Petition updateInceste, pédocriminalité : Aucun consentement !Droit de Suite: comment prévenir les crimes sexuels sur mineur ?
Face à l'inceste
Apr 1, 2019

Voir l'émission Droit de Suite en Replay sur le site LCP

Comment se fait-il que les violences sexuelles sur mineurs soient aussi peu présentes dans l'espace médiatique. Pourquoi ne sont-elles toujours pas considérées comme un problème majeur de santé publique, qui coûte des milliards à la Sécurité sociale, et qui coûte la vie à ceux et celles qui ont "réussi" leur tentative de suicide ?

Si on compare avec le SIDA ou la sécurité routière (autres défis majeurs de santé publique, que je ne souhaite absolument pas minimiser), force est de constater que:

Nous continuons, collectivement, à ignorer le nombre de victimes qui est énorme (4 millions de survivants de l'inceste en France soit 6% de la population et 9% des femmes selon un sondage Harris 2015 pour l'AIVI). 

Nous continus à  méconnaître les conséquences sur la santé à long terme de la pédocriminalité, qui sont comparables à celles que connaissent les vétérans des conflits armés ou les survivants des attentats terroristes (stress post-traumatique, dépression, anorexie, tentatives de suicide, addictions à l'alcool et autres drogues, conduites à risque, maladies auto-immunes, et je n'en suis qu'au début d'une liste interminable !).

Nos tribunaux continuent à correctionnaliser en masse les viols sur mineurs, c'est à dire à transformer le crime en délit pour éviter un coûteux procès aux Assises et raccourcir l'attente pour les victimes (tout en divisant les peines prononcées par 4 ou 5).

Nos médecins continuent à négliger les signaux qui devraient les alerter, et même lorsque leurs patients leur disent qu'ils ont subi des agressions sexuelles, ne font pas toujours le signalement aux autorités judiciaires. Pourquoi la "clause de conscience" qui permet à chaque médecin d'apprécier selon son propre jugement s'il faut dénoncer ou pas les faits ou les soupçons dont il a connaissance aux autorités existe encore ? Qu'est-ce qui justifie une telle clause manifestement incompatible avec la protection des enfants ?

Nos familles continuent à protéger l'agresseur incestueux au détriment de la victime dans 84% des cas (sondage AIVI 2011).

Notre culture du viol continue à reporter la faute sur la victime, même lorsqu'elle a 11 ou 13 ans. Un mineur n'a pas le droit d'entrer dans un casino jusqu'à 18 ans, car on estime qu'il n'a pas la maturité pour gérer les risques du jeu addictif. En revanche, pour la sexualité, notre Code Pénal et la jurisprudence de la Cour de Cassasation  considèrent que dès l'âge de 6 ans, un enfant est capable d'avoir une sexualité et donc que l'enfant doit se défendre tout seul, armé seulement de son "non-consentement" et de son propre jugement pour se protéger contre les prédateurs sexuels.

Il est temps que ça change !

Ci-dessous la présentation l'émission sur le site LCP

Les chiffres sont rares, mais, selon les spécialistes, 135 000 filles et 35 000 garçons en seraient victimes en France chaque année. Comment lutter plus efficacement contre les infractions sexuelles sur mineurs ? Nous nous posons la question dans ce Droit de suite. 
Pour commencer, « Enfance volée : chronique d´un déni », un documentaire bouleversant. Bouleversant du fait des témoignages que vous allez y entendre. Des femmes et des hommes y parlent des viols ou des agressions sexuelles qu´ils ont subi durant leurs enfances ou leurs préadolescences, souvent de la part de proches, et qui ont, à jamais, traumatisés leurs existences. Et notre société à longtemps, très longtemps, fermé les yeux.

Nos invités :

  • Guillaume Gouffier-Cha, député « La République en Marche » du Val-de-Marne, membre du groupe sur les droits de l'enfant et protection de la jeunesse
  • Sophie Auconie, députée « UDI, Agir et Indépendants » d´Indre-et-Loire, membre de la délégation de l'Assemblée nationale aux droits des femmes et à  l'égalité des chances entre les hommes et les femmes
  • Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l'association Mémoire traumatique et victimologie 
  • Patrick Loiseleur, membre de l´Association Internationale des Victimes de l´Inceste

Voir l'émission en replay

Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X