Parents d'eleves Du Conservatoire de Toulouse APECFrankreich
25.06.2025
Madame, Monsieur,
Du fait de la délégation que Jean-Luc MOUDENC, Maire de Toulouse et
Président de Toulouse Métropole, m'a confiée, à savoir le Conservatoire à Rayonnement Régional, je suis chargée de vous répondre.
Dans une pétition publiée sur le site Change.org, vous lui avez fait part
de vos préoccupations, bien légitimes, concernant l'évolution du Conservatoire à Rayonnement Régional Xavier DARASSE, au regard des arbitrages budgétaires décidés par la Mairie de Toulouse, l'invitant notamment à reconsidérer la politique de non remplacement des professeurs, et des postes administratifs et techniques.
Croyez bien, tout d'abord, que nous mesurons parfaitement vos
inquiétudes et l'importance de ce haut lieu d'enseignement artistique au sein de notre cité. À ce titre, nous vous rejoignons tout à fait sur la nécessité de conserver le caractère d'excellence du Conservatoire, réputé être le second pourvoyeur de talents musicaux après celui de Paris.
En revanche, il me paraît essentiel de rappeler clairement le contexte
budgétaire particulièrement contraint que nous connaissons aujourd'hui. Car si, en effet, certains témoignages qui me sont parvenus le mentionnent, peu d'entre eux ont réellement conscience des difficultés auxquels nous sommes confrontés.
Dans l'immédiat, je tenais à vous faire un point sur la situation du
Conservatoire et des décisions que nous avons été contraints de prendre au regard des circonstances tout à fait inédites que nous connaissons sur le plan financier.
S'agissant du «Pôle des arts baroques», je vous informe que ce
dispositif est, hélas, totalement suspendu en raison de son coût très élevé.
Le nombre d'enseignants de la discipline « Formation musicale » sera
revu à la baisse, impliquant le fait que certains profils d'élèves (adultes poursuivant un parcours non-diplômant par exemple) seront certainement impactés et ne pourront se réinscrire. Mais rassurez-vous : nous portons une attention particulière aux élèves inscrits dans un parcours certifiant ou diplômant, afin qu'ils puissent poursuivre cet enseignement.
Concernant le « Récitatif pour le chant lyrique » le contrat de
l'enseignant de cette spécialité n'a pas été renouvelé. Par ailleurs, l'enseignante de la discipline « Danse pour les comédiens » n'a pas été remplacée pendant quelques semaines. Néanmoins, l'activité a désormais retrouvé un rythme normal.
En outre, à la suite d'un départ pour mutation d'un enseignant de
« Musique de chambre » en février dernier, les élèves de sa classe ont été répartis chez d'autres enseignants qui pouvaient les inclure dans leur emploi du temps. Dans l'immédiat, je puis vous assurer qu'une vigilance particulière est accordée aux élèves qui doivent valider cette discipline en fin d'année pour obtenir l'intégralité de leur diplôme.
Quant à « l'Enseignement d'improvisation », il a été stoppé car les
étudiants avaient déjà obtenu le nombre obligatoire d'heures de cours dans leur parcours ou pourront le compléter lors d'une prochaine année scolaire (cursus de deux à quatre ans).
Pour votre information, à la suite du départ à la retraite du professeur de
flûte traversière, celui-ci sera bien remplacé; le recrutement est actuellement en
Enfin, les élèves bénéficient toujours du temps pédagogique souhaité en
« Technique vocale maîtrise ».
Par ailleurs, comme je vous l'indiquais précédemment, je tiens à vous
rappeler le contexte de ces décisions, caractérisé par l'incertitude financière totale dans laquelle nous sommes plongés, depuis plusieurs mois, compte tenu des annonces de l'Etat au sujet de l'ampleur de son propre déficit et de la ponction financière qu'il opère en conséquence dans le budget des collectivités locales.
C'est un point que, fort étrangement, vous avez décidé de ne pas
aborder dans votre pétition, alors même qu'il est à la source de la problématique financière qui nous est imposée !
