Liberté, ÉQUITÉ, fraternité : agir pour l'inclusion des personnes en situation de handicap

Le problème

 

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                                         Liberté, ÉQUITÉ, fraternité !


Il y a tout juste 50 ans, la loi de 1975 posait les premières pierres de la reconnaissance des droits des personnes en situation de handicap. Trente ans plus tard, la loi de 2005 affirmait le droit à la compensation, la non-discrimination, l’égalité des droits et des chances, et le libre choix de son projet de vie. En 2010, la France ratifiait la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, engageant l’État à garantir l’inclusion pleine et entière de chacun.

Mais aujourd’hui, force est de constater que ces textes, pourtant porteurs d’espoir, peinent à transformer la réalité.

Pourquoi ? Parce qu’ils ont été pensés sans les personnes concernées.
 Parce qu’ils ont confondu égalité et équité.
 Parce qu’ils continuent d’imaginer une société inclusive à partir d’un modèle unique, là où nos besoins sont multiples.

L’égalité, c’est offrir à tous la même chose. L’équité, c’est offrir à chacun ce dont il a besoin pour vivre pleinement. Tant que nous appliquerons des règles identiques à des réalités inégales, nous ne ferons que perpétuer l’exclusion.

Alors oui, il est temps de barrer « égalité » pour écrire « équité ».
 Il est temps de sortir du silence et des intentions pour bâtir, ensemble, une société réellement inclusive.

Les lois de 1975, 2005 et 2010 ont été écrites sans nous.
Et si, pour une fois, on écrivait la loi de 2027 ensemble ?
L'association Ensemble&Co créée en avril 2025, c'est plus de 90 entrepreneurs concernés et engagés, agissant positivement pour l'inclusion des personnes en situation de handicap, favorisant les compétences, l'innovation sociale et sociétale. 
Voici nos solutions, concrètes et applicables, pour réinventer l’emploi, l’accessibilité, la santé, l’éducation et la représentation.

  1. Pour une accessibilité universelle : 

18 millions de personnes sont concernées en France par le handicap. L’accessibilité en France progresse, mais reste inégale selon les territoires et les types de handicap. Les établissements publics et les transports ont connu des améliorations, mais de nombreux retards persistent, notamment dans le logement et le numérique. Le manque de contrôles et de sanctions limite l’application effective des lois existantes. 

Comment Ensemble&Co propose d’y répondre ?

  • Cadre bâti, habitat et espaces publics
    Intégrer des experts en accessibilité dès la conception des bâtiments, des espaces publics et des infrastructures. Généraliser la signalétique universelle, les aménagements adaptés (espaces de repos, files prioritaires, dispositifs sensoriels…) et garantir la maintenance des équipements essentiels. Développer massivement l’habitat évolutif et partagé, avec un observatoire national et des quotas progressifs d’accessibilité, en accompagnant les collectivités locales.
  • Mobilité et intermodalité
    Généraliser l’assistance à la mobilité (guidage vocal, rampes automatiques, accompagnement humain), garantir l’intermodalité et associer les régions à la prise en charge, pour permettre l’autonomie sur tous les parcours.

  • Numérique et information
    Rendre obligatoire un audit et la mention d’accessibilité ou non sur toutes les plateformes numériques ( pour les ERP ). Accélérer la dématérialisation accessible, garantir l’accompagnement humain et valider automatiquement les demandes administratives en cas de silence de l’administration.

  • Gouvernance, contrôle et participation
    Renforcer les commissions communales, généraliser les audits indépendants et assurer la participation effective des personnes concernées à chaque étape. Instaurer des sanctions claires en cas de non-conformité.

  • Formation et sensibilisation
    Former systématiquement les agents publics et privés à l’accueil inclusif dans tous les domaines, intégrer une formation obligatoire sur le handicap dans les cursus concernés, et diffuser régulièrement des contenus pédagogiques dans les écoles et entreprises. Créer un budget dédié l’accessibilité pour tous dans les lieux culturels, spectacles & évènements

Ne plus parler d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap mais d’accessibilité universelle. 

Pour améliorer l’accessibilité en France, il est essentiel de créer une gouvernance forte, avec des contrôles et sanctions, et d’impliquer les personnes concernées dans la conception des politiques. Il faut généraliser l’accessibilité dans le bâtiment, le numérique et les transports. Enfin, la formation des professionnels et une campagne nationale ( via les écoles / entreprises ) de sensibilisation sont indispensables pour un changement durable.

Nous serons tous à un moment ou l'autre de notre vie amenée à être à mobilité réduite, l'accessibilité doit être pensée comme une norme universelle, pour anticiper les défis de chacun.

     2. Emploi : passer du droit à la réalité

Le handicap demeure, en 2024, la première cause de discrimination à l’embauche en France, et ce pour la huitième année consécutive selon le Défenseur des Droits. Derrière ce chiffre se cache une réalité préoccupante : en 2023, le taux d’emploi direct des personnes en situation de handicap dans le secteur privé atteignait péniblement 3,6 %, loin du seuil légal des 6 % fixé par la loi du 11 février 2005.

