Interdire les terrains synthétiques cancérigènes

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Interdire les terrains synthétiques cancérigènes

Depuis 1999 en Europe, les fabricants de pneus ont l'obligation de recycler les pneus usagers et paient entre 50 et 100 € la tonne pour s'en débarrasser. Dans les années 2000, ont été répandus, par dessus l'herbe synthétique, des granulats de caoutchouc sous forme de petites billes noires, fabriqués avec de vieux pneus déchiquetés et qui ont tendance à se désagréger en poussières. En France pour l'année 2016, 90 000 tonnes de pneus ont été recyclés en granulats, soit 40 à 50 % de la filière de traitement des pneus. 20 000 pneus sont nécessaires par terrain de football.

Selon les types de pneus, ces granulats peuvent notamment contenir 190 substances toxiques, dont des cancérigènes, des neurotoxiques et des perturbateurs endocriniens : hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dont le benzo(a)pyrène le benzo(a)anthracène et le chrysène, des perturbateurs endocriniens dont les phénols et les phtalates, des métaux (zinc, plomb, cadmium, chrome, nickel, cuivre, mercure), des polychlorobiphényles (PCB), des dioxines et de l'arsenic. Ces substances ensemble (effet cocktail) augmentent considérablement leur dangerosité. Le taux maximal de HAP dans l’Union européenne est de 0,1 mg/kg pour les jouets et de 1 g/kg pour les pneus, c’est-à-dire 2000 fois plus.

Des nuages de particules rebondissent, se glissent dans les chaussures, s’infiltrent dans les vêtements, collent à la peau. Ces poussières et des composés organiques volatils (COV) dégagent des émanations toxiques. Ils sont inhalés par des sportifs en hyperventilation et peuvent aussi passer directement dans le sang si la peau est lésée en cas de coupure ou de blessure. En outre, ces composés toxiques se dissolvent dans les eaux de pluie, et ces relargages sont toxiques pour la flore et la faune, pouvant s'incorporer en microplastiques dans des organismes vivants aquatiques ou terrestres.

L'alerte a été lancée en 2013 par l'entraineure américaine de football de l’université de Seattle et ancienne footballeuse championne du monde 1991 Amy Griffin (en photo avec Annika, 18 ans, sur son lit d’hôpital) qui a dénombré les sportifs atteints de cancer depuis 2009. Ses résultats, actualisés en septembre 2017, totalisent 248 sportifs (131 hommes et 117 femmes) cancéreux aux États-Unis, dont 155 cancers du sang (62,5 % du total des cancers).

Parmi ces 248 sportifs cancéreux, 196 footballeurs (79 % des sportifs cancéreux) dont plus de 40 sont morts. 101 footballeurs de ces 196 footballeurs cancéreux sont atteints de lymphomes (51 %) hodgkiniens ou non hodgkiniens. 115 de ces 196 footballeurs sont gardiens de but (59 % alors qu'ils ne représentent que 10 % de l'équipe), à cause des plongeons dans ces petites billes noires, pénétrant par les entailles sur la peau et par l'air respiré empli de ces poussières, et surtout parce qu'ils les avalent. Ces terrains augmentent aussi les blessures cutanées, les entorses aux chevilles et aux genoux, et les blessures musculaires. Ces terrains synthétiques provoquent aussi de l’asthme et des allergies. Sur les paquets de cigarettes, est écrit « fumer tue », il faut faire la même chose : « CE TERRAIN SYNTHETIQUE TUE ». Nous parlons bien du football au sens européen, soccer en anglais, et non de « football américain » qui ressemble au rugby encore plus violent.

Ont notamment interdit ces terrains synthétiques plus d'une douzaine de villes du Massachusetts, le New York City Department of Parks and Recreation en 2008, le Los Angeles Unified School District en 2009, le Comté Montgomery du Maryland, la ville d'Amsterdam (Pays-Bas) et la Suède.

En France, ces terrains en pneus recyclés ont été implantés à partir de 2013. Il y a aujourd’hui 2800 en France. Strasbourg  a décidé un moratoire, La Wantzenau (Bas-Rhin) a remplacé son terrain de billes de pneus par des fibres naturelles (liège, cosses de riz, fibres de coco).

Cela fait une vingtaine d’années que cela dure et les responsables à tous les niveaux regardent ailleurs. Le seul moyen de rompre l’omerta et de faire bouger les choses, c’est une plainte collective des parents devant le tribunal administratif, pour mise en danger de leurs enfants, contre les collectivités territoriales possédant ces terrains,

Il faut interdire immédiatement ces terrains synthétiques cancérigènes, faits avec des pneus recyclés.

Pour plus d’infos :

Envoyé spécial, Gazon suspect, 22 février 2018, youtube.com/watch?v=a61-XPDz5OQ

So Foot, « Enquête sur les terrains synthétiques », novembre 2017 ; depuis cette date, le magazine recueille les témoignages des malades sur billesnoires@sofoot.com et les publie.

https://www.youtube.com/watch?v=NwY-Fd7QjXc

https://www.youtube.com/watch?v=yDzASkhkXrY

https://www.youtube.com/watch?v=FFZKDwWCb10

https://www.youtube.com/watch?v=PbR8mtZyz_Q