

Le gouvernement abandonne la politique des 1000 premiers jours !


Le gouvernement abandonne la politique des 1000 premiers jours !
The Issue
Cette pétition vise à mettre en lumière une situation alarmante, à rappeler les enjeux liés à la santé mentale périnatale et à exhorter les acteurs politiques à maintenir leur engagement envers les familles.
En préambule, une vidéo de Frédéric Faurillon, alias @Vieuxmachinbidule :
En septembre 2020, la Commission des 1000 premiers jours, présidée par Boris Cyrulnik, présente son rapport, fruit d'une collaboration initiée par Emmanuel Macron en 2019. Cette commission, réunissant 18 experts de spécialités différentes, avait pour mission d'identifier les facteurs favorables au développement de l'enfant et de proposer des leviers pour renforcer l'accompagnement des familles pendant les 1000 premiers jours. Dans ce contexte, la mise à disposition d'informations simples, accessibles et fiables aux parents et futurs parents a émergé comme une priorité. Une réponse concrète à cette problématique a pris la forme d'une application. Dans cette dernière a été intégré le dispositif 1000 Jours Blues, élaboré par une start-up d’État incubée au sein de la Fabrique Numérique des Ministères Sociaux. L’association Maman Blues (association d’usagères de santé, de femmes avec expérience vécue de la difficulté maternelle) a activement collaboré au lancement et au fonctionnement du dispositif qui a été déployé par la suite sur 19 sources diverses : sites Ameli.fr, CAF, Parents.fr, Application WeMoms, Le Club Poussette…
Cependant, malgré les résultats significatifs et l'impact positif sur la santé mentale des parents, le dispositif 1000 Jours Blues est aujourd'hui menacé de disparition.
- Nous plaidons pour la reconnaissance de la nécessité de soutenir les parents dans cette période d'une importance cruciale et pour la préservation des dispositifs essentiels comme celui des 1000 Jours Blues.
- Nous exigeons une transparence de la part de notre gouvernement. Les parents doivent être informés de façon claire de la fin du dispositif, plus encore les personnes accompagnées par le dispositif actuellement.
- Nous souhaitons que les orientations générales concernent le communiqué sur l'arrêt des financements.
- Nous exigeons la pérennisation du dispositif 1000 jours Blues avec un projet à budget alloué et non des budgets alloués par périodes extrêmement courtes.
1000 Premiers Jours, un engagement politique :
Cinq axes de travail ont émergé dans la continuité du rapport durant l'année 2021 :
- La mise à disposition des parents et futurs parents d'informations simples, accessibles et fiables
- L'amélioration de l’accompagnement des parents pendant toute la période
- La proposition d'un accompagnement renforcé selon les besoins des parents et les vulnérabilités rencontrés par ces derniers
- L'invitation aux parents à prendre du temps pour construire la relation avec leur enfant
- L'amélioration de la qualité des modes d’accueil du jeune enfant.
Nous n’allons pas revenir sur chacun de ces axes. Nous souhaitions attirer votre attention sur le premier, à savoir la mise à disposition des parents et futurs parents d’informations simples, accessibles et fiables à travers l’application des 1000 Jours et son dispositif 1000 Jours Blues.
Qu’est ce que 1000 Premiers Jours Blues ?
Un outil d’orientation pour les parents qui présentent une souffrance psychique en période périnatale. Le parent peut répondre à un questionnaire, l’échelle d’Edimbourg, échelle d’autoévaluation d’un état dépressif. Il se compose de 10 items et permet d’obtenir un score qui donne une première idée de sa santé mentale à l’instant T. Il est évident qu’à elle seule, cette échelle ne permet pas de diagnostiquer une dépression post-partum. En revanche, elle permet aux parents tout comme aux professionnels de santé de s’interroger ensemble sur la suite à donner, au regard des symptômes mentionnés par le parent.
Suivant le score (code couleur), le parent peut demander à être contacté gratuitement par un intervenant.
D’octobre 2021 à avril 2023, Elise Marcende, présidente de l’association Maman Blues, a été leur interlocutrice privilégiée. Puis d’avril 2023 à aujourd’hui, c’est Wanda Hervieu, infirmière en santé mentale qui a pris la suite.