Cette situation n’est pas une fatalité. Elle résulte d’obstacles systémiques, de méconnaissances persistantes, et d’un manque de volontarisme collectif. Pour changer la donne, il est temps d’agir avec ambition, clarté et courage. Voici les leviers que nous proposons aux pouvoirs publics pour faire de l’emploi des personnes en situation de handicap une priorité nationale effective. Face au constat alarmant de la persistance des discriminations à l'embauche subies par les personnes en situation de handicap, il est urgent de proposer des solutions concrètes, ambitieuses et immédiatement activables.

  • La première priorité concerne la formation.  
    Dans le monde professionnel, la formation des managers et des RH est essentielle : chaque parcours d’intégration ou de prise de poste devrait inclure un module obligatoire sur le handicap. Cela garantirait une meilleure compréhension des enjeux d’inclusion et une posture d’accueil adaptée dès les premiers jours dans l’entreprise.

  • La politique handicap, au sein des organisations, doit être construite avec celles et ceux qui sont directement concernés. Nous proposons que les accords handicap soient co-construits avec les salariés en situation de handicap, pour garantir la pertinence des mesures mises en place. Par ailleurs, afin de leur permettre de s’inscrire dans une stratégie de transformation de long terme, ces accords devraient pouvoir être renouvelés jusqu’à trois fois. Cela donnerait aux entreprises le temps nécessaire pour structurer une politique ambitieuse, progressive et pérenne.

  • En matière de recrutement, il faut désormais oser des solutions innovantes. Nous proposons le recours à des outils d’intelligence artificielle, spécifiquement paramétrés pour lutter contre les biais discriminatoires. Une IA inclusive pourrait effectuer un premier tri des candidatures en se concentrant uniquement sur les compétences, et ainsi permettre à davantage de candidats en situation de handicap d’accéder à l’entretien. Pour les aider à identifier les employeurs engagés, nous proposons également la création d’un label national “Entreprise handi-accueillante”, reconnu par l’État ou l’AGEFIPH. Ce label serait un signal fort, lisible et fiable pour les candidats.

  • Le rôle du référent handicap, déjà reconnu dans les entreprises, doit être renforcé. Trop souvent, ces professionnels manquent de temps ou de formation pour exercer pleinement leur mission. Il est indispensable de leur garantir un temps dédié suffisant, et de leur offrir une formation approfondie, afin qu’ils puissent véritablement accompagner les salariés, sensibiliser les équipes et faire le lien avec les ressources internes et externes.

     3. Santé : un système à réhumaniser


Rappelons-le, plus de 18 millions de Français vivent avec un handicap qu’il soit visible ou invisible… étant rappelé que 80 % des handicaps sont invisibles. La moyenne nationale des délais de traitement des dossiers s’élève à près de 5 mois et révèle des disparités importantes selon les Départements. Ces délais peuvent ainsi être plus longs et sources d’angoisse et de précarité pour les personnes concernées. Un enjeu porte aussi sur le guide barème pris en compte par les MDPH.

Malgré des avancées, notamment législatives, les obstacles administratifs et en termes d’accessibilité, les inégalités territoriales ainsi que le manque de formation freinent toujours l’accès aux soins et une prise en charge digne.

13 millions de personnes souffrent de troubles psychiques en France et font face à des structures saturées et un tabou difficile à lever. Parmi ces personnes, de nombreuses sont concernées par des douleurs chroniques susceptibles de provoquer isolement, troubles psychiques et précarité. Et si ces chiffres ne font pas les gros titres médiatiques et ne sont pas suffisamment pris en compte par les pouvoirs publics, il faut avoir en tête que toutes les personnes qui se retrouvent sans solution d’accueil ou d’accompagnement correspondent à autant de drames humains.

L’accès au sport des personnes en situation de handicap, levier essentiel de santé et d’inclusion, reste insuffisant malgré toute la communication faite autour de l’héritage des Jeux de Paris. Ainsi, en 2020, moins d’une personne handicapée sur deux déclarait avoir eu une activité au moins une fois dans l’année et les personnes en situation de handicap sont trois fois plus souvent en situation d’obésité sévère ou massive que le reste de la population et sont également beaucoup plus exposées aux maladies cardio-vasculaires, au diabète, au cancer, et aux maladies respiratoires chroniques.

Les solutions envisagées par Ensemble&Co : 

  • Accessibilité universelle, parcours coordonnés et accompagnement humain
    Garantir l’accueil obligatoire dans tous les lieux de santé, publics et privés, sans refus lié au handicap. Imposer la mise en conformité totale des structures selon les normes d’accessibilité physique, sensorielle et cognitive, avec formation obligatoire des professionnels et communication renforcée sur les aides disponibles. Appliquer des sanctions strictes, déjà prévues dans la loi, en cas de non-respect.
    Attribuer un référent de parcours à toute personne nécessitant un accompagnement durable, assurer un accès prioritaire aux soins, supprimer les obstacles administratifs inutiles, et favoriser l’intégration des soins dans la vie quotidienne. Garantir le droit à un accompagnement humain, avec la présence d’un proche ou d’un professionnel de confiance, et former les soignants à la communication adaptée.

  • Santé psychique intégrale et soutien aux aidants
    Garantir un accès direct, gratuit et sans plafond à un soutien psychologique ou psychiatrique, avec un suivi d’au moins un an. Réformer la psychiatrie pour limiter l’enfermement et développer l’accompagnement en milieu ouvert. Déployer des équipes mobiles spécialisées et renforcer la collaboration avec les personnes concernées et leurs proches.
    Reconnaître juridiquement et socialement le rôle des aidants, garantir leur droit au répit, un statut renforcé (protection sociale, salaire, retraite, formation) et leur inclusion dans le parcours de soin sans charge exclusive. Assurer un suivi psychologique régulier et une allocation pérenne et revalorisée aux proches aidants.

