Les personnes handicapées en colère : nous exigeons l'AAH à 1200€ pour vivre dignement !

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Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé, Madame la Secrétaire d'Etat chargée des Personnes Handicapées,

 

Au fil des années, les taxes se sont multipliées avec l'augmentation régulière de la TVA qui pénalise les plus fragiles d'entre nous. Notre budget alimentation a explosé...

Ces taxes/impôts n'ont pas amélioré la pauvreté en France car le taux de pauvreté (14%) n'a pas changé depuis 30 ans. Alors à qui profite cet argent ?

Qui sommes-nous ? 

Nous sommes les personnes handicapées, nous sommes admises dans les hôpitaux, nous sommes en rééducation, nous sommes dans nos lits, nous sommes sous traitement intensif, nous sommes dans les maisons de repos, nous sommes dans les EHPAD, nous sommes atteintes de maladies chroniques/ orphelines/ rares/ cancéreuses/ invalidantes, nous sommes en fauteuil roulant, nous sommes deficient visuel, nous sommes dans la solitude, nous sommes les INVISIBLES et nous sommes condamnés à la PAUVRETÉ

À vrai dire, nous survivons avec des revenus très modestes (AAH) en dessous du seuil de pauvreté (1000€), parfois en couple et parfois sans logement indépendant. Des inégalités flagrantes existent même entre les personnes handicapées : plus le handicap est sévère, plus le revenu est faible et le niveau de pauvreté élevé ! 

Plusieurs mesures prises par le gouvernement sont inquiétantes et illustrent le mépris à l'égard des personnes handicapées :

1) Gel du plafond des ressources ouvrant droit a la revalorisation de l'AAH pour 250 000 personnes en couple. Par conséquent, toutes les personnes handicapées ne bénéficieront pas de la revalorisation programmée de l'AAH à 900€ en novembre 2019. 

2) Depuis plusieurs années, l'AAH etait indexée sur l'inflation au 1er avril de chaque année. En 2019 et en 2020, la hausse sera limitée à 0,3% alors que l'inflation s'élèvera à 1,7% en 2019  selon la Banque de France. 

3) Suppression du complément de ressources (179€ par mois) au 1er novembre 2019.

4) Recul sur l'accessibilité des logements : l'abaissement du nombre d'étages avec un seuil d'appartements minimum pour un ascenseur obligatoire, passage de 100% à 20% de la part des logements accessibles aux personnes en fauteuil roulant dans les immeubles neufs. 

À ce titre, nous formulons 10 revendications indispensables à l'amélioration de notre cadre de vie :

1. Nous réclamons pour l'ensemble des bénéficiaires : d'une part, une augmentation de l'Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) à 1200€ pour faire face à l'augmentation constante du coût de la vie et d'autre part, la réindexation de l'AAH sur l'inflation. Plus qu'une augmentation de l'AAH, notre reste à vivre doit augmenter !

De plus, nous convions l'exécutif à réformer la pension d'invalidité et son mode de calcul. En effet, nous notons pour un même handicap, des disparités sociales et financières insupportables ! Dans l'urgence, nous recommandons une revalorisation immédiate de la pension d'invalidité pour tous les foyers (personne seule ou couple) vivants sous le seuil de pauvreté.

Pour les personnes handicapées de 60 ans et plus, nous demandons une PCH senior et une partie de l'AAH pour les foyers vivants sous le seuil de pauvreté. Les personnes âgées handicapées sont les plus fragiles d'entre nous : Ils vivent dans la misère et ne sont pas aidées. Nous réclamons des aides spécifiques à l'autonomie et à la compensation du handicap en faveur des retraités en situation d'handicap.

2. Nous ordonnons le maintien du droit au complément de ressources (179€ par mois) pour les personnes avec un taux d'handicap supérieur ou égal à 80%. Nous jugeons cette suppression injuste et maladroite au prétexte qu'elle compensera en partie la revalorisation de l'AAH à taux plein! Appauvrir ceux qui souffriront le plus à l'avenir pour redistribuer des miettes à l'ensemble des bénéficiaires est irresponsable, inhumain et source d'inégalités ! 

3. Notre handicap est devenu un marché où nous sommes très injustement appauvris !  La privatisation des soins, le non-remboursement de certains médicaments, les coûts faramineux du matériel technique  et des accessoires médicaux vous obligent à une réévaluation de la prestation de compensation du handicap (PCH) et à une revalorisation de la majoration pour une vie autonome (MVA).

