Petition updateLa Petite Bibliothèque Ronde doit rester dans ses murs d'origine !Le manque de volonté contrarie des espoirs, pas notre détermination
Collectif "Notre Petite Bibliothèque Ronde"

Jan 23, 2017
Chers signataires et soutiens de la Petite Bibliothèque Ronde,
Pendant ces deux derniers mois, nous avons volontairement moins communiqué sur l’évolution de la situation de la Petite Bibliothèque Ronde (PBR). Nous avons sciemment temporisé la médiatisation du conflit entre la PBR et le territoire Vallée Sud Grand Paris (VSGP) présidé par Jean-Didier Berger, par ailleurs maire de Clamart. Cette « trêve », nous l’avons décrétée avec enthousiasme fin octobre 2016 pour laisser place à une médiation sereine et constructive entre les parties, pilotée par le cabinet de la ministre de la Culture.
Si nous reprenons aujourd’hui le chemin de notre clavier, alors que la PBR est toujours encerclée par des palissades et menacée d’expulsion depuis maintenant 120 jours, c’est pour vous faire part de deux évolutions sérieuses, aussi significatives que contradictoires :
• De réelles avancées ont eu lieu sur le plan de la médiation, et nous avons acquis l’espoir, voire même la conviction, qu’un dialogue pourrait se nouer à Clamart pour sortir du conflit actuel par le haut : il suffirait d’un brin de bonne volonté ;
• Mais nous devons regretter qu’en 2016 comme en 2017, nous sommes toujours les témoins d’agissements de la mairie de Clamart qui traduisent une obstination à ne pas vouloir tendre vers l’apaisement. À notre grand regret, notre combat acquiert chaque jour un peu plus sa raison d’être, au nom de l’intérêt des enfants.
=== Ce qui nous donne de l’espoir ===
LA MÉDIATION
L’automne dernier, le cabinet de la ministre de la Culture s’était proposé pour entamer une médiation entre les parties prenantes. Il a pu rencontrer les héritiers de la famille Schlumberger, mécène fondatrice de la PBR, ainsi que les ayant-droits de la famille Thurnauer, architecte en chef de la célèbre bibliothèque pour enfants. Une équipe de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) a enfin eu l'occasion de visiter la PBR pour établir un rapport sur l’état général du bâtiment.
Le cabinet de la ministre a ensuite reçu l’association PBR et a mis sur pied, courant novembre, un comité de pilotage regroupant la DRAC, la PBR et le territoire VSGP.
Mais depuis peu, la médiation a changé de main : la ministre de la Culture a chargé le préfet des Hauts-de-Seine, plus précisément son sous-préfet, de réunir la PBR et le territoire VSGP à la table des négociations. Entre fin décembre et début janvier, Jean-Didier Berger a posé au sous-préfet ses conditions avant tout début de dialogue, tandis que la PBR a fait part de ses souhaits.
De toute évidence, nous ne dévoilerons pas ici les positions des uns et des autres pour ne pas nuire à l’éventualité d’un dialogue. Toute la tâche qui reviendra à la préfecture des Hauts-de-Seine sera de trouver une issue favorable au différent afin de concilier l’irréconciliable. Nous avons l’espoir que l’intérêt général saura prévaloir sur les égos tout au long de cette négociation.
LES ACTIVITÉS DE LA PBR
Parallèlement à cette médiation en cours, la PBR continue en cette nouvelle année de proposer des activités quotidiennes très variées aux enfants de la Plaine.
Même si les palissades sont malheureusement une forme de repoussoir pour nombre de familles et même si la campagne de dénigrement dont la bibliothèque fait l’objet ne facilite guère la fidélisation de nouveaux lecteurs, la PBR reste particulièrement attractive et innovante entre ses murs boisés.
L’équipe s’est adaptée aux nouvelles circonstances avec pragmatisme et ingéniosité. Par la force des choses, elle exerce maintenant davantage d’activités hors-les-murs, ce que souhaitait d’ailleurs ardemment la ville de Clamart avant le conflit.
Privilégiant les temps forts, la PBR attire une foule de visiteurs, de lecteurs, lors d’évènements nationaux et internationaux auxquels elle participe en nombre (Nuit de la Lecture, Nuit des Idées, La Science se Livre, concours d’écriture Proxima...).
