Le Louvre flambe ! Contre l'augmentation de 44% de son prix d'entrée

Le Louvre flambe ! Contre l'augmentation de 44% de son prix d'entrée

Le problème

 

Par voie de presse, nous avons appris que le tarif du musée du Louvre allait passer en janvier 2024 de 15 à 22 €, soit 44 % d'augmentation d'un coup. Les causes invoquées sont l'augmentation du prix de l'énergie, des travaux en cours,  ainsi qu'une volonté de réguler les flux de visiteurs, traduisez une diminution de la jauge des visiteurs par jour.

Même si beaucoup de visiteurs bénéficient de la gratuité ( jeunes jusqu'à 25 ans, enseignants, demandeurs d'emploi, professionnels de la culture...), cela n'empêche pas qu'un grand nombre de catégories d'âges et de professions, impactés par l'inflation, les coûts de l'énergie...ne bénéficient pas de ce privilège.

L'opportunité pour eux serait de profiter de l'accès gratuit aux collections permanentes le premier dimanche du mois, mesure phare de démocratisation culturelle établi en 2000. Malheureusement, le Louvre a supprimé ce dispositif depuis 2014.

Ce musée le plus visité au monde, sera-t-il bientôt déserté par une partie de ses concitoyens faute de moyens ? Le seul créneau gratuit disponible est le premier vendredi du mois de 18h à 20H45, autant dire que cela concerne un public très spécifique et restreint. 

À son inauguration, en 1793, le Louvre avait posé la gratuité comme principe fondateur, mesure qu'il a tenu jusqu'en 1922. Avec cette hausse tarifaire, Le Louvre va à rebours de la nouvelle définition du musée, qualifié désormais d'inclusif par l'ICOM. Encore une mesure qui va accentuer la spécificité française, à savoir son attrait pour l'élitisme, reconnue internationalement dans l'institution scolaire, plus confidentiel dans l'institution muséale.

Pour nous consoler, les articles ont précisé  que ce nouveau tarif restera en dessous du MoMa, Métropolitan museum et du Guggenheim de New York en oubliant de mentionner la gratuité de la Tate Gallery ou du British museum à Londres. Le libéralisme est en train de gagner du terrain dans la muséosphère et il est temps de réagir.

Pour filer la métaphore, rappelons-nous qu'il y a vingt ans à peine, la tarification des musées était une tarification à l'acte. Au Centre Pompidou, existaient des tickets distincts pour chaque exposition temporaire, les collections permanentes et des combinés. Puis, ensuite, sous prétexte de simplifier la billetterie, le tarif unique a été créé vous donnant droit aux collections permanentes et aux expositions temporaires. Tous les musées l'ont adopté progressivement. Cette abondance d'oeuvres disponibles est un leurre total pour le visiteur incapable d'absorber cette orgie visuelle.

22 euros pour avoir accès à 86000 mètres carrés, c'est peu cher payé finalement mais complètement inadapté à nos capacités visuelles. Pourquoi ne pas revenir à une pluralité de propositions tarifaires ? Beaucoup de visiteurs franciliens aimeraient venir au Louvre s'installer simplement devant une, deux, dix oeuvres puis revenir, à leur guise, en s'acquittant d'une somme modique sans prendre forcément la carte annuelle du musée en question.

Nous allons atteindre bientôt 20 000 signatures, ce qui est déjà un grand succès. Nous essayons actuellement de faire signer cette pétition  par des personnes engagées dans la culture, de tous horizons.

Signez cette pétition contre cette augmentation abusive et envisageons d'autres solutions pour que ces collections inestimables soient accessibles au plus grand nombre !

Véronique Antoine-Andersen

Professionnelle de la culture et auteure de "Regarder une oeuvre d'art et aimer ça"

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Véronique ANTOINE - ANDERSENLanceur de pétitionHistorienne de l'art ayant travaillé dans diverses institutions culturelles parisiennes. Autrice de plusieurs ouvrages sur l'art pour les enfants et les adultes. Le dernier en titre "Regarder une oeuvre d'art et aimer ça" chez Eyrolles.

