Pour la Psychanalyse
29 Jan 2018
Le 10 janvier, la création d’un Conseil Scientifique de l’Éducation nationale dominé par des neuroscientifiques aggrave considérablement le sort fait aux enfants. Cette intrusion des neurosciences dans l’Éducation nationale n’est-elle pas une double imposture. Tout d’abord, les difficultés des enfants dans la vie et à l’école sont toujours secondaires à des problèmes psychiques ou sociétaux. Ce qui n’était jusqu’au 10 janvier qu’une menace est désormais clair. Non seulement Mr. Macron a soutenu personnellement le diagnostic TDA/H, non seulement il a pris parti à l’occasion du plan Autismes, mais de plus il met en place une machinerie qui empêche de traiter la souffrance des enfants à la source, qui n’est jamais le cerveau. Les psychanalystes sont bien placés pour savoir que ce sadisme à l’égard des enfants correspond au fantasme « un enfant est battu ». Il a toujours été en œuvre dans les systèmes éducatifs au cours de l’histoire. Mais c’est la première fois qu’il prétend s’imposer sous le couvert de la science, de plus en détournant ses résultats, deuxième imposture.
Lors de la dernière campagne présidentielle, deux pétitions ont été lancées au nom de la psychanalyse. La première énonçait en seize points les mesures nécessaires pour débloquer la situation calamiteuse de la santé mentale en France et proposait en premier lieu la levée des verrous qui excluent les psychanalystes des services de soin, de l’enseignement et de la recherche. Quinze associations ont soutenu cette pétition. Après les élections, il a fallu créer une nouvelle association afin de poursuivre cette initiative. La première tâche de cette nouvelle association, l’APLP, a été de mettre en garde l’opinion publique contre les dangers du diagnostic TDA/H. L’APLP souhaiterait amplifier cette initiative – si possible en se concertant avec les autres associations signataires.
L’APLP s’est réunie le 15 Décembre dernier et elle a établi un programme destiné à élargir nos actions :
1) Une prise de position publique et commune contre la mainmise de neurosciences dévoyées par l’Education Nationale. C’est une manière de poursuivre ce qui a déjà été engagé à propos du TDA/H. Nous comptons organiser à cet égard une nouvelle « Nuit des Débats », sous les auspices de la Mairie de Paris. Cela pourra relancer la pétition en cours contre ce diagnostic inadmissible, le TDA/H.
2) Outre les associations psychanalytiques, il faudrait contacter les associations de parents d’élèves et d’enseignants. Elsa Godart va se mettre en relation avec elles. Si vous avez des contacts personnels dans ces associations, vous pourriez le faire savoir en écrivant à Elsa.
3) Une initiative en direction des étudiants est envisagée également. Car si le TDA/H devait être labellisé, la formation psychanalytique qu’ils reçoivent n’aura plus aucun débouché, et d’ailleurs les postes d’enseignants correspondants pourront être supprimés. Cette initiative pourrait avoir un début de réalisation à Paris 7, avec le soutien de Marie-Etienne Ariguy et d’autres enseignants.
4) Nous souhaitons prendre une initiative concernant la formation des futurs psychiatres, en demanderons qu’ils bénéficient d’une formation spécifique. Nous demanderons du même coup l’arrêt de la mainmise des laboratoires pharmaceutiques sur leur formation. La levée du Numerus clausus en médecine fait partie de ces objectifs. Philippe Maury, interne en psychiatrie, de même que Philippe Veil, psychiatre, s’occuperont de cette initiative. Vous pouvez les contacter si vous souhaitez y participer.
5) Nous comptons prendre également une initiative concernant le racisme et la xénophobie, et cela sans nous contenter de la dimension humaniste de cet objectif, mais en mettant en évidence leur ressort freudien. Louis Sciara et Emile Rafowicz s’en occuperont et ils seraient heureux de votre participation.
6) Un projet est également en cours d’élaboration concernant la scientificité de la psychanalyse. La HAS marginalise les psychanalystes pour ses travaux d’évaluation. Elle ne leur accorde que des strapontins. Cette exclusion se fait au nom de critères « scientifiques » qui sont peut-être valables dans d’autres domaines, mais auxquels nous ne pouvons souscrire. Nous ne pouvons comparer des « cohortes » de patients, ni les évaluer en double aveugle. En revanche, nous pouvons nous appuyer sur des témoignages. Dans le domaine juridique, un témoignage a valeur de preuve. Dans cet esprit, notre collègue Serge Zagdanski a initié un film reportage, basé sur des témoignages d’analysants.
L’actuel gouvernement a fait des choix décidés qui vont éliminer la psychanalyse à tous les niveaux. Il est illusoire de penser que l’intelligence ou la simple humanité suffiront à modifier cette décision. Pour être efficaces, il faudra sensibiliser l’opinion publique. Il nous faudrait être plus nombreux pour mieux nous organiser. Nous vous proposons donc de rejoindre l’APLP, qui n’est pas une association psychanalytique de plus, mais qui s’attache à la réalisation d’objectifs précis, au service du bien commun. Si vous le souhaitez, nous vous ferons parvenir ses statuts et ses modes de fonctionnement qui ont été votés lors de la réunion du 15 Décembre dernier.
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