

Monsieur Macron, Président de la République,
La justice condamne, mais ne rend pas la vie
Raphaël, enfant lourdement handicapé m'a été confié à l'âge de 20 jours et jusqu'à ses 18 ans, chez moi, alors que j'étais assistante familiale pour l’ASE.
Puis, à sa majorité, il m'a été enlevé brusquement par l'aide sociale à l'enfance (Conseil Général de l'Aveyron).
Pendant plus de six ans, je me suis battue car je le savais maltraité et isolé. Je me suis adressé aux Présidents de la République successifs (Hollande, Macron), mais aussi aux préfet, procureur de la République, gendarmes, au commissariat de police de Millau, aux hommes politiques de tout bord, ARS, à la presse, tout ce beau monde, peu enclin à sauver un handicapé...
Depuis toujours, l’aide sociale a l’enfance (DDASS) qui gérait Raphaël a été méprisante à mon égard, il n’y a jamais eu aucun dialogue, si ce n’est un rapport dominant/dominé envers moi. Ils n’ont jamais pris en compte l’handicap de Raphaël, et avaient beaucoup de mal à financer les dépenses relatives à son bien être. Raphaël a toujours été laissé pour compte sur le plan médical etc... L’ASE décidait tout en catimini pour lui, sans m’en parler et sans tenir compte de sa personne.
Dans sa petite enfance, à six ans, l’ASE a placé Raphaël à l’IME de Bouscayrol à Toulouse. Le Conseil Général de l’Aveyron (Rodez) pensa alors s’en débarrasser, mais en voyant le trop grand handicap de Raphaël, l’IME de Bouscayrol n’a accepté de garder Raphaël que durant la semaine du Lundi, 11 heures au Vendredi, 14 heures, hors vacances scolaires, jours fériés. Et dès que Raphaël était légèrement malade, je devais le reprendre à mon domicile.
De plus, pour le transport, le Conseil Général de l’Aveyron, n’a pas voulu financer une ambulance (transport obligatoire pour Raphaël) et j’ai été obligé de faire tout le trajet, toutes les semaines (2 fois aller / retour) pendant 3 heures avec mon mari pendant... huit ans.
Raphaël ayant un comportement autistique, ne supportait pas la ceinture de sécurité, il faisait des crises d’énervement terrible, donc je ne pouvais pas le ceinturer. De plus, la station assise pendant 3 heures était une épreuve pour lui et il s’énervait à nouveau. Les transports étaient une terrible épreuve pour lui et pour nous.
Il a fallu l’intervention de la gendarmerie lors d’un contrôle routinier pour mettre fin à ce transport clandestin.
Autre fait significatif de la négligence sévère des institutions françaises à l’égard de Raphaël, qui était pupille de la nation. Durant son séjour à Bouscayrol, il s’est fracturé la hanche dans des circonstances assez troubles : chute ? Maltraitance ? Ce jour là, un vendredi, j’ai récupéré Raphaël en pleur, les agents de l’IME, qui devaient le protéger, m’ont dit qu’ils faisaient une crise, un caprice. Quant à moi, je voyais bien que ses pleurs étaient le reflet d’une très grande souffrance.
Le lendemain matin, j’ai conduis Raphaël aux urgences de Millau (Aveyron). Comme Raphaël ne s’exprimait pas, il fut très difficile de savoir d’où venait précisément cette douleur, qui paralysait sa jambe. Il semblait qu’elle émanait du genou. Devant la difficulté de l’examen, le corps médical a pensé à un traumatisme du genou, et sans chercher plus loin, ils ont pratiqué une radio du genou et ne trouvant aucun signe pouvant expliquer son impotence, m’ont prescrit un antalgique.
Ils n’ont pas fait de radio de la hanche et ce n’est que plus tard, lors d’un contrôle, que nous nous sommes aperçu que non seulement sa hanche avait été fracturé, mais qu’elle s’était mal ressoudée et qu’à court terme, vers ses 30 ans, il ne pourrait plus marcher.
Raphaël a donc passé un week-end de souffrance atroce, à pleurer et à faire des crises. Tout cela, à cause de l’incompétence de l’IME et des médecins des urgences, qui dès qu’il s’agit de s’occuper d’un handicapé, surtout autiste, ne sont pas très rigoureux.
A sa majorité, Raphaël m’a été retiré, brusquement sans explication, il était majeur, donc n’était plus protégé. Le Conseil Général de l’Aveyron avec le concours de la MDPH, la Juge des tutelles, l’ARS, le préfet, l’ADAPEI, l’UDAF, tout ce beau monde, restés dans l’ombre pendant 18 ans, se sont subitement réveillés pour le plus grand malheur de Raphaël : à partir de ce moment, ce pauvre être humain de 18 ans, n’a plus été considéré que comme un morceau de viande, un numéro comme l’était les juifs dans les camps de concentration. Raphaël a été placé dans à la MAS (maison d’accueil spécialisée) de Saint Côme d’Olt.
Ce fut pour Raphaël, le début d’un enfer qui dura 3 ans, condamné à l’isolement : la dernière fois que j’ai pu lui rendre visite, ce fut le 20 août 2013, lors d’une visite impromptue avec ma fille, nous avons trouvé Raphaël dans une chambre, attaché dans l’obscurité à son lit, baignant dans son urine jusqu’au cou, couvert d’eczéma. Le personnel l’a détaché, mis au propre et nous avons été le promener dans le jardin.
Ce dernier, ne parlant pas n’a plus nous confier sa détresse. Mais il était souriant en notre compagnie. Quand nous l’avons ramené dans sa chambre et confié à ses bourreaux, il a commencé à hurler, et à se débattre et même, nous l’entendions encore crier longtemps après, alors que nous nous trouvions sur le parking, traumatisées à jamais par ce que nous venions de voir.
Moi j’appelle cela de la maltraitance de la part de cette institution et de toutes ces personnes, qui ont maintenu Raphaël enchaîné, pendant 3 ans.
Il a été assassiné.
La directrice de la MAS n’a pas jugé opportun de me faire part du décès de Raphaël, c’est le maire du petit village où je réside qui est venu me l’annoncer.
Moi, qui avais porté à bout de bras Raphaël pendant 18 ans, je n’ai eu aux yeux du Conseil Général et de tous ses acolytes, aucun égard.
Il est enterrée comme un chien dans un trou, qui se rempli d’eau à chaque fois qu’il pleut, de plus, on lui a volé ses économies : en effet, l’UDAF lui a confisqué les 5210€ qu’il avait sur son compte.
J’ai saisi le tribunal administratif qui m’a donné raison dans ma lutte contre le Conseil Général de l’Aveyron, en effet il a été condamné pour la manière dont ils m’ont traité pendant 18 ans, alors que je m’occupais de Raphaël comme une esclave des temps modernes.
Je remercie toutes les personnes qui m’ont soutenu dans mon combat pour dénoncer la maltraitance qu’à subit Raphaël durant sa vie et surtout lors de son séjour à la MAS de Saint Côme d’Olt.
Honte à la France, qui fait prévaloir la raison du plus fort et qui n’accorde peu d’importance aux handicapés.