Le déficit de l'Etat, accumulé dangereusement pendant 50 ans par tous
les gouvernements (de toutes tendances) a généré un endettement de la Nation devenu insoutenable. C'est pour y faire face que l'Etat a décidé sans concertation d'opérer une ponction financière dont la nouveauté est d'être d'ampleur drastique et inédite dans le budget des collectivités locales. Même si celles-ci ne sont en rien responsables de la situation catastrophique des finances de l'Etat.
C'est pourquoi nous avons été contraints de prendre, dès le mois
d'octobre dernier, des décisions difficiles, qui concernent l'ensemble des champs de l'action municipale, d'abord pour freiner nos dépenses en matière de ressources humaines et, de façon plus générale, toutes nos dépenses de fonctionnement. A titre d'exemple, comme de nombreux collègues, qu'ils soient Présidents de Collectivités ou Maires, Jean-Luc MOUDENC a demandé le gel immédiat de principe des recrutements, tant pour la Mairie de Toulouse que pour Toulouse Métropole.
Cet effort budgétaire général de toute la Collectivité est d'autant plus
inévitable que l'Etat nous a fait savoir que la ponction financière à laquelle il va procéder dans nos budgets sera reproduite au cours des années à venir. Pour votre information, d'après le budget définitif de l'Etat, voté le 6 février 2025, cela représenterait une perte estimée à 44 millions d'euros, auxquels s'ajoutent des suppressions de crédits ministériels thématiques, soit, au total, une ponction d'une cinquantaine de millions d'euros dès 2025.
Et nous savons que cette ponction va être reproduite en 2026 et au
cours des années suivantes, sans doute pour un montant encore plus lourd d'après les annonces récentes du Gouvernement.
Dans ce contexte, il eut été insincère et irresponsable, voire mensonger,
de notre part de faire comme si de rien n'était et de prévoir des budgets correspondant à l'enveloppe habituelle, au risque de ne pouvoir ensuite, en cours d'année, assurer le paiement de nos engagements.
Nous procédons comme vous le feriez sans doute pour votre propre
budget personnel ou familial : si vos revenus baissent de façon imprévue, vous renoncez à une dépense ou vous la différez ou vous effectuez une dépense moindre.
Dans un tel contexte, je vous avoue ma stupéfaction en lisant dans votre
texte que vous jugez « dangereux » notre « réflexe de précaution ». C'est bien la première fois que je vois qualifier de danger une précaution !
Enfin, je note que, si vous contestez nos mesures de prudence
budgétaire, vous ne proposez rien d'autre comme économie de fonctionnement équivalente pour faire face à la contrainte financière qui nous est brutalement imposée.
Vous l'ignorez peut-être mais la Mairie de Toulouse est quasiment
l'unique financeur du Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse.
Ainsi, comme pour les autres acteurs culturels de la ville, une partie de la dotation 2025 a été versée au Conservatoire fin 2024, et le reste ainsi que son montant précis viendront en fonction de nos capacités budgétaires réelles.
Car, naturellement, nous reconnaissons le haut niveau d'enseignement
et le rayonnement de cette prestigieuse institution, comme en témoignent les nombreux partenariats signés avec les écoles de musique de Düsseldorf, Barcelone, Bologne, Bristol et Chicago, ainsi que Ramallah, en Cisjordanie.
Croyez bien que nous défendons, comme vous, l'accès à la connaissance
et à l'art comme le plus grand vecteur d'émancipation individuelle et de cohésion collective; c'est d'ailleurs pourquoi le secteur culturel demeure, après celui de l'éducation, le plus fortement soutenu à Toulouse, à hauteur de 150 millions d'euros par an, soit 340 € par an et par habitant, soit le double de la moyenne nationale.
A cet égard, je puis vous assurer que, malgré le contexte budgétaire
complexe subi par notre Collectivité, notre priorité reste d'optimiser autant que possible les ressources du Conservatoire et maintenir un enseignement artistique de qualité auquel les élus de la Municipalité toulousaine sont très fortement attachés.
En vous assurant à nouveau de toute l'importance que nous accordons
au Conservatoire de Toulouse, et comptant également sur votre compréhension,
je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l'assurance de mes
sentiments les meilleurs.

Nicole YARDENI
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