Je soutiens les soignants car leur quotidien n'est pas une fiction #SoigneEtTaisToi

Mouvement :Changez 2017

Le problème

 

Bonjour à tous,
vous en entendez parler en ce moment, les professionnels de santé sont en souffrance et manquent cruellement de reconnaissance alors même qu’une série médicale française, NINA, diffusée sur France Télévision, rassemble chaque semaine plus de 3 millions de téléspectateurs. 

Vous voyez le paradoxe ? un vrai engouement public pour un personnage de fiction qui est infirmière d'une part, et un désintérêt des pouvoirs publics pour notre métier de l'autre. 

Alors je me suis dit que ce serait vraiment dingue si ces 3 millions de téléspectateurs soutenaient le mouvement infirmier.

Bon, pour être totalement honnête avec vous, parce qu'on est comme ça on se base sur une relation de confiance, pour les infirmiers, cette série ne nous représente absolument pas et je vais vous expliquer pourquoi dans un instant. Mais quand même, si vous avez passé vos soirées devant NINA, vous pouvez m’accorder quelques minutes pour vous intéresser à notre cause.

Les infirmières sont dans la rue rassemblées autour du mouvement #SoigneEtTaisToi.

Nous avons besoin de vous pour faire bouger le Ministère de la Santé, pour marquer notre unité, pour soutenir un métier en souffrance qui vous concerne absolument tous. 

Alors, avant que vous nous souteniez il faut que je vous explique le rapport entre notre agacement face à NINA qui est une fiction et la non reconnaissance de notre métier qui est notre quotidien.

Pour résumer, la production a pris le prétexte de mettre en avant un personnage d’infirmière pour développer un fiction médicale. Et nous en avons un peu marre de faire office de faire valoir. 

On respecte absolument les médecins, on travaille avec eux tous les jours, on a notre expertise et on bosse ensemble pour le bien-être du patient. Sauf qu’on n’a pas vocation à prendre leur place ou à fantasmer sur le fait de devenir médecin, un sujet sur lequel revient systématiquement la série. On n’est pas des médecins frustrés, on est infirmiers. 

Les scénarii tournent invariablement autour de la recherche diagnostic à laquelle nous participons à notre niveau, mais qui n’est pas notre coeur de métier. D’accord c’est la limite du genre de la série médicale. Sinon on appellerait ça une série paramédicale. Notre métier, c’est le Soin et cela ne se résume pas à une prise de tension ou de température. 

Je passe sur la manière caricaturale dont le personnage de l’étudiante infirmière est représentée. Il y aurait une thèse à développer sur les ressorts contreproductifs de cette série qui présente un personnage féminin fort pour mieux assoir le patriarcat.

Et pourtant, chaque semaine vous êtes en moyenne 3 millions 2 à regarder NINA ! 3 Millions 2 ! Vous ne pouvez pas avoir complètement tort !

Et c’est en écoutant Laurence Bachman, la productrice de Nina qui s’exprimait sur Europe 1 jeudi 27 octobre que j’ai fini par comprendre le paradoxe : Extrait « on le revendique c’est de la fiction, on a besoin de divertir, on a besoin aussi de faire rêver » et ce malgré ce que pouvaient avoir à en dire les professionnels de santé lors de la diffusion de la 1ère saison.

Ce que j’en comprends c’est que les auteurs de la série ont une représentation de notre métier qui répond à vos attentes, en tant que public, peut-être même en tant que patient ou famille de patient. 

Or c’est justement la distance qui sépare cette représentation de notre réalité douloureuse qui provoque la colère des soignants, parce qu’elle est réductrice, édulcorée, éloignée de nos compétences et des responsabilités qui pèsent sur nos épaules dans un contexte dégradé. 

Elle entretient une image décalée et caricaturale de notre univers qui voudrait vous faire croire que tout va bien. Moi j’appelle ça de la propagande.

Alors c’est vrai que ce n’est « qu’une série », que ce « n’est pas un documentaire », qu’elle « n’est pas là pour décrire la réalité ».

