Légaliser la pratique de la planche à roulettes sur la Place d'Youville à Québec


Légaliser la pratique de la planche à roulettes sur la Place d'Youville à Québec
Le problème
Considérant que,
- la ville de Québec est toujours en état d’arrêt sur le plan économique, plus spécifiquement touristique ;
- la pratique de la planche à roulettes participe à la revitalisation des espaces publics en les valorisant par d’autres moyens que la rentabilité économique ;
- les installations prévues à cet effet sont actuellement incapables de pourvoir à la demande d’espaces pour la population grandissante des planchistes ;
- l’aménagement d’un périmètre et d’un horaire de pratique de la planche à roulettes ne requiert pas de dépense majeure de la part de l’administration municipale ;
- donner droit à un tel projet serait l’occasion pour l’administration municipale de faire la démonstration qu’elle est à l’écoute des demandes citoyennes en matière d’aménagement des espaces publics ;
Nous demandons que :
- la pratique de la planche à roulettes soit légalisée sur la totalité de l’espace de la place d’Youville ;
- un horaire soit aménagé, notamment afin d’éviter toute plainte de la part des habitants ou des commerçants
- une consultation soit lancée avec pour objet la répartition des espaces dédiés à la pratique de la planche à roulettes sur le territoire de la ville de Québec.
Détails de la pétition :
La pandémie actuellement en cours et le confinement qui y répond ont forcé un ralentissement des activités économiques, tout particulièrement touristiques, dans la ville de Québec.
Considérant que la quasi totalité des activités prévues cet été sur la Place d’Youville (FEQ, FMDM, FCVQ, etc.) vont vraisemblablement demeurer annulées, il nous semble que le contexte est propice à une reconsidération du rapport de l’administration municipale et des services de police à la pratique du skateboard sur cette place. En effet, alors que certains y voient une nuisance, il nous semble au contraire que la planche à roulettes et sa « culture » sont partie intégrante de la Place d’Youville, riche en histoire populaire (sur des territoires amérindiens non-cédés s’est d’abord installé un marché, mais rapidement le lieu politique : en effet, c’est sur l’espace présentement occupé par la « Place d’Youville » qu’avaient eu lieu les émeutes contre la conscription lors de la Première Guerre mondiale). Nous aimerions maintenir vivant cet esprit politique et citoyen de la place. Il est vrai que les différents festivals qui se produisent sur ce lieu contribuent à donner vie à l’endroit, mais en dehors de ces moments estivaux, ce lieu est surtout un point de rassemblement et de camaraderie pour les planchistes de la ville : certains y font leurs débuts, d’autres parfont leurs techniques.
L’interdiction de la pratique du skateboard sur cette place hors des périodes de festival nous semble une injustice flagrante: il suffit de parler avec n’importe lequel des « spectateurs » qui s’assemblent lors des beaux jours pour admirer les prouesses des planchistes afin de conclure qu’il s’agit là d’une réappropriation de l’espace public par et pour les citoyens.
Il nous semble ainsi que l’interdiction de pratiquer le skate sur la place d’Youville est une forme - comme il y en a tant d’autres dans notre société - de divorce radical entre la justice et le droit écrit. Autrement dit, nous considérons comme juste que les planchistes exercent leur droit, comme tout citoyen, d’exprimer leur forme artistique (que certains voudront cantonner à un sport comme un autre) selon leurs critères propres, c’est-à-dire conformément à ce qu’on appelle aussi en philosophie, leur « autonomie ». Nous revendiquons le droit pour les planchistes à occuper cette place où leur pratique peut non seulement s’accomplir dans le respect des consignes de la santé publique (distance de 2m entre chaque usager), mais aussi - et cela est essentiel pour nous - afin de rendre un peu de vie à une ville qui souffre beaucoup de l’absence de ce sur quoi elle a construit le quartier du Vieux-Québec: le tourisme.
