La jeunesse malgache vient de renverser un dictateur. Ne la punissez pas pour cela.


La jeunesse malgache vient de renverser un dictateur. Ne la punissez pas pour cela.
The Issue
[for the english version of this petition, please visit https://medium.com/malagasy-ink/madagascars-youth-just-overthrew-a-dictator-don-t-punish-them-for-it-92c2f622346e ]
En trois semaines, un soulèvement populaire a balayé Madagascar. Ce qui débuta par des protestations contre les pénuries d’eau et d’électricité devint une exigence collective de dignité. Le 12 octobre, sans bain de sang, la jeunesse malgache convainquit l’armée de changer de camp. Le président Andry Rajoelina prit la fuite.
Ce ne fut pas un coup d’État. Ce fut une révolution, le peuple reprit son destin en main.
La Génération Z mena l’assaut — organisée, déterminée, rapide. Les réseaux sociaux amplifièrent ce que le régime ne vit pas venir. Leurs revendications dépassaient les infrastructures défaillantes : elles réclamaient un avenir confisqué par des décennies de promesses trahies.
M. Rajoelina incarnait cette imposture. Arrivé au pouvoir par la force en 2009, réélu dans des scrutins contestés en 2018 et 2023, il promit de transformer Madagascar en économie émergente. Le résultat ? Quatre-vingts pour cent de la population vit avec moins de trois dollars par jour. Les enseignants attendent leurs salaires depuis des mois. Le réseau routier s’est dégradé au-delà de son état de 1960. Pendant ce temps, son entourage amassait des fortunes pendant que les hôpitaux manquaient de médicaments.
Madagascar n’a pas besoin d’un retour à l’ordre ancien. Elle exige une refondation démocratique. La jeunesse l’a formulé clairement : un gouvernement de transition incluant la société civile, des réformes constitutionnelles contre les dérives autoritaires, des mécanismes transparents pour stopper et pénaliser la corruption.
Or, la réponse internationale menace de gâcher cette opportunité. L’Union africaine a imposé des sanctions automatiques, sans distinguer les juntes militaires des soulèvements populaires. Elle défend un ordre constitutionnel que M. Rajoelina violait impunément, tout en punissant ceux qui osèrent le tenir responsable.
Quelle ironie : lorsque les institutions sont corrompues, leur préservation perpétue l’injustice. Cette diplomatie du statu quo — qui privilégie la stabilité de façade à la justice réelle — alimente la colère d’une génération. Les jeunes Africains voient désormais les institutions internationales comme les gardiennes d’un ordre révolu, davantage soucieuses de géopolitique que de démocratie véritable.
Le choix est simple : soutenir une jeunesse qui bâtit son avenir, ou protéger le système qui l’a sacrifiée.
La jeunesse malgache a fait sa part. Elle s'est organisée, mobilisée et a tout risqué pour reprendre son avenir en main. Il revient désormais au monde de prouver qu'il était sincère lorsqu'il affirmait soutenir la démocratie et la dignité humaine. La révolution a réussi. Ce qui vient ensuite dépendra du courage de la communauté internationale à l'accompagner.
Par
Soamiely Andriamananjara (écrivain)
Fanja Andriamanantena (artiste)
Jean Andrianaivo Ravelona (peintre)
Gad Bensalem (comédien, metteur en scène)
Hjn Andrianasolo (écrivain)
Hemerson Andrianetrazafy (peintre, ecrivain , musicien)
Hobiana Poeta Mpanoratra Andrianimerina (écrivain)
Nantenaina Lova (cinéaste, producteur, réalisateur)
Ny R. Fidimanantsoa (écrivain/musicien)
Raharimanana (écrivain)
Norbert Eugene Rakotomahafaly (RANOE) (écrivain)
Michele Rakotoson (écrivain)
Tiana Raparivo (peintre)
Nalisoa Ravalitera (écrivain)
Johary Ravaloson(écrivain)
Mialy Ravelomanana (écrivain)
Vanf Nasolo-Valiavo (journaliste chroniqueur)

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The Issue
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En trois semaines, un soulèvement populaire a balayé Madagascar. Ce qui débuta par des protestations contre les pénuries d’eau et d’électricité devint une exigence collective de dignité. Le 12 octobre, sans bain de sang, la jeunesse malgache convainquit l’armée de changer de camp. Le président Andry Rajoelina prit la fuite.
Ce ne fut pas un coup d’État. Ce fut une révolution, le peuple reprit son destin en main.
La Génération Z mena l’assaut — organisée, déterminée, rapide. Les réseaux sociaux amplifièrent ce que le régime ne vit pas venir. Leurs revendications dépassaient les infrastructures défaillantes : elles réclamaient un avenir confisqué par des décennies de promesses trahies.
M. Rajoelina incarnait cette imposture. Arrivé au pouvoir par la force en 2009, réélu dans des scrutins contestés en 2018 et 2023, il promit de transformer Madagascar en économie émergente. Le résultat ? Quatre-vingts pour cent de la population vit avec moins de trois dollars par jour. Les enseignants attendent leurs salaires depuis des mois. Le réseau routier s’est dégradé au-delà de son état de 1960. Pendant ce temps, son entourage amassait des fortunes pendant que les hôpitaux manquaient de médicaments.
Madagascar n’a pas besoin d’un retour à l’ordre ancien. Elle exige une refondation démocratique. La jeunesse l’a formulé clairement : un gouvernement de transition incluant la société civile, des réformes constitutionnelles contre les dérives autoritaires, des mécanismes transparents pour stopper et pénaliser la corruption.
Or, la réponse internationale menace de gâcher cette opportunité. L’Union africaine a imposé des sanctions automatiques, sans distinguer les juntes militaires des soulèvements populaires. Elle défend un ordre constitutionnel que M. Rajoelina violait impunément, tout en punissant ceux qui osèrent le tenir responsable.
Quelle ironie : lorsque les institutions sont corrompues, leur préservation perpétue l’injustice. Cette diplomatie du statu quo — qui privilégie la stabilité de façade à la justice réelle — alimente la colère d’une génération. Les jeunes Africains voient désormais les institutions internationales comme les gardiennes d’un ordre révolu, davantage soucieuses de géopolitique que de démocratie véritable.
Le choix est simple : soutenir une jeunesse qui bâtit son avenir, ou protéger le système qui l’a sacrifiée.
La jeunesse malgache a fait sa part. Elle s'est organisée, mobilisée et a tout risqué pour reprendre son avenir en main. Il revient désormais au monde de prouver qu'il était sincère lorsqu'il affirmait soutenir la démocratie et la dignité humaine. La révolution a réussi. Ce qui vient ensuite dépendra du courage de la communauté internationale à l'accompagner.
Par
Soamiely Andriamananjara (écrivain)
Fanja Andriamanantena (artiste)
Jean Andrianaivo Ravelona (peintre)
Gad Bensalem (comédien, metteur en scène)
Hjn Andrianasolo (écrivain)
Hemerson Andrianetrazafy (peintre, ecrivain , musicien)
Hobiana Poeta Mpanoratra Andrianimerina (écrivain)
Nantenaina Lova (cinéaste, producteur, réalisateur)
Ny R. Fidimanantsoa (écrivain/musicien)
Raharimanana (écrivain)
Norbert Eugene Rakotomahafaly (RANOE) (écrivain)
Michele Rakotoson (écrivain)
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Petition created on October 19, 2025