Mise à jour sur la pétitionLycée français de Port-Vila : réintégrez nos collègues !Message aux parents, élèves, anciens élèves, collègues et soutiens du Lycée Français JMG Le Clézio
Collectif COLARDEAU LE CLÉZIOPort-Vila, Vanuatu
17 juil. 2025

📣 Message aux parents, élèves, anciens élèves, collègues et soutiens du Lycée Français JMG Le Clézio, signataires de la pétition 

Chers parents, chers élèves, chers collègues, chers amis,

Nous vous écrivons aujourd’hui avec un sentiment de profonde tristesse et d’injustice, qui dure maintenant depuis un mois et demi.

Votre mobilisation lors de l’assemblée générale du 20 juin, votre signature de la pétition lancée par nos collègues, vos nombreux messages de soutien, nous ont profondément touchés. Merci à vous tous du fond du cœur.

Pourtant, malgré l’élection d’un nouveau conseil de gestion, les choses n’ont pas évolué. Aucune information ne vous a été communiquée. Ce silence fait naître le doute : certains en viennent à se demander si nous n’avons pas commis de fautes graves. Ce doute est insupportable pour nous.

Nous n’avons commis aucune faute professionnelle comme l’a rappelé le proviseur lors de l’assemblée générale. Notre seul tort commun : avoir refusé de signer un contrat illégal, contraire à la loi vanuataise. Et ce, alors que nous étions tous en CDI depuis plus de 10 ans.

Depuis les élections, nous avons patiemment attendu l’annulation de cette décision brutale. Nous avons demandé et obtenu une conciliation avec le Labour Department. Nous avons même postulé à nos propres postes, acceptant de perdre notre ancienneté.

Résultat : nos candidatures ont été écartées sans justification. Nous n’avons même pas été classés, alors que nous sommes tous binationaux, qualifiés, expérimentés et installés depuis plus de 20 ans au Vanuatu. Où est la légalité dans ce processus ? Où est la transparence ?

Les postes ont été attribués à des personnes pour la majorité non titulaires (3 sur 4), moins qualifiées et peu ou pas expérimentées. L’unique titulaire (issue du ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, pas de l’éducation nationale) ne se sent même pas compétente pour enseigner la spécialité NSI en terminale. 

Nous sommes : titulaire de l’Éducation Nationale française, docteur en Sciences, ingénieur, enseignants à l’université … et surtout investis auprès de vos enfants depuis plus de 15 ans.

Aujourd’hui, vos enfants pratiquent des activités à risque comme l’escalade, sans encadrement qualifié. Peut-on encore invoquer la sécurité pour justifier notre éviction ?

Et pourtant, l’ancien conseil de gestion avait justifié notre licenciement au nom “de la qualité de l’enseignement et de la sécurité des élèves” ! Cette situation semble aller à l’encontre des objectifs annoncés aux familles. Quelle incohérence !

Vous payez une scolarité chère, pour un service désormais dégradé. Les nouveaux enseignants coûteront  plus cher (primes d’installation), sans garantie de leur engagement. Vous nous connaissez, eux non.

Vous avez le droit, et même le devoir, de demander des explications. Écrivez au proviseur, réclamez l’annulation de cette commission de recrutement opaque. Vous pouvez aussi exiger la tenue d’une assemblée générale extraordinaire.

Pourquoi ce refus obstiné de nous réintégrer : parce que des avocats spéculent que cela prouverait le caractère abusif du licenciement et que la majorité du CdG a dû se plier à leur avis. Cette peur est infondée. Nous avons proposé de signer un engagement écrit à ne pas poursuivre le lycée si nous étions réintégrés. 

Nous avons nos enfants dans ce lycée. Nous vivons ici depuis 20 ans. Pourquoi voudrions-nous nuire à l’établissement ? Quelle absurdité.

Tout a commencé brutalement, le 30 mai à 17h. Nos lettres de licenciement étaient déjà prêtes, nous avons dû signer sous pression. Nous avons été réduits au silence, comme certains membres du conseil de gestion.

Face à vos interrogations, l’ancien conseil de gestion a diffusé des justifications hasardeuses: incompatibilité professionnelle, souci de qualité, sécurité des élèves. Ce sont des affirmations graves et infondées.

La qualité de notre travail est prouvée par les résultats depuis plus de 15 ans, tous enseignants en classe de terminale. Quant à l’incompatibilité évoquée, elle reflète un désaccord administratif, pas une faute.

Nous n’étions plus représentants du personnel depuis plus de 2 ans.

Le fond du problème est sans doute là : 3 d’entre nous ont défendu les personnels enseignants comme non-enseignants face à certaines pratiques injustes de l’ancien CdG. Nous avons toujours agi pour la justice et l’équité, jamais pour nuire au lycée. Est-ce là une raison de licencier des enseignants investis avec leurs élèves ? Exemples parmi d’autres : nous avons défendu une femme de ménage payée sous le minimum salarial, un jardinier à qui on proposait 2 contrats différents pour éviter de le rémunérer pendant les congés d’été. Pour gagner quelques milliers de vatus sur un budget de plusieurs centaines de millions ? Malgré ces mésententes nous sommes toujours restés professionnels et engagés avec tous les élèves.

Ce lycée n’est pas une entreprise. C’est une école, une communauté humaine. Il ne peut être géré uniquement par des chiffres et des avocats. “L'école Colardeau” a une âme, aujourd’hui en péril.

D’un côté, on dit vouloir gérer selon les règles d’une entreprise ; de l’autre, on piétine les lois sur l’emploi local. Il faut choisir.

