Loi de vérification de l’âge : les mineurs en danger


Loi de vérification de l’âge : les mineurs en danger
Le problème
Depuis quelques mois les mesures liberticides s'enchaînent.
Les conséquences en sont la fermeture des plus gros sites pornographiques en France qui refusent d’imposer aux consommateurs la vérification de leur âge, la loi de vérification de l’identité imposée à Onlyfans entrainant une baisse considérable du trafic et une méfiance des consommateurs, le durcissement et les suppressions de très nombreux comptes Instagram de travailleuses du sexe, la suppression des contenus pornographique sur Twitter…
La loi de vérification de l’âge appliquée cette année a subi peu de critiques, alors qu’elle redirige les mineurs dans les pires recoins d’internet sous prétexte de protection.
Les travailleuses en ligne se retrouvent à perdre leur lieu de travail et subissent ce que les travailleuses de rue vivent depuis des années : précarisation, invisibilisation et répression morale.
Cette loi vous concerne aussi : à qui va profiter les informations récoltées sur vos consommations pornographiques ?
Les mineurs sont en danger :
Nous savons que l’argument principal qui régit la nouvelle loi de vérification de l’identité sur les sites pornographiques, est la protection des mineurs.
Nous savons également qu'il existe déjà des solutions : une loi qui impose l'éducation sexuelle et affective dès le plus jeune âge, de la primaire aux études supérieures, par de tierce personne qui ne sont pas les enseignants et qui sont formées à ces thématiques. Sauf qu’aujourd'hui, les interventions dans les établissements scolaires se font en grande majorité après qu'il y ait eu des incidents. Ce n'est pas suffisant pour dire que l'on a déjà testé l'éducation et que cela ne marche pas. Cette loi, qui sert à protéger intelligemment les mineurs face aux contenus pornographiques, existe déjà et n'est pas appliquée.
Nous pensons que la sécurité des mineurs est une fausse préoccupation. Elle est en fait une excuse pour condamner le porno. C'est une mesure réactionnaire et conservatrice qui utilise votre affecte et votre méconnaissance du sujet concernant la protection des mineurs. Elle a pour but de pointer du doigt ce qui dérange, ce qu’il faut faudrait disparaître, à commencer par le porno.
La sécurité de vos enfants a été réfléchie sur des bases conservatrices, cacher, enterrer, rendre tabou.
Le plus grand danger que les jeunes, en recherche d’information sur la sexualité, rencontrent sur internet sont les pédocriminels. Et contre ça cette loi n’apporte rien, au contraire, si ce que les jeunes recherchent est caché ils s’aventureront encore plus sur internet où ces prédateurs les attendent. A quoi bon les protéger de certains sites si c’est pour les conduire vers pire.
Ne tombons pas dans le piège de retourner 100 ans en arrière.
Voici ce qui est mis en place sur les plus gros sites porno, dans le but de protéger son public au maximum :
- Les contenus sont régulés : les animaux, le sang, la drogue et l’alcool, les objets qui ne sont pas des sextoys... et plus sont interdits ;
- Les règles sont modifiées en prenant en compte l’actualité : par exemple depuis l’affaire Pelicot, les contenus avec des personnes qui semblent endormies ne sont plus autorisés ;
- On ne peut pas mettre en ligne une vidéo sans identifier chacune des personnes présentes pour vérifier son âge et son consentement ;
- Chaque vidéo contenant une personne non identifiée, est supprimée immédiatement ;
- Chaque vidéo publiée met environ 3 jours à être vérifiée pour s’assurer de cela ;
- Contrairement aux autres sites, il n’y a pas de contenu “hardcore” ou avec des pratiques très “graphiques” sur les première pages, il faut les chercher pour les trouver ;
- Ils sont engagés et font des articles de blog sur : le consentement, les personnes queers, le respect, la réalité du métier…
Nous avons conscience que c’est encore loin d’être parfait, mais par rapport à ce que proposent le reste des sites, c’est incomparable.
Maintenant, pourquoi cette loi met en danger nos jeunes ?
On s’explique :
- Leur consommation ne s’arrêtera pas, cacher un problème ne le résout pas. La consommation doit être encadrée, or elle est rendue tabou ;
- Ils se dirigent vers les seuls sites restants, les sites illégaux où l’on retrouve : des actrices non consentantes, du contenus volés, du revenge porn, de la pédopornographie, du contenu hardcore en évidence, de l’inceste, de la zoophilie, des snuff movies…
- D’après les premières statistiques sur le sujet, 10% des utilisateurs ont procédé à la vérification de leur identité tandis que 90% ont changé de sites ;
- Cela nous éloigne de la vraie solution : éduquer les plus jeunes à la sexualité et appliquer la vérification de l'âge à l’appareil entier et non à certains sites.
