

Les amis, je suis toujours en vie ! Dieu aime les vrais blagues, et pour mes trente ans en France, ils me demandent maintenant, sous peine de l'arrêter, un certificat de vie tamponné par Monsieur le Maire, tous les mois, histoire de ne pas gaspiller mes 180 zeuros même pour un mois, si de fois... Ils attendent, il est tellement évident !
Ceci, en vous demandant pardon de vous importuner par les temps de pandémonium, qui courent pour nous tous, si on ne s'est fait pas encore revacciner par du sérum phi, comme certains politiques, m'ont inspiré pour faire revivre un blog ... passionnel
"Ma vie, mon oeuvre, mon cu-..."
Dédicacée spécialement à Sophie, Audrey, Isabelle et Véronique
Expérience personnelle d'un soignant cancéreux - histoire qualifiée dès le départ par certains "modérateurs" du blog des médecins comme "non susceptible d'atteindre l'intérêt collectif"
Début et fin (Avec mes conclusions, assaisonnés avec douze messages aux consoeurs)
Chères amies,
Les soignants ont toujours fait partie d'un réseau social. Ce réseau reflète la société où les soins sont prodigués.
Quand l'hôpital a été créé par Saint Basile le Grand, par son frère Saint Grégoire et surtout par leur soeur cancéreuse, Macrine, les choses étaient claires et nettes.
La soeur qui a cédé sa maison à la Basiliade, Sainte Macrine, est devenue la patronne des cancéreux. La "Basiliade" n'était pas "conçue" pour faire des économies. On pensait pas qu'il faille surtout pas faire des bénéfices sur les souffrants. Soigner c'était le bénéfice !
Mais l'éducation aujourd'hui prétend que la réalité sociale descend directement de la planète Saturn. Il n'y a pas d'histoire pour ne pas avoir des histoires... C'est comme ça ! Ce n'est pas autrement. Après les "lumières" nous avons donc pensé "mieux". Nous avons inventé "l'hôpital qui se fout de la charité". Nous avons inventé la rentabilité des soins.
Des moniales et des princesses se faisaient une raison de vivre et une source intarissable de bonheur "dans les soins". Quel vision rétrograde du monde. Quelles ennemies du progrès ! Juste bonnes pour l'invention du "docteur" Josèphe-Ignace Guillotin, le grand humaniste et philanthrope de l'exécution rationnelle. On les a chassé, les soignantes ! Soigner devait produire autre chose que des soins : des "bénéfices" et encore "sociales".
C'est donc les populations amorphes et "normalisées" (sans une analyse de variance) qu'on "soignait" à la place, et pour un prix. Bien malin que celui qui a organisé cette "révolution" des soins. En clair, des humains méritent mieux que des soins. Ils méritent une rentabilité de "soins", comme dans le traité d'animaux de l'abbé de Condillac, comme dans la traite d'esclaves, la traite des Nègres, comme du bétail.
On accumulait avec ces troupeaux humains et avec les gains qui s'ensuivaient, tous les "progrès". Tant pis s'il y avait des "fuites", et des "pertes". Le modèle était productif. Et on va voir la maximisation du profit, même si les bébés sont jetés avec l'eau de bains. Le principe de Condillac était fort rationnel :
"ll seroit peu curieux de savoir ce que sont les bêtes, si ce n’étoit pas un moyen de connoître mieux ce que nous sommes..."
La seule "agent hospitalière" sur deux étages (pas une aide, pas une infirmière) arrivé après deux heures à ma sonnette d'alarme me disait qu'il fallait faire comme les autres, et surtout pas l'appeler. "On n'appelle pas pour une télécommande, Monsieur" (le lit n'était pas un lit, mais un fauteuil ou j'étais immobilisé). À la sortie du service, au petit matin, fraîche et bien habillée, avec ses "acquis sociaux" gardées et fleuris, elle triomphait en apportant l'objet convoité : "Bah, voilà votre télécommande, Monsieur...". Elle avait compris et transmis l'essentiel. Elle m'avait re-éduqué...