Certains pourraient mentionner que les planchistes disposent déjà d’installations prévues à cet effet (par exemple le Plaza du parc Victoria, en basse ville) ; mais la population de planchiste de la ville de Québec ne saurait être contenue dans un espace si restreint, notamment en temps de pandémie quand il est impératif de respecter les mesures de distanciation physique. Il existe selon nous une disproportion entre le nombre de planchistes dans la ville de Québec et le nombre d’installations (compte tenu de leur capacité) adaptées à cette pratique.
La pratique du skate sur la Place d’Youville nous semble être une forme d’expression citoyenne que les élu.e.s devraient chérir et non pas réprimander comme c’est actuellement le cas. Il nous semble aussi qu’il serait tout à fait imaginable de constituer un compromis avec les commerces et services environnants la place afin de s’assurer que la pratique du skate se déroule dans le respect. Il serait d’ailleurs possible de citer de nombreux exemples d’accommodement entre entités politiques municipales et planchistes autour de la question du partage de l’espace public à travers le monde : MACBA à Barcelone ; la ville de Bordeaux (dans son entièreté) ; Malmö en Suède ; et plus près de nous, à Montréal, la « Place de la paix » - qui a fait l’objet d’un documentaire sur le rapport entre planchistes, « habitués de la place », l’administration municipale et les services de police - propose un exemple fécond de coopération entre les différents groupes d’intérêts : la planche à roulettes est maintenant légale sur la Place de la Paix et sur les pistes cyclables de Montréal, moyennant un horaire de pratique fixe, permettant d’éviter les désagréments et les nuisances nocturnes.
L’exemple montréalais nous semble particulièrement probant, notamment parce que les négociations entre les différents groupes d’intérêts ont abouti à un compromis qui nous paraît raisonnable: des heures de pratiques autorisées ont été établies afin d’encadrer la pratique. Nous souhaiterions donc qu’à Québec, la pratique de la planche à roulettes soit légalisée sur la Place d’Youville, et ce, dans la mesure où les planchistes respectent les horaires qui seraient fixés.
Nous croyons que si l’exercice de la planche est légalisé sur la Place d’Youville, il deviendra possible d’envisager cette pratique non plus simplement comme un désagrément ou une source de vandalisme, mais comme une communauté culturelle riche et accueillante de toute personne.
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Le problème
Considérant que,
- la ville de Québec est toujours en état d’arrêt sur le plan économique, plus spécifiquement touristique ;
- la pratique de la planche à roulettes participe à la revitalisation des espaces publics en les valorisant par d’autres moyens que la rentabilité économique ;
- les installations prévues à cet effet sont actuellement incapables de pourvoir à la demande d’espaces pour la population grandissante des planchistes ;
- l’aménagement d’un périmètre et d’un horaire de pratique de la planche à roulettes ne requiert pas de dépense majeure de la part de l’administration municipale ;
- donner droit à un tel projet serait l’occasion pour l’administration municipale de faire la démonstration qu’elle est à l’écoute des demandes citoyennes en matière d’aménagement des espaces publics ;
Nous demandons que :
- la pratique de la planche à roulettes soit légalisée sur la totalité de l’espace de la place d’Youville ;
- un horaire soit aménagé, notamment afin d’éviter toute plainte de la part des habitants ou des commerçants
- une consultation soit lancée avec pour objet la répartition des espaces dédiés à la pratique de la planche à roulettes sur le territoire de la ville de Québec.
Détails de la pétition :
La pandémie actuellement en cours et le confinement qui y répond ont forcé un ralentissement des activités économiques, tout particulièrement touristiques, dans la ville de Québec.
Considérant que la quasi totalité des activités prévues cet été sur la Place d’Youville (FEQ, FMDM, FCVQ, etc.) vont vraisemblablement demeurer annulées, il nous semble que le contexte est propice à une reconsidération du rapport de l’administration municipale et des services de police à la pratique du skateboard sur cette place. En effet, alors que certains y voient une nuisance, il nous semble au contraire que la planche à roulettes et sa « culture » sont partie intégrante de la Place d’Youville, riche en histoire populaire (sur des territoires amérindiens non-cédés s’est d’abord installé un marché, mais rapidement le lieu politique : en effet, c’est sur l’espace présentement occupé par la « Place d’Youville » qu’avaient eu lieu les émeutes contre la conscription lors de la Première Guerre mondiale). Nous aimerions maintenir vivant cet esprit politique et citoyen de la place. Il est vrai que les différents festivals qui se produisent sur ce lieu contribuent à donner vie à l’endroit, mais en dehors de ces moments estivaux, ce lieu est surtout un point de rassemblement et de camaraderie pour les planchistes de la ville : certains y font leurs débuts, d’autres parfont leurs techniques.