Nos demandes pour rendre internet plus sûr pour nos jeunes :
Nous demandons les résultats d’une étude prouvant que cette loi protège les mineurs. Ces mesures sont appliquées sans preuve de leur efficacité, tandis que la preuve de leur dangerosité est déjà clairement visible.
Nous demandons en priorité que la loi déjà existante d’éducation des jeunes à la vie sexuelle et affective soit appliquée. Nous rappelons qu’en France, 1 enfant sur 10 est victime d’inceste, et pourtant ces cours obligatoires ne sont pas appliqués dans les écoles. Ceci est déjà une preuve que l'État fait fausse route.
Nous demandons la sécurisation des appareils pour résoudre ce problème : vérification de l'âge par appareil et non à chaque connexion sur un site. Nous considérons que c’est une des solutions les plus sûres et sécurisées. La technologie permettant d’y parvenir existe aujourd’hui. Il suffit que le gouvernement impose à 3 entreprises (Apple, Google et Microsoft) la vérification d’âge au niveau de l’appareil. Mais le gouvernement refuse et nous impose des lois symboliques et dangereuses pour les mineurs.
Nous savons désormais qu’aucun mineur n’est protégé par cette mesure, au contraire.
La collecte de vos données :
Cette loi est aussi une brèche pour la collecte de vos données. L’outil imposé par l'État est nouveau, et plusieurs experts en cybersécurité s’accordent à dire qu’il n’est pas fiable. Voulez-vous qu’une personne mal intentionnée ait accès à vos consommations pornographiques? En plus de ces brèches, voulez-vous que l'État ait accès à vos préférences pornographiques?
Interdire le porno c’est facile, personne ne va s’y opposer. Qui veut porter cet étendard publiquement? C’est leur manière d’entamer un contrôle de votre présence en ligne.
Ne devrions nous pas simplement accepter cette loi? Non. Pas au détriment de votre sécurité.
Ce n’est pas parce que vous n’avez rien à vous reprocher, que les conséquences de ces mesures ne vous toucheront pas. À première vue vous ne serez pas attaqués, mais voulez-vous que les organismes officiels apprennent combien de fois vous fréquentez ces sites pendant votre période de chômage/recherche d’emploi? Ils pourraient déjà savoir où vous partez en vacances grâce à Instagram et ajusteraient vos droits en conséquence.
Je vous laisse imaginer un monde où votre employeur pourrait avoir accès à ces informations, où les banques et les assurances s’en serviraient pour choisir leurs clients et accepter vos prêts, des personnes mal intentionnées vous feraient chanter, des propriétaires homophobes enquêteraient sur votre sexualité pour accepter votre dossier…
La prochaine étape c’est de se connecter sur Pornhub via France Connect, on rigole, mais imaginez.
L’idée de mettre fin à l’anonymat sur Internet ne date pas d’hier. Cela fait plusieurs années que le gouvernement fait des propositions de loi pour imposer la vérification de l’identité, et la fin de l’anonymat, pour chaque utilisateur sur les réseaux sociaux. L’imposer en premier lieu via le porno semble être une porte d’entrée plus pratique et sans embûches.
Rappel du contexte :
En 2016, la loi de pénalisation des clients et de proxénétisme est née. Cette loi concerne les travailleuses du sexe, qui travaillent au contact direct des clients. Avant cela, la loi contre le racolage était de vigueur. C'est-à-dire que les travailleuses étaient considérées comme hors la loi d’exercer leur métier, et maintenant, ce sont leurs clients qui le sont.
Cette loi était censée lutter contre les réseaux de prostitution illégaux, et la prostitution des mineures.
Depuis, des enquêtes ont été menées et déposées à la commission européenne, prouvant la dangerosité de ces nouvelles mesures. Ces enquêtes et alertes de la part de collectifs, associations et travailleuses militantes n’ont jamais été prises en compte, et cette loi dangereuse perdure.
Tout cela n’est qu’une conséquence directe de la loi : les clients ne sont plus en règle, ils peuvent faire face à des amendes, contrôles de police, discriminations... ce qui les a rendus avares, méfiants et agressifs, quand ils acceptent encore de courir le risque. Les habitués respectueux se faisant de plus en plus rare.