Nous avons cru que le travail bien fait serait toujours reconnu. Cette illusion s’est envolée. Cette décision est une vengeance, pas une décision éducative.

Quel message envoie-t-on à nos élèves ? Qu’un enseignant engagé peut être écarté sans motif ? Que les valeurs de justice, de mérite et d’égalité ne comptent pas ? Ce n’est pas ce que nous voulons leur transmettre.

Nous avons tenté tous les compromis. Si aucune solution n’est trouvée, nous serons contraints de saisir la justice. Ce n’est pas notre choix, mais notre devoir pour défendre notre réputation professionnelle.

Le conseil de gestion peut encore rectifier le tir. Il en a les moyens. Vous avez élu certains de ses nouveaux membres, avez entendu leur parole en assemblée, leur désir de nous réintégrer pour que la confiance, la justice et la paix reviennent. Nous ne voulons qu’une chose : reprendre notre mission d’enseignants, interrompue brutalement.

Avec tout notre respect et notre gratitude.

Les 4 enseignants licenciés : Candice Cabane, Thomas David, Marc Delrieu, Thomas Tarroux

----------------------------------ENGLISH VERSION-------------------------------

📣 Message to Parents, Students, Former students, Colleagues, and Supporters of Lycée Français JMG Le Clézio, Signatories of the Petition

 

Dear parents, students, colleagues, and friends,

We write to you today with a deep sense of sadness and injustice, which has now lasted for a month and a half.

Your support during the General Assembly on June 20, your signatures on the petition launched by our colleagues, and your many messages of encouragement have deeply moved us. Thank you all from the bottom of our hearts.

Yet despite the election of a new school board, nothing has changed. No information has been communicated to you. This silence breeds doubt—some may begin to wonder if we committed serious wrongdoing. That doubt is unbearable to us.

We committed no professional misconduct, as the principal himself confirmed during the General Assembly. Our only shared fault: refusing to sign an illegal contract that violated Vanuatu labor law. And this, while we were all under permanent contracts (CDI) for over 10 years.

Since the elections, we patiently waited for the decision to be overturned. We requested and obtained a conciliation with the Labour Department. We even reapplied to our own positions, accepting to forgo our seniority.

Result: our applications were rejected without justification. We weren’t even ranked, despite being dual nationals, qualified, experienced, and living in Vanuatu for over 20 years. Where is the legality in this process? Where is the transparency?

The positions have been given to individuals, most of whom are not certified teachers (3 out of 4), less qualified, and with little or no teaching experience. The only certified recruit (from the Ministry of Agriculture and Food Sovereignty, not from the National Education system) even admits feeling unqualified to teach NSI (computer science) in the final year.

We are certified teacher from the French National Education system, or PhDs, or engineering backgrounds, and university-level teaching experience… and above all, we’ve been devoted to your children for more than 15 years.

Today, your children are engaging in risky activities such as climbing, without proper supervision. Can safety still be used as a justification for our dismissal?

And yet, the former board claimed our dismissal was to ensure 'the quality of education and student safety'! This situation clearly contradicts the stated goals presented to families. What an inconsistency!

You pay a high tuition for a service that is now degraded. The new hires will cost even more (relocation bonuses), without any guarantee of long-term commitment. You know us, not them.

You have the right—and indeed the duty—to demand answers. Write to the principal. Ask for the cancellation of this opaque recruitment commission. You can also request an extraordinary general assembly.

Why this persistent refusal to reinstate us? Because lawyers speculate that it would prove the dismissals were abusive? That fear is unfounded. We even offered to sign a written commitment not to sue the school if reinstated.

Our children attend this school. We have lived here for 20 years. Why would we want to harm the school? It makes no sense.

It all started brutally on May 30 at 5:00 p.m. Our dismissal letters were already prepared, we signed under pressure. We were silenced, as were some members of the board.

In response to your questions, the former board released questionable justifications: professional incompatibility, concern for quality, student safety. These are considered as serious and unfounded claims.

The quality of our work is evidenced by exam results over more than 15 years, all of us teaching in Terminale. As for the so-called incompatibility, it reflects administrative disagreement—not misconduct.

We hadn’t been staff representatives for over two years.

That may be the heart of the matter: three of us defended staff teachers as non-teachers against unfair practices by the previous board. We always acted for justice and fairness, never to harm the school. Is that a reason to fire dedicated educators? For example: we supported a cleaning staff member paid below minimum wage, and a gardener who was given two contracts to avoid paying him during the summer. Saving a few thousand vatu on a multi-million budget? Despite these tensions, we remained professional and committed to all students.

This school is not a business. It is a place of learning, a human community. It cannot be managed solely by figures and lawyers. 'École Colardeau' has a soul—one now at risk.

On the one hand, the board claims to operate like a business; on the other, it violates local labor laws. One cannot have it both ways.

We believed that good work would always be recognized. That illusion is gone. This decision is driven by personal vengeance, not educational priorities.

What message are we sending to students? That a committed teacher can be dismissed without reason? That justice, merit, and equality no longer matter? This is not the lesson we wish to teach them.

We tried every possible compromise. If no solution is found, we will be forced to take legal action. It is not our wish—but our duty to defend our professional integrity.

The board can still correct this. It has the power to do so. You elected some of its new members, heard them speak during the assembly, and heard their desire to reinstate us so that trust, justice, and peace can be restored. We only ask to resume our work as teachers, which was abruptly interrupted.

With all our respect and gratitude,

The 4 dismissed teachers: Candice Cabane, Thomas David, Marc Delrieu, Thomas Tarroux

 

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