Est-ce que c’est si grave si NINA ne nous représente pas tel que nous sommes. 

Fondamentalement non, vous avez le droit en tant que public d’avoir vos représentations sur notre métier, la production et les auteurs eux mêmes ont le droit de coller à cette représentation en vous apportant ce que vous attendez. On peut même pas en vouloir aux comédiens qui pensent vraiment bien faire et nous représenter correctement... 

... non ce qui fait que les soignants réagissent aussi mal à la représentation de l’infirmière dans NINA c’est que ce monde de bisounours qui est acceptable dans une fiction télévisée est partagée par notre Ministre de tutelle. 

Quand nous avons besoin de reconnaissance nous avons l’impression qu’elle regarde NINA en se disant : (Extrait) ça va passer (le roi de la route VRP) 

Quand des infirmiers se suicident ou se font agresser, nous avons droit à : (Extrait) The sound of Silence (Simon & Garfunkel), avant d’annoncer un plan autour de « la culture du bien-être » qui « doit exister à l’hôpital aussi » alors que la culture du rendement mène les personnels au Burn-Out ou au suicide. 

On ressent aujourd’hui le besoin de vous dire qui nous sommes et quelles sont nos difficultés à vous prendre en soin. Même l’ordre qui nous représente nous a enjoint à nous exprimer !

Pourquoi c'est important que vous nous souteniez aujourd'hui ?
Parce que si les infirmières descendent le 8 novembre dans la rue c'est pas pour se plaindre, nous le faisons parce que nous voulons bien faire notre travail, parce que nous sommes pas là pour aller plus vite, pour faire du rendement, nous voulons assurer votre sécurité, votre accompagnement, dans les moments où vous êtes les plus fragiles. 

Alors, vraiment si vous aimez la série NINA, continuez, divertissez-vous, car ce sera à nous soignants, de faire évoluer petit à petit votre représentation de notre métier en nous exprimant, en vous disant qui nous sommes et comment nous souhaiterions vous prendre en soin. 

A l’image de ces infirmières qui se sont confiées à Olivier Delacroix dans sa série documentaire Dans les yeux d’Olivier ou bien comme Caroline Estremo, cette infirmière toulousaine qui a utilisé l’humour pour décrire son quotidien aux urgences.

L’heure est venue pour les soignants de s’exprimer, de dire ce qu’ils sont et ne sont pas. 

Nous avons besoin de vous, les 3.200.000 téléspectateurs de NINA pour faire bouger la représentation qu’a notre Ministre des infirmier.e.s en lui rappelant que vous êtes les premiers à subir le manque de personnel et les mesures qui finissent par mettre votre vie et celle des soignants en danger en signant et relayant la pétition ci-dessous. 
Si vous n’aimez pas NINA ou que vous ne l'avez jamais vu et que vous voulez aussi soutenir les infirmier.e.s n’hésitez pas ! Aidez-nous à vous prendre en soin.

Depuis le mouvement du 8 Novembre 2016 et du 24 janvier 2017, la pétition a continué d'être diffusée avec, actualité oblige, une résonance particulière face au mutisme des pouvoirs publics. C'est la raison pour laquelle la pétition a rejoint la mouvement "Changez 2017" initiée par Change.org pour interpeller les candidats à la Présidentielle. C'est l'occasion pour nous de les voir répondre directement à nos questions. reportez-vous aux dernières mises à jour de la pétition pour en savoir plus.

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Infirmier REPORTERLanceur de pétitionInfirmier depuis juillet 2016, Reporter depuis 2004, Infirmier en Lits Identifiés de Soins Palliatifs depuis 2019
Victoire confirmée
Cette pétition a abouti avec 83 384 signatures !

Le problème

 

Bonjour à tous,
vous en entendez parler en ce moment, les professionnels de santé sont en souffrance et manquent cruellement de reconnaissance alors même qu’une série médicale française, NINA, diffusée sur France Télévision, rassemble chaque semaine plus de 3 millions de téléspectateurs. 

