LE MUSÉUM DOIT INHUMER SOLIMAN AL-HALABI

Le problème

Nous, soussignés, demandons au Muséum national d’Histoire naturelle d’inhumer le corps de Soliman al-Halabi (1777-1800).   

Écrivain originaire d’Alep, Soliman al-Halabi a été arrêté au Caire pour l’assassinat du général Kléber, successeur de Bonaparte à la tête de l’Expédition d’Égypte et de Syrie. Il a été jugé par un tribunal français et empalé jusqu’à ce que mort s’ensuive. Débarqué en France dans les bagages de l’Expédition en 1801, son corps a été donné au Muséum où il allait être exhibé jusqu’aux années 1980 en tant que spécimen de "Syrien fanatique". Il a incarné le fanatisme musulman censé empêcher l’Orient d’entrer dans l’Histoire. Et il a servi de caution anthropologique au personnage du barbu perfide qui allait hanter l’imaginaire collectif suite à son apparition dans un film des frères Lumière (Assassinat de Kléber, 1897).

Aujourd’hui, le corps du "Syrien fanatique" est classé dans les collections publiques françaises. Son statut juridique ne permet pas de lui donner une sépulture ni de le restituer à son pays attitré, sauf à être préalablement déclassé par la loi. Les autorités françaises se défaussent cependant sur le Muséum qui se retrouve seul à devoir rendre des comptes devant l’opinion publique. Quant aux autorités syriennes, elles se contentent de gérer leur rente mémorielle : ayant érigé l’assassin de Kléber en héros de la Nation et martyr de l’Islam, elles ont beau jeu de dénoncer le colonialisme ou l’islamophobie de la République. 

En tout état de cause, le statut du corps de Soliman al-Halabi est une monstruosité juridique. Pour légal qu’il soit, il constitue une injustice doublée d’une indignité. Or les scientifiques du Muséum sont les seuls à pouvoir remédier à cette injustice qui perdure sous couvert de légalité. Ils pourraient inhumer le corps dont ils ont la garde, en invoquant l’éthique scientifique ou les précédents historiques connus en la matière. Ce faisant, ils prendraient une mesure conservatoire qui respecte le droit autant que l’intérêt bien compris. Ils contribueraient aussi à libérer la République de l’héritage colonial qui n’en finit pas d’hypothéquer ses valeurs. 

avatar of the starter
Abounaddara FILMSLanceur de pétitionA collective of anonymous filmmakers born in Damascus in 2010 <a href="https://vimeo.com/user6924378" rel="nofollow">https://vimeo.com/user6924378</a>

67

Le problème

Nous, soussignés, demandons au Muséum national d’Histoire naturelle d’inhumer le corps de Soliman al-Halabi (1777-1800).   

Écrivain originaire d’Alep, Soliman al-Halabi a été arrêté au Caire pour l’assassinat du général Kléber, successeur de Bonaparte à la tête de l’Expédition d’Égypte et de Syrie. Il a été jugé par un tribunal français et empalé jusqu’à ce que mort s’ensuive. Débarqué en France dans les bagages de l’Expédition en 1801, son corps a été donné au Muséum où il allait être exhibé jusqu’aux années 1980 en tant que spécimen de "Syrien fanatique". Il a incarné le fanatisme musulman censé empêcher l’Orient d’entrer dans l’Histoire. Et il a servi de caution anthropologique au personnage du barbu perfide qui allait hanter l’imaginaire collectif suite à son apparition dans un film des frères Lumière (Assassinat de Kléber, 1897).

Aujourd’hui, le corps du "Syrien fanatique" est classé dans les collections publiques françaises. Son statut juridique ne permet pas de lui donner une sépulture ni de le restituer à son pays attitré, sauf à être préalablement déclassé par la loi. Les autorités françaises se défaussent cependant sur le Muséum qui se retrouve seul à devoir rendre des comptes devant l’opinion publique. Quant aux autorités syriennes, elles se contentent de gérer leur rente mémorielle : ayant érigé l’assassin de Kléber en héros de la Nation et martyr de l’Islam, elles ont beau jeu de dénoncer le colonialisme ou l’islamophobie de la République. 

En tout état de cause, le statut du corps de Soliman al-Halabi est une monstruosité juridique. Pour légal qu’il soit, il constitue une injustice doublée d’une indignité. Or les scientifiques du Muséum sont les seuls à pouvoir remédier à cette injustice qui perdure sous couvert de légalité. Ils pourraient inhumer le corps dont ils ont la garde, en invoquant l’éthique scientifique ou les précédents historiques connus en la matière. Ce faisant, ils prendraient une mesure conservatoire qui respecte le droit autant que l’intérêt bien compris. Ils contribueraient aussi à libérer la République de l’héritage colonial qui n’en finit pas d’hypothéquer ses valeurs. 

avatar of the starter
Abounaddara FILMSLanceur de pétitionA collective of anonymous filmmakers born in Damascus in 2010 <a href="https://vimeo.com/user6924378" rel="nofollow">https://vimeo.com/user6924378</a>

Mises à jour sur la pétition

Partager la pétition

Pétition lancée le 13 mars 2023