Liberté pour Erdal Gökoglu !

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Liberté pour Erdal Gökoglu !

La Belgique pratique-t-elle le « deux poids, deux mesures » en matière de « délit politique » ?

Alors que dans l’affaire du leader catalan Carles Puigdemont, la justice belge ne semblait vouloir retenir que les délits reconnus en Belgique, et ainsi « désobéir » aux souhaits de l’Etat espagnol de criminaliser les positions politiques des indépendantistes catalans, il semblerait que le même traitement ne soit pas accordé aux opposants politiques turcs.

En effet, le 13 novembre 2017, la police de Liège a arrêté Erdal Gökoglu, opposant turc, réfugié politique reconnu en Belgique, sur base d’un mandat d’arrêt européen, émis par la justice allemande pour ses liens supposés avec une organisation politique et révolutionnaire turque.

Les faits reprochés à Erdal Gökoglu par l’Allemagne sont:

- sa participation à la création d’une association culturelle à Hambourg,

- l’organisation de concerts du groupe musical engagé Yorum,

- avoir participé à la diffusion d'une revue politique d'opposition (pourtant légalement éditée et diffusée y compris en Turquie,  

- son témoignage à l’université de Berlin sur les tortures subies en Turquie, notamment de la part du garde du corps du Premier Ministre Erdogan.

Bien que ces activités relèvent de la liberté d’expression et ne constituent aucune menace, ni en Allemagne ni ailleurs en Europe, elles sont considérées comme « aide matérielle potentielle à une organisation terroriste » en vertu de l’article 129a du code pénal. Cet article inique date du 19ème siècle et a été utilisé notamment par le régime nazi pour faire la chasse à ses opposants politiques.

Le 29 novembre dernier, le juge belge a décidé de livrer Erdal Gökoglu à l’Allemagne en arguant que ses homologues allemands « disposaient peut-être de preuves que l’on ignore ». Ce faisant,  la justice belge exécute les ordres d’un pays tiers sans estimer nécessaire la fourniture de preuves, et rechigne à défendre « son » réfugié politique en raison de la « relation de confiance » qu’elle entretient avec l’Allemagne. Pourtant, la veille, le Procureur du Roi liégeois a reconnu que les charges retenues n’étaient pas illégales en Belgique.

Puisque l’activisme d’Erdal Gökoglu est parfaitement légal en Belgique, nous appelons les responsables politiques et judiciaires belges à protéger ce réfugié de la « justice » allemande, qui inflige régulièrement de longues années de prison en isolement aux opposants turcs dont les opinions ne sont pas conformes aux désirs d’Ankara, et ce au nom des bonnes relations économiques et politiques entre l’Allemagne et la Turquie.

Erdal Gökoglu a obtenu le statut de réfugié politique en Belgique en 2007, entre autres, pour avoir souffert de longues séances de tortures dans les prisons turques. Un suivi médical constant lui est vital en raison des sévices qu’il a subi en Turquie, dont plusieurs balles qui lui ont traversé le corps lors du massacre de prisonniers à la prison d’Uucanlar à Ankara. Mais aussi après avoir été alimenté de force au cours d’une longue grève de la faim. Suite à ces sévices, il a contracté le syndrome de Wernicke-Korsakoff, un trouble nerveux qui lui cause des pertes de mémoire et d’équilibre.

Sa place n’est donc pas dans une prison et encore moins dans un cachot de Lantin. En effet, depuis le 13 novembre, jour de son incarcération, Erdal Gökoglu s’est vu confiné à l’isolement, avec interdiction d’écrire ou de recevoir des lettres, de lire des livres et de recevoir des visites.

En 2016, Erdal Gökoglu avait déjà été arrêté une première fois en Pologne alors qu’il assistait au mariage de l’un de ses amis. Son arrestation était motivée par une demande d’extradition introduite par le régime d’Ankara via Interpol. Face à cette tentative d’extradition depuis la Pologne vers la Turquie, la Belgique avait défendu « son » réfugié, Erdal Gökoglu, et plaidé pour son rapatriement. Il avait été libéré par la justice polonaise après plus de deux mois d’incarcération.

Aujourd’hui, la victime de ce nouveau mandat d’arrêt européen est un réfugié. Demain, ce sera peut-être un Belge dont l’activisme politique déplaît à un autre pays européen.

Nous, signataires de la présente pétition, attendons le même courage de la part de la Belgique et la même rigueur impartiale de la part de la justice belge quant aux faits et aux circonstances dans lesquels s’opèrent cette demande d’expulsion d’un opposant politique turc.



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