Vous voyez le paradoxe ? un vrai engouement public pour un personnage de fiction qui est infirmière d'une part, et un désintérêt des pouvoirs publics pour notre métier de l'autre. 

Alors je me suis dit que ce serait vraiment dingue si ces 3 millions de téléspectateurs soutenaient le mouvement infirmier.

Bon, pour être totalement honnête avec vous, parce qu'on est comme ça on se base sur une relation de confiance, pour les infirmiers, cette série ne nous représente absolument pas et je vais vous expliquer pourquoi dans un instant. Mais quand même, si vous avez passé vos soirées devant NINA, vous pouvez m’accorder quelques minutes pour vous intéresser à notre cause.

Les infirmières sont dans la rue rassemblées autour du mouvement #SoigneEtTaisToi.

Nous avons besoin de vous pour faire bouger le Ministère de la Santé, pour marquer notre unité, pour soutenir un métier en souffrance qui vous concerne absolument tous. 

Alors, avant que vous nous souteniez il faut que je vous explique le rapport entre notre agacement face à NINA qui est une fiction et la non reconnaissance de notre métier qui est notre quotidien.

Pour résumer, la production a pris le prétexte de mettre en avant un personnage d’infirmière pour développer un fiction médicale. Et nous en avons un peu marre de faire office de faire valoir. 

On respecte absolument les médecins, on travaille avec eux tous les jours, on a notre expertise et on bosse ensemble pour le bien-être du patient. Sauf qu’on n’a pas vocation à prendre leur place ou à fantasmer sur le fait de devenir médecin, un sujet sur lequel revient systématiquement la série. On n’est pas des médecins frustrés, on est infirmiers. 

Les scénarii tournent invariablement autour de la recherche diagnostic à laquelle nous participons à notre niveau, mais qui n’est pas notre coeur de métier. D’accord c’est la limite du genre de la série médicale. Sinon on appellerait ça une série paramédicale. Notre métier, c’est le Soin et cela ne se résume pas à une prise de tension ou de température. 

Je passe sur la manière caricaturale dont le personnage de l’étudiante infirmière est représentée. Il y aurait une thèse à développer sur les ressorts contreproductifs de cette série qui présente un personnage féminin fort pour mieux assoir le patriarcat.

Et pourtant, chaque semaine vous êtes en moyenne 3 millions 2 à regarder NINA ! 3 Millions 2 ! Vous ne pouvez pas avoir complètement tort !

Et c’est en écoutant Laurence Bachman, la productrice de Nina qui s’exprimait sur Europe 1 jeudi 27 octobre que j’ai fini par comprendre le paradoxe : Extrait « on le revendique c’est de la fiction, on a besoin de divertir, on a besoin aussi de faire rêver » et ce malgré ce que pouvaient avoir à en dire les professionnels de santé lors de la diffusion de la 1ère saison.

Ce que j’en comprends c’est que les auteurs de la série ont une représentation de notre métier qui répond à vos attentes, en tant que public, peut-être même en tant que patient ou famille de patient. 

Or c’est justement la distance qui sépare cette représentation de notre réalité douloureuse qui provoque la colère des soignants, parce qu’elle est réductrice, édulcorée, éloignée de nos compétences et des responsabilités qui pèsent sur nos épaules dans un contexte dégradé. 

Elle entretient une image décalée et caricaturale de notre univers qui voudrait vous faire croire que tout va bien. Moi j’appelle ça de la propagande.

Alors c’est vrai que ce n’est « qu’une série », que ce « n’est pas un documentaire », qu’elle « n’est pas là pour décrire la réalité ».

Est-ce que c’est si grave si NINA ne nous représente pas tel que nous sommes. 

Fondamentalement non, vous avez le droit en tant que public d’avoir vos représentations sur notre métier, la production et les auteurs eux mêmes ont le droit de coller à cette représentation en vous apportant ce que vous attendez. On peut même pas en vouloir aux comédiens qui pensent vraiment bien faire et nous représenter correctement... 