Tant pis si le progrès des "soins" était obtenu par une méthode pavlovienne et surtout socialement conçue comme une "manufacture du consensus" bernaysienne, purement conceptuelle. Nous avons sauvé tant des vies lambda. Tant pis si on sait pas lesquelles. Tant pis si cela a un prix humain. Ce qui compte c'est le jugement catégoriel.
Ou est-ce que j'ai déjà entendu ce discours aussi explicite ?
Je me souviens : C'était en Roumanie, ou l'occupant communiste a tué deux à quatre millions de ses meilleurs citoyens (jusqu'à un quart de sa population) pour le bien suprême "du peuple".
En sortant édenté, mais toujours vivant des prisons sataniques (qu'on nommait à l'époque par un euphémisme notoire, "bolcheviques") un prisonnier a été promené dans la capitale "reconstruite" par les sbires en voyage. Il devait voir et reconnaitre les "progrès du peuple" dont il été censé être l'ennemi.
Il s'agissait d'un de plus grand philosophes roumains du temps ou la dignité régnait encore, Constantin Noica, le père du père Rafail.
Noica avait dit au sbires : "c'est vrai, vous avez fait des belles choses, mais moi, vous m'avez rendu moche".
C'est pour moi la meilleure définition du "progrès social".
Ceci porte la réflexion sur la nature du contrat social.
Comme dans les déclarations d'intérêts de nos articles payé d'avance et plus hautement et autrement hypocrites, censées crédibiliser l'inavouable, la disparition de la recherche de la Vérité, je me reconnais "rousseauiste".
L'homme est bon par sa nature, et c'est la société qui l'a corrompu. On sait pas si c'était le côte falocrate de Jean Jacques, si c'était la forclusion du nom Rousseau père, toujours est-il que l'autre "docteur ès sciences - en sciences sociales", nommé Honoré de Balzac, a visé aussi juste : il s'agit d'une comédie.
Bon, on passe au vif du sujet :-)
Quand on fait la médecine on assume !
Quand on est insulté et quand on subit la mauvaise volonté et le mal qui est projeté contre nous, dans un paquet hautain de hargne complété par la trahison et servi avec de la haine, on se laisse pas entraîné. Quand tout est perdu, surtout l'honneur, qu'est-ce qu'il reste aux sociétés humaines ?
Toynbee l'avait dit : les civilisations ne meurent pas - elles se suicident !
Si on se laisse entraîné par le mal ambiant, le mensonge et la turpitude, alors c'est le dégoût et ensuite la maladie qui nous guète.
Si, comme toujours, distance, humilité et pardon nous animent, le mal ne vous fait pas mal et se retourne contre les auteurs. On continue à pouvoir rêver au "social". Mais comme l'"adulte" est devenu synonyme de pornographie, le "social" est devenu la litote de "cotisations" :
Un médecin ne donne pas assez s'il se donne lui-même. Et même s'il donne sa vie, "c'est son problème". C'est "non susceptible d'atteindre l'intérêt collectif".
Je crains vraiment le "social" maintenant, et sincèrement je n'accepterai jamais une "solidarité" qui est adressée aux individus pestiférés comme moi, qui ne paient même pas leurs "cotisations"... Moi, j'ai compris la solidarité ! La ré-éducation de ma déviance pathologique est une réussite ! Je m'auto-dénonce...
Mais pour qu'on soit obligé comme moi d'écrire des centaines de lettres et passer plus que la moitié de mon temps qu'il me reste à vivre pour "gérer" les rouleaux compresseurs qui se relaient à tour de rôle pour écraser mon foie et monter ma TA au-delà de 250/150, c'est inacceptable.
Pourquoi lui compliquer ainsi la vie à ce médecin cancéreux ? Il est coupable, et il doit justifier de ses cotisations avant de justifier de son cancer (culpabilisation de victimes) ! Ensuite il faut l'exécuter bien avant devoir lui prodiguer tous ces soins qui coûtent si cher à la Sécu et ne font que lui prolonger la souffrance. On ne comprend vraiment pas cet "acharnement" thérapeutique si ce n'était pas pour "respecter" un principe collectif et tant pis pour "son histoire personnelle", qu'il convient de négliger. On comprend le discours : sacrifier l'individu pour le bien supérieur de la société (les ramasseurs de cotisation, dont le rôle est supérieur à celui de "contribuables" ont une raison supérieure à "défendre" dans leur combat avec le médecin cancéreux). Ou est-ce que j'ai déjà entendu ce discours aussi explicite ? Je me souviens : C'était en Corée du Nord.