  • Modernisation, investissements et inclusion sociale
    S’appuyer sur la Classification Internationale du Fonctionnement (CIF) pour définir les droits, et instaurer une formation continue obligatoire avec évaluations décennales pour le personnel MDPH et soignant. Renforcer les passerelles entre psychologie et psychiatrie, augmenter les moyens des structures d’accueil, et soutenir l’innovation organisationnelle et territoriale.
    Rembourser les frais liés à la pratique sportive adaptée et prioriser les subventions aux clubs et événements inclusifs. Instaurer une Journée Nationale du Handicap obligatoire dans les collèges et lycées, et intégrer la formation à la communication adaptée dans les cursus médicaux.
    Garantir la participation effective des personnes handicapées dans toutes les instances de gouvernance sanitaire.

Pour une société inclusive et solidaire, il faut garantir une prise en charge rapide, humaine et adaptée de toutes les formes de handicap ainsi que des troubles psychiques et autistiques. Investir dans la santé, c’est investir dans l’autonomie et la citoyenneté… qui implique aussi de permettre à toutes et tous d’accéder au sport, à la culture, aux loisirs et d’être acteurs de notre démocratie. Nous serons tous concernés un jour par le handicap : agir aujourd’hui, c’est préparer un avenir digne pour chacun.

Et au-delà des positions de principe, cela correspond simplement à l’application de loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé qui prévoit : « Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée. Les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu'à la mort. »

     4. L’éducation : le pilier d’une société plus juste

Le virage de l'École Inclusive a été amorcé en 2005 par la loi du 11 février puis réaffirmé par la loi du 08/07/2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République. Ces deux textes déterminent une nouvelle conception de la scolarisation des élèves en situation de handicap (ESH) en milieu ordinaire. 20 ans après la loi de 2005, et 12 ans après la loi de 2013, le constat est mitigé. 

Ainsi, si le nombre d’élèves en situation de handicap inscrits à l’école “ordinaire” augmente, de 155 400 en 2006 à 468 300 élèves  à la rentrée 2023, (DREES, 2024), ces chiffres cachent une réalité complexe. L’Union nationale des associations de parents d’enfants inadaptés  (UNAPEI)  a relancé en 2024, pour la 6e année consécutive le hashtag “J’ai pas école” pour alerter sur la situation des ESH laissés sans solution de scolarisation.  En 2024, l’UNAPEI rappelait ainsi que certains enfants scolarisés ne reçoivent que 3h d’ enseignement par semaine. 


Cela a de lourdes conséquences sur la poursuite d’études, et notamment dans l’enseignement supérieur. Ainsi, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESRI) estimait en 2024, qu’à la rentrée 2022, 59 000 étudiants en situation de handicap (ESH) étaient recensés dans les établissements d’enseignement supérieur publics et privé d’intérêt général, soit 2 % des effectifs étudiants. 


Comment le collectif Ensemble&Co voit les choses : 

L’Association Ensemble and Co propose des solutions adaptées aux personnes en situation de handicap, qui permettent également d’améliorer la qualité de scolarité ou d’études pour l’ensemble des personnes.

  • Dans cette optique, nous demandons la mise en place d’un suivi psychologique et d’actions de pair-aidance à destination des personnes concernées et de leurs aidant(e)s. 

  • La situation des personnes en situation de handicap, ne pouvant évoluer favorablement sans l’appui de personnels éducatifs formés, nous proposons, à destination des professeurs, une formation approfondie obligatoire aux modes d'apprentissages différenciés. Celle-ci permettra d'assurer un accompagnement réellement adapté aux enfants ayant des besoins spécifiques qu’ils soient en situation de handicap ou non. Elle serait actualisée tous les cinq ans.

  • Nous souhaitons également généraliser une sensibilisation au handicap dès la maternelle et tout au long du parcours scolaire.  Pour ce faire, créer un statut spécifique pour les Accompagnant(e)s d'Élèves en Situation de Handicap (AESH), leur garantira une formation reconnue par l'État, un salaire décent ainsi qu'un poste à temps plein.

  • Par ailleurs, l’Association insiste sur la nécessité d’une accessibilité universelle des études supérieures de l’Université comme des Grandes Écoles, et ce, jusqu’au plus haut niveau. Nous appelons ainsi au rétablissement des prolongations des contrats doctoraux pour cause de handicap, initialement prévues par l’ordonnance du 23/04/2009, abrogée le 27/12/2023.

  • Les démarches administratives liées au handicap doivent être simplifiées et accompagnées par des référents handicap formés. Le bâti doit être mis aux normes d’accessibilité. 

  • Enfin, la reconnaissance du diplôme et des parcours scolaires et universitaires doit être la même pour tous.

Ce qui implique l’affirmation claire du principe d’équité et une lutte résolue contre les discriminations et le validisme.

