Actualización de la peticiónKijiji Canada: interdisez la vente des animaux domestiquesQuand le ministre ferme les yeux
Barbara La PointeMontreal, Canadá
9 jul 2025

Après la tournée de consultations sur les animaux de compagnie, l'annonce du ministre de l'Agriculture n'a eu AUCUNE couverture médiatique. Voici mon analyse et mes commentaires. Partagez !

La tournée nationale de consultations sur le bien-être des animaux de compagnie (mai-septembre 2023) a fait émerger un consensus quasi-unanime parmi les experts du domaine animalier, à savoir: l'obligation d'obtenir un permis dès qu'il y a activité commerciale d'élevage, quel que soit le nombre d'animaux; renforcer les conditions d'obtention et de renouvellement des permis; et réviser la gradation des sanctions pour les éleveurs contrevenants.

Paradoxalement, le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) M. André Lamontagne ferme les yeux sur les attentes des experts. Bien qu'il affirme que ses initiatives découlent des consultations menées, sa feuille de route Tous engagés pour le bien-être des animaux de compagnie publiée en avril 2025 ne reflète aucunement ces recommandations.

Il est incompréhensible qu'au Québec, seuls les propriétaires ou gardiens de 15 chats ou chiens et plus dans le cadre d’activités commerciales de reproduction ou d’élevage doivent subir une inspection annuelle et obtenir un permis délivré par la province.

Comment justifier que la nourriture pour animaux, le bien-être animal, l'importation et l'exportation d'animaux de compagnie, les services vétérinaires et l'assurance pour animaux soient tous réglementés, alors que la principale source de compagnons des familles québécoises — les éleveurs — échappe encore à un encadrement approprié?

Rappelons que plus de la moitié des ménages québécois (52%) possèdent un chat ou un chien selon l'Association des médecins vétérinaires du Québec. Le bien-être animal n'est pas une préoccupation marginale, mais un enjeu social et économique qui touche directement notre société. Au Québec, le marché des animaux de compagnie représente 1,1 milliard de dollars sur un total canadien de 6 milliards, soit près du cinquième de toutes les dépenses nationales consacrées aux animaux de compagnie. Ces chiffres témoignent du poids économique considérable de cette industrie dans notre Belle Province.

Trop d'animaux vendus souffrent de problèmes de santé liés à des conditions de reproduction et d'élevage déficientes. Les conséquences sont lourdes : frais vétérinaires imprévus, stress familial et même impact sur la productivité professionnelle. Un sondage australien l'illustre clairement : 77% des propriétaires d'animaux estiment que leur productivité au travail est affectée par la maladie de leur compagnon, et que 55% seraient prêts à mentir pour rester à la maison afin de s'occuper de leur animal malade.

L'instauration de permis gouvernementaux pour tous les éleveurs d'animaux de compagnie sert plusieurs objectifs critiques : elle protège les Québécois lors de l'achat d'animaux, améliore les normes de bien-être animal, et garantit que ces entreprises contribuent équitablement aux revenus provinciaux. L'importance économique de ce secteur est substantielle — un sondage de 2021 par l'Association des médecins vétérinaires du Québec a révélé que le prix d'achat pour un chien était en moyenne de 1 313 $.

Les permis délivrés aux éleveurs ne garantissent pas un travail exemplaire de la part des éleveurs, mais ils protègent les acheteurs, puisqu’il est plus facile de retracer les éleveurs en cas de problèmes. Un tel permis oblige aussi les éleveurs à faire des choix responsables et à respecter des normes de conduite envers leurs animaux, tout en permettant les inspections ou même l’imposition de sanctions par le gouvernement. Il est donc primordial que les permis d'éleveurs d’animaux de compagnie deviennent un gage de la sécurité, du bien-être et de la santé des animaux qui sont vendus.

Le Nouveau-Brunswick qui exige un permis pour les éleveurs de chats et de chiens, comme le Québec, va plus loin en imposant cette obligation à TOUS les établissements qui élèvent ou hébergent des animaux de compagnie, sans seuil minimal. Pourquoi le Québec ne pourrait-il pas en faire autant?

Détecter les éleveurs sans permis représente un défi considérable. Plutôt que de dénicher ces éleveurs aux quatre coins de la province, une approche plus efficace consiste à mettre en place un système où ils doivent s'identifier par le biais d'exigences publicitaires obligatoires. Puisque l'objectif premier de tout éleveur est ultimement de vendre ses animaux, ce point de levier crée une pression naturelle de conformité sur le marché.

En exigeant que tous les éleveurs affichent leur nom et leur numéro de permis dans toutes les annonces — comme le Nouveau-Brunswick l'a mis en œuvre avec succès — nous créons une responsabilité claire. Ce cadre alliant permis et publicité crée une voie transparente qui mène naturellement à des mesures d'application contre les opérations non conformes.

Le bien-être des animaux de compagnie est indissociable du bien-être et de l'économie des Québécois. Nos compagnons à quatre pattes sont présents dans plus de la moitié de nos foyers, influencent notre productivité professionnelle et génèrent une activité économique substantielle.

Face à cette réalité incontournable, j'exhorte le ministre de l'Agriculture à revoir sa position. Il est impératif d'intégrer à sa stratégie trois mesures essentielles : l'instauration d'un système de permis obligatoire pour tous les éleveurs commerciaux sans exception, l'établissement de conditions d'obtention et de renouvellement de permis véritablement rigoureuses, et la révision de la gradation des sanctions pour les éleveurs contrevenants.

Barbara Lapointe, bibliothécaire militant pour le bien-être animal et la protection des consommateurs depuis 2013.

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Sources:

Animaux de compagnie (anciennement PIJAC Canada), « Information des membres relative à la loi 14 du Québec »,  2025. En ligne.

Association des médecins vétérinaires du Québec (AMVQ) en pratique des petits animaux, « La popularité des chats et des chiens ne fléchit pas au Québec », 13 décembre 2023. En ligne

Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, « Bien-être des animaux de compagnie - Le ministre Lamontagne annonce 8 millions de dollars pour l'ajout d'inspecteurs et la tenue d'une tournée de consultations », 11 avril 2023. En ligne.

Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, « Résumé des rencontres dans le cadre de la tournée nationale des partenaires sur le bien-être des animaux de compagnie »,  21 mars 2024. En ligne.

Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, « 1,2 M$ supplémentaires pour le bien-être des animaux de compagnie, Tous engagés pour le bien-être des animaux de compagnie », 11 avril 2025.  En ligne. 

Tarbert, Kristine, « More than half of Aussie pet owners would lie to their employer to care for their sick pet at home », 9Honey, 2022. En ligne.

 

 

 

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