En octobre 2017, un ‘coup d'État par le haut’ a eu lieu en Espagne, à la suite duquel, en grave violation du droit organique de l'État espagnol, le gouvernement de Catalogne a été déclaré destitué et le parlement démocratiquement élu a été dissous. Les mesures répressives prises par l'Etat espagnol contre la Catalogne entre 2017 et 2022 constituent les plus graves violations des droits de l'homme en Europe occidentale depuis des décennies. L'Union européenne a détourné le regard, se montrant ainsi indifférente et désintéressée face aux graves violations des droits de l'homme commises à l'encontre du peuple catalan et de nombreux Catalans.
Le président légitime de la Catalogne, Carles Puigdemont, légitimé démocratiquement, mais illégalement privé de ses droits par l'Espagne, a été réélu le 5 mars 2022 pour deux ans à la tête du ‘gouvernement en exil’ catalan. Il a obtenu 102 des 121 voix de l'assemblée des délégués et reste à la tête du Conseil pour la République catalane («Consell per la República Catalana»). Dans les semaines à venir, il nommera les membres de son gouvernement en exil et établira, entre autres, un réseau diplomatique dans de nombreux pays.
L'objectif du «Consell per la República» est la mise en œuvre pratique de la déclaration d'indépendance de la Catalogne, déjà juridiquement effective le 27 octobre 2017 par le Parlement catalan, l'achèvement du processus de constitution de la République catalane («República Catalana»), l'internationalisation du conflit entre l'Espagne et la Catalogne et la défense des droits civils et politiques des Catalans contre les multiples mesures de répression de l'État espagnol.
Comme il s'est avéré depuis plusieurs années que l'Espagne n'est pas prête à des négociations sérieuses et que même l'actuelle 'table ronde', la 'table du dialogue', ne semble être qu'une farce cosmétique, le Conseil pour la République catalane est déterminé à rompre unilatéralement et définitivement avec l'Espagne. Les Catalans vont désormais suivre une double voie et utiliser en Catalogne le peu de possibilités que l'Etat espagnol leur laisse dans leur propre pays ; ils prendront désormais des mesures plus importantes à l'étranger.
Bien que le Conseil pour la République soit actuellement une association politique privée, pour de nombreux Catalans, c'est l'institution qui doit et qui va faire avancer le processus d'indépendance. Le fait que le président légitime de la Catalogne, bien que destitué par l'Espagne, dirige le Consell per la República — il est également à la tête du parti Junts per Catalunya, qui aspire à la souveraineté de la Catalogne, est représenté au parlement catalan et fait partie du gouvernement catalan — est une manœuvre habile qui profitera à la force de frappe et à la perception internationale du gouvernement catalan.
Le droit humain des peuples à l'autodétermination, garanti par le droit contraignant des deux grands pactes des Nations Unies sur les droits de l'homme et transposé dans le droit national de tous les pays signataires, y compris l'Espagne et les pays de l'Union européenne, est pleinement légitime pour la nation catalane.
La création de la République catalane se fait en deux étapes : Tout d'abord, après le référendum du 1er octobre 2017, la déclaration d'indépendance de la Catalogne vis-à-vis de l'Espagne a eu lieu le 27 octobre 2017. Pour être effective, celle-ci n'avait besoin que de la proclamation du parlement catalan, et en aucun cas de l'accord de l'Espagne ou d'autres pays. Il s'agit maintenant de la réaliser et d'établir la République catalane. Le principe de l'unité territoriale de l'Espagne ne s'oppose pas au droit du peuple catalan à l'autodétermination et à la sécession. Le droit international a évolué de manière décisive au 21ème siècle. L'indépendance du Kosovo, déclarée et réalisée contre la volonté de la Serbie, n'a pas enfreint le droit international, comme l'a déclaré la Cour internationale de justice au paragraphe 80 de son «avis consultatif» sur la sécession du Kosovo de la Serbie.
Le droit humain du peuple catalan à l'autodétermination ne dépend que de lui-même. Il n'y a donc pas besoin d'un autre vote ou d'une autre consultation de tous les citoyens de l'Etat espagnol. La Catalogne a déjà fait usage de son droit à l'autodétermination le 27 octobre 2017 et a proclamé son indépendance.
La répression brutale et violente de l'Etat espagnol, qui a tenté de réprimer violemment, mais en vain le référendum précédant l'indépendance, donne en plus aux Catalans le droit à une «sécession réparatrice».
La Catalogne a opté pour la liberté et l'autarcie en octobre 2017 et va achever ce qu'elle a commencé.