     5. Représentation : mieux voir pour mieux vivre ensemble


Dans une société où l’image façonne les normes, les rêves et les possibles, la sous-représentation des Personnes en Situation de Handicap (PSH) dans les médias et les sphères politiques crée un vide aussi symbolique que concret. Aujourd’hui, moins de 2 % des personnes visibles à l’écran sont en situation de handicap, alors que plus de 12 millions de personnes en France vivent avec un handicap — dont 80 % sont invisibles. Cette absence n’est pas anodine : elle nourrit l’ignorance, les stéréotypes, et une forme d’exclusion silencieuse.

Cette invisibilité a un coût immense, notamment chez les plus jeunes. Ne pas se sentir représenté, c’est ne pas pouvoir se projeter. C’est intérioriser l’idée que sa différence n’a pas sa place dans l’espace public, dans les récits, dans les responsabilités. Cela alimente l’auto-censure, la perte d’estime de soi, l’isolement, voire le renoncement à s’engager dans certains parcours de vie. La représentation inclusive n’est donc pas seulement un enjeu de visibilité : c’est un acte de santé publique et de prévention. Elle participe à la construction identitaire, à la confiance, et à l’élargissement des possibles pour toute une génération.

  • Nous appelons donc à la mise en œuvre de campagnes de communication nationales ambitieuses, portées par les pouvoirs publics et relayées dans les médias, pour changer le regard sur les handicaps invisibles et valoriser les parcours de vie singuliers. Ces campagnes doivent être créatives, impactantes et récurrentes, pour déconstruire les stéréotypes, favoriser l’empathie, et faire évoluer durablement les mentalités.

  • Mais cette invisibilité médiatique est le reflet d’une autre absence : celle des PSH dans la vie politique. Le ministère dédié au handicap reste trop souvent isolé, doté de moyens limités et peu audible dans les prises de paroles officielles. Pourtant, les enjeux liés au handicap traversent tous les ministères. Il est donc urgent d’instaurer, dans chaque ministère, des Référents Diversité & Inclusion, à l’image de ce qui se fait en entreprise. Ces référents auront pour mission d’ancrer ces enjeux de manière transversale, de créer des ponts entre les politiques publiques, et d’incarner une exemplarité d’État dans la lutte contre les discriminations.

  • Enfin, il est essentiel de favoriser et accompagner la prise de parole des personnes concernées. Leur présence n’est pas qu’une image à montrer, c’est une voix à écouter, un savoir à reconnaître, une expérience à valoriser. Créer et visibiliser de nouveaux rôles modèles, pluriels et inspirants, c’est offrir à chacun la possibilité de se reconnaître, de rêver, d’avoir des ambitions et de contribuer à la performance.

La représentation ne doit plus être un privilège. Elle est un droit, un levier, et une nécessité. Il ne suffit plus de constater. Il est temps d’agir.

Conclusion : 
Ce que nous portons ici n’est pas une revendication isolée, ni une addition de constats. C’est une vision. Celle d’une société qui choisit d’évoluer non pas par contrainte, mais par conscience. Une société qui reconnaît que les différences ne divisent pas : elles enrichissent, elles transforment, elles unissent, comme nous avons pu le voir aux Jeux Paralympiques de Paris 2024. C’est tout le sens de l’apérision que nous défendons : l’apérision, par contradiction avec l’inclusion dont le latin vient de “in cluede” qui signifie enfermement, aperision vient du latin “aperir”, signifiant ouvrir dont la défintiion est “rendre quelque chose accessible, enlever un obstacle à quelque chose”. Il s’agit alors là d’un mouvement où l’on fait ensemble, avec nos forces et nos fragilités, pour créer une société plus apaisée, plus audacieuse et plus vivante.

Car derrière chaque thème abordé — l’emploi, la santé, l’éducation, l’accessibilité, la représentation — se trouve une même urgence : celle de passer de la parole à l’action, de la consultation à la co-construction. Les réponses d’hier, pensées sans les premiers concernés, ont montré leurs limites. Aujourd’hui, nous affirmons qu’il est non seulement possible mais nécessaire d’incarner ce changement de paradigme en mode collaboratif.

▶️ En matière d’emploi, l’innovation inclusive, la valorisation de toutes les formes de travail et la liberté d’organisation sont des clés d’un marché du travail plus équitable.

▶️ Dans la santé, reconnaître les handicaps invisibles, adapter les soins, les rendre accessibles et faire confiance aux savoirs expérientiels, c’est garantir une meilleure qualité de vie pour tous.

▶️ Dans l’éducation, former dès le plus jeune âge à la différence, c’est faire naître une génération éclairée, empathique et prête à vivre ensemble.

▶️ En accessibilité, l’universalité doit devenir la norme, qu’elle soit physique, numérique, sensorielle ou administrative.

▶️ Et dans la représentation, visibiliser et valoriser les parcours, soutenir les voix, créer des rôles modèles, c’est ouvrir l’espace public à une diversité réelle et inspirante.

Ce que nous demandons, ce que nous incarnons, ce que nous proposons : c’est une société du lien, de la responsabilité partagée, où chacun peut contribuer selon ses moyens et ses rêves.

C’est possible. Et c’est déjà en marche.

Ensemble, faisons grandir une société où chaque singularité est une force collective.

Ensemble & Co - Le collectif engagé
Faire Ensemble le Vivre Ensemble
Pour une société juste, vivante et profondément humaine.

 

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Découvrez le détail de l'ensemble des propositions et de leur champ d'application dans un livre blanc à paraître lors de la Semaine Européenne de l'Emploi des Personnes Handicapées 2025.