Les travailleuses du sexe n’ont plus le confort de choisir leurs clients, et doivent accepter des pratiques, des conditions qu’elles n’auraient pas accepté avant cette loi, sous peine de voir leurs revenus drastiquement diminuer, voir disparaître.
Pendant ce temps, les travailleuses du sexe excerçant en tant qu’actrices dans des productions de films pour adultes, commencent à devenir indépendantes grace aux plateformes privées telles que OnlyFans et MyM. C’est une avancée énorme car elles peuvent enfin décider totalement de leurs pratiques, se filmer elles-même, toujours choisir leurs partenaires, gérer leur image ainsi que sa diffusion.
Les plus gros producteurs Français font enfin face à leurs comportements qui ont toujours été problématiques, car les actrices n’ont plus peur de parler, n’étant plus dépendantes de leur volonté à les faire travailler ou non.
Aujourd’hui, nous n'avons jamais été aussi proches de se retrouver au cœur d'une loi aussi problématique que la loi de 2016.
Les conséquences sur le métier :
Quand bien même le porno et le travail du sexe vous déplait, une immense majorité de la population est consommatrice. En France, nous avons la chance de le créer de façon majoritairement indépendante. Grâce aux plateformes telles que OnlyFans, MyM, Pornhub, Fansly… Certaines actrices ont pu s’affranchir d’un système de production qui ne leur convenait pas, et créer un contenu plus en accord avec leur volonté et leurs limites.
La fermeture potentielle de ces sites et le retour aux productions serait un pas en arrière. Les actrices ne pourront plus choisir d’être indépendantes.
Le fait est que c’est presque impossible de se réinsérer professionnellement après avoir été actrice pornographique, qu’allons nous toutes faire après ça?
On demande que toutes les travailleuses du sexe, celles en ligne comme celles de la rue, aient des droits, travaillent librement et puissent le faire en sécurité. Cela passe par le retrait de la loi de pénalisation des clients de 2016. Les lois qui nous concernent doivent être écrites avec nous et avec celles et ceux qui travaillent au quotidien dans la prévention et l’éducation auprès des jeunes.
Pour conclure :
On ne demande pas de privilèges. On demande que les mineurs soient vraiment protégés, que vos données privées le restent et que notre travail soit reconnu.
Signez, pour vous, pour vos enfants, pour la liberté de notre vie privée, pour nous soutenir.
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Le problème
Depuis quelques mois les mesures liberticides s'enchaînent.
Les conséquences en sont la fermeture des plus gros sites pornographiques en France qui refusent d’imposer aux consommateurs la vérification de leur âge, la loi de vérification de l’identité imposée à Onlyfans entrainant une baisse considérable du trafic et une méfiance des consommateurs, le durcissement et les suppressions de très nombreux comptes Instagram de travailleuses du sexe, la suppression des contenus pornographique sur Twitter…
La loi de vérification de l’âge appliquée cette année a subi peu de critiques, alors qu’elle redirige les mineurs dans les pires recoins d’internet sous prétexte de protection.
Les travailleuses en ligne se retrouvent à perdre leur lieu de travail et subissent ce que les travailleuses de rue vivent depuis des années : précarisation, invisibilisation et répression morale.
Cette loi vous concerne aussi : à qui va profiter les informations récoltées sur vos consommations pornographiques ?
Les mineurs sont en danger :
Nous savons que l’argument principal qui régit la nouvelle loi de vérification de l’identité sur les sites pornographiques, est la protection des mineurs.
Nous savons également qu'il existe déjà des solutions : une loi qui impose l'éducation sexuelle et affective dès le plus jeune âge, de la primaire aux études supérieures, par de tierce personne qui ne sont pas les enseignants et qui sont formées à ces thématiques. Sauf qu’aujourd'hui, les interventions dans les établissements scolaires se font en grande majorité après qu'il y ait eu des incidents. Ce n'est pas suffisant pour dire que l'on a déjà testé l'éducation et que cela ne marche pas. Cette loi, qui sert à protéger intelligemment les mineurs face aux contenus pornographiques, existe déjà et n'est pas appliquée.
Nous pensons que la sécurité des mineurs est une fausse préoccupation. Elle est en fait une excuse pour condamner le porno. C'est une mesure réactionnaire et conservatrice qui utilise votre affecte et votre méconnaissance du sujet concernant la protection des mineurs. Elle a pour but de pointer du doigt ce qui dérange, ce qu’il faut faudrait disparaître, à commencer par le porno.
La sécurité de vos enfants a été réfléchie sur des bases conservatrices, cacher, enterrer, rendre tabou.
