La Justice ne doit pas considérer Mila comme un objet

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A Monsieur le Procureur de la République,

A Mesdames et Messieurs les magistrats du Tribunal de Grande Instance de Clermont-Ferrand,

A Mesdames et Messieurs les députés et les sénateurs du Puy-de-Dôme.

Condamner Elodie, c’est condamner Mila...

Le 13 novembre 2019, Elodie comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand. Elle est accusée d’avoir «volé», en 2017, Mila, une petite chienne épagneul âgée à l’époque d’un peu plus d’un an.

Pendant la première année de sa vie, Mila a vécu d’abord à l’attache, puis dans une cage. Comme elle gémissait et hurlait sa détresse et sa solitude, ses détenteurs l’avaient équipée d’un collier électrique très puissant censé mettre un terme à ses aboiements. Ce statut particulier venait du fait qu’on la considérait comme un «chien de chasse» (alors qu’elle n’a à ce jour jamais chassé) et qu’à ce titre elle devait être isolée et ne recevoir aucun des traitements que l’on a coutume d’accorder à un animal de compagnie auquel l’on tient !

Le 24 décembre 2017, alors qu’une tempête de neige faisait rage, Mila a réussi à s’échapper. Elle a été recueillie, trempée et tremblante de froid, par Elodie qui se trouvait ce jour-là chez ses parents, voisins des détenteurs de Mila.

Ceux-ci s’étaient absentés pour la durée des fêtes de fin d’année, laissant la chienne seule dans sa cage. Après l’avoir recueillie, séchée et nourrie, Elodie leur téléphonait pour les informer qu’elle gardait la chienne jusqu’à leur retour.

Puis, constatant que Mila était condamnée à retrouver sa cage et son désespoir si elle retournait chez eux, Elodie leur proposait que la chienne lui soit cédée. Ils refusaient, et déposaient une plainte pour vol.

Un vol est la «soustraction frauduleuse d’un bien». Or, il n’y a pas eu de «soustraction frauduleuse», et si un chien est un bien, c’est surtout un être vivant et sensible, doté d’émotions, accessible à l’attachement, la tristesse... Et innocent !

Depuis plus d’un an et demi, Mila est un chien heureux.

En juin, une juridiction civile a condamné Elodie à restituer la chienne. Elle a fait appel. En novembre, le tribunal correctionnel rendra son jugement.

Mila n’est pas un objet. L'association La Griffe soutient Elodie et demande au tribunal de voir en Mila un «être sensible», comme cela est précisé dans les codes pénal, rural et civil. 
 
Condamner Elodie, ce serait condamner Mila. La première n’est coupable que de compassion. La seconde est innocente !

Soutenir Elodie et Mila, c’est aider les centaines de milliers de chiens qui, en France, sont détenus dans des conditions inacceptables, parce que les lois en vigueur le permettent !

Mila ne doit pas retourner dans sa prison !