... non ce qui fait que les soignants réagissent aussi mal à la représentation de l’infirmière dans NINA c’est que ce monde de bisounours qui est acceptable dans une fiction télévisée est partagée par notre Ministre de tutelle. 

Quand nous avons besoin de reconnaissance nous avons l’impression qu’elle regarde NINA en se disant : (Extrait) ça va passer (le roi de la route VRP) 

Quand des infirmiers se suicident ou se font agresser, nous avons droit à : (Extrait) The sound of Silence (Simon & Garfunkel), avant d’annoncer un plan autour de « la culture du bien-être » qui « doit exister à l’hôpital aussi » alors que la culture du rendement mène les personnels au Burn-Out ou au suicide. 

On ressent aujourd’hui le besoin de vous dire qui nous sommes et quelles sont nos difficultés à vous prendre en soin. Même l’ordre qui nous représente nous a enjoint à nous exprimer !

Pourquoi c'est important que vous nous souteniez aujourd'hui ?
Parce que si les infirmières descendent le 8 novembre dans la rue c'est pas pour se plaindre, nous le faisons parce que nous voulons bien faire notre travail, parce que nous sommes pas là pour aller plus vite, pour faire du rendement, nous voulons assurer votre sécurité, votre accompagnement, dans les moments où vous êtes les plus fragiles. 

Alors, vraiment si vous aimez la série NINA, continuez, divertissez-vous, car ce sera à nous soignants, de faire évoluer petit à petit votre représentation de notre métier en nous exprimant, en vous disant qui nous sommes et comment nous souhaiterions vous prendre en soin. 

A l’image de ces infirmières qui se sont confiées à Olivier Delacroix dans sa série documentaire Dans les yeux d’Olivier ou bien comme Caroline Estremo, cette infirmière toulousaine qui a utilisé l’humour pour décrire son quotidien aux urgences.

L’heure est venue pour les soignants de s’exprimer, de dire ce qu’ils sont et ne sont pas. 

Nous avons besoin de vous, les 3.200.000 téléspectateurs de NINA pour faire bouger la représentation qu’a notre Ministre des infirmier.e.s en lui rappelant que vous êtes les premiers à subir le manque de personnel et les mesures qui finissent par mettre votre vie et celle des soignants en danger en signant et relayant la pétition ci-dessous. 
Si vous n’aimez pas NINA ou que vous ne l'avez jamais vu et que vous voulez aussi soutenir les infirmier.e.s n’hésitez pas ! Aidez-nous à vous prendre en soin.

Depuis le mouvement du 8 Novembre 2016 et du 24 janvier 2017, la pétition a continué d'être diffusée avec, actualité oblige, une résonance particulière face au mutisme des pouvoirs publics. C'est la raison pour laquelle la pétition a rejoint la mouvement "Changez 2017" initiée par Change.org pour interpeller les candidats à la Présidentielle. C'est l'occasion pour nous de les voir répondre directement à nos questions. reportez-vous aux dernières mises à jour de la pétition pour en savoir plus.

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Infirmier REPORTERLanceur de pétitionInfirmier depuis juillet 2016, Reporter depuis 2004, Infirmier en Lits Identifiés de Soins Palliatifs depuis 2019

Victoire confirmée

Cette pétition a abouti avec 83 384 signatures !