Le plus grand danger que les jeunes, en recherche d’information sur la sexualité, rencontrent sur internet sont les pédocriminels. Et contre ça cette loi n’apporte rien, au contraire, si ce que les jeunes recherchent est caché ils s’aventureront encore plus sur internet où ces prédateurs les attendent. A quoi bon les protéger de certains sites si c’est pour les conduire vers pire.
Ne tombons pas dans le piège de retourner 100 ans en arrière.
Voici ce qui est mis en place sur les plus gros sites porno, dans le but de protéger son public au maximum :
- Les contenus sont régulés : les animaux, le sang, la drogue et l’alcool, les objets qui ne sont pas des sextoys... et plus sont interdits ;
- Les règles sont modifiées en prenant en compte l’actualité : par exemple depuis l’affaire Pelicot, les contenus avec des personnes qui semblent endormies ne sont plus autorisés ;
- On ne peut pas mettre en ligne une vidéo sans identifier chacune des personnes présentes pour vérifier son âge et son consentement ;
- Chaque vidéo contenant une personne non identifiée, est supprimée immédiatement ;
- Chaque vidéo publiée met environ 3 jours à être vérifiée pour s’assurer de cela ;
- Contrairement aux autres sites, il n’y a pas de contenu “hardcore” ou avec des pratiques très “graphiques” sur les première pages, il faut les chercher pour les trouver ;
- Ils sont engagés et font des articles de blog sur : le consentement, les personnes queers, le respect, la réalité du métier…
Nous avons conscience que c’est encore loin d’être parfait, mais par rapport à ce que proposent le reste des sites, c’est incomparable.
Maintenant, pourquoi cette loi met en danger nos jeunes ?
On s’explique :
- Leur consommation ne s’arrêtera pas, cacher un problème ne le résout pas. La consommation doit être encadrée, or elle est rendue tabou ;
- Ils se dirigent vers les seuls sites restants, les sites illégaux où l’on retrouve : des actrices non consentantes, du contenus volés, du revenge porn, de la pédopornographie, du contenu hardcore en évidence, de l’inceste, de la zoophilie, des snuff movies…
- D’après les premières statistiques sur le sujet, 10% des utilisateurs ont procédé à la vérification de leur identité tandis que 90% ont changé de sites ;
- Cela nous éloigne de la vraie solution : éduquer les plus jeunes à la sexualité et appliquer la vérification de l'âge à l’appareil entier et non à certains sites.
Nos demandes pour rendre internet plus sûr pour nos jeunes :
Nous demandons les résultats d’une étude prouvant que cette loi protège les mineurs. Ces mesures sont appliquées sans preuve de leur efficacité, tandis que la preuve de leur dangerosité est déjà clairement visible.
Nous demandons en priorité que la loi déjà existante d’éducation des jeunes à la vie sexuelle et affective soit appliquée. Nous rappelons qu’en France, 1 enfant sur 10 est victime d’inceste, et pourtant ces cours obligatoires ne sont pas appliqués dans les écoles. Ceci est déjà une preuve que l'État fait fausse route.
Nous demandons la sécurisation des appareils pour résoudre ce problème : vérification de l'âge par appareil et non à chaque connexion sur un site. Nous considérons que c’est une des solutions les plus sûres et sécurisées. La technologie permettant d’y parvenir existe aujourd’hui. Il suffit que le gouvernement impose à 3 entreprises (Apple, Google et Microsoft) la vérification d’âge au niveau de l’appareil. Mais le gouvernement refuse et nous impose des lois symboliques et dangereuses pour les mineurs.
Nous savons désormais qu’aucun mineur n’est protégé par cette mesure, au contraire.
La collecte de vos données :
Cette loi est aussi une brèche pour la collecte de vos données. L’outil imposé par l'État est nouveau, et plusieurs experts en cybersécurité s’accordent à dire qu’il n’est pas fiable. Voulez-vous qu’une personne mal intentionnée ait accès à vos consommations pornographiques? En plus de ces brèches, voulez-vous que l'État ait accès à vos préférences pornographiques?
Interdire le porno c’est facile, personne ne va s’y opposer. Qui veut porter cet étendard publiquement? C’est leur manière d’entamer un contrôle de votre présence en ligne.
Ne devrions nous pas simplement accepter cette loi? Non. Pas au détriment de votre sécurité.