Lors de ces échanges, le parent bénéficie en premier lieu d’un espace de paroles, d’une soupape de décompression. En fonction de ses besoins, de l’urgence de la situation, il lui sera proposé différentes réponses : consultations psychologiques périnatales, hospitalisation, soutien à domicile, associations d’usagères ou de soutien à la parentalité …
Quels sont les résultats significatifs du dispositif 1000 Jours Blues ?
- 122 933 EPDS, soit le nombre de tests effectués au 24.02.24
- 14.8% présentant des idées suicidaires fréquentes
- Un taux de confirmation mensuel de 70 % des parents rejoignant un parcours de soins après un échange téléphonique ou SMS avec l'infirmière du dispositif.
Pourquoi le budget n’est pas renouvelé, l’essoufflement politique ?
Depuis 2021, le projet national des 1000 premiers jours était piloté par le ministère des solidarités et de la santé et mené avec ses partenaires de la Sécurité sociale, de Santé Publique France, ainsi que des Agences Régionales de Santé (ARS) et des Directions Régionales de L’Économie, du Travail et des Solidarités (DREETS). Cependant, suite au départ d’Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de l’Enfance et des Familles et porteur de la politique des 1000 jours, l’engagement des différents partis s’est totalement essoufflé.
Le Ministère de la Santé estime que cette question relève de la prise en charge familiale, par la DGCS, mais celle-ci soutient que la responsabilité (entre autres financière) doit incomber au Ministère de l’Offre de Soins (DGOS).
Avez vous une idée des chiffres concernant les dépressions périnatales ?
Nous citerons simplement ce qui est pointé dans le rapport des 1000 premiers jours : « Comme nous l’avons évoqué (I.C.), les dépressions périnatales (maternelles et paternelles) sont répandues (10 à 15% de la population générale) et sous-diagnostiquées. Seules 40 à 50% des dépressions seraient ainsi diagnostiquées alors que les femmes sont en contact régulier avec divers professionnels de santé (sages-femmes, médecins généralistes, pédiatres, puéricultrices de PMI). En France, l’enquête ELFE (Etude Longitudinale Française depuis l’Enfance) a permis de montrer que seules 27,4% des patientes déclarant des difficultés psychologiques durant la grossesse ont eu une consultation auprès d’un professionnel de la santé (médecin généraliste ou psy) pour ce motif, 10,8% ont eu un traitement psychotrope et 4% ont pris des psychotropes sans suivi spécialisé. […] Les dépressions périnatales, du fait de leur sous-diagnostic, sont trop peu voire mal soignées. 24% des femmes déprimées accèderaient à un traitement quel qu’il soit et 10% de ces mêmes femmes bénéficieraient du traitement le plus adéquat aux symptômes présentés. Il existe des traitements efficaces (psychothérapies ou psychotropes) facilement accessibles si ces troubles sont repérés. »
Par peur du jugement, par peur du placement de leur enfant, par honte, par minimisation du vécu, ou encore par méconnaissance du soignant face à lui, le parent peut cacher son état. Les chiffres officiels ne révéleront jamais la réalité telle qu’elle est, mais les données récoltées par Blues nous en donnent une idée brutale : sur les 50 000 questionnaires complétés sur une année, 55,8% aboutissent à un score supérieur à 13 (13 étant le score au-delà duquel des éléments caractéristiques d’une DPP sont identifiés).
Rappelons le coût d’une dépression postnatale ?
Pour ce qui est de l'aspect financier, le coût d'une DPP s'élève à 104 000 euros(1)(2)(3) par mère et par enfant (fourchette haute). Sur une année, le dispositif Blues aurait donc permis une économie allant de 25 à 51 millions d'euros, selon les estimations basées sur la traduction française du rapport "The Costs of Perinatal Mental Health Problems" édité par le Care Policy and Evaluation Centre de la London School of Economics, page 22.
En conclusion
À l'évocation de ce programme des 1000 premiers jours, les usagères de santé ont été enthousiastes. L'association Maman Blues a cru que le gouvernement prenait la mesure des enjeux en santé mentale maternelle. Mais force est de constater que nous avons été bernés. Le sac des 1000 premiers jours envolé, l'application des 1000 premiers jours peu à peu laissée à l'abandon, le dispositif 1000 jours Blues bientôt aux oubliettes. Et si l'on se penche sur les unités mères bébés, on se rend compte que ces dernières peinent à fonctionner. Rappelons que ce sont 100 petits lits pour toute la France.
