classe en charge, et nous devons en plus gérer notre école dans ses aspects les plus prosaïques : répartition des élèves, organisation et gestion des temps scolaires et passages aux temps périscolaires, accueil des nouveaux ou jeunes enseignants et des enseignants-stagiaires - avec un rôle important de soutien et de conseil -, la sécurité de tous surtout. En-dessous de trois classes - 16000 écoles - ce sont deux métiers à temps plein que le Directeur d'école doit exercer.

Les Directrices et Directeurs des écoles à fort effectif, s'ils ont parfois une décharge totale - c'est rare - de leur temps d'enseignement, ne sont pas mieux lotis qui se retrouvent seuls pour gérer leur école. Certaines grosses écoles ont un nombre d'élèves similaire voire plus important que certains collèges, qui sont eux sont pourvus d'un personnel administratif nombreux et compétent qui se charge du secrétariat ou de la surveillance. La Directrice, le Directeur, n'a personne pour l'aider, et doit passer la majeure partie de son temps devant un ordinateur à exercer une tâche de secrétariat. Nos autres missions, telles que définies dans notre référentiel-métier, passeront après... A nos yeux ce n'est ni efficace ni surtout dans l'intérêt de nos élèves, dont la réussite scolaire devrait pouvoir rester notre principale préoccupation.

Que peuvent faire les Directrices et Directeurs d'école devant l'inflation démesurée de ce qui nous est réclamé aujourd’hui ? Les injonctions diverses, qu'elles viennent de l'administration centrale de votre ministère ou des administrations locales, se superposent, se croisent, doublonnent parfois. Elles sont bien entendu toutes urgentes et indispensables. Nous sommes fonctionnaires, respectueux de la mission qui nous est confiée, alors nous obéissons. Mais nous sommes épuisés, stressés, au bord de la rupture. Beaucoup d'entre nous préfèrent renoncer, ou plus simplement hélas tombent malades. Ce n'est plus un malaise que nous ressentons quotidiennement devant la difficulté de notre métier, c'est un mal-être et une véritable souffrance au travail.

Simplifier nos tâches ? Nous n'y croyons plus, Monsieur le Ministre. Vos prédécesseurs en ont parlé, certains l'ont tenté. C'est une faillite et notre service n'a fait qu'empirer.

C'est pourquoi, Monsieur le Ministre, nous vous demandons de réfléchir profondément et rapidement à notre situation. Aujourd'hui les beaux discours même sincères, les demi-mesures et autres "pansements" ne sont plus de mise. Certains syndicats ont une idée claire de notre condition et des propositions à faire. Nous-mêmes également, GDiD, seule association nationale de Directrices et Directeurs d'école, travaillons activement depuis de nombreuses années à un changement de situation. Nous vous demandons de bien vouloir nous écouter avec attention. Votre arrivée récente à la tête de votre ministère est une opportunité, vous avez devant vous le temps et certainement l'élan, la volonté et l'énergie nécessaires à une évolution que nous appelons de nos vœux. Mais nous vous prions instamment, Monsieur le Ministre, de ne pas tarder, et d'ouvrir avec détermination ce chantier important pour l'avenir de notre école et la réussite de nos élèves.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de nos salutations respectueuses.

 

Le GDiD :

Isabelle LE GLAS ( Finistère), Alain REI (Bouches-du-Rhône) , Samuel AUXERRE (Puy-de-Dôme), Pierre LOMBARD (Alpes Maritimes), Pascal OUDOT (Côte d’or)

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  • M. le Ministre de l'Education nationale


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