
Bonjour à toutes et tous,
La situation évolue dans le bon sens…mais combien lentement ! Nous sommes formellement toujours sous l’égide d’une PPE (Programmation Pluriannuelle Energétique) prévoyant la fermeture de 14 réacteurs nucléaires et des prévisions de consommations électriques irréalistes qui mettent en danger les objectifs de sécurité d’approvisionnement et de décarbonation .
Certes, la loi d’accélération du nucléaire, votée par une majorité significative, a permis de faire sauter le plafond limitant à 50% la part de de nucléaire dans le mix électrique en 2035 ainsi que la limite de 63 gigawatts de puissance pour le parc nucléaire. Pour le reste, il ne s’agit que de mesures de simplifications administratives qui permettent d’accélérer les projets de construction nucléaire, mais qui n’autorisent nullement le démarrage effectif de ces projets. Il faudra pour cela attendre le vote de la loi de programmation sur l’énergie et le climat (LPEC) au mieux en juin 2023, puis la PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Energie) 2023-2028 qui en résultera.
Rappelons tout de même que le débat organisé (ou plutôt désorganisé ?) par la Commission Nationale du Débat Public sur la construction de deux malheureux réacteurs nucléaires à Penly n’a pu être mené à terme en raison de l’obstruction de certains groupes. En Europe, c’est un débat épuisant de tous les jours face à l’hostilité constante de l’Allemagne, du Luxembourg et de l’Autriche. Ainsi, le nucléaire a-t-il été reconnu dans la cadre du Net Zero Initiative Act (NZIA) comme apportant une « contribution significative à la décarbonation de l’Europe », mais pas comme une « industrie stratégique », ce qui le prive des mécanismes de soutiens accordés aux ENR intermittentes ; ainsi, l’hydrogène nucléaire n’est pas reconnu comme vert ; pour bénéficier du « régime dérogatoire » permettant le financement de l’hydrogène d’origine nucléaire, les Etats demandeurs devraient atteindre les objectifs fixés par la Commission, soit 42.5 % d’ENR dans leur mix électrique en 2030 ! Or, le NZIA est censé constituer la réponse à l’Inflation Reduction Act américain (IRA), lequel met trente milliards sur la table pour le nucléaire et prévoit la transformation systématique des avantages fiscaux pour les ENR en avantages technologiquement neutres s’appliquant à toutes les technologies bas-carbone.
Pour fixer les idées, les 6 EPR2 prévus dans la précédente PPE permettent d’atteindre environ 26% de production nucléaire en 2050 ; 14 EPR2 permettent d’atteindre entre 36 et 50% de nucléaire en 2050 (selon que l’on ferme les réacteurs existant comme prévu, ou au contraire sous des hypothèses volontaristes de prolongation des centrales existantes, y compris pour certaines au-delà de 60 ans). Pour rester aux alentours de 80% de nucléaire dans le mix électrique vers 2050, il faudrait environ 24 EPR2. La bonne nouvelle : Framatome vient d’annoncer qu’ils seront prochainement capables de sortir au minimum 2.5 cuves d’EPR2 par ans. Le programme est tendu, mais pas impossible. Le programme Messmer, ce fut 58 réacteurs en un quart de siècle.
Donc, avec le vote de la loi de programmation sur l’énergie et le climat (LPEC) puis la PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Energie) 2023-2028, l’année 2023 sera critique pour l’avenir du nucléaire en France et en Europe. Merci à toutes celles et tous ceux qui ont signé cette pétition, merci plus encore plus à ceux qui m’ont envoyé un mot de remerciement ou d’encouragement et qui l’ont fait circuler la pétition. N’hésitez pas à la faire circuler autour de vous, amis, collègues, associations d’Anciens Eléves…
Pour ceux qui souhaitent agir davantage, il existe diverses associations qui défendent, avec certaines nuances ce programme : Patrimoine Nucléaire et Climat, Sauvons Le Climat, les Voix du Nucléaire le Cérémé, l’Association des Ecologistes pour le Nucléaire… Pardon à ceux que je n’ai pas cité.
Et Bonne fêtes de Pâques !