À 20 HEURES, JE N'APPLAUDIS PAS, JE RÉCLAME

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 À 20 HEURES, JE N’APPLAUDIS PAS, JE RÉCLAME

 

Alors que la France est à nouveau confinée, tout se passe comme si aucune leçon n’avait été tirée de la première vague. Comme si le scénario de mars devait se reproduire, à l’identique, sans que rien n’ait été prévu ni préparé. Les soignants, à nouveau en première ligne, alertent pourtant depuis des mois -des années même- sur le manque de moyens accordés à notre système de santé. Nous alertent aussi sur les drames humains que cet abandon risque de causer.

Lors du premier confinement, il nous était impossible de soutenir nos soignants, de mieux les reconnaître et de saluer leur action autrement qu’en les applaudissant tous les soirs à 20h. Impossible de mieux les remercier pour leur dévouement.

Mais le dévouement ne saurait constituer une politique publique. C'est pourtant ce qui se  profile : entre la première et la seconde vague, rien, ou si peu, n’a été préparé. Rien n’a été accordé aux professionnels de santé pour leur permettre de faire face à cette nouvelle épreuve. Le gouvernement a bien tenté de détourner l’attention collective en promettant des médailles de l’engagement ou en organisant un Ségur de la Santé, mais force est de constater que le compte n’y est pas.

Les quelques mesures promises au début de l’été ne suffisent pas à effacer des années d’austérité dans l’hôpital public. Des années de réduction des moyens dans notre système de santé, pourtant jalousé du monde entier, qui ont ruiné les conditions de travail de nos soignants, en sous-effectif depuis trop longtemps. Des années où la santé des finances publiques à été privilégiée face à la santé des personnes. 

Ainsi, en 6 ans, ce sont près de 13 000 lits qui ont été supprimés. 13 000 lits supprimés au nom de la rentabilité et de l’efficacité, comme si la santé n’était qu’un coût et pas une richesse à protéger. 13 000 lits supprimés, suivant des logiques et des méthodes, importées du privé et qui ne devraient rien avoir à faire dans la santé. 

L’augmentation du nombre de lits est pourtant une mesure d’évidence alors que le président de la République lui-même nous explique que, déjà, des médecins doivent choisir de soigner une personne atteinte du Coronavirus ou une personne atteinte d’un cancer. Cette situation insupportable n’a rien d’une fatalité : elle est le produit de politiques de restrictions et de coupes budgétaires dans l’hôpital public.

Une logique purement comptable qui ne semble pourtant pas avoir été ébranlée par la première vague du Covid-19. Au mois de mai, le Ségur de la santé, promettait bien la réouverture de 4 000 lits « à la demande », et de manière temporaire, pour faire face à « une suractivité saisonnière ou épidémique ». Mais depuis,  trop peu de lits ont effectivement été ouverts. Pire, certains ont même été fermés : 100 lits ont été supprimés ces derniers mois au CHU de Nantes par exemple, en plein coeur de la crise sanitaire. Une logique de court terme qui ne pouvait nous préparer et nous permettre d’affronter cette nouvelle vague épidémique

Plus de trois mois après le Ségur de la santé, les acteurs du soin demandent aussi un plan massif de recrutement face au manque criant de personnel : 100.000 postes sont ainsi toujours vacants, dans les établissements publics comme privés et 26% des postes de praticiens hospitaliers ne sont pas pourvus. 

Dans le projet de loi de Finances 2021, seuls 450 millions sont destinés aux revalorisations du personnel médical de l’hôpital public. Avec cette mesure, la France gagne 8 places dans le classement des pays de l’OCDE en matière de rémunération des soignants, pour arriver péniblement à la … 18ème place. Pas vraiment de quoi être fiers. 

Déjà épuisés physiquement, psychologiquement et émotionnellement, les soignants doivent donc à nouveau faire face à une situation sanitaire exceptionnelle sans disposer des moyens nécessaires pour mener leur mission à bien. Conséquence directe : alors que le confinement vient d’être annoncé, nous avons déjà atteint près de la moitié de nos capacité d’accueil et de réanimation sur l’ensemble du territoire. Pour la seconde fois, l'hôpital public français est submergé. 

Aussi, ne répétons pas les erreurs du passé. Ne laissons pas les applaudissements masquer les véritables besoins de notre système de santé.

 

Voilà pourquoi, à 20h, nous réclamons :

○  La réouverture des 13 000 lits supprimés en 6 ans

○  La création de 100 000 postes dans les hôpitaux et une formation massive des soignants

○  Une hausse de salaire de 300 euros par mois pour tous les soignants

○  L’instauration d’une enquête annuelle dans chaque établissement médical sur le bien-être au travail

○  Des engagements pour les médecins libéraux, eux-aussi en première ligne, et une hausse des aides à la  téléconsultation

○  La révision du mode de financement à l’hôpital et la fin du "tout T2A" transformant l'hôpital en entreprise concurrentielle

○  La reconnaissance et l'augmentation des professionnels du secteur médico-social, du social et du handicap au même titre que tous les autres acteurs du soin