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Tiffany MAZARSLanceur de pétition

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Le problème

 

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Il y a tout juste 50 ans, la loi de 1975 posait les premières pierres de la reconnaissance des droits des personnes en situation de handicap. Trente ans plus tard, la loi de 2005 affirmait le droit à la compensation, la non-discrimination, l’égalité des droits et des chances, et le libre choix de son projet de vie. En 2010, la France ratifiait la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, engageant l’État à garantir l’inclusion pleine et entière de chacun.

Mais aujourd’hui, force est de constater que ces textes, pourtant porteurs d’espoir, peinent à transformer la réalité.

Pourquoi ? Parce qu’ils ont été pensés sans les personnes concernées.
 Parce qu’ils ont confondu égalité et équité.
 Parce qu’ils continuent d’imaginer une société inclusive à partir d’un modèle unique, là où nos besoins sont multiples.

L’égalité, c’est offrir à tous la même chose. L’équité, c’est offrir à chacun ce dont il a besoin pour vivre pleinement. Tant que nous appliquerons des règles identiques à des réalités inégales, nous ne ferons que perpétuer l’exclusion.

Alors oui, il est temps de barrer « égalité » pour écrire « équité ».
 Il est temps de sortir du silence et des intentions pour bâtir, ensemble, une société réellement inclusive.

Les lois de 1975, 2005 et 2010 ont été écrites sans nous.
Et si, pour une fois, on écrivait la loi de 2027 ensemble ?
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Voici nos solutions, concrètes et applicables, pour réinventer l’emploi, l’accessibilité, la santé, l’éducation et la représentation.

  1. Pour une accessibilité universelle : 

18 millions de personnes sont concernées en France par le handicap. L’accessibilité en France progresse, mais reste inégale selon les territoires et les types de handicap. Les établissements publics et les transports ont connu des améliorations, mais de nombreux retards persistent, notamment dans le logement et le numérique. Le manque de contrôles et de sanctions limite l’application effective des lois existantes. 

Comment Ensemble&Co propose d’y répondre ?

  • Cadre bâti, habitat et espaces publics
    Intégrer des experts en accessibilité dès la conception des bâtiments, des espaces publics et des infrastructures. Généraliser la signalétique universelle, les aménagements adaptés (espaces de repos, files prioritaires, dispositifs sensoriels…) et garantir la maintenance des équipements essentiels. Développer massivement l’habitat évolutif et partagé, avec un observatoire national et des quotas progressifs d’accessibilité, en accompagnant les collectivités locales.
  • Mobilité et intermodalité
    Généraliser l’assistance à la mobilité (guidage vocal, rampes automatiques, accompagnement humain), garantir l’intermodalité et associer les régions à la prise en charge, pour permettre l’autonomie sur tous les parcours.

  • Numérique et information
    Rendre obligatoire un audit et la mention d’accessibilité ou non sur toutes les plateformes numériques ( pour les ERP ). Accélérer la dématérialisation accessible, garantir l’accompagnement humain et valider automatiquement les demandes administratives en cas de silence de l’administration.

  • Gouvernance, contrôle et participation
    Renforcer les commissions communales, généraliser les audits indépendants et assurer la participation effective des personnes concernées à chaque étape. Instaurer des sanctions claires en cas de non-conformité.

  • Formation et sensibilisation
    Former systématiquement les agents publics et privés à l’accueil inclusif dans tous les domaines, intégrer une formation obligatoire sur le handicap dans les cursus concernés, et diffuser régulièrement des contenus pédagogiques dans les écoles et entreprises. Créer un budget dédié l’accessibilité pour tous dans les lieux culturels, spectacles & évènements

Ne plus parler d’accessibilité pour les personnes en situation de handicap mais d’accessibilité universelle. 

Pour améliorer l’accessibilité en France, il est essentiel de créer une gouvernance forte, avec des contrôles et sanctions, et d’impliquer les personnes concernées dans la conception des politiques. Il faut généraliser l’accessibilité dans le bâtiment, le numérique et les transports. Enfin, la formation des professionnels et une campagne nationale ( via les écoles / entreprises ) de sensibilisation sont indispensables pour un changement durable.

Nous serons tous à un moment ou l'autre de notre vie amenée à être à mobilité réduite, l'accessibilité doit être pensée comme une norme universelle, pour anticiper les défis de chacun.

     2. Emploi : passer du droit à la réalité

Le handicap demeure, en 2024, la première cause de discrimination à l’embauche en France, et ce pour la huitième année consécutive selon le Défenseur des Droits. Derrière ce chiffre se cache une réalité préoccupante : en 2023, le taux d’emploi direct des personnes en situation de handicap dans le secteur privé atteignait péniblement 3,6 %, loin du seuil légal des 6 % fixé par la loi du 11 février 2005.

Cette situation n’est pas une fatalité. Elle résulte d’obstacles systémiques, de méconnaissances persistantes, et d’un manque de volontarisme collectif. Pour changer la donne, il est temps d’agir avec ambition, clarté et courage. Voici les leviers que nous proposons aux pouvoirs publics pour faire de l’emploi des personnes en situation de handicap une priorité nationale effective. Face au constat alarmant de la persistance des discriminations à l'embauche subies par les personnes en situation de handicap, il est urgent de proposer des solutions concrètes, ambitieuses et immédiatement activables.