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Les décisionnaires

Charlotte Marchandise
En tant qu'ancienne aide-soignante et présidente du réseau des Villes-Santé de l'OMS, je suis plus que sensibilisée aux conditions de travail du personnel hospitalier, et je défends fermement une amélioration de ces conditions. Je vous invite pour cela à lire l'ensemble de nos propositions en la matière, dans le livret thématique « Un système de santé remodelé et axé sur la prévention » : https://charlotte-marchandise.fr/wp-content/uploads/2017/03/PROGRAMME_CMF-Thematique_16.pdf. Quant à nommer « mon ministre de la Santé », c'est là une question largement prématurée ! mais je peux vous assurer que ce serait une personne qui comprendrait l'importance de poser les bases d'une société plus saine plutôt que de consacrer comme aujourd'hui 98% du budget à la prise en charge des problèmes... Dans n'importe quel domaine, il serait absurde de s'entêter à gérer une avalanche de conséquences néfastes sans jamais tenter de s'attaquer aux causes ; c'est pourtant ce qu'on fait dans le domaine médical : pourquoi ? Parce que cela est plus profitable en termes de croissance ? Il faut inverser la logique, dans l'intérêt durable de tou·te·s.
Daniel Adam
Candidat à l'élection présidentielle
Répondu
La santé est un droit de l'Homme, non une marchandise. Ce droit fondamental est consacré en droit interne par l'article L.1110-1 du code de la santé publique : " Le droit fondamental à la protection de la santé doit être mis en oeuvre par tous moyens disponibles au bénéfice de toute personne. "Le droit constitutionnel français proclame également ce droit de façon très explicite : " La Nation (...) garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs." La France reconnaît donc à toute personne le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mental qu’elle soit capable d’atteindre, ainsi que son droit à la sécurité sociale, dont les assurances sociales. L'Etat a donc l'obligation positive de garantir l'effectivité des droits de l'Homme. Une obligation positive signifie qu'il appartient à l'Etat, non pas de réduire les droits pour des motifs économiques, mais de trouver les ressources financières pour garantir les moyens nécessaires à l'effectivité des droits garantis. Le droit à la santé pour tous exige la mise en œuvre d’une réelle politique de santé publique et des mesures concrètes, positives, afin de réintégrer les plus exclus dans le parcours de soins global et de garantir un accès à des soins de même qualité pour un état de santé comparable. Au nom d’une soi-disant “rationalisation des coûts", les logiques organisationnelles aujourd’hui à l’œuvre au sein des hôpitaux, contribuent à aggraver l’exploitation des corps et à dégrader de manière profonde la santé des "hospitaliers". Or, la Santé, et donc celle de nos équipes soignantes, n'a pas de prix. Puisque la santé n'est pas une marchandise, il est impératif de redéfinir une carte hospitalière, planifiant le secteur libéral et respectant l'égalité territoriale. La réforme la plus facile est celle de la tarification hospitalière. En considérant la santé comme un droit de l'Homme, dans la situation actuelle nous devons impérativement combiner trois modes de financement : la T2A, le prix de journée (par exemple dans le soin palliatif) et la dotation globale ( adaptée au traitement des maladies chroniques comme le diabète). Le financement de la Sécurité sociale sera élargi à toute la valeur ajoutée produite, dont les revenus des secteurs financiers, de l'énergie ou encore des industries pétrolières. Le principe du régime local de l'Alsace et de la Moselle sera adopté pour toute la France, en écartant les mutuelles des remboursements complémentaires. Fin du numerus clausus dans l'enseignement médical et dentaire. Cette sélection quantitative pérennise la désertification de nos campagnes, contraignant les enfants des plus pauvres à étudier en Roumanie, en Belgique ou en Espagne. Par défaut, les hôpitaux publics font appel aux médecins étrangers. Les études médicales seront réorientées pour former des CLINICIENS et non de simples prescripteurs. Suppression du secteur privé à l'hôpital public, qui sera redéfini à partir de la « demande locale ». Une Maison de Retraite ne peut qu'avoir une finalité de service public, en répondant à la demande des services qui lui est adressée.