La bibliothèque cherche ainsi la lumière de nouveaux projecteurs depuis que ceux de la mairie ont été délibérément éteints. Les idées fusent quoi qu’il arrive, elles survolent les palissades et cela a le don de nous réjouir.
VOTRE SOUTIEN
Au fil des mois, la PBR et le collectif ont engrangé toujours davantage de soutiens. À ce jour, nous comptons plus de 5600 signataires sur notre pétition en ligne.
Une trentaine d’articles ont été publiés dans la presse aussi bien locale, nationale que spécialisée. Nos tweets ont été imprimés plus de 420000 fois.
Les milieux professionnels de la lecture, de l’architecture et du patrimoine sont particulièrement sensibles à la cause.
En novembre, nous avons eu l'honneur de pouvoir intervenir, aux côtés de la direction de la PBR, dans la grande salle des séances de l’Institut de France devant les sages de l’Académie des Beaux-Arts. Ils se sont montrés très réceptifs et préoccupés par la situation de la bibliothèque.
Au salon de littérature jeunesse de Montreuil qui a eu lieu en décembre, la ministre de la Culture a pu rencontrer personnellement Marion Moulin, directrice de la PBR. Elle lui a fait part de son réel attachement au projet de la bibliothèque, ce qui est toujours agréable à entendre quand localement, le discours est tout autre. La subvention de l’Etat a été renouvelée pour 2016, et elle le sera pour 2017.
Enfin, Claude Ponti, auteur d’ouvrages pour la Jeunesse, a régalé nos pupilles dilatées par le réveillon, avec une superbe illustration qu’il a offert à la PBR pour la nouvelle année.
Une saine et heureuse note d’espoir.
Il subsiste pourtant bien des ombres au tableau que nous vous dressons.
=== Ce qui nous pousse à intensifier le combat ===
LE MANQUE DE VOLONTÉ
Si le passage de relais de la médiation entre le ministère de la Culture et le préfet des Hauts-de-Seine s’est effectué rapidement et sans encombre, il faut tout de même souligner qu’il s’agit d’un fâcheux contretemps à imputer directement au manque de volonté de Jean-Didier Berger.
En effet, le président du territoire VSGP a fait savoir en novembre dernier qu’il ne participerait pas au comité de pilotage réunissant la DRAC et la PBR si la PBR était… présente. Oui, vous avez bien lu : Jean-Didier Berger a refusé de prendre part à la médiation sur l’avenir de la PBR en raison de la participation de la direction de la bibliothèque aux discussions. C’est un véritable pied de nez à l’ensemble des participants et organisateurs du comité de pilotage.
La ministre a dès lors jugé opportun de transférer la négociation sous l’égide du préfet, qui soulignons-le, a la charge du contrôle administratif et du respect des lois. Espérons qu’elle ait vu juste.
LE TROU
Début décembre, le comité de pilotage a pris conscience que la chaise de Jean-Didier Berger allait rester vide. Alors que la médiation prenait malheureusement l’eau au cabinet de la ministre, des ouvriers envoyés par la mairie de Clamart ont creusé une tranchée d’une cinquantaine de centimètres de profondeur non loin de la PBR. Renseignements pris, ils étaient là pour équiper le quartier de la Plaine de caméras de surveillance. Promesse électorale de l’édile oblige.
De jour en jour, leurs outils se sont lentement rapprochés de la bibliothèque. Pour une raison simple : les ouvriers avaient besoin de raccorder leur système de vidéosurveillance à un poste électrique. Ils avaient pour instruction de s’alimenter en courant à la PBR, dont le bâtiment est - rappelons-le - propriété de la municipalité.
Le 6 décembre 2016, les ouvriers sont donc entrés dans l’enceinte de la bibliothèque et ont entamé le perçage d’un large trou dans un vide sanitaire du monument historique, alors que des enfants étaient en salle de lecture à l’étage.
La directrice de la bibliothèque a demandé aux ouvriers d’arrêter immédiatement leurs travaux et de lui présenter une autorisation de la DRAC, document dont ils ne disposaient à l’évidence pas. Un rien décontenancés, les ouvriers ont appelé la mairie de Clamart pour obtenir de nouvelles instructions. La municipalité a aussitôt dépêché deux policiers municipaux sur place qui, menaçants, ont donné l’ordre aux ouvriers de percer le trou dans le bâtiment, malgré les objections répétées de la directrice. Malheureusement, la police nationale n’était pas compétente pour intervenir. Ambiance…
Le jour même, l’architecte des Bâtiments de France est venu constater ces énièmes travaux effectués sans autorisation. La DRAC n’a, semble-t-il, pas voulu donner de suite à ces faits pourtant constatés par huissier.