La difficulté maternelle a été invisibilisée durant des décennies. Il faudrait de nouveau la mettre sous le tapis, faire comme si le problème était réglé pour ne pas nuire au taux de natalité peut-être ? Des bébés vont continuer de naître, des parents avec eux. Chacune et chacun doit pouvoir trouver une ressource fiable et pérenne pour être aiguillé quand le mal-être s'installe.
Notre colère ne s'apaise pas, car la santé mentale est, encore une fois, mise au rencart. C’est pourquoi les bénévoles de Maman Blues ainsi que bien d’autres personnes sur nos réseaux sociaux qui ne manquent pas de relayer depuis plusieurs jours l’arrêt définitif du dispositif, s’indignent d’une décision si délétère et d’un manque de transparence totale !
Qui sommes-nous pour nous insurger d'une telle inertie ?
Des femmes concernées directement par ce sujet, ayant traversé une difficulté maternelle violente et destructrice, des professionnels impliqués, etc... Est-il encore nécessaire de rappeler qu'une femme par mois se suicide dans la première année de vie de son enfant ?
Infographie issue du 6ème rapport de l'enquête nationale sur les mortalités maternelles 2013-2015
Ce chiffre brut devrait à lui seul donner l'élan nécessaire à des actions concrètes et pérennes. C'est une lutte et nous pouvons même reprendre les mots de notre cher président, nous sommes en guerre. Avant de parler de réarmement démographique au vu du taux de natalité qui continue de baisser d'année en année, il serait judicieux de s'appliquer à tenir ses engagements. Au lieu d'employer un lexique comme celui-ci, il serait de bon ton de revenir à l'humain, de penser au bien-être physique, émotionnel et psychique de chaque citoyen en période périnatale.
Sources :
(1) traduction française du rapport « The costs of perinatal mental health problems » édité par le Care Policy and Evaluation Centre de la London School of Economics, page 22
(2) https://www.naitreenalsace.fr/estimer-le-cout-des-maladies-psyperinatales-outil-psyperinathon/
(3) https://arip-app.herokuapp.com/
Pour aller plus loin :
Le rapport de la commission des 1000 premiers Jours
6ème rapport de l'enquête nationale confidentielle sur les mortalités maternelles 2013-2015

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The Issue
Cette pétition vise à mettre en lumière une situation alarmante, à rappeler les enjeux liés à la santé mentale périnatale et à exhorter les acteurs politiques à maintenir leur engagement envers les familles.
En préambule, une vidéo de Frédéric Faurillon, alias @Vieuxmachinbidule :
En septembre 2020, la Commission des 1000 premiers jours, présidée par Boris Cyrulnik, présente son rapport, fruit d'une collaboration initiée par Emmanuel Macron en 2019. Cette commission, réunissant 18 experts de spécialités différentes, avait pour mission d'identifier les facteurs favorables au développement de l'enfant et de proposer des leviers pour renforcer l'accompagnement des familles pendant les 1000 premiers jours. Dans ce contexte, la mise à disposition d'informations simples, accessibles et fiables aux parents et futurs parents a émergé comme une priorité. Une réponse concrète à cette problématique a pris la forme d'une application. Dans cette dernière a été intégré le dispositif 1000 Jours Blues, élaboré par une start-up d’État incubée au sein de la Fabrique Numérique des Ministères Sociaux. L’association Maman Blues (association d’usagères de santé, de femmes avec expérience vécue de la difficulté maternelle) a activement collaboré au lancement et au fonctionnement du dispositif qui a été déployé par la suite sur 19 sources diverses : sites Ameli.fr, CAF, Parents.fr, Application WeMoms, Le Club Poussette…
Cependant, malgré les résultats significatifs et l'impact positif sur la santé mentale des parents, le dispositif 1000 Jours Blues est aujourd'hui menacé de disparition.
- Nous plaidons pour la reconnaissance de la nécessité de soutenir les parents dans cette période d'une importance cruciale et pour la préservation des dispositifs essentiels comme celui des 1000 Jours Blues.
- Nous exigeons une transparence de la part de notre gouvernement. Les parents doivent être informés de façon claire de la fin du dispositif, plus encore les personnes accompagnées par le dispositif actuellement.
- Nous souhaitons que les orientations générales concernent le communiqué sur l'arrêt des financements.