Jacques Cheminade
Énarque dissident, Gaulliste de gauche, défenseur du Travail contre la mondialisation financière.
Répondu
Je m'insurge contre de telles séries qui banalisent la souffrance en la transformant en spectacle. Les choses ne peuvent rester en l'état. Je propose de prendre les mesures suivantes pour redonner un élan à notre système médical en relevant les défis à tous les niveaux, car agir au cas par cas condamnerait à une dilution inefficace. • Pour former et intégrer le personnel médical nécessaire à notre pays : - augmenter le nombre de médecins formés, en prenant en compte la durée particulièrement longue des formations dans cette profession (plus de huit ans d'études pour un généraliste, treize ans pour former un chirurgien spécialisé). Le gouvernement actuel a bien augmenté le numerus clausus, c'est-à-dire le nombre de places offertes, mais je suis convaincu qu'il faut aller beaucoup plus loin. Jusqu'à dix mille places, pour rattraper les retards pris, redonner un essor aux filières déficitaires et compenser les départs massifs à la retraite d'ici 2020 et surtout 2025 ; - mettre à contribution les services médicaux de l'armée, comme c'est déjà le cas dans certains hôpitaux mais en généralisant la possibilité des transferts, pour pallier le manque de médecins dans les années qui viennent et surtout pour que les étudiants en internat dans les CHU bénéficient de l'expérience de ces patriciens, avant d'en prendre le relais ; - réorganiser les maisons de santé en y intégrant les maisons de garde (cf. plus loin, sur la coordination des moyens et des fonctions pour mieux soigner). • Pour redonner à la médecine généraliste qualité, attrait et efficacité : - les honoraires français sont parmi les plus bas d’Europe. Les fixer à trente euros par consultation ne serait que justice. La majoration substantielle des visites à domicile, nécessaires en particulier pour les personnes âgées, se justifie également ; - étudier un système de paiement complémentaire en fonction du nombre de patients traités par semaine et dans l'année ; - mon projet d'une Sécurité sociale universelle doit permettre de réduire rapidement les contraintes administratives que subissent les médecins (plusieurs heures de paperasse en moins avec la disparition progressive des cinq cents assureurs et mutualistes) ; - on devrait intégrer dans la rémunération à l'acte un montant forfaitaire par patient, modulé en fonction de critères comme la gravité et la nature de la pathologie. Ce mode de rémunération conviendrait aux pôles et maisons de santé transdisciplinaires (cf. plus loin), ainsi qu'à ceux qui suivent une formation médicale régulière pour remettre à jour leurs connaissances. Il faudrait en même temps envisager progressivement une réforme plus profonde, consistant à passer à des honoraires de 40 euros par consultation de base et 90 par consultation concernant l'ouverture d'un dossier et le traitement de pathologies classiques. Cette augmentation d'honoraires s'effectuerait dans le cadre d'un maximum de 100 actes par semaine, comportant désormais l'intégration du tiers payant, avec éventuellement une journée par semaine vouée à une mise à jour continue de la formation médicale. Il s'agit d'assurer au médecin une rémunération plus attractive, tout en lui donnant la possibilité de se former et de prêter une attention plus grande à chacun de ses patients ; - dans ce contexte, le montant perçu par patient pourra varier selon la zone d'exercice du médecin. Je propose qu'il soit plus élevé dans les zones les moins favorisées, aujourd'hui médicalement abandonnées, incitant ainsi les médecins à se répartir plus équitablement sur l'ensemble du territoire. Par exemple, les médecins s'installant en « zone déficitaire » bénéficieraient d'une augmentation de l'ordre de 20 % de leurs honoraires ; - la contrepartie sera l'obligation systématique de soigner tous les patients couverts par les dispositifs publics destinés aux plus précaires. • Pour redonner sa dignité à la profession d'infirmier : - accroître les salaires. Le niveau actuel, dans ce type de travail stressant par sa nature même et parce qu'on impose aux infirmiers de faire constamment des économies de matériel, est tout à fait insuffisant. Une hausse progressive de 20 % est indispensable à court