Pétition fermée

Lettre ouverte: rendre visible la composition des serviettes et tampons hygiéniques

Cette pétition avait 2 951 signataires


Madame Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé ;
Madame Rossignol, Ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des Femmes ;
Madame Pinville, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire ;
Mesdames et Messieurs les Député-e-s, les Sénatrices et les Sénateurs ;

Il y a deux ans, j'ai lancé un combat.
J'ai bravé l'anonymat, l'ignorance et la honte. J'ai dû faire face à des reproches, à des moqueries. Et parfois, j'ai eu des insultes. Je résiste parce qu'il est temps que le gouvernement français se préoccupe d'un problème qui est resté trop longtemps dans l'ombre.

En juin 2015, j'ai appris qu'il était impossible de connaître la composition des tampons et des serviettes hygiéniques. Un mois plus tard, j'ai lancé une pétition adressée à une marque de tampons très connue pour dénoncer cela.

Suite à la popularité de la pétition, les enquêtes se sont enchaînées entre 2015 et 2016. Elles ont essayé de braver l'opacité du secteur pour donner quelques réponses à nos inquiétudes.
L'enquête de 60 millions de consommateurs, parue en février 2016, a démontré que les serviettes et les tampons ne sont pas uniquement faits en coton. L'enquête a même mentionné que dans certains cas, on a retrouvé des résidus de pesticides et des dioxines !
Avant cette enquête, toute consommatrice pensait que ces produits étaient simples, inoffensifs et uniquement en coton. Les résultats de cette enquête ont tout chamboulé. Ce n'est pas tout. Aujourd'hui, personne n'est capable de dire les conséquences de ces composants sur notre intimité ! Essayez de trouver une recherche sur la question, je vous souhaite : « bon courage ! ».

Au moment où j'écris cette lettre, en janvier 2017, rien n'a changé... Malgré les signatures, mes courriers, mes interventions, les reportages, les articles, la situation est aussi alarmante qu'en été 2015.

Avoir ses règles est un phénomène naturel que personne ne contrôle. Nous ne décidons pas quand elles arrivent et quand elles s'arrêtent. Nous ne choisissons pas leurs flux, leurs durées. On peut le dire, nous subissons nos menstruations. Je sais que la serviette hygiénique et le tampon hygiénique sont des produits qui donnent la liberté de bouger durant la période menstruelle.
Cependant, au XXI ème siècle, nous apprenons que nous n'avons pas le droit de savoir ce qu'il y a dedans. Alors qu'on peut s'informer sur la composition de sa crème de jour ou de son gel douche, c'est impossible de se renseigner sur la composition du tampon ou de la serviette hygiénique qu'on va utiliser. PIRE ! Personne peut nous dire si ces produits sont des produits sains et sûrs.
Pourquoi ? Parce que ça ne concerne que les femmes ? Parce qu'on juge que c'est honteux d'en parler ?
Cette situation paradoxale a assez duré.
Au nom de quoi ou de qui, impose-t-on cette situation aux femmes ?

Aujourd'hui, nous sommes en colère.
Mme Pinville, vous m'avez promis d'agir en conséquence, mais aujourd'hui, je ne vois rien. Où sont les résultats de votre enquête qui s'est déroulée durant l'été 2016 ? Avez-vous menti aux 260000 signataires ?
Mme Touraine, ce problème est aussi un problème de santé publique pourtant, vous ne faites rien ! Le corps féminin n'est donc pas assez digne pour que le Ministère de la Santé s'y intéresse ?
Mme Rossignol, il est inconcevable que cette situation perdure aujourd'hui. Un pays qui déclare défendre les droits des femmes, doit agir !
Mesdames, le gouvernement français doit reprendre le contrôle et garantir la santé des femmes. Ce n'est pas à vous de courber le dos. C'est aux industriels de se plier aux exigences des consommatrices. Notre confort, notre santé doivent passer avant le confort financier de ces industriels.

Quand allez-vous enfin obliger ces industriels à dire la vérité aux consommatrices ?



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