Kampanya güncellemesiLettre au président de la république : Pour la PsychanalysePsychiatrie : " Un système de soins à bout de souffle "
Pour la Psychanalyse
12 Eyl 2018

Dans le journal Le Monde, Pierre-Michel Llorca, chef de service en CHU, décrit une situation devenue " intenable " dans certains hôpitaux psychiatriques.

Rennes, Le Rouvray et Le  Havre (Seine-Maritime), Amiens… Depuis plusieurs mois, des soignants multiplient les grèves dans les hôpitaux psychiatriques pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et réclamer davantage de moyens. Le professeur Pierre-Michel Llorca, chef de service au CHU de Clermont-Ferrand, cosigne, sous l'égide de la Fondation FondaMental et de l'Institut Montaigne, Psychiatrie : l'état d'urgence (Fayard, 432  p., 24  euros), à paraître le 12  septembre.

Jean-Michel Llorca a déclaré: "Le système de soins en psychiatrie est à bout de souffle. Depuis le début de la décennie, il a dû absorber 300 000 patients supplémentaires faisant l'objet d'un suivi régulier. En face, l'offre n'a pas suivi. En quarante ans, on a même perdu 40  % des psychiatres. En toute logique, les conditions de travail et donc les conditions de soins n'ont cessé de se dégrader, engendrant de la souffrance pour les malades, leurs proches et les équipes médicales."

[…] "Cette occultation a quelque chose de paradoxal lorsqu'on sait que près de 12  millions de personnes sont touchées chaque année par une maladie mentale, soit un Français sur cinq. Il s'agit d'un enjeu de santé publique majeur. La dépression, qui affecte 2,5  millions de personnes chaque année, est par exemple en passe de devenir la première cause d'arrêt-maladie. Les maladies psychiatriques coûtent plus cher à l'Assurance-maladie que les maladies cardio-vasculaires ou les cancers."

[…] "Entre 1990 et 2011, on est passé de 120 000  à 55 000 lits de psychiatrie. Au cours de la même période, moins de 13 000 ont été créés dans des structures alternatives à l'hôpital, comme des maisons et foyers d'accueil spécialisés. Si le dispositif craque, ce n'est pas parce que l'on a fermé des lits, mais parce qu'on n'a pas redéployé les moyens économisés vers les structures ambulatoires." 

[…] "C'est le talon d'Achille du modèle français. Un quart des patients sont pris en charge à temps complet, soit 342 000 patients. Faute de places dans des structures telles que des centres de post-cures, des appartements thérapeutiques, des services d'hospitalisation à domicile, ou faute de suffisamment d'équipes mobiles, des milliers de malades sont condamnés à passer quasiment toute leur vie à l'hôpital, sans projet, loin de leur lieu de vie."

[…] "L'obtention d'un diagnostic peut ainsi prendre entre un an et un an et demi dans des cas extrêmes comme les troubles du spectre de l'autisme."

[…] "La situation de la pédopsychiatrie est extrêmement préoccupante. Il y a un déficit de propositions de soins qui s'est aggravé ces dernières années, principalement lié à un déficit de recrutement. Le nombre de pédopsychiatres a chuté de moitié en dix ans alors même que la demande sociétale est en extension. C'est un phénomène qui s'est installé petit à petit, presque insidieusement, et qui a aujourd'hui des conséquences terribles."

[…] "Outre une meilleure coordination et organisation des acteurs, il faudrait un véritable mouvement collectif de déstigmatisation de la santé mentale. Car les conséquences de cette stigmatisation sont délétères pour les personnes malades : discrimination, difficile accès aux droits, recours tardif à l'offre de soins… Des études ont montré que si vous arrivez dans un service d'urgences et que l'on identifie que vous avez des troubles psychiatriques, vous avez deux à trois fois moins de chance d'avoir le traitement adapté. La déstigmatisation serait un levier majeur de prévention."

(Propos recueillis par François Béguin)

 

Pour les signataires de cette pétition, ne convient-il pas de faire deux remarques?

1) La politique mise en place n'est pas faite au hasard et par simple souci d'économie. Elle repose sur l'idée qu'en s'appuyant sur l'Evidence based Medecine et le DSM, il va suffire de distribuer des médicaments et que cela pourra être fait avec de simples questionnaires, même établis par un personnel peu compétent. Les psychiatres et les pédopsychiatres ne sont même plus nécessaires. De même tout ce qui ressemble au soin psychique peut être éradiqué. C'est pourtant le moyen privilégié de soulager cette souffrance psychique... il permettrait même à terme de faire de grandes économies.

2) Il faut spécialement souligner l'importance de la remarque faite sur la "stigmatisation". Dès que la souffrance psychique est classée comme une maladie organique, ceux qui en pâtissent sont considérés comme des handicapés. Ils sont rejetés par ceux qui voudraient tant se croire normaux. Car, qui ne souffre pas au quotidien du "Malaise dans la civilisation"? C'est une grande tâche de la psychanalyse de montrer qu'il ne s'agit pas de "maladies" comme les autres, mais de qui habite la culture.

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