On l'a soigné pour le tuer différemment, et d'une manière exemplaire, ce médecin avec ses histoires qui crée des histoires. Il aurait du donner sa dernière goutte de sang pour la société (Patrie, banquiers, etc.). Il aurait dû se solidariser avec ses derniers deniers pour les "souffrants" et pour leurs intermédiaires, les institutions "sociales" (et leurs "acquis")...
La France garde, j'ai compris, "certaines lourdeurs" médiévales comme le sabotage et la mutilation publique exemplaire de l'endetté. Là ça va plus !
Les médecins commencent à tomber juste parce qu'ils veulent faire leur métier ! Tant pis pour eux. Il n'avait que faire gendarmerie, ou armée, qui recrute encore et paie mieux, acec congé et retraite :-) Il n'y aura plus ? Tant pis pour les soins. On fera de la télé-médecine, et des télé-soins, avec télé-compréhension. Comme vu à la télé ? Circulez ! Ou bien, allez, "j'avoue". "Vous avez droit" à un petit flash-môbe ! Ça fait joli à la télé ! Ça défoule. C'est socialement utile, car les gens ne pensent plus à leurs soucis. Ça unifie, Ça déferle la colère...
C'est pas normal ! La langue de bois tue ! Le mensonge tue. Gravez cela sur ma tombe !
Dans l'idéal, tous les médecins des Yvelines pourront arrêter / déposer chez un huissier, pendant un an ou dix, leur impôts, cotisations, CARMF et URSSAF. Avec une lettre-type. C'est celle-là une vraie mesure. C'est une mesure qui va vraiment les faire bouger.
Mais soyons réalistes ! Nous sommes jusqu'au bout de doigts "légalistes". C'est solidaire, social et bon citoyen. Le médecin doit montrer l'exemple. Quitte à se faire un peu poignardé. La colère, c'est normal. En Allemagne on légalise le viol "culturel". Marquez sur ma tombe : ce n'était pas consensuel.
Tant pis pour le confrère abattu aussi, mais par arrêt de soins par arrêt des comptes, par 53 OTD, en pleine lumière du jour ! C'est son "histoire personnelle" comme disait Patricia, cela ne nous regarde pas.
C'est comme cela en France, le pays de Droits de l'Homme, j'ai bien compris. On tue les médecins car ils font leur métier. Pourquoi faire médecine ? Faites des sous. Pourquoi, si on insiste avec ses histoires d'Hippocrate, pourquoi pas accepter aussi le rôle social de voleur, trafiquant d'arrêts de travail, de médicament chers, destinés exclusivement aux élites payantes (quels cons ceux-là que de payer plus pour la même molécule). Acceptez, amis, pour l'amour d'Hippocrate (qui n'a pas existé, ce sont des médecins traditionnels "abarides", serabes du nord du Danube qui sont descendus à Kos, relisez Charmides), celui de "vache à lait" et distributeurs d'ordonnances de la "sécurité" sociale.
C'est un peu la définition du fascisme que je vous propose, je sais. Mais de ma bouche c'est inacceptable ! J'ai aucune crédibilité car aucune cotisation b'a pas été payé de mon lit de réanimation ! On envie la Corée du Nord : la Patrie vous donne un foie tout nouveau à condition de le redonner en morceaux aux différents administrations.
À Dieu, chers confrères, et désormais parlons peu mais parlons juste. Désormais on comprend tout. On ne s'étonnera plus de la spirale satanique qui se met en vrille avec mon histoire personnelle. Merci de votre écoute. Silence, on tue. Nous pouvons tous reprendre une activité "normale" de grands médecins !
Et comme disait l'autre, mort "par la France", pour la France, "Vive la France quand même"...
Voys mes consoeurs je vous embrasse davantage avec toute ma tendresse !
Bien confraternellement à vous,
D'âne
( aïphounsixplusé de mon cabinet )