4. L'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) de base a augmenté de 0,9% depuis l'arrivée du nouveau gouvernement en 2017. L'AEEH est passée de 130,51€ (septembre 2017) à 131,81€ (avril 2018) soit un gain modique de 1,30€ par mois. Nous voulons un réel coup de pouce pour l'ensemble des enfants handicapés !

Par ailleurs, nous réclamons un égal accès à l'école de la République pour l'ensemble des enfants handicapés. Nous exigeons plus d' A.V.S. (Accompagnant des Elèves en Situation de Handicap) afin de garantir à la rentrée scolaire 2019 : une égalité des chances et une nette augmentation du nombre d'enfants handicapés inscrits dans nos écoles républicaines. 

5. Nous voulons une diminution significative du reste à charge concernant l'optique, les soins dentaires et les aides auditives. 

6. Nous exigeons l'abandon de la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de l'AAH.

7. « Nous allons, par voie réglementaire, dans les mois qui viennent, rendre obligatoire la construction d’ascenseurs dans les immeubles de trois étages et plus », déclarait le Premier ministre, le 27 septembre 2018. A présent, nous notons que le projet de décret proposé par le ministère du logement pour l'accessibilité du logement stipule que les immeubles neufs avec plus de douze appartements (par cage d'escalier) répartis sur au moins trois étages seront équipés d'un ascenseur. Mais pourquoi ce seuil de plus de douze logements sur trois étages ? Par exemple,  l'immeuble neuf de 11 logements répartis sur 5 étages n'aura pas d'ascenseur. Nous pensons que cette formule n'est pas un hasard maïs bien un calcul qui arrange à la fois les acteurs publics et les structures privées du logement. Nous dénonçons avec véhémence le recul orchestré par le ministère du logement sous l'influence du puissant lobby des constructeurs et promoteurs immobiliers. Pour rappel, nous figurons avec la Hongrie et la République Tchèque, parmi les trois derniers pays européens en termes d’accessibilité des logements. Il est temps d'agir dans  l'urgence ! Nous demandons l'ascenseur obligatoire pour tous les immeubles neufs de 3 étages et l'accessibilité des logements à 100% pour les personnes en fauteuil roulant dans les nouvelles constructions d'immeubles.

8. Depuis 30 ans, les entreprises avec au moins vingt salariés ont une obligation d'emploi des travailleurs handicapés à hauteur de 6% de leurs effectifs. Aujourd'hui, ce quota atteint seulement 3,5%. Nous appelons le gouvernement à agir pour renforcer ce dispositif. Nous tirons la sonnette d'alarme face à l'impunité des entreprises qui ne sont pas suffisamment sanctionnées. Stop aux sanctions sans punir! D'ailleurs, nous appelons à un audit immédiat des sanctions financières (dont la taxe Agefiph) infligées aux entreprises mauvaises élèves.

9. Nous souhaitons que les banques nous remboursent tous les frais de tenue de compte prélevés. Nous demandons l'exonération à la lettre de cette taxe abusive. De plus, le gouvernement doit intervenir auprès des établissements financiers pour négocier des crédits bancaires à taux zéro en faveur des personnes handicapées. 

10. Nos maladies ne sont pas que le fruit du destin, certaines activités en génèrent de nouvelles, d'autres en réveillent ou en propagent et quelques unes font obstacle à leurs éradications. Les entreprises ne sont pas exemptes de tout reproche : la pollution (eau, air, sol), le nucléaire et ses déchets toxiques, les réseaux des télécommunications avec notre exposition aux ondes, les perturbateurs endocriniens notamment dans nos assiettes et bien d'autres (liste non-exhaustive) impactent notre environnement et inévitablement notre santé. Ces entreprises doivent participer davantage à la solidarité nationale en contribuant en matière de pouvoir d'achat et de recherche médicale. Dans ce but précis, nous appelons à la création d'une nouvelle taxe Handicap sur le chiffre d'affaires des entreprises polluantes et toxiques pour la santé des français. 

Nous attendons, Madame la Ministre, des mesures concrètes avec un audit régulier de vos actions. Notre pétition recense nos revendications majeures. Par contre, nous encourageons l'Etat par l'intermédiaire des départements (MDPH/CPAM) à organiser des séances d'information et d'écoute pour recueillir l'ensemble des doléances.

Nous vous invitons TOUS à nous soutenir dans nos revendications légitimes !

M. Junaid LIAQUAT