Lettre ouverte aux féministes françaises

Le problème

Lettre ouverte aux féministes françaises

Chères féministes françaises,

Je suis Henda Ayari, la première femme à avoir déposé plainte contre Tariq Ramadan en octobre 2017. Je m’adresse à vous aujourd’hui pour dénoncer une hypocrisie qui gangrène le mouvement auquel vous appartenez. Mon expérience m’a ouvert les yeux sur une réalité troublante : le traitement différencié réservé aux victimes en fonction de l’identité de leurs agresseurs.

Depuis l’affaire Weinstein et le mouvement de libération de la parole des femmes en 2017, mon histoire a été l’une des plus médiatisées en France. Pourtant, j’ai constaté que certaines voix féministes, si promptes à intervenir lorsque l’agresseur est une figure du monde artistique comme Gérard Depardieu, sont restées étrangement silencieuses lorsque le nom de Ramadan a été évoqué. Cette indifférence est d’autant plus choquante que plusieurs femmes, dont moi, ont déposé plainte pour viol. Rappelons que Tariq Ramadan a été récemment condamné en appel en Suisse pour viol. Il est donc officiellement un violeur.

Je soutiens la démarche des victimes courageuses qui ont dénoncé les agissements de Gérard Depardieu, les accusations portées contre lui reposent sur des faits d’attouchements, d’agressions sexuelles et de viols. Bien que ces comportements soient graves et méritent sanctions, il est essentiel de souligner que Gérard Depardieu n’a pas été condamné pour viol contrairement à Tariq Ramadan. 
La différence de traitement entre ces deux affaires est frappante. Alors que Depardieu subit une véritable chasse à l’homme médiatique, Ramadan, lui, bénéficie clairement depuis 7 ans, d’une forme de clémence. Les féministes étaient bien silencieuses au moment où nous avions besoin de leur soutien.

Il existe un deux poids, deux mesures dans la façon dont certaines féministes choisissent leurs combats. Le fait que mon agresseur soit musulman semble justifier une prudence, un désir d’éviter de « taper dessus ». Pourquoi ? Parce qu’il est associé à une identité qui rend certains réticents à parler de violence ou d’abus, par peur d’être accusés de racisme ou de stigmatisation. Cela est profondément injuste et révoltant !

De la même manière, les femmes afghanes et les femmes juives, qui ont également été victimes de violences atroces, n’ont pas reçu le soutien qu’elles méritent de la part des organisations féministes françaises. Ces dernières, principalement dirigées par des gauchistes, semblent avoir pris en otage la cause des femmes, choisissant de privilégier certaines luttes en fonction de leur confort idéologique. Pourquoi ce silence sur le sort de ces femmes qui souffrent ? Qui sont les vrais racistes ici ? Ceux qui ignorent la souffrance d’un groupe en raison de leur origine ou de leur religion, ou ceux qui défendent réellement les droits de toutes les femmes, sans distinction ?

Cette inégalité de traitement est inacceptable. Mon vécu mérite le même respect et la même attention que n’importe quelle autre victime. Pourquoi devrais-je accepter que ma souffrance soit minimisée parce qu’elle ne cadre pas avec le discours « convenable » de certains ? Ce silence est inacceptable et doit cesser. Le féminisme doit être un combat pour toutes les victimes, sans exception ni réserve !

Je me sens trahie par un mouvement qui, sous couvert de défendre les femmes, semble choisir ses luttes en fonction de la popularité ou du confort qu’elles peuvent offrir. Nous ne devons pas être soutenues à moitié ou en fonction de l’identité de notre agresseur. Je refuse d’être une victime de « second rang » et je ne veux pas d’un soutien sélectif qui ne défend pas réellement la cause des femmes.

Aujourd’hui, je tire la sonnette d’alarme. Les voix de celles qui ont souffert doivent être entendues, peu importe l’identité de leurs agresseurs. Arrêtons de privilégier certaines victimes au détriment d’autres. C’est un principe fondamental : toutes les femmes doivent être soutenues, peu importe l’identité de leurs bourreaux.

Je vous demande de réfléchir profondément à votre posture et à vos actions. Si vous souhaitez vraiment défendre les droits des femmes, il est temps d’agir avec cohérence et équité. Les injustices que vous perpétuez, sous couvert de lutte féministe, sont inacceptables et nuisent à notre cause. Le vrai féminisme ne doit pas se contenter de dénoncer certaines violences tout en en occultant d’autres. Si vous ne pouvez pas défendre toutes les victimes avec la même ferveur, alors il est temps de reconsidérer votre engagement.

Pour ma part, je me considère comme féministe et je n’ai aucune limite lorsque je soutiens des femmes. Je ne regarde pas leur culture, leur religion ou leur choix politique. C’est cela, le vrai féminisme. Le féminisme que vous prônez doit être authentique et inclusif, et non sélectif ou opportuniste. Sinon, il ne mérite pas d’être appelé féminisme.