  • La première priorité concerne la formation.  
    Dans le monde professionnel, la formation des managers et des RH est essentielle : chaque parcours d’intégration ou de prise de poste devrait inclure un module obligatoire sur le handicap. Cela garantirait une meilleure compréhension des enjeux d’inclusion et une posture d’accueil adaptée dès les premiers jours dans l’entreprise.

  • La politique handicap, au sein des organisations, doit être construite avec celles et ceux qui sont directement concernés. Nous proposons que les accords handicap soient co-construits avec les salariés en situation de handicap, pour garantir la pertinence des mesures mises en place. Par ailleurs, afin de leur permettre de s’inscrire dans une stratégie de transformation de long terme, ces accords devraient pouvoir être renouvelés jusqu’à trois fois. Cela donnerait aux entreprises le temps nécessaire pour structurer une politique ambitieuse, progressive et pérenne.

  • En matière de recrutement, il faut désormais oser des solutions innovantes. Nous proposons le recours à des outils d’intelligence artificielle, spécifiquement paramétrés pour lutter contre les biais discriminatoires. Une IA inclusive pourrait effectuer un premier tri des candidatures en se concentrant uniquement sur les compétences, et ainsi permettre à davantage de candidats en situation de handicap d’accéder à l’entretien. Pour les aider à identifier les employeurs engagés, nous proposons également la création d’un label national “Entreprise handi-accueillante”, reconnu par l’État ou l’AGEFIPH. Ce label serait un signal fort, lisible et fiable pour les candidats.

  • Le rôle du référent handicap, déjà reconnu dans les entreprises, doit être renforcé. Trop souvent, ces professionnels manquent de temps ou de formation pour exercer pleinement leur mission. Il est indispensable de leur garantir un temps dédié suffisant, et de leur offrir une formation approfondie, afin qu’ils puissent véritablement accompagner les salariés, sensibiliser les équipes et faire le lien avec les ressources internes et externes.

     3. Santé : un système à réhumaniser


Rappelons-le, plus de 18 millions de Français vivent avec un handicap qu’il soit visible ou invisible… étant rappelé que 80 % des handicaps sont invisibles. La moyenne nationale des délais de traitement des dossiers s’élève à près de 5 mois et révèle des disparités importantes selon les Départements. Ces délais peuvent ainsi être plus longs et sources d’angoisse et de précarité pour les personnes concernées. Un enjeu porte aussi sur le guide barème pris en compte par les MDPH.

Malgré des avancées, notamment législatives, les obstacles administratifs et en termes d’accessibilité, les inégalités territoriales ainsi que le manque de formation freinent toujours l’accès aux soins et une prise en charge digne.

13 millions de personnes souffrent de troubles psychiques en France et font face à des structures saturées et un tabou difficile à lever. Parmi ces personnes, de nombreuses sont concernées par des douleurs chroniques susceptibles de provoquer isolement, troubles psychiques et précarité. Et si ces chiffres ne font pas les gros titres médiatiques et ne sont pas suffisamment pris en compte par les pouvoirs publics, il faut avoir en tête que toutes les personnes qui se retrouvent sans solution d’accueil ou d’accompagnement correspondent à autant de drames humains.

L’accès au sport des personnes en situation de handicap, levier essentiel de santé et d’inclusion, reste insuffisant malgré toute la communication faite autour de l’héritage des Jeux de Paris. Ainsi, en 2020, moins d’une personne handicapée sur deux déclarait avoir eu une activité au moins une fois dans l’année et les personnes en situation de handicap sont trois fois plus souvent en situation d’obésité sévère ou massive que le reste de la population et sont également beaucoup plus exposées aux maladies cardio-vasculaires, au diabète, au cancer, et aux maladies respiratoires chroniques.

Les solutions envisagées par Ensemble&Co : 

  • Accessibilité universelle, parcours coordonnés et accompagnement humain
    Garantir l’accueil obligatoire dans tous les lieux de santé, publics et privés, sans refus lié au handicap. Imposer la mise en conformité totale des structures selon les normes d’accessibilité physique, sensorielle et cognitive, avec formation obligatoire des professionnels et communication renforcée sur les aides disponibles. Appliquer des sanctions strictes, déjà prévues dans la loi, en cas de non-respect.
    Attribuer un référent de parcours à toute personne nécessitant un accompagnement durable, assurer un accès prioritaire aux soins, supprimer les obstacles administratifs inutiles, et favoriser l’intégration des soins dans la vie quotidienne. Garantir le droit à un accompagnement humain, avec la présence d’un proche ou d’un professionnel de confiance, et former les soignants à la communication adaptée.

  • Santé psychique intégrale et soutien aux aidants
    Garantir un accès direct, gratuit et sans plafond à un soutien psychologique ou psychiatrique, avec un suivi d’au moins un an. Réformer la psychiatrie pour limiter l’enfermement et développer l’accompagnement en milieu ouvert. Déployer des équipes mobiles spécialisées et renforcer la collaboration avec les personnes concernées et leurs proches.
    Reconnaître juridiquement et socialement le rôle des aidants, garantir leur droit au répit, un statut renforcé (protection sociale, salaire, retraite, formation) et leur inclusion dans le parcours de soin sans charge exclusive. Assurer un suivi psychologique régulier et une allocation pérenne et revalorisée aux proches aidants.

