Kinésithérapie : ne rationnez pas des soins qui génèrent des économies pour notre système

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Le problème

L'Assurance Maladie envisage de plafonner le nombre de séances de kinésithérapie remboursées, d'en réduire le tarif au-delà d'un certain seuil et de restreindre la liste des soins pris en charge.

Concrètement : après une opération, un accident, un AVC, une lombalgie qui vous cloue au lit, vos séances pourraient s'arrêter non pas quand vous serez guéri, mais quand un compteur l'aura décidé.

Nous demandons que ce projet soit abandonné et qu’une véritable réflexion sur les économies que le système peut réaliser grâce à la kinésithérapie soit menée.

Ce que l'on ne vous dit pas

Vous payez déjà plus de votre poche. En kinésithérapie, le reste à charge des patients atteint 17,7 %, contre 7,7 % pour l'ensemble des soins, soit plus du double. Et la part remboursée diminue d'année en année. Le désengagement a déjà commencé.

Le prix des séances n'a pas dérapé. En dix ans, le tarif d'un acte de kinésithérapie a perdu 15 % de sa valeur réelle. Si la dépense augmente, ce n'est pas parce que les soins coûtent plus cher : c'est parce que la population vieillit et que les besoins explosent. L'Assurance Maladie prévoit elle-même que 44 % des Français vivront avec une maladie chronique en 2035, et que 2,5 millions connaîtront une perte d'autonomie.

Le vrai gaspillage, ce sont les soins qui ne sont pas délivrés. Près d'une lombalgie sur deux ne bénéficie d'aucune kinésithérapie. Entre 85 et 90 % des malades atteints de BPCO n'accèdent jamais à la réhabilitation respiratoire. Deux tiers des personnes âgées à risque de chute ne sont pas prises en charge alors que l’on constate deux millions de chutes chaque année, dont 450 000 graves.

Ces soins non délivrés coûtent des milliards. Une étude médico-économique indépendante chiffre à 14 milliards d'euros par an les économies qu'un accès plus précoce à la kinésithérapie permettrait à la société, dont 6,5 milliards pour l'Assurance Maladie. Soit davantage que ce que la kinésithérapie ne lui coûte actuellement.

Une séance qui évite une chute, une hospitalisation, un arrêt de travail ou une entrée en EHPAD n'est pas une dépense. C'est un investissement qui permet de générer une économie significative.

Ce que nous demandons

  • Renoncer au rationnement des soins envisagés. La pertinence d'un traitement doit être déterminée par l'état du patient, pas par un quota.
  • Ne pas augmenter le reste à charge des patients. La kinésithérapie est déjà l'un des soins les moins bien remboursés : aucun transfert supplémentaire vers les familles ou les mutuelles.
  • Mesurer les besoins avant de réguler. Aucune étude publique n'établit aujourd'hui combien de kinésithérapeutes sont nécessaires pour soigner la population française. On ne peut pas décider qu'ils sont trop nombreux sans l'avoir calculé.
  • Généraliser l'accès direct. Aux Pays-Bas depuis 2006, en Belgique depuis cette année, les patients peuvent consulter un kinésithérapeute sans passer par une ordonnance. Résultat : des soins plus précoces, moins d'examens inutiles, des économies massives. La France doit franchir le pas.
  • Évaluer ce que la kinésithérapie peut faire économiser et mettre en place le cadre d’exercice permettant de réaliser ces économies. Chutes évitées, hospitalisations évitées, dépendance retardée : aucune décision budgétaire ne devrait être prise sans avoir mis ces chiffres sur la table.

Signez

Vous êtes patient, aidant, parent d'un enfant suivi, sportif blessé, salarié en arrêt, proche d'une personne âgée. Vous êtes kinésithérapeute, médecin, infirmier, soignant. Ce qui se décide aujourd'hui déterminera l'accès aux soins de rééducation pour les dix années à venir.

Nous ne demandons pas plus d'argent. Nous demandons que l'on cesse de compter les euros dépensés sans jamais compter ceux que l'on aurait pu éviter de dépenser.

Faire des économies grâce à la kinésithérapie, et non sur la kinésithérapie.

À l'initiative du Syndicat de kinésithérapeutes Alizé.

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Syndicat ALIZÉLanceur de pétition

Les décisionnaires

Thomas FATÔME
Thomas FATÔME
Directeur Général de l'Assurance maladie

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