En attendant, une nouvelle fois une atteinte à l’intégrité du patrimoine a été commise malgré les vives protestations de la PBR, la présence d’enfants, la médiation en cours et la médiatisation croissante du conflit.
LES PRESSIONS
Le 5 octobre 2016, nous, membres du collectif, avons été photographiés et/ou filmés devant la bibliothèque par une adjointe au maire de Clamart, alors que nous allions rejoindre une réunion du collectif à la PBR. Atmosphère, atmosphère…
Depuis des mois, des habitants de la cité de la Plaine nous font régulièrement état des pressions qu’ils subissent dès qu’ils prennent position en faveur de la bibliothèque pour enfants. Certaines personnes menacent les habitants de supprimer leur droit au bénéfice d’un logement social s’ils signent notre pétition en ligne, s’ils tractent ou s’ils participent à un rassemblement du collectif. Dans un quartier populaire où les logements sociaux sont légion, le message passe évidemment comme une lettre à la poste.
La semaine dernière, un supermarché de la cité de la Plaine a fait l’objet d’une flagrante ingérence pour que soient retirés tout tract et toute affiche pro PBR de son commerce. Le 14 janvier 2017, le magasin avait gracieusement offert des boissons aux enfants pour garnir le buffet de la PBR lors de la très réussite Nuit de la Lecture. Pure coïncidence ou punition ?
Côté éducation nationale, les intimidations ne sont pas en reste. Des enseignants nous relatent chaque mois les coups de fil qu’ils reçoivent, les enjoignant à cesser toute collaboration avec la PBR en conformité avec la ligne conduite par la mairie de Clamart. Les professeurs ont évidemment peur qu’on leur sucre leur classe découverte annuelle, alors forcément ils se résignent : ce sera sans les kamishibaï et les beaux livres de la PBR.
Nous ne savons évidemment pas qui est à l’origine de ces pressions et qui les exerce. Simplement, nous les relevons et nous les dénonçons avec vigueur.
Nous avons néanmoins la preuve irréfutable - car écrite et en notre possession - que la direction de l’Education de Clamart demande ouvertement, sans équivoque, aux centres de loisir de la commune d’éviter toute activité pédagogique avec des enfants au sein de la PBR, pour la simple raison que la ville de Clamart a également coupé les ponts avec la bibliothèque.
Pourtant, la bibliothèque pour enfants est OUVERTE et accueille chaque jour de jeunes lecteurs. Elle est soutenue par le ministère de la Culture qui a renouvelé sa subvention annuelle. Le bâtiment a fait l’objet de deux diagnostics amiante de sociétés agréées par l’Etat qui concluent de manière unanime qu’il ne réside aucun danger immédiat dans l’occupation des locaux. La PBR a reçu un avis favorable d’ouverture au public de la commission communale de sécurité en juin dernier.
Malgré tout, la mairie de Clamart a décidé de ne plus mentionner la PBR dans son journal municipal, de ne plus relayer la moindre de ses activités et d’enjoindre des structures pédagogiques à couper les ponts avec la PBR. La directive de la direction de l’Education clamartoise dont nous avons pris connaissance date de cette année. De 2017. C’est donc très récent. Trop récent.
Voilà pourquoi nous allons de nouveau intensifier notre combat. Parce qu’en tant que citoyens, nous n’avons pas d’autre alternative. Si les pouvoirs publics se terrent dans le silence, c’est à nous de dénoncer tout manque de volonté manifeste et de briser toute forme d’omerta.
Article publié aujourd'hui sur le site du collectif :
http://soutienpbr.com/manquedevolonte/
Toute notre chaleureuse reconnaissance ira à celles et ceux qui pourront relayer et continuer à soutenir le combat citoyen que nous menons pour le livre et la jeunesse, et que la PBR mène admirablement en premier lieu, "au front", en restant chaque jour en activité.
D'avance, merci !
Bien cordialement,
Le Collectif
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