L'Université ne mérite pas ça - Appel de l'Université Toulouse - Jean Jaurès

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Nous, étudiants, personnels administratifs et techniques, enseignants et enseignants-chercheurs de l’Université Toulouse - Jean Jaurès dénonçons la pétition mise en ligne le 11 avril 2018 appelant à demi-mot à la violence policière envers des étudiants et personnels de notre Etablissement. Cette pétition, consultable ici, est une honte !

Nous sommes mobilisés depuis de longues semaines contre les projets qui menacent l’idéal d’une Université française accessible à toutes et tous : projet de fusion UNITI actuellement gelé, loi ORE et Plan Etudiant.

Tandis que nous nous exprimons et défendons nos arguments publiquement en Assemblée Générale, à visage découvert, en donnant nos noms, départements d’études ou postes de travail, les rédacteurs de la lettre ouverte/pétition ont fait le choix de l’anonymat.

Tout en prétendant se réjouir de l’existence des franchises universitaires, ils exigent de la ministre qu’elle « agisse avec le pouvoir et l’autorité qui sont les siens ». Nous savons tous ce que cela veut dire : l’envoi des forces de l’ordre contre leurs propres collègues et leurs propres étudiants. La violence policière est bien connue, tout comme l’illustrent les évacuations plus que musclées des sites universitaires de Bordeaux, Nanterre, Lille, Strasbourg, la Sorbonne.

Nous appelons à signer massivement cette « contre pétition » afin que ce genre d’initiative cesse et que les forces de police restent en dehors des universités.

 

Quel est le contexte ?

Rappelons ici que le blocage total de l’université n’a été adopté le 6 mars dernier qu’avec le soutien des opposants au blocage jusqu’alors limité à la Maison de la Recherche. En espérant jouer le pourrissement, ils ont de fait largement provoqué la situation actuelle.

D’autre part, nous ne sommes pas un ramassis de « nihilistes » irresponsables. Nous sommes pleinement conscients de toutes les difficultés qu’engendre le blocage du site. Nous sommes toutefois encore plus informés et alertés sur les enjeux des réformes en cours, et sur  l’avenir qu’elles dessinent pour l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, et plus largement pour l’ensemble des services publics.

Si les rédacteurs et signataires de la pétition semblent incapables de percevoir les liens entre « des luttes diverses » qu’ils jugent « parfois très éloignées », nous sommes au contraire bien conscients de défendre les valeurs d’égalité et de progrès social de la République mises à mal par :

  • la réforme du baccalauréat, diplôme qui ne garantira plus un accès universel à l’Enseignement Supérieur. Son contenu ne sera également plus commun à l’échelle nationale mais modulé selon les établissements du secondaire ;
  • la sélection à l’entrée à l’université instaurée par la loi ORE et Parcoursup, et l’augmentation prévisible des frais d’inscription (comme l’expérimente actuellement l’Université de Nice – anciennement présidée par la Ministre Frédérique Vidal – avec 3 Masters passés à 4000€), qui vont exclure nombre de lycéens fragiles des études supérieures ;
  • les coupes budgétaires dans les domaines de l’éducation, la santé, la justice et la culture, qui sont autant d’attaques envers notre modèle social. Depuis une décennie, la stagnation des budgets de l’enseignement supérieur corrélée à l’augmentation du  nombre d’étudiants provoque mécaniquement une baisse de la dotation par étudiant.

Il n’est pas nécessaire d’être « anticapitaliste » ou « insoumis » pour combattre et  résister à la destruction insidieuse de tout ce qui contribue encore à l’ascension sociale de tous.

Le collectif des personnels mobilisés de l'UT2J

sources :
Blog de Thomas Piketty - Budget 2018: la jeunesse sacrifiée

Les Masters payants de Nice

Mode d'emploi critique de Parcoursup



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