Ce n’est pas parce que vous n’avez rien à vous reprocher, que les conséquences de ces mesures ne vous toucheront pas. À première vue vous ne serez pas attaqués, mais voulez-vous que les organismes officiels apprennent combien de fois vous fréquentez ces sites pendant votre période de chômage/recherche d’emploi? Ils pourraient déjà savoir où vous partez en vacances grâce à Instagram et ajusteraient vos droits en conséquence.
Je vous laisse imaginer un monde où votre employeur pourrait avoir accès à ces informations, où les banques et les assurances s’en serviraient pour choisir leurs clients et accepter vos prêts, des personnes mal intentionnées vous feraient chanter, des propriétaires homophobes enquêteraient sur votre sexualité pour accepter votre dossier…
La prochaine étape c’est de se connecter sur Pornhub via France Connect, on rigole, mais imaginez.
L’idée de mettre fin à l’anonymat sur Internet ne date pas d’hier. Cela fait plusieurs années que le gouvernement fait des propositions de loi pour imposer la vérification de l’identité, et la fin de l’anonymat, pour chaque utilisateur sur les réseaux sociaux. L’imposer en premier lieu via le porno semble être une porte d’entrée plus pratique et sans embûches.
Rappel du contexte :
En 2016, la loi de pénalisation des clients et de proxénétisme est née. Cette loi concerne les travailleuses du sexe, qui travaillent au contact direct des clients. Avant cela, la loi contre le racolage était de vigueur. C'est-à-dire que les travailleuses étaient considérées comme hors la loi d’exercer leur métier, et maintenant, ce sont leurs clients qui le sont.
Cette loi était censée lutter contre les réseaux de prostitution illégaux, et la prostitution des mineures.
Depuis, des enquêtes ont été menées et déposées à la commission européenne, prouvant la dangerosité de ces nouvelles mesures. Ces enquêtes et alertes de la part de collectifs, associations et travailleuses militantes n’ont jamais été prises en compte, et cette loi dangereuse perdure.
Tout cela n’est qu’une conséquence directe de la loi : les clients ne sont plus en règle, ils peuvent faire face à des amendes, contrôles de police, discriminations... ce qui les a rendus avares, méfiants et agressifs, quand ils acceptent encore de courir le risque. Les habitués respectueux se faisant de plus en plus rare.
Les travailleuses du sexe n’ont plus le confort de choisir leurs clients, et doivent accepter des pratiques, des conditions qu’elles n’auraient pas accepté avant cette loi, sous peine de voir leurs revenus drastiquement diminuer, voir disparaître.
Pendant ce temps, les travailleuses du sexe excerçant en tant qu’actrices dans des productions de films pour adultes, commencent à devenir indépendantes grace aux plateformes privées telles que OnlyFans et MyM. C’est une avancée énorme car elles peuvent enfin décider totalement de leurs pratiques, se filmer elles-même, toujours choisir leurs partenaires, gérer leur image ainsi que sa diffusion.
Les plus gros producteurs Français font enfin face à leurs comportements qui ont toujours été problématiques, car les actrices n’ont plus peur de parler, n’étant plus dépendantes de leur volonté à les faire travailler ou non.
Aujourd’hui, nous n'avons jamais été aussi proches de se retrouver au cœur d'une loi aussi problématique que la loi de 2016.
Les conséquences sur le métier :
Quand bien même le porno et le travail du sexe vous déplait, une immense majorité de la population est consommatrice. En France, nous avons la chance de le créer de façon majoritairement indépendante. Grâce aux plateformes telles que OnlyFans, MyM, Pornhub, Fansly… Certaines actrices ont pu s’affranchir d’un système de production qui ne leur convenait pas, et créer un contenu plus en accord avec leur volonté et leurs limites.
La fermeture potentielle de ces sites et le retour aux productions serait un pas en arrière. Les actrices ne pourront plus choisir d’être indépendantes.
Le fait est que c’est presque impossible de se réinsérer professionnellement après avoir été actrice pornographique, qu’allons nous toutes faire après ça?
On demande que toutes les travailleuses du sexe, celles en ligne comme celles de la rue, aient des droits, travaillent librement et puissent le faire en sécurité. Cela passe par le retrait de la loi de pénalisation des clients de 2016. Les lois qui nous concernent doivent être écrites avec nous et avec celles et ceux qui travaillent au quotidien dans la prévention et l’éducation auprès des jeunes.
Pour conclure :
On ne demande pas de privilèges. On demande que les mineurs soient vraiment protégés, que vos données privées le restent et que notre travail soit reconnu.
Signez, pour vous, pour vos enfants, pour la liberté de notre vie privée, pour nous soutenir.
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Pétition lancée le 28 juillet 2025