Neqamah, récit allégorique

Je remercie celles et ceux qui ont apporté leur soutien à cette pétition. J'espère que nous arriverons ensemble à dépasser le millier de signataires.
Le texte Neqamah est un récit allégorique qui dénonce la vengeance d'où qu'elle vienne.
Ce texte a été écrit quelques semaines après le 7 octobre 2023, à un moment où, Israël, déclarant vouloir décapiter le Hamas, avait choisi de bombarder massivement le territoire de Gaza. Ce déchaînement de violence gratuite s’est déroulé sous les yeux indifférents des médias occidentaux. Un génocide, parfois cautionné par des commentateurs, reprenant à leur compte le discours du gouvernement israélien. Rien n’excuse l’attaque terroriste du Hamas, mais rien n’excuse les crimes de guerre d’Israël.
Rappel historique : Le 7 octobre 2023, la branche militaire du Hamas a attaqué des bases militaires israéliennes, les communautés voisines et un festival de musique, causant la mort de 1200 personnes dont plus de 800 civils. 251 personnes ont été prises en otage et conduites dans la bande de Gaza. Dans les jours, les semaines et les mois qui ont suivi, Israël a répondu par la destruction d’une grande partie du territoire de Gaza, tuant 73 000 Palestiniens dont au moins 21 000 enfants. Aujourd’hui, cette guerre se poursuit à bas bruit, deux ans et demi après ces événements.
NEQAMAH
Il y avait un riche propriétaire agricole qui vivait en Judée-Samarie. On ne se souvient pas de son nom mais plus tard on l’appela Neqamah, la vengeance en hébreu. Cet homme, qui appartenait à l’une des tribus d’Israël, faisait travailler plusieurs familles palestiniennes qui lui étaient soumises. Elles vivaient dans un grand dénuement et souffraient de l’ingratitude et de l’égoïsme de leur maître qui ne les aimait pas. En effet, il les considérait comme des objets dont il usait et abusait.
Neqamah avait à sa disposition une milice qui faisait régner la peur et la terreur au sein de ces familles et qui n’hésitait pas à brutaliser ceux qui osaient se plaindre. Mais le ressentiment, la colère et la haine de ces familles contre leur maître croissaient chaque jour sans que cette situation ne changeât.
Un soir, après avoir fait le tour de ses propriétés, Neqamah rentra chez lui et vit son fils et sa femme, sans vie, gisant sur le sol de sa maison. Un homme, appelé Hamas, leur avait porté des coups mortels. Neqamah pleura toute la nuit, puis, le lendemain, il décida d’aller se venger bien qu’il ignorât le nom du meurtrier.
Accompagné de sa milice et profitant de l’absence des hommes qui travaillaient dans les champs, il pénétra dans la première maison qu’il vit et tua la femme et ses trois enfants qui s’y trouvaient. Puis il entra dans une seconde maison et agit de la même manière. Plus il tuait, plus la haine l’envahissait et plus il avait envie de tuer. Arrivé à la cinquième maison, il se fatigua et demanda à ses miliciens d’aller incendier les autres maisons. A la fin de la journée, le village n’était plus que sang et cendres.
Neqamah fut contraint de quitter ses terres de peur d’être tué à son tour par les hommes revenus des champs et partis à sa recherche. Il s’enfuit de plus en plus loin car, là où il s’arrêtait, les gens le reconnaissaient et l’insultaient. Partout on le considérait comme un meurtrier d’innocents et la mémoire de sa femme et de son fils disparut. Cet homme fut appelé Neqamah.
Israël, ne prends pas le même chemin que Neqamah et n’écoute pas ceux qui t’enjoignent à suivre ses pas car sinon ton destin pourrait ressembler au sien !
De même toi, Hamas, en tuant la femme et le fils de Neqamah, tu as ôté la vie de deux innocents qui n’étaient pas tes ennemis. En voulant te venger de ton oppresseur, tu as ouvert la porte de la vengeance contre ton peuple.
France, le 19 novembre 2023
Texte paru dans le journal libanais L’Orient-Le Jour le 6 décembre 2023
Portée de ce récit, aujourd’hui, à la lumière des relations internationales :
La politique des Etats, en l’occurrence Israël et les USA, ne doit pas être inspirée, guidée ou dictée par la vengeance de ses dirigeants contre une population ou un autre Etat, mais par l’intérêt bien compris du peuple qu’ils représentent. Mais la vengeance n’est pas la seule explication des guerres au Moyen-Orient. Les politiques colonialiste, expansionniste et impérialistes ainsi que les lobbys des marchands d’armes, sont aussi les moteurs des guerres en cours.