Daniel MANDINEAUMarseille, France
Jan 29, 2019

En commençant cette 38èmemise à jour, je veux apporter tout mon soutien à Jérôme RODRIGUES, descendu comme un pigeon par un tir de Flashball au pied du Génie de la Bastille. Pour quel acte subversif ?? Celui de filmer en direct sur un réseau FaceBook l’arrivée du gros de la manif Gilets Jaunes vers 16 heures, samedi 26 janvier ! Avec de trois côtés, d’abord une foule de Gilets Jaunes qui pensaient rejoindre une soirée et une nuit debout de débats citoyens, puis l’armée compacte des Forces de l’Ordre, lourdement armée de ses équipements de LBD et de grenades « de désencerclement », et enfin ce noir groupe de 30 casseurs organisés et venus pour en découdre.
 
La caméra, l’œil qui a été visé, sont donc, pour le Pouvoir, des « armes par destination », à tel point qu’il était urgent de viser à la tête ? Il n’est pas besoin d’attendre le résultat de l’enquête de l’IGPN et autres : tout médecin légiste reconnaît immédiatement la blessure provoquée par une balle de LBD, reçue d’un tir tendu, bien différent de l’impact d’un frelon de grenade.
 
Or, un policier ou un gendarme (et peu importe qui exactement) a bien pressé la détente de cette arme ! Et ce qui seulement est important, c’est de comprendre l’enchaînement des responsabilités qui a conduit, et qui passe par ce geste simple et fatal, aboutissant à la perte de l’œil d’un jeune homme non violent. C’est dans l’enchaînement des responsabilités et des ordres donnés, ce fameux « changement de doctrine », que se situe le nœud de la décision de presser la détente. Et de cet acte, le vrai responsable, le vrai coupable, demeure bien le ministre de l’intérieur Christophe CASTANER, auteur de la « doctrine ».
 
Et peu importe le détail de l’enchaînement, c’est par simple décence que Christophe CASTANER devrait se sentir suffisamment coupable pour démissionner sans attendre, au nom de la plus simple POLITESSE à l’égard de la victime ! C’est du moins ce qu’en aurait pensé Jean JAURÈS, lui-même assassiné d’une balle dans la tête le 31 juillet 1914 par un agité irresponsable. Lequel n’était autre que la marionnette d’une partie du système politique de l’époque, qui avait promis de « faire trembler Jaurès », et le publiait ouvertement, jusqu’à le faire taire définitivement.
 
Oui, ce samedi 26 janvier le pouvoir a tiré à la tête de Jérôme RODRIGUES ! Parce qu’il s’était perché sur la base du monument, pour un meilleur angle de vue ? Parce qu’il est l’une des « figures » du mouvement ? Et reconnu comme tel par le tireur ? Mais bien aussi parce qu’il convenait de frapper à la tête, et que c’est ce à quoi aboutissent les ordres donnés aux Forces de l’Ordre !!
 
Mais ma première intention était de partager avec vous un texte un peu ancien qui raconte quelque chose du temps de JAURÈS et de son assassinat. Curieusement, ce texte ancien nous raconte des choses terriblement actuelles. Il est de Georges RENARD, qui fut condisciple de JAURÈS à Normale Sup, la citation est de Jean JAURÈS lui-même.
 