  • Modernisation, investissements et inclusion sociale
    S’appuyer sur la Classification Internationale du Fonctionnement (CIF) pour définir les droits, et instaurer une formation continue obligatoire avec évaluations décennales pour le personnel MDPH et soignant. Renforcer les passerelles entre psychologie et psychiatrie, augmenter les moyens des structures d’accueil, et soutenir l’innovation organisationnelle et territoriale.
    Rembourser les frais liés à la pratique sportive adaptée et prioriser les subventions aux clubs et événements inclusifs. Instaurer une Journée Nationale du Handicap obligatoire dans les collèges et lycées, et intégrer la formation à la communication adaptée dans les cursus médicaux.
    Garantir la participation effective des personnes handicapées dans toutes les instances de gouvernance sanitaire.

Pour une société inclusive et solidaire, il faut garantir une prise en charge rapide, humaine et adaptée de toutes les formes de handicap ainsi que des troubles psychiques et autistiques. Investir dans la santé, c’est investir dans l’autonomie et la citoyenneté… qui implique aussi de permettre à toutes et tous d’accéder au sport, à la culture, aux loisirs et d’être acteurs de notre démocratie. Nous serons tous concernés un jour par le handicap : agir aujourd’hui, c’est préparer un avenir digne pour chacun.

Et au-delà des positions de principe, cela correspond simplement à l’application de loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé qui prévoit : « Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée. Les professionnels de santé mettent en œuvre tous les moyens à leur disposition pour assurer à chacun une vie digne jusqu'à la mort. »

     4. L’éducation : le pilier d’une société plus juste

Le virage de l'École Inclusive a été amorcé en 2005 par la loi du 11 février puis réaffirmé par la loi du 08/07/2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République. Ces deux textes déterminent une nouvelle conception de la scolarisation des élèves en situation de handicap (ESH) en milieu ordinaire. 20 ans après la loi de 2005, et 12 ans après la loi de 2013, le constat est mitigé. 

Ainsi, si le nombre d’élèves en situation de handicap inscrits à l’école “ordinaire” augmente, de 155 400 en 2006 à 468 300 élèves  à la rentrée 2023, (DREES, 2024), ces chiffres cachent une réalité complexe. L’Union nationale des associations de parents d’enfants inadaptés  (UNAPEI)  a relancé en 2024, pour la 6e année consécutive le hashtag “J’ai pas école” pour alerter sur la situation des ESH laissés sans solution de scolarisation.  En 2024, l’UNAPEI rappelait ainsi que certains enfants scolarisés ne reçoivent que 3h d’ enseignement par semaine. 


Cela a de lourdes conséquences sur la poursuite d’études, et notamment dans l’enseignement supérieur. Ainsi, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESRI) estimait en 2024, qu’à la rentrée 2022, 59 000 étudiants en situation de handicap (ESH) étaient recensés dans les établissements d’enseignement supérieur publics et privé d’intérêt général, soit 2 % des effectifs étudiants. 


Comment le collectif Ensemble&Co voit les choses : 

L’Association Ensemble and Co propose des solutions adaptées aux personnes en situation de handicap, qui permettent également d’améliorer la qualité de scolarité ou d’études pour l’ensemble des personnes.

  • Dans cette optique, nous demandons la mise en place d’un suivi psychologique et d’actions de pair-aidance à destination des personnes concernées et de leurs aidant(e)s. 

  • La situation des personnes en situation de handicap, ne pouvant évoluer favorablement sans l’appui de personnels éducatifs formés, nous proposons, à destination des professeurs, une formation approfondie obligatoire aux modes d'apprentissages différenciés. Celle-ci permettra d'assurer un accompagnement réellement adapté aux enfants ayant des besoins spécifiques qu’ils soient en situation de handicap ou non. Elle serait actualisée tous les cinq ans.

  • Nous souhaitons également généraliser une sensibilisation au handicap dès la maternelle et tout au long du parcours scolaire.  Pour ce faire, créer un statut spécifique pour les Accompagnant(e)s d'Élèves en Situation de Handicap (AESH), leur garantira une formation reconnue par l'État, un salaire décent ainsi qu'un poste à temps plein.

  • Par ailleurs, l’Association insiste sur la nécessité d’une accessibilité universelle des études supérieures de l’Université comme des Grandes Écoles, et ce, jusqu’au plus haut niveau. Nous appelons ainsi au rétablissement des prolongations des contrats doctoraux pour cause de handicap, initialement prévues par l’ordonnance du 23/04/2009, abrogée le 27/12/2023.

  • Les démarches administratives liées au handicap doivent être simplifiées et accompagnées par des référents handicap formés. Le bâti doit être mis aux normes d’accessibilité. 

  • Enfin, la reconnaissance du diplôme et des parcours scolaires et universitaires doit être la même pour tous.

Ce qui implique l’affirmation claire du principe d’équité et une lutte résolue contre les discriminations et le validisme.

     5. Représentation : mieux voir pour mieux vivre ensemble


Dans une société où l’image façonne les normes, les rêves et les possibles, la sous-représentation des Personnes en Situation de Handicap (PSH) dans les médias et les sphères politiques crée un vide aussi symbolique que concret. Aujourd’hui, moins de 2 % des personnes visibles à l’écran sont en situation de handicap, alors que plus de 12 millions de personnes en France vivent avec un handicap — dont 80 % sont invisibles. Cette absence n’est pas anodine : elle nourrit l’ignorance, les stéréotypes, et une forme d’exclusion silencieuse.

