Laissez nos enfants respirer

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Mesdames et Messieurs les Préfets,
Mesdames et Messieurs les Recteurs,
Mesdames et Messieurs les Directeurs d'écoles, Principaux et Proviseurs,
 
En cette rentrée particulière, beaucoup de parents s'interrogent sur, d'une part, l'efficacité des mesures sanitaires, et, d'autre part, sur les conséquences des mesures sanitaires imposées par le ministère.
La santé de tous doit être au centre des priorités, tout le monde s'accorde sur ce point.
Sur les modalités de garder la meilleure santé possible pour tous, nos avis peuvent diverger. Un certain nombre d'entre nous souhaite d’ores et déjà faire part de leurs inquiétudes, et surtout de leurs questionnements.


Concernant le masque :
Porter un masque toute la journée, soit jusqu'à 8h, y compris dans les espaces extérieurs, y compris lorsque les élèves sont installés en classe et y compris quand ils sont à distance les uns des autres inquiète un certain nombre de parents quant aux conséquences sur la santé de leur enfant.
Outre l'inconfort et l'impact psychologique de ces mesures, ce sont les effets sanitaires à moyen et long terme qui nous amènent dès maintenant à nous interroger.
D'abord sur l'utilité du port du masque en permanence et tout au long de la journée. Le masque protège-t-il vraiment de la contamination ?
On sait qu'un protocole d'utilisation rigoureux doit être appliqué pour que le masque soit efficace (ce que font les personnels médicaux par exemple).
Or, il est clair que les enfants, comme les adultes d'ailleurs, ne peuvent pas quotidiennement respecter ce protocole de façon correcte : ils baissent le masque, le touchent, le replacent, le changent dans des conditions qui ne permettent pas de dire que cela est réellement efficace.
Et, à partir du moment où les élèves l'enlèvent pour manger (évidemment), il y a de toute façon et malheureusement un risque de contamination...
A partir de là, comment et surtout pourquoi prendre le risque de malmener les élèves (et les personnels) si l'enjeu de la protection n'a plus de sens.
Tout d'abord, l'impact psychologique peut s'avérer important et ne doit pas être négligé. L'état émotionnel des enfants rentrent en compte dans leurs dispositions aux apprentissages.
Le collège est un lieu d'apprentissage par la transmission et l'échange, la communication entre élèves, ou entre élèves et professeurs, est primordial pour être dans de bonnes conditions d'apprentissage.
Comment par exemple, peut on imposer le chant ou la pratique d'une langue étrangère à un élève derrière le masque ? Cela engendre non seulement une gêne au niveau de celui qui s'exprime, y compris un risque d'hypoventilation ou d’essoufflement, mais aussi des difficultés de compréhension pour chacun des interlocuteurs...
Certains de nos enfants expriment déjà du mal être ; des sensations d'étouffement ; et des maux de têtes en rentrant du collège. Les parents (mais aussi certains professionnels de la santé) s'interrogent quant aux risques à moyen terme de développer des gênes ou pathologies respiratoires, de l'hypoventilation due à une mauvaise oxygénation et des maux de têtes quotidiens.
A partir du moment où la distanciation est applicable ; où les élèves sont installés à leur table et ne se déplacent plus, et quand ils sont en extérieur, nous ne comprenons pas qu'il soit interdit de leur permettre d'ôter leur masque pour pouvoir respirer correctement sur ces temps là, tout en suivant le cours.


Concernant le gel hydro alcoolique et son utilisation très fréquente (entrée et sortie du collège / entrée et sortie dans chaque classe / après passage aux toilettes / entrée et sortie du self / soit jusqu'à 15 fois par jour.), nous aimerions connaitre la composition exacte du gel utilisé dans le collège.
En effet, certains gels ont une forte concentration d'éthanol et dessèche fortement la peau. A long terme cela peut engendrer des lésions cutanées. D'autre part, nombreux sont ceux qui contiennent des perturbateurs endocriniens, l'usage intensifs est donc fortement déconseillé, notamment en période de croissance.
L'OMS et l'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé,  dans un rapport sur les produits hydro alcooliques, préconise que lorsqu’un point d’eau est disponible, le lavage des mains doit être privilégié, et que le gel hydro alcoolique doit être utilisé à défaut  d'autres possibilités ;  et à une fréquence "raisonnable".
Pour limiter l'utilisation de ce produit, plusieurs propositions :
- pourrait on envisager que les élèves restent dans leurs salles pour la journée, et que ce soient les professeurs qui changent de salle, comme cela est le cas dans d'autres établissements ? (sauf bien sur pour les matières particulières comme la technologie ou les sciences ) Cela diminuerait déjà l'utilisation de ce produit.
- privilégier le lavage des mains au savon dès que cela est possible en termes de temps
- laisser le soin aux familles qui le souhaitent de fournir un gel désinfectant individuel aux élèves, qu'ils utiliseront sous la vérification du professeur quand cela est demandé
Enfin, peut-on se limiter aux préconisations minimales du protocole sanitaire des écoles et établissements scolaires du 19 aout 2020, à savoir :
 - utiliser à défaut uniquement le gel hydro alcoolique et privilégier le savon, et l'utiliser dans les temps suivants uniquement : à l'arrivée au collège, avant le repas ; après être allé aux toilettes ; et le soir avant de rentrer chez soir, soit 4 à 6 fois par jour au lieu d'une quinzaine... (au lycée par exemple, cela est fait uniquement au self)
Rappelons que ce même protocole précise que le lavage des mains peut se réaliser sans mesure de distanciation physique, à partir du moment où les élèves portent un masque. Ils peuvent donc avoir accès aux lavabos par petits groupes avant d'accéder au self (ce qui diminuent le temps de passage s'ils se lavent les mains à plusieurs.)


En conclusion :
Nos questionnements ou nos propositions s'adressent directement à Mesdames et Messieurs les Préfets, Mesdames et Messieurs les Recteurs, Mesdames et Messieurs les Directeurs d'écoles, les Principaux et Proviseurs :

- diminuer l'utilisation des gels hydro alcooliques et privilégier les produits moins nocifs comme le savon,
- trouver des temps où les élèves peuvent être distancés physiquement pour leur permettre de s'oxygéner (comme cela est autorisé en EPS par exemple)
- ou avoir la possibilité d’enlever le masque au moins pendant la séance de cours, une fois qu'ils sont tous installés à leur place.
 
Aussi, nous espérons que ces mesures resteront provisoires afin de préserver le meilleur état de santé de tous, et notamment la santé de nos enfants à moyen et long terme, tout en se protégeant collectivement de la Covid 19.


Je vous prie de croire, Mesdames et Messieurs les Préfets, Mesdames et Messieurs les Recteurs, Mesdames et Messieurs les Directeurs d'écoles, les Principaux et Proviseurs, en l'assurance de nos respectueuses salutations.