Lettre de Coralie 18 ans, malade et handicapée afin d'obtenir le droit à l'enseignement.

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Lettre ouverte de Coralie malade et handicapée aux dirigeants de l'État.

"Ecrite pour sa maman adoptive Hélène, le handicap et la maladie de Coralie ne lui permet pas de le faire seule. Coralie est par ailleurs une jeune fille vulnérable, qui ne peut pas se défendre sans l'aide d'un tiers. C'est donc mon rôle de maman de la soutenir et l'aider dans son envie d'apprendre"

Bonjour, je m'appelle Coralie, j'ai 18 ans, et j'aurai 19 ans en décembre. Je suis atteinte d'une maladie génétique appelée le syndrome de DiGeorge, touchant les systèmes immunitaire, cardiaque, digestif, intellectuel, et moteur. Je ne peux donc pas être scolarisée dans un établissement scolaire ou médicalisé à cause de ma pathologie. Je dois recevoir l’enseignement à domicile. Depuis plusieurs années je bénéficie de cet enseignement avec des enseignants volontaires, adorables et que j’adore, grâce à une prise en charge de l'Éducation Nationale.
Grâce à ces enseignants j'ai même appris à lire.

L'année dernière je bénéficiais de 10 heures d'enseignement, mais comme je viens d'avoir 18 ans, l'Inspecteur d'Académie m'a informée que j'avais atteint l'âge où cesse l'obligation de scolariser les enfants comme moi. Je lui ai pourtant bien expliqué que je souhaitais continuer mes apprentissages comme la lecture, l'écriture, l'informatique et les mathématiques. Je lui ai bien précisé que les enseignants qui travaillent depuis des années avec moi souhaitent continuer leur accompagnement. Car je suis une élève assidue qui progresse énormément.
Sa réponse est tombée comme un couperet.

Il m'a donc réduit les heures de 10 à 5h, selon lui parce qu'il était généreux, sans aucune sommation et du jour au lendemain. L'argent de l'éducation nationale, ne peut pas continuer à être utilisé pour les enfants comme moi. Je trouve cela profondément injuste et discriminatoire. La loi sur le handicap ne s'en trouve plus respecté, ni l'égalité des chances et la mise en place des moyens.

Pourtant j'ai encore beaucoup de choses à apprendre, sachant que je ne suis pas allée à l'école comme les autres, et que pendant de nombreuses années l'Education Nationale ne m'a fourni aucun enseignement, et que j’ai dû me battre pour faire respecter mon droit à la scolarisation à domicile.

Il m'a été précisé qu'après 18 ans l'Education Nationale devait arrêter de payer mes enseignants, et que je devais me tourner vers le supérieur, mais je n'ai pas encore fini mes apprentissage de collège.....

Alors puisqu'il en est ainsi, je me tourne vers le ministère de l'Éducation Nationale, de la Recherche et du Supérieur, pour qu'une solution soit trouvée à mon problème rapidement et que je puisse encore bénéficier à domicile d'un minimum de 10 heures d'enseignement par semaine pour continuer à apprendre ce que je n'ai pas pu acquérir avant et à construire mon projet de vie future.

J'interpelle également le Président de la République, et la Présidente m de ma région, l’Occitanie.

Je pense que ma situation de personne porteuse de handicap et malade est peut-être inédite. Mais je ne dois pas faire les frais de l'absence de prise en charge des jeunes dans la même situation que moi.

Je demande le droit à la scolarisation, je demande le droit à être une citoyenne de la République, puisque j'ai le droit de voter. J'ai toujours dû me battre auprès de l'Inspection Académique pour obtenir le minimum en demandant le maximum, j'interpelle cette fois l'État sur ses devoirs et ses promesses.

Le président Macron a promis que le handicap serait une priorité de l'État. Je souhaiterais que cela commence par l'enseignement promis à tous les enfants de la République qu'ils soient handicapés ou bien portants.

J'attends votre réponse avec impatience et j’espère votre soutien.

 Coralie.