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Le problème

 

Par voie de presse, nous avons appris que le tarif du musée du Louvre allait passer en janvier 2024 de 15 à 22 €, soit 44 % d'augmentation d'un coup. Les causes invoquées sont l'augmentation du prix de l'énergie, des travaux en cours,  ainsi qu'une volonté de réguler les flux de visiteurs, traduisez une diminution de la jauge des visiteurs par jour.

Même si beaucoup de visiteurs bénéficient de la gratuité ( jeunes jusqu'à 25 ans, enseignants, demandeurs d'emploi, professionnels de la culture...), cela n'empêche pas qu'un grand nombre de catégories d'âges et de professions, impactés par l'inflation, les coûts de l'énergie...ne bénéficient pas de ce privilège.

L'opportunité pour eux serait de profiter de l'accès gratuit aux collections permanentes le premier dimanche du mois, mesure phare de démocratisation culturelle établi en 2000. Malheureusement, le Louvre a supprimé ce dispositif depuis 2014.

Ce musée le plus visité au monde, sera-t-il bientôt déserté par une partie de ses concitoyens faute de moyens ? Le seul créneau gratuit disponible est le premier vendredi du mois de 18h à 20H45, autant dire que cela concerne un public très spécifique et restreint. 

À son inauguration, en 1793, le Louvre avait posé la gratuité comme principe fondateur, mesure qu'il a tenu jusqu'en 1922. Avec cette hausse tarifaire, Le Louvre va à rebours de la nouvelle définition du musée, qualifié désormais d'inclusif par l'ICOM. Encore une mesure qui va accentuer la spécificité française, à savoir son attrait pour l'élitisme, reconnue internationalement dans l'institution scolaire, plus confidentiel dans l'institution muséale.

Pour nous consoler, les articles ont précisé  que ce nouveau tarif restera en dessous du MoMa, Métropolitan museum et du Guggenheim de New York en oubliant de mentionner la gratuité de la Tate Gallery ou du British museum à Londres. Le libéralisme est en train de gagner du terrain dans la muséosphère et il est temps de réagir.

Pour filer la métaphore, rappelons-nous qu'il y a vingt ans à peine, la tarification des musées était une tarification à l'acte. Au Centre Pompidou, existaient des tickets distincts pour chaque exposition temporaire, les collections permanentes et des combinés. Puis, ensuite, sous prétexte de simplifier la billetterie, le tarif unique a été créé vous donnant droit aux collections permanentes et aux expositions temporaires. Tous les musées l'ont adopté progressivement. Cette abondance d'oeuvres disponibles est un leurre total pour le visiteur incapable d'absorber cette orgie visuelle.

22 euros pour avoir accès à 86000 mètres carrés, c'est peu cher payé finalement mais complètement inadapté à nos capacités visuelles. Pourquoi ne pas revenir à une pluralité de propositions tarifaires ? Beaucoup de visiteurs franciliens aimeraient venir au Louvre s'installer simplement devant une, deux, dix oeuvres puis revenir, à leur guise, en s'acquittant d'une somme modique sans prendre forcément la carte annuelle du musée en question.

Nous allons atteindre bientôt 20 000 signatures, ce qui est déjà un grand succès. Nous essayons actuellement de faire signer cette pétition  par des personnes engagées dans la culture, de tous horizons.

Signez cette pétition contre cette augmentation abusive et envisageons d'autres solutions pour que ces collections inestimables soient accessibles au plus grand nombre !

Véronique Antoine-Andersen

Professionnelle de la culture et auteure de "Regarder une oeuvre d'art et aimer ça"

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Véronique ANTOINE - ANDERSENLanceur de pétitionHistorienne de l'art ayant travaillé dans diverses institutions culturelles parisiennes. Autrice de plusieurs ouvrages sur l'art pour les enfants et les adultes. Le dernier en titre "Regarder une oeuvre d'art et aimer ça" chez Eyrolles.

Les décisionnaires

Rachida Dati
Ministre de la Culture
Laurence des Cars
Laurence des Cars
Présidente-directrice du musée du Louvre

Mises à jour sur la pétition