Victoire

Réforme de la formation initiale des enseignants: pour le maintien du FLE!

Cette pétition a abouti avec 1 151 signatures !


Monsieur le Ministre de l'Enseignement Supérieur,

La Réforme de la Formation Initiale des enseignants que vous menez, bien qu’elle soit nécessaire et puisse amener un changement sociétal positif, nous interpelle en ce sens qu’elle ne permet notamment plus de former des professeurs de Français-Français langue étrangère (« FLE »). En contrepartie de la disparition de cet appariement,  vous proposez la mise en place d’une option, transversale à toutes les formations, disponible pour tous les professeurs, quels que soient leurs domaines d’apprentissage.

Cette disparition du FLE (Français-Français langue étrangère) nous interpelle, surtout dans le contexte actuel dans lequel nous évoluons, nous, étudiants : nous vivons dans un contexte de tensions internationales qui s’accroissent et s’intensifient, de sorte que de nombreuses personnes fuient leur pays dans lequel ils risquent leur vie,  afin de trouver refuge et sécurité dans nos régions. Nous sommes également dans un contexte de mondialisation et d’internationalisation croissante, où les citoyens européens et internationaux peuvent se mouvoir plus ou moins librement, où le multilinguisme est donc essentiel.

Monsieur le Ministre, supprimer le FLE, c’est empêcher la création de spécialistes de la langue française, disposant d’outils pédagogiques et didactiques très spécifiques, propres à l’apprentissage du français en tant que langue étrangère. L’apprentissage du FLE est une formation à part entière, qui nécessite un outillage bien plus spécifique que seuls quelques cours en complément d’une formation de base. C’est donc réduire la qualité de l’apprentissage du français en tant que langue étrangère.

Supprimer le FLE, c’est ignorer les besoins réels de la société ; liés à des crises migratoires, à l’internationalisation, au développement de l’Union Européenne. C’est ignorer ce qu’il se passe à la fois à l’intérieur de nos frontières mais également à l’extérieur.

Supprimer le FLE, c’est oublier le décret Mission sur l'enseignement fondamental et secondaire, qui veut « assurer à tous les élèves des chances égales d'émancipation sociale », et compromettre dès lors l’inclusion de tous quelques soient les origines. C’est empêcher l’insertion des élèves allophones.

Supprimer le FLE, c'est aller à l'encontre du Décret visant à la mise en place d'un dispositif d'accueil et de scolarisation des élèves primo-arrivants (DASPA) dans l'enseignement organisé ou subventionné par la Communauté française, puisqu'en éliminant cet appariement, il n'y aura plus de professeurs spécialisés pour enseigner dans ces classes.

Supprimer le FLE, c’est empêcher les personnes issues de l’immigration de s’intégrer dans notre société. En effet, l’apprentissage du Français est un devoir pour certains primo-arrivants, qui doivent, dans leur parcours d’intégration, poursuivre au minimum 120 heures de français. Mais c’est également une nécessité pour tous les primo-arrivants, qui désirent eux-mêmes de se former, devant se débrouiller dans une langue méconnue au quotidien, pour se nourrir, aller à la pharmacie, chez le médecin, chercher un logement, créer des liens sociaux, trouver un emploi, etc. Enfin, la circulaire de 2017 sur l'intégration des personnes étrangères et d'origine étrangère, exige que les formateurs en FLE aient une formation de pédagogie en français ou FLE.

Supprimer le FLE, c’est oublier la promotion sociale, qui permet également aux parents qui désirent apprendre le français,  de pouvoir suivre la scolarité de leurs enfants. En effet, les enfants auront plus de chances de réussir si leurs parents sont capables de suivre leur parcours scolaire.

Supprimer le FLE, c’est compromettre la politique européenne de la mobilité des professeurs. Pourtant, les débouchés à la profession de professeur de Français-Français langue étrangère sont multiples, et permettent notamment aux professeurs d’aller enseigner le français à l’étranger. Supprimer le FLE est donc, dans cette optique, également contraire à l’internationalisation de la langue française.

Supprimer le FLE, c’est porter préjudice aux étudiants actuels dans cette formation, mais également nuire à l’exercice des autres professeurs, qui n’auront pas, avec une simple option FLE, les outils nécessaires pour donner leurs cours de manière optimale à des élèves allophones.

Supprimer le FLE, c’est mettre à mal tout ce qui a été construit depuis 2001, sans aucune évaluation ni justification pertinente. C’est gaspiller l’expertise d’une formation construite depuis presque 20 ans.

 

En conclusion, la suppression du FLE n'impactera pas uniquement les futurs professeurs et les étudiants, mais aura également des conséquences sociétales. Les véritables victimes de la suppression du FLE, ce sont non seulement les étudiants en FLE et les professeurs, mais également les réfugiés qui ont déjà fui leur pays et qui, en Belgique, ne bénéficieront pas d’une intégration optimale, les enfants d’expatriés venant vivre en Belgique, les élèves dans l’enseignement obligatoire, les étudiants dans les écoles à l’étranger voulant apprendre le français, etc. Supprimer l’appariement Français-Français langue étrangère, c’est donc un recul sociétal, c’est aller à contre-courant des besoins actuels de notre société.

 

L’Unécof ; Les Conseils Etudiants de la Haute Ecole en Hainaut, de l'Henallux, de la Haute Ecole Francisco Ferrer; de la Haute Ecole Louvain en Hainaut (OEH); Les Centres Régionaux d'Intégration: CRILUX (province du Luxembourg), CRIPEL (province de Liège), CRVI (Verviers), CAI (Namur), CIMB (Mons et Borinage), CRIC (Charleroi) et CERAIC (région du Centre); le MRAX; et le CIRÉ.

 



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