Lunettes Ray-Ban Meta : protégeons nos droits avant qu'il ne soit trop tard

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Essayons d'atteindre les 200 signatures !
Les pétitions comptant plus de 1 000 signataires ont 5 fois plus de chances d'aboutir !

Le problème

Les lunettes Ray-Ban Meta ne sont pas de simples lunettes. Équipées d'une caméra, d'un microphone et d'intelligence artificielle, elles permettent de photographier, filmer et enregistrer son environnement avec une discrétion jusqu'ici inédite.

La personne qui porte ces lunettes a choisi cette technologie. Celle qui se trouve devant elles ne l'a pas choisie et peut pourtant être filmée, photographiée ou enregistrée sans en avoir réellement conscience.

Les risques sont nombreux : atteintes à la vie privée et au droit à l'image, captation et diffusion d'images à l'insu des personnes, harcèlement, stalking ou voyeurisme. Les femmes et les personnes vulnérables sont particulièrement exposées.

Le risque existe aussi dans l'entreprise : Réunions confidentielles, écrans, documents, conversations entre salariés, données clients ou procédés industriels peuvent être captés par une caméra et un microphone portés sur le visage. Le secret des affaires, la protection des données personnelles et les droits des salariés ne peuvent pas disparaître derrière une paire de lunettes.

Dans les administrations, les juridictions, les infrastructures critiques ou les entreprises stratégiques, leur utilisation soulève également des enjeux de sécurité économique, de souveraineté et de sécurité nationale.

Certains pays commencent à réagir. En Suisse, une pétition demandant l'interdiction de ces dispositifs a recueilli environ 10 000 signatures en deux jours. En Angleterre et au pays de Galles, les lunettes Ray-Ban Meta sont interdites dans les bâtiments judiciaires. Des mobilisations s'organisent ailleurs en Europe.

La France doit à son tour devenir un pays acteur et protecteur des droits et libertés fondamentaux face aux bouleversements technologiques.

Au-delà des lunettes Ray-Ban Meta se pose une question beaucoup plus large : celle de la mise sur le marché d'objets intégrant de l'intelligence artificielle sans autorisation préalable.

Nous avons admis depuis longtemps que certains produits, à commencer par les médicaments, ne peuvent être commercialisés avant qu'une autorité compétente ait vérifié qu'ils répondent aux exigences nécessaires. La nature des risques est différente, le principe de prévention reste le même : il appartient à celui qui commercialise un produit d'apporter les garanties nécessaires avant sa mise sur le marché, et non après la survenance des dommages.

Nous demandons donc :

- l'interdiction de la commercialisation des lunettes Ray-Ban Meta en France tant que les garanties nécessaires à la protection effective des droits et libertés des tiers ne sont pas apportées ;

- la création, en France et au niveau européen, d'une autorisation préalable de mise sur le marché des objets intégrant de l'intelligence artificielle, délivrée après contrôle par une autorité indépendante selon des exigences adaptées aux fonctionnalités et aux risques du produit.

Nous ne combattons pas l'innovation. Nous refusons qu'elle se développe au détriment des droits de ceux qui ne l'ont pas choisie.

La liberté d'innover ne peut pas devenir la liberté de porter atteinte aux droits des autres.

Il est temps de changer de logique : contrôler avant de commercialiser, prévenir avant de réparer et protéger avant qu'il ne soit trop tard.

Les décisionnaires

Sébastien Lecornu
Ministre des Outre-mer
Emmanuel Macron
Président de la République française.

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