Défendons le progrès, la santé et les Droits Humains au Sommet mondial des Drogues #UNGASS

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En avril prochain se tiendra une Assemblée Générale extraordinaire des Nations Unies (#UNGASS2016) sur la problématique Drogues. La dernière fois qu’un tel sommet avait eu lieu en 1998, l’éradication des drogues avait été planifiée. Elle a évidemment échoué.

Éradiquer des plantes d’usage millénaire, combattre des usager-e-s, des usages et des comportements par la force plutôt que par le dialogue, la compréhension, et l’accompagnement sanitaire et social : des visées en opposition totale avec la philosophie de Paix, d’entraide et de bien-être humain constitutif des Nations Unies.

Une utopie morbide qui a permis à tous les pays du globe, en particulier sous les gouvernements les plus réactionnaires, de justifier les pires atteintes aux Droits humains, à la Santé et à la sécurité publiques, à la science et au bon sens :

  • Dans bien trop de pays, la peine de mort est utilisée en réponse aux infractions aux lois sur les drogues, y compris pour des délits mineurs ;
  • chez nous, pas de peine de mort mais des centaines de milliers d’interpellations, de garde à vue, d’amendes, de retraits de permis, de perquisitions, des milliards d’euros gaspillés en frais de justice, de police et de prison, avec comme seul résultat une explosion de la consommation ;
  • l'absence ou les difficultés d'accès aux programmes de réduction des risques sont des facteurs majeurs de la propagation des infections virales (SIDA, hépatites) chez les personnes s'injectant des drogues, notamment en prison et au sein des populations vulnérables.
  • le statut d'illégalité des drogues a permis aux organisations criminelles de se financer, de corrompre les institutions et de persécuter les populations (en 2010, le Mexique comptait 15 000 meurtres directement liés au trafic de drogues ; en France déjà beaucoup trop), tout en renforçant leur mainmise sur l’économie mondiale ;
  • en Amérique latine, les politiques d’éradication des cultures de coca imposées à coup (entre autres) de plans militaires, d’exactions policières, de fumigations toxiques et d’épandages aériens de glyphosate ont généré des violations massives des droits fondamentaux et des conséquences sanitaires si invraisemblables qu’il devient difficile de les quantifier ;
  • alors que plus de 80% de la population mondiale n’a pas accès aux antidouleurs, l’Occident surconsomme légalement les dérivés morphiniques sur ordonnance (des sédatifs pour dormir ou des antalgiques pour se soulager), tout en rejetant au ban de la société des concitoyen-ne-s consommant des opiacés illégaux ;
  • enfin, la recherche sur les risques réels et les possibilités thérapeutiques des substances prohibées est ignorée quand elle n’est pas biaisée, voire interdite. Le vice est même poussé jusqu’à refuser dans de nombreux pays (y compris la France) la reconnaissance de l’usage compassionnel aux malades cherchant à apaiser leurs maux, jusqu'à refuser aux malades une possibilité de soin ou de soulagement de leurs symptômes, au prétexte d’une éventuelle dépendance possible.

Et il y a hélas tant d'autres exemples de violations graves et imprescriptibles aux Droits fondamentaux et aux droits des peuples causées directement et indirectement par ce système. L’approche de nos sociétés sur les drogues est ubuesque, absurde, dépassée et, on le voit, néfaste.

Il y a quelques jours, l’Office International de Contrôle des Stupéfiants (OICS), gendarme mondial de la prohibition, reconnaissait dans son rapport l’inutilité du tout répressif. Auparavant, Kofi Annan avait publié un appel à l’ensemble des dirigeants convaincus par une approche de santé publique à revendiquer une ré-interprétation des traités internationaux, et une régulation des substances classées illicites au niveau mondial.

Depuis des années l’OMS, le Programme des Nations Unies pour le Développement, l’ONU SIDA et l’Organisation des États d’Amérique, appellent à une nouvelle approche en la matière.

Et depuis 2011 c’est la Commission Mondiale sur les Politiques des Drogues, composée d’anciens chefs d’État qui, rapport après rapport, pointe les conséquences dévastatrices de 20 ans de “guerre aux drogues” sur l’État de droit, sur l’environnement, sur la santé publique, la criminalité et la paix sociale, sur les droits humains, les droits des femmes et les droits des peuples autochtones, sur l’accès aux médicaments palliatifs et sur tant d’autres pans de notre vie quotidienne.

Nous nous joignons à ces appels et demandons à ce qu’après des décennies d'aveuglement, la France, par la voie de sa diplomatie, saisisse l’opportunité de cette #UNGASS2016 sur les drogues pour faire valoir les principes que notre pays doit — à défaut de les appliquer sur son propre territoire — revendiquer avec force au sein de l’ONU : le dialogue, le progrès, la Paix, la Santé et l’approche de réduction des dommages, les Droits Humains, le développement durable ou encore la participation démocratique aux politiques publiques.

This petition will be delivered to:
  • M. le président de la République française
    François Hollande
  • Premier ministre
    Manuel Valls
  • M. le Ministre des Affaires étrangères et du Développement international
    Jean-Marc Ayrault
  • Mme la Ministre des Affaires sociales et de la Santé
    Marisol TOURAINE
  • Mme la Pdte de la Mission Intérministérielle de lutte contre les drogues & conduites addictives
    Danièle Jourdain-Menninger
  • M. le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
    Jean-Jacques Urvoas


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