terme ; - revaloriser les diplômes : accorder aux étudiants, d'une part la possibilité de décrocher une licence en fin de cursus, d'autre part leur rattachement au ministère de l'Education nationale, outre celui de la Santé publique, ce qui leur permettra de bénéficier des mêmes droits que les autres universitaires ; - offrir des facilités de logement et rémunérer les études en échange d'un engagement de dix ans dans la fonction publique, pour attirer davantage d'étudiants et d'un meilleur niveau ; - créer un Conseil de l'ordre infirmier, permettant une réflexion en profondeur sur le métier ; - assurer un soutien psychologique digne de ce nom dans chaque structure hospitalière, en coordination avec le corps médical. Il faut, dans ce contexte, mettre fin à une situation où, trop souvent, les infirmiers assurent des tâches de médecin et les aides-soignants celles d'infirmier. Bien entendu, ce retour à une juste répartition des compétences s'inscrit dans mes propositions pour redonner sa fonction légitime à l'hôpital public. Le personnel soignant des hôpitaux doit être formé de manière réellement permanente, obligatoire et gratuite. Ce qui suppose un pôle de personnels de remplacement, intégré dans les activités de l'hôpital. Il est inadmissible qu'aujourd'hui la direction des hôpitaux soit obligée de faire appel quasi quotidiennement à des intérimaires. Ma politique de santé publique est déterminée par la présence d'un personnel en nombre suffisant, ce qui assurera une rapide diminution des demandes de congé pour stress ou burn-out. Or, près de 90 000 postes ont disparu des hôpitaux publics entre 2008 et 2014, selon la Fédération hospitalière de France, plus environ 22 000 annoncés par Marisol Touraine entre 2015 et 2017, soit 112 000 emplois au total. Il faut stopper cette hémorragie. Il faudra également, dans le contexte que je définis d'une hausse des rémunérations et d'une fixation des effectifs en fonction des besoins de santé, et non d'une gestion étroitement comptable, revoir la question des 35 heures en milieu hospitalier, selon chaque cas examiné par les comités de santé organisés dans le cadre du pilotage de la Sécurité sociale, ou du moins réexaminer son aménagement en tant que de besoin.
Nathalie Arthaud
En effet, la difficulté du quotidien des infirmiers, des personnels soignants n’est pas une fiction, mais une réalité scandaleuse. C’est tout le système de santé qui est dans un état déplorable et dont le maintien repose sur les travailleurs de la santé, à qui l’on en demande toujours plus. Il manque partout de médecins, d’infirmières, d’aides-soignantes, d’agents hospitaliers. Pour faire face à l’indispensable, les hôpitaux sont obligés de faire appel à l’intérim et à une pléthore de contrats aidés. Ainsi, alors que ces professions sont de celles qu'il faudrait protéger, vu le rôle qu'elles remplissent, elles sont au contraire attaquée. Cela fait partie d'une politique générale qui consiste à faire des économies sur tout dans le domaine de la santé. Et ce sont des économies à la petite semaine, suppression d'une indemnité par-ci, tracasseries pour économiser trois sous par-là, pour les infirmiers libéraux par exemple. Car comme pour les impôts, il est plus facile de s'en prendre aux petits qu'aux gros, aux infirmières, aux soignants qu'aux grandes sociétés pharmaceutiques qui croulent sous les bénéfices. Oui, la santé est malade des politiques menées par tous les gouvernements passés : coupes dans les budgets des hôpitaux, plans d’économie et de restructuration, externalisation d’une partie des tâches nécessaires à la bonne marche des services, et pressions sur les travailleurs pour en faire toujours plus, même si cela veut dire ne pas pouvoir consacrer aux patients le temps dont ils auraient besoin. Par contre, les grands groupes industriels, pharmaceutiques et de la finance, regorgent d'argent. C'est sur leurs profits qu'il faut prendre pour embaucher massivement dans les hôpitaux, rouvrir les services ou les lits fermés par manque d’argent, et rétablir les services médicaux de proximité qui ont été fermés sous prétexte d’une rentabilité insuffisante. C’est la condition pour une santé publique accessible à tous comme pour l’amélioration des conditions de travail des personnels soignants.
Yannick Jadot
Député européen
Mises à jour sur la pétition