- Nous exigeons la pérennisation du dispositif 1000 jours Blues avec un projet à budget alloué et non des budgets alloués par périodes extrêmement courtes.
1000 Premiers Jours, un engagement politique :
Cinq axes de travail ont émergé dans la continuité du rapport durant l'année 2021 :
- La mise à disposition des parents et futurs parents d'informations simples, accessibles et fiables
- L'amélioration de l’accompagnement des parents pendant toute la période
- La proposition d'un accompagnement renforcé selon les besoins des parents et les vulnérabilités rencontrés par ces derniers
- L'invitation aux parents à prendre du temps pour construire la relation avec leur enfant
- L'amélioration de la qualité des modes d’accueil du jeune enfant.
Nous n’allons pas revenir sur chacun de ces axes. Nous souhaitions attirer votre attention sur le premier, à savoir la mise à disposition des parents et futurs parents d’informations simples, accessibles et fiables à travers l’application des 1000 Jours et son dispositif 1000 Jours Blues.
Qu’est ce que 1000 Premiers Jours Blues ?
Un outil d’orientation pour les parents qui présentent une souffrance psychique en période périnatale. Le parent peut répondre à un questionnaire, l’échelle d’Edimbourg, échelle d’autoévaluation d’un état dépressif. Il se compose de 10 items et permet d’obtenir un score qui donne une première idée de sa santé mentale à l’instant T. Il est évident qu’à elle seule, cette échelle ne permet pas de diagnostiquer une dépression post-partum. En revanche, elle permet aux parents tout comme aux professionnels de santé de s’interroger ensemble sur la suite à donner, au regard des symptômes mentionnés par le parent.
Suivant le score (code couleur), le parent peut demander à être contacté gratuitement par un intervenant.
D’octobre 2021 à avril 2023, Elise Marcende, présidente de l’association Maman Blues, a été leur interlocutrice privilégiée. Puis d’avril 2023 à aujourd’hui, c’est Wanda Hervieu, infirmière en santé mentale qui a pris la suite.
Lors de ces échanges, le parent bénéficie en premier lieu d’un espace de paroles, d’une soupape de décompression. En fonction de ses besoins, de l’urgence de la situation, il lui sera proposé différentes réponses : consultations psychologiques périnatales, hospitalisation, soutien à domicile, associations d’usagères ou de soutien à la parentalité …
Quels sont les résultats significatifs du dispositif 1000 Jours Blues ?
- 122 933 EPDS, soit le nombre de tests effectués au 24.02.24
- 14.8% présentant des idées suicidaires fréquentes
- Un taux de confirmation mensuel de 70 % des parents rejoignant un parcours de soins après un échange téléphonique ou SMS avec l'infirmière du dispositif.
Pourquoi le budget n’est pas renouvelé, l’essoufflement politique ?
Depuis 2021, le projet national des 1000 premiers jours était piloté par le ministère des solidarités et de la santé et mené avec ses partenaires de la Sécurité sociale, de Santé Publique France, ainsi que des Agences Régionales de Santé (ARS) et des Directions Régionales de L’Économie, du Travail et des Solidarités (DREETS). Cependant, suite au départ d’Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de l’Enfance et des Familles et porteur de la politique des 1000 jours, l’engagement des différents partis s’est totalement essoufflé.
Le Ministère de la Santé estime que cette question relève de la prise en charge familiale, par la DGCS, mais celle-ci soutient que la responsabilité (entre autres financière) doit incomber au Ministère de l’Offre de Soins (DGOS).
Avez vous une idée des chiffres concernant les dépressions périnatales ?