« ... Il disait aux travailleurs, qu’il entendait affranchir, et non flatter : « Le monde nouveau ne vaudra que ce que vous vaudrez ».
Qu’est-ce à dire, sinon qu’il ne peut y avoir de profonde réforme sociale sans profonde réforme morale ?
On peut établir le suffrage universel et y ajouter même, comme il est juste, le vote des femmes ; élaborer une Constitution habilement agencée, imaginer des systèmes ingénieux pour connaître de façon plus exacte la volonté de la nation ; inventer, comme ont fait les Suisses, des procédés se rapprochant du gouvernement du peuple par lui-même ; créer des organismes destinés à maintenir la paix entre les États.
Tout cela est utile. Mais ce n’est que l’armature, la forme extérieure de la démocratie. Et c’est une forme vide, une armature fragile, quelque chose comme un corps sans âme, s’il y manque la force intérieure sans laquelle la démocratie ne peut vivre.
Si les unités qui composent le corps social sont mauvaises, l’ensemble qu’elles forment ne saurait être bon. Si les individus sont ignorants, égoïstes, querelleurs, indifférents à l’intérêt général, uniquement préoccupés de leur bien-être personnel, alors, oui, l’autocratie, qui dispense les gens de penser et d’agir par eux-mêmes, ou la ploutocratie, qui met au premier plan pour chacun la conquête de l’argent, et corrompt par une presse vénale l’opinion publique, sont les aboutissants naturels d’une pseudo-démocratie.
Voulez-vous, au contraire, une démocratie vraie, réelle, indéfiniment progressive, il faut que les citoyens apprennent à se gouverner eux-mêmes et sachent pratiquer entre eux la solidarité et même cette forme de la sociabilité qu’on appelle la politesse ; qu’ils soient honnêtes, soucieux de tenir leur parole, décidés à faire de leur mieux ce qu’ils doivent faire, amoureux de la justice, de la vérité, de la paix, et qu’ils mettent au premier rang des vertus la bonté.
Alors, le gouvernement populaire sera possible, fécond, durable, et on n’aura qu’à en perfectionner peu à peu le mécanisme ... »
 
Autocrate, chacun comprend sans peine, mais Ploutocrate n’est plus très usité ! Du grec KRATOS, le pouvoir, et PLOUTOS, le dieu de l’argent et de la finance. Tout est dit dans ce texte terriblement prémonitoire : AUTOCRATIE et PLOUTOCRATIE sont bien l’exact résumé du règne de MACRON-JUPITER ! Notre devoir est d’en sortir, et d’utiliser autant que faire se peut le soi-disant grand débat. Trois thèmes semblent essentiels dans le débat :
 
- Sanctionner l’échec absolu des élections législatives de juin 2017 par la dissolution de l’assemblée, et l’élection d’une assemblée nouvelle, plus représentative des aspirations du peuple. C’est par leur empêchement de toute opposition, par leurs votes unanimes de Godillots, que les Députés LREM ont permis l’installation du rapide et terrifiant programme d’Emmanuel Macron au profit des plus riches et des « premiers de cordée ». En faisant taire toute démocratie, ils sont les premiers responsables de la crise actuelle, si terrible pour notre pays.
 
- Rétablir une authentique justice fiscale, non seulement en rétablissant l’ISF, mais en respectant ce vœu constitutionnel :
     « Que chacun contribue à l’impôt à juste proportion de ses moyens »
Débattons ensemble des moyens d’aboutir à une réelle justice fiscale, non seulement par une réelle et complète progressivité de l’impôt sur le revenu, mais en constatant que les premiers de cordée et leurs immenses fortunes n’échappent que trop largement à cet impôt sur le revenu, qui ne frappe que plus durement aussi bien les plus démunis que les classes moyennes. Oui, l’ISF doit être rétabli, mais avec un produit largement augmenté, sur une assiette plus complète et plus juste, à proportion de l’ensemble des moyens des super-riches. Oui, la transmission des plus grandes fortunes accumulées ne peut plus se faire sans un juste retour à la nation qui les a produites.
 
- Respecter les retraités, à qui une vie de labeur et de cotisations doit assurer la solidité d’un véritable contrat social, et non un appauvrissement continu par la non indexation des retraites et les augmentations de CSG.
 
Je souhaite à chacun d’entre nous de porter sa voix dans ce « grand débat », qui ne doit pas rester le monologue de MACRON défendant l’essentiel de son projet :
« NOTRE MISSION : ENRICHIR LES RICHES, PROTÉGER LES ÉVADÉS FISCAUX »
 
Après 18 mois, chacun peut constater les effets, et l’exact contenu de ce programme, indéfectiblement soutenu par les Députés LREM, qui doivent partir !!

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