Henda Ayari
Première femme à avoir porté plainte pour viol contre Tariq Ramadan

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Henda AYARILanceur de pétition

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Lettre ouverte aux féministes françaises

Chères féministes françaises,

Je suis Henda Ayari, la première femme à avoir déposé plainte contre Tariq Ramadan en octobre 2017. Je m’adresse à vous aujourd’hui pour dénoncer une hypocrisie qui gangrène le mouvement auquel vous appartenez. Mon expérience m’a ouvert les yeux sur une réalité troublante : le traitement différencié réservé aux victimes en fonction de l’identité de leurs agresseurs.

Depuis l’affaire Weinstein et le mouvement de libération de la parole des femmes en 2017, mon histoire a été l’une des plus médiatisées en France. Pourtant, j’ai constaté que certaines voix féministes, si promptes à intervenir lorsque l’agresseur est une figure du monde artistique comme Gérard Depardieu, sont restées étrangement silencieuses lorsque le nom de Ramadan a été évoqué. Cette indifférence est d’autant plus choquante que plusieurs femmes, dont moi, ont déposé plainte pour viol. Rappelons que Tariq Ramadan a été récemment condamné en appel en Suisse pour viol. Il est donc officiellement un violeur.

Je soutiens la démarche des victimes courageuses qui ont dénoncé les agissements de Gérard Depardieu, les accusations portées contre lui reposent sur des faits d’attouchements, d’agressions sexuelles et de viols. Bien que ces comportements soient graves et méritent sanctions, il est essentiel de souligner que Gérard Depardieu n’a pas été condamné pour viol contrairement à Tariq Ramadan. 
La différence de traitement entre ces deux affaires est frappante. Alors que Depardieu subit une véritable chasse à l’homme médiatique, Ramadan, lui, bénéficie clairement depuis 7 ans, d’une forme de clémence. Les féministes étaient bien silencieuses au moment où nous avions besoin de leur soutien.

Il existe un deux poids, deux mesures dans la façon dont certaines féministes choisissent leurs combats. Le fait que mon agresseur soit musulman semble justifier une prudence, un désir d’éviter de « taper dessus ». Pourquoi ? Parce qu’il est associé à une identité qui rend certains réticents à parler de violence ou d’abus, par peur d’être accusés de racisme ou de stigmatisation. Cela est profondément injuste et révoltant !

De la même manière, les femmes afghanes et les femmes juives, qui ont également été victimes de violences atroces, n’ont pas reçu le soutien qu’elles méritent de la part des organisations féministes françaises. Ces dernières, principalement dirigées par des gauchistes, semblent avoir pris en otage la cause des femmes, choisissant de privilégier certaines luttes en fonction de leur confort idéologique. Pourquoi ce silence sur le sort de ces femmes qui souffrent ? Qui sont les vrais racistes ici ? Ceux qui ignorent la souffrance d’un groupe en raison de leur origine ou de leur religion, ou ceux qui défendent réellement les droits de toutes les femmes, sans distinction ?

Cette inégalité de traitement est inacceptable. Mon vécu mérite le même respect et la même attention que n’importe quelle autre victime. Pourquoi devrais-je accepter que ma souffrance soit minimisée parce qu’elle ne cadre pas avec le discours « convenable » de certains ? Ce silence est inacceptable et doit cesser. Le féminisme doit être un combat pour toutes les victimes, sans exception ni réserve !

Je me sens trahie par un mouvement qui, sous couvert de défendre les femmes, semble choisir ses luttes en fonction de la popularité ou du confort qu’elles peuvent offrir. Nous ne devons pas être soutenues à moitié ou en fonction de l’identité de notre agresseur. Je refuse d’être une victime de « second rang » et je ne veux pas d’un soutien sélectif qui ne défend pas réellement la cause des femmes.

Aujourd’hui, je tire la sonnette d’alarme. Les voix de celles qui ont souffert doivent être entendues, peu importe l’identité de leurs agresseurs. Arrêtons de privilégier certaines victimes au détriment d’autres. C’est un principe fondamental : toutes les femmes doivent être soutenues, peu importe l’identité de leurs bourreaux.

Je vous demande de réfléchir profondément à votre posture et à vos actions. Si vous souhaitez vraiment défendre les droits des femmes, il est temps d’agir avec cohérence et équité. Les injustices que vous perpétuez, sous couvert de lutte féministe, sont inacceptables et nuisent à notre cause. Le vrai féminisme ne doit pas se contenter de dénoncer certaines violences tout en en occultant d’autres. Si vous ne pouvez pas défendre toutes les victimes avec la même ferveur, alors il est temps de reconsidérer votre engagement.

Pour ma part, je me considère comme féministe et je n’ai aucune limite lorsque je soutiens des femmes. Je ne regarde pas leur culture, leur religion ou leur choix politique. C’est cela, le vrai féminisme. Le féminisme que vous prônez doit être authentique et inclusif, et non sélectif ou opportuniste. Sinon, il ne mérite pas d’être appelé féminisme.

Henda Ayari
Première femme à avoir porté plainte pour viol contre Tariq Ramadan

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Henda AYARILanceur de pétition

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Pétition lancée le 1 novembre 2024