Nous citerons simplement ce qui est pointé dans le rapport des 1000 premiers jours : « Comme nous l’avons évoqué (I.C.), les dépressions périnatales (maternelles et paternelles) sont répandues (10 à 15% de la population générale) et sous-diagnostiquées. Seules 40 à 50% des dépressions seraient ainsi diagnostiquées alors que les femmes sont en contact régulier avec divers professionnels de santé (sages-femmes, médecins généralistes, pédiatres, puéricultrices de PMI). En France, l’enquête ELFE (Etude Longitudinale Française depuis l’Enfance) a permis de montrer que seules 27,4% des patientes déclarant des difficultés psychologiques durant la grossesse ont eu une consultation auprès d’un professionnel de la santé (médecin généraliste ou psy) pour ce motif, 10,8% ont eu un traitement psychotrope et 4% ont pris des psychotropes sans suivi spécialisé. […] Les dépressions périnatales, du fait de leur sous-diagnostic, sont trop peu voire mal soignées. 24% des femmes déprimées accèderaient à un traitement quel qu’il soit et 10% de ces mêmes femmes bénéficieraient du traitement le plus adéquat aux symptômes présentés. Il existe des traitements efficaces (psychothérapies ou psychotropes) facilement accessibles si ces troubles sont repérés. »
Par peur du jugement, par peur du placement de leur enfant, par honte, par minimisation du vécu, ou encore par méconnaissance du soignant face à lui, le parent peut cacher son état. Les chiffres officiels ne révéleront jamais la réalité telle qu’elle est, mais les données récoltées par Blues nous en donnent une idée brutale : sur les 50 000 questionnaires complétés sur une année, 55,8% aboutissent à un score supérieur à 13 (13 étant le score au-delà duquel des éléments caractéristiques d’une DPP sont identifiés).
Rappelons le coût d’une dépression postnatale ?
Pour ce qui est de l'aspect financier, le coût d'une DPP s'élève à 104 000 euros(1)(2)(3) par mère et par enfant (fourchette haute). Sur une année, le dispositif Blues aurait donc permis une économie allant de 25 à 51 millions d'euros, selon les estimations basées sur la traduction française du rapport "The Costs of Perinatal Mental Health Problems" édité par le Care Policy and Evaluation Centre de la London School of Economics, page 22.
En conclusion
À l'évocation de ce programme des 1000 premiers jours, les usagères de santé ont été enthousiastes. L'association Maman Blues a cru que le gouvernement prenait la mesure des enjeux en santé mentale maternelle. Mais force est de constater que nous avons été bernés. Le sac des 1000 premiers jours envolé, l'application des 1000 premiers jours peu à peu laissée à l'abandon, le dispositif 1000 jours Blues bientôt aux oubliettes. Et si l'on se penche sur les unités mères bébés, on se rend compte que ces dernières peinent à fonctionner. Rappelons que ce sont 100 petits lits pour toute la France.
La difficulté maternelle a été invisibilisée durant des décennies. Il faudrait de nouveau la mettre sous le tapis, faire comme si le problème était réglé pour ne pas nuire au taux de natalité peut-être ? Des bébés vont continuer de naître, des parents avec eux. Chacune et chacun doit pouvoir trouver une ressource fiable et pérenne pour être aiguillé quand le mal-être s'installe.
Notre colère ne s'apaise pas, car la santé mentale est, encore une fois, mise au rencart. C’est pourquoi les bénévoles de Maman Blues ainsi que bien d’autres personnes sur nos réseaux sociaux qui ne manquent pas de relayer depuis plusieurs jours l’arrêt définitif du dispositif, s’indignent d’une décision si délétère et d’un manque de transparence totale !
Qui sommes-nous pour nous insurger d'une telle inertie ?
Des femmes concernées directement par ce sujet, ayant traversé une difficulté maternelle violente et destructrice, des professionnels impliqués, etc... Est-il encore nécessaire de rappeler qu'une femme par mois se suicide dans la première année de vie de son enfant ?
Infographie issue du 6ème rapport de l'enquête nationale sur les mortalités maternelles 2013-2015
Ce chiffre brut devrait à lui seul donner l'élan nécessaire à des actions concrètes et pérennes. C'est une lutte et nous pouvons même reprendre les mots de notre cher président, nous sommes en guerre. Avant de parler de réarmement démographique au vu du taux de natalité qui continue de baisser d'année en année, il serait judicieux de s'appliquer à tenir ses engagements. Au lieu d'employer un lexique comme celui-ci, il serait de bon ton de revenir à l'humain, de penser au bien-être physique, émotionnel et psychique de chaque citoyen en période périnatale.
Sources :
(1) traduction française du rapport « The costs of perinatal mental health problems » édité par le Care Policy and Evaluation Centre de la London School of Economics, page 22
(2) https://www.naitreenalsace.fr/estimer-le-cout-des-maladies-psyperinatales-outil-psyperinathon/
(3) https://arip-app.herokuapp.com/
Pour aller plus loin :
Le rapport de la commission des 1000 premiers Jours
6ème rapport de l'enquête nationale confidentielle sur les mortalités maternelles 2013-2015

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Petition created on February 26, 2024