Cette invisibilité a un coût immense, notamment chez les plus jeunes. Ne pas se sentir représenté, c’est ne pas pouvoir se projeter. C’est intérioriser l’idée que sa différence n’a pas sa place dans l’espace public, dans les récits, dans les responsabilités. Cela alimente l’auto-censure, la perte d’estime de soi, l’isolement, voire le renoncement à s’engager dans certains parcours de vie. La représentation inclusive n’est donc pas seulement un enjeu de visibilité : c’est un acte de santé publique et de prévention. Elle participe à la construction identitaire, à la confiance, et à l’élargissement des possibles pour toute une génération.

  • Nous appelons donc à la mise en œuvre de campagnes de communication nationales ambitieuses, portées par les pouvoirs publics et relayées dans les médias, pour changer le regard sur les handicaps invisibles et valoriser les parcours de vie singuliers. Ces campagnes doivent être créatives, impactantes et récurrentes, pour déconstruire les stéréotypes, favoriser l’empathie, et faire évoluer durablement les mentalités.

  • Mais cette invisibilité médiatique est le reflet d’une autre absence : celle des PSH dans la vie politique. Le ministère dédié au handicap reste trop souvent isolé, doté de moyens limités et peu audible dans les prises de paroles officielles. Pourtant, les enjeux liés au handicap traversent tous les ministères. Il est donc urgent d’instaurer, dans chaque ministère, des Référents Diversité & Inclusion, à l’image de ce qui se fait en entreprise. Ces référents auront pour mission d’ancrer ces enjeux de manière transversale, de créer des ponts entre les politiques publiques, et d’incarner une exemplarité d’État dans la lutte contre les discriminations.

  • Enfin, il est essentiel de favoriser et accompagner la prise de parole des personnes concernées. Leur présence n’est pas qu’une image à montrer, c’est une voix à écouter, un savoir à reconnaître, une expérience à valoriser. Créer et visibiliser de nouveaux rôles modèles, pluriels et inspirants, c’est offrir à chacun la possibilité de se reconnaître, de rêver, d’avoir des ambitions et de contribuer à la performance.

La représentation ne doit plus être un privilège. Elle est un droit, un levier, et une nécessité. Il ne suffit plus de constater. Il est temps d’agir.

Conclusion : 
Ce que nous portons ici n’est pas une revendication isolée, ni une addition de constats. C’est une vision. Celle d’une société qui choisit d’évoluer non pas par contrainte, mais par conscience. Une société qui reconnaît que les différences ne divisent pas : elles enrichissent, elles transforment, elles unissent, comme nous avons pu le voir aux Jeux Paralympiques de Paris 2024. C’est tout le sens de l’apérision que nous défendons : l’apérision, par contradiction avec l’inclusion dont le latin vient de “in cluede” qui signifie enfermement, aperision vient du latin “aperir”, signifiant ouvrir dont la défintiion est “rendre quelque chose accessible, enlever un obstacle à quelque chose”. Il s’agit alors là d’un mouvement où l’on fait ensemble, avec nos forces et nos fragilités, pour créer une société plus apaisée, plus audacieuse et plus vivante.

Car derrière chaque thème abordé — l’emploi, la santé, l’éducation, l’accessibilité, la représentation — se trouve une même urgence : celle de passer de la parole à l’action, de la consultation à la co-construction. Les réponses d’hier, pensées sans les premiers concernés, ont montré leurs limites. Aujourd’hui, nous affirmons qu’il est non seulement possible mais nécessaire d’incarner ce changement de paradigme en mode collaboratif.

▶️ En matière d’emploi, l’innovation inclusive, la valorisation de toutes les formes de travail et la liberté d’organisation sont des clés d’un marché du travail plus équitable.

▶️ Dans la santé, reconnaître les handicaps invisibles, adapter les soins, les rendre accessibles et faire confiance aux savoirs expérientiels, c’est garantir une meilleure qualité de vie pour tous.

▶️ Dans l’éducation, former dès le plus jeune âge à la différence, c’est faire naître une génération éclairée, empathique et prête à vivre ensemble.

▶️ En accessibilité, l’universalité doit devenir la norme, qu’elle soit physique, numérique, sensorielle ou administrative.

▶️ Et dans la représentation, visibiliser et valoriser les parcours, soutenir les voix, créer des rôles modèles, c’est ouvrir l’espace public à une diversité réelle et inspirante.

Ce que nous demandons, ce que nous incarnons, ce que nous proposons : c’est une société du lien, de la responsabilité partagée, où chacun peut contribuer selon ses moyens et ses rêves.

C’est possible. Et c’est déjà en marche.

Ensemble, faisons grandir une société où chaque singularité est une force collective.

Ensemble & Co - Le collectif engagé
Faire Ensemble le Vivre Ensemble
Pour une société juste, vivante et profondément humaine.

 

Logo de l'association Ensemble & Co

 

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Découvrez le détail de l'ensemble des propositions et de leur champ d'application dans un livre blanc à paraître lors de la Semaine Européenne de l'Emploi des Personnes Handicapées 2025.

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Tiffany MAZARSLanceur de pétition

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