Petition updateLutte Contre la Maltraitance : Soutenons Céline Boussié !Compte rendu de la réunion publique d'information du 18/12/16

Comité de Soutien à Céline Boussié

Dec 21, 2016
Une trentaine de personnes ont fait le déplacement pour assister à notre réunion, certaines depuis Toulouse. Nous les en remercions encore une fois ; tout comme la CGT qui nous a prêté son vidéoprojecteur.
Après les présentations d’usage des représentants du Comité présents (Bernadette Collignon, professionnelle lanceuse d’alerte de 1999 ; Jean Michel Fernandez, président de l’association Dys’Solutions France 47 ; Sylvie Bataille, maman d’une jeune femme polyhandicapée) et le pourquoi de la création d’un Comité de soutien à Céline, nous avons passé en détail la liste publique des soutiens des personnalités et des associations ou organisations qui ont accepté d’y figurer.
Nous a été posé la question du pourquoi aucune « grande » association ne figurait dans cette liste. La réponse a été donnée par une personne dans l’assistance que nous n’avons pas pu contredire : elles reçoivent des subventions de l’Etat et participent aux instances décisionnaires, que ce soit au niveau national, régional ou départemental.
Certains ont aussi noté l’absence des très nombreuses associations qui sont censées défendre les droits des personnes en situation de handicap, qu’elles soient départementales ou non, et beaucoup ont trouvé cela incompréhensible… Là encore, nous n’avons pu que leur donner raison.
Quant à celles qui ne se sentent pas concernées, nous nous sommes interdit toute polémique…
D’autres se sont étonné que les hommes et femmes politiques de notre pays ne se soient pas emparés de ce problème, à quelques exceptions près. Ici aussi, nous ne pouvons que constater avec eux !
Ce n’est pourtant pas faute de les avoir alerté ; et jusqu’au plus haut niveau de l’Etat !!
Est ensuite venu le temps de la projection de l’extrait du documentaire de Zone Interdite "Ces Centres qui maltraitent les enfants handicapés", passage concernant l’IME de Moussaron pour lequel nous avions l’autorisation écrite de Zed Production.
C’est avec beaucoup d’émotions que les spectateurs l’ont visionné. Même ceux qui l’avaient déjà regardé en janvier 2014 avaient les larmes aux yeux…
Une rétrospective de « l’affaire Moussaron » a été projetée, suscitant de très nombreuses questions dans la salle auxquelles nous avons répondu de notre mieux.
Nous avons aussi passé l’extrait où l’on entend le rapporteur de l'ONU dénoncer les traitements indignes et dégradants dans les établissements français citant expressément l'ancien employeur de Céline.
Tous ont été effarés d’apprendre ce qu’est la vie d’un lanceur d’alerte après qu’il ait dénoncé des dysfonctionnements dans l’intérêt général (ici des enfants), dans quelque domaine que ce soit.
Céline a ainsi pu parler de tout ce qu’elle avait personnellement subi, ainsi que ses filles, depuis ces trois dernières années (preuves à l’appui bien sûr !).
La responsabilité des professionnels œuvrant à l'IME a été abordée sous forme de questions extrêmement pertinentes.
Nous avons clairement réitéré les propos que nous tenons depuis trois ans, à savoir que jamais nous n'avions mis en cause les salariés de l'institution et en redonnant la définition de la maltraitance institutionnelle.
Mais comme parfois une vidéo vaut mieux qu'un long discours, face à la sagacité d'une question, nous avons alors fait le choix de diffuser « la Moussaronnaise » hymne chanté par un des membres du personnel en charge des enfants devant l'ARS Midi Pyrénées à Toulouse.
Nous avons aussi débattu sur :
- les différentes sortes de maltraitances, à savoir qu’il n’y a pas que la maltraitance physique (coups, brûlures, ligotages, soins brusques…) et la maltraitance psychologique (langage irrespectueux ou dévalorisant, chantage, menace, intimidation, non-respect de l’intimité…).
Sont aussi considérées comme de la maltraitance, les violences matérielles ou financières, médicales ou médicamenteuses, les négligences actives ou passives, les privations ou violations de droits (non-respect de la personne, de sa dignité, de son autonomie, du droit à son éducation - non scolarisation ou orientation forcée ; prises en charges inadaptées - à la formation, à la santé, à la rééducation, à un emploi, aux loisirs, à l’intégration sociale - manque d’accessibilité - ainsi qu’à l’épanouissement personnel).
- l’impunité, ou les faibles sanctions, dont bénéficient presque toujours les coupables de maltraitance envers les plus vulnérables.
- les lois censées protéger les résidents et les professionnels qui dénoncent des faits avérés de dysfonctionnements dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux.
A la question posée du nombre d’établissements en France, nous n’avons su répondre.
Après quelques recherches, les dernières statistiques sur les établissements et services médico-sociaux datent de 2014 (publication en septembre 2016) :
« Fin 2014, les établissements et services médico-sociaux proposent 489 200 places dans 11 250 structures accompagnant des personnes en situation de handicap.
Le nombre de places offertes par rapport à 2010 a augmenté à peine plus vite que la population totale (+5,6 %).
L’offre continue de se développer plus rapidement dans les services que dans les établissements : pour les enfants, +15,2 % dans les services contre +0,4 % dans les établissements ; pour les adultes, +10,2 % dans les services, contre +5,4 % dans les établissements. »
Cette réunion publique a donc été l'occasion de sensibiliser le public présent à un sujet de société que beaucoup ignorent délibérément : la maltraitance des personnes en situation de handicap et/ou vulnérables et la défense de leurs droits, combat porté par Céline Boussié et l'ensemble de ses soutiens.
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