L’interdiction de la pratique du skateboard sur cette place hors des périodes de festival nous semble une injustice flagrante: il suffit de parler avec n’importe lequel des « spectateurs » qui s’assemblent lors des beaux jours pour admirer les prouesses des planchistes afin de conclure qu’il s’agit là d’une réappropriation de l’espace public par et pour les citoyens.
Il nous semble ainsi que l’interdiction de pratiquer le skate sur la place d’Youville est une forme - comme il y en a tant d’autres dans notre société - de divorce radical entre la justice et le droit écrit. Autrement dit, nous considérons comme juste que les planchistes exercent leur droit, comme tout citoyen, d’exprimer leur forme artistique (que certains voudront cantonner à un sport comme un autre) selon leurs critères propres, c’est-à-dire conformément à ce qu’on appelle aussi en philosophie, leur « autonomie ». Nous revendiquons le droit pour les planchistes à occuper cette place où leur pratique peut non seulement s’accomplir dans le respect des consignes de la santé publique (distance de 2m entre chaque usager), mais aussi - et cela est essentiel pour nous - afin de rendre un peu de vie à une ville qui souffre beaucoup de l’absence de ce sur quoi elle a construit le quartier du Vieux-Québec: le tourisme.
Certains pourraient mentionner que les planchistes disposent déjà d’installations prévues à cet effet (par exemple le Plaza du parc Victoria, en basse ville) ; mais la population de planchiste de la ville de Québec ne saurait être contenue dans un espace si restreint, notamment en temps de pandémie quand il est impératif de respecter les mesures de distanciation physique. Il existe selon nous une disproportion entre le nombre de planchistes dans la ville de Québec et le nombre d’installations (compte tenu de leur capacité) adaptées à cette pratique.
La pratique du skate sur la Place d’Youville nous semble être une forme d’expression citoyenne que les élu.e.s devraient chérir et non pas réprimander comme c’est actuellement le cas. Il nous semble aussi qu’il serait tout à fait imaginable de constituer un compromis avec les commerces et services environnants la place afin de s’assurer que la pratique du skate se déroule dans le respect. Il serait d’ailleurs possible de citer de nombreux exemples d’accommodement entre entités politiques municipales et planchistes autour de la question du partage de l’espace public à travers le monde : MACBA à Barcelone ; la ville de Bordeaux (dans son entièreté) ; Malmö en Suède ; et plus près de nous, à Montréal, la « Place de la paix » - qui a fait l’objet d’un documentaire sur le rapport entre planchistes, « habitués de la place », l’administration municipale et les services de police - propose un exemple fécond de coopération entre les différents groupes d’intérêts : la planche à roulettes est maintenant légale sur la Place de la Paix et sur les pistes cyclables de Montréal, moyennant un horaire de pratique fixe, permettant d’éviter les désagréments et les nuisances nocturnes.
L’exemple montréalais nous semble particulièrement probant, notamment parce que les négociations entre les différents groupes d’intérêts ont abouti à un compromis qui nous paraît raisonnable: des heures de pratiques autorisées ont été établies afin d’encadrer la pratique. Nous souhaiterions donc qu’à Québec, la pratique de la planche à roulettes soit légalisée sur la Place d’Youville, et ce, dans la mesure où les planchistes respectent les horaires qui seraient fixés.
Nous croyons que si l’exercice de la planche est légalisé sur la Place d’Youville, il deviendra possible d’envisager cette pratique non plus simplement comme un désagrément ou une source de vandalisme, mais comme une communauté culturelle riche et accueillante de toute personne.
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Pétition lancée le 17 juin 2020