Halte aux détentions arbitraires des militants des droits humains au Niger ! [fr/eng]

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[see english version below]

Ils s'appellent Maikoul Zodi, Ali Idrissa ou encore Moussa Tchangari et militent aux côtés d'Amnesty, d'Oxfam, et du Secours Catholique depuis longtemps pour les droits de l'homme et la démocratie dans leur pays.

A Niamey et dans d'autres grandes villes, la société civile nigérienne organise depuis septembre 2017 des manifestations pour lutter contre la nouvelle loi de finance 2018. En application depuis janvier 2018, cette loi accorde des avantages fiscaux aux multinationales tout en augmentant les charges qui pèsent sur les plus précaires. La société civile sur place juge cette loi comme particulièrement injuste et antisociale.

Le Gouvernement fait tout son possible pour museler la voix du peuple : interdictions anticonstitutionnelles de manifester et arrestations arbitraires, dénoncées par de nombreuses ONG internationales, sont monnaies courantes, et ce dans l'absence totale de toute condamnation par la communauté internationale.

Plus de 25 activistes pacifistes arbitrairement incarcérés ces trois dernières semaines. Voici le bilan des dernières manifestations pacifiques au Niger.

Avec une manifestation toutes les deux semaines, le peuple nigérien est décidé à ne pas laisser passer la loi de finance. Le 25 mars 2018, une nouvelle Journée d'Action Citoyenne est organisée par la société civile, mais elle est interdite par le gouvernement pour cause d'insécurité. Considérant ce motif comme non-recevable, de par le caractère pacifique des manifestations, la société civile refuse de prendre en compte cette interdiction et maintient le rassemblement.

Le dimanche 25 mars, avant même le début de la marche, Moussa Tchangari est arrêté dans son bureau d’Alternatives Espaces Citoyens ; puis ce fut le tour d’Ali Idrissa coordinateur du ROTAB, interpellé au siège du MPCR de Nouhou Arzika, QG du Cadre de Concertation de la Société Civile. Nouhou Arzika sera également arrêté quelque temps après, suivi de maître Lirwana Abdourahamane, d’Ibrahim Namaïwa, d’Idrissa Adamou ainsi que d’autres manifestants pourtant pacifiques.

Au total, 23 manifestants sont arrêtés pour avoir librement et en accord avec la Constitution de leur pays, manifesté contre une loi qu'ils trouvaient injuste. 

Depuis, la mobilisation citoyenne sur place ne faiblit pas et d'autres manifestation citoyennes sont organisées, donnant lieu à une nouvelle vague d'arrestation le 15 avril 2018. Dans une volonté affichée de décapiter tout mouvement social dans le pays, trois leaders d'opinion sont arrêtés. Parmi eux : Maikoul Zodi, coordinateur de Tournons la Page au Niger et Président du Mouvement des Jeunes Républicains, Ibrahim Diori, chargé de plaidoyer d'Alternative Espace Citoyen et Abdourahamane Idé Hassane, président de Jeunesse pour une Mentalité Nouvelle. Ce dernier a depuis été placé en liberté provisoire.

L'ensemble de ces arrestations fait courir le risque d'une dégradation durable de l'Etat de droit et de la démocratie au Niger. Cette vague répressive est sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir du Président M. Issoufou.

Tout cela se déroule dans l'impunité la plus totale, et le silence de la communauté internationale en dit long sur les relations qu'elle entretient avec le gouvernement en place. C'est donc à nous de nous mobiliser pour défendre les libertés au Niger !

Ensemble, demandons au gouvernement Nigérien de :

  • Libérer immédiatement et sans condition les activistes incarcérés suite aux manifestations du 25 mars et 15 avril 2018
  • Respecter la liberté de manifester des citoyens nigériens, telle qu'elle est avancée dans la Constitution
  • Cesser les pressions à l'encontre des médias indépendants et des leaders de la société civile

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They're called Maikoul Zodi, Ali Idrissa, or Moussa Tchangari. Working alongside Amnesty International, Oxfam and the Secours Catholique, they are active pro-democracy and human-rights activists.

Since September 2017, Niger's civil society organizes peaceful protests against the government's new Finance Law. In effect since January 2018, this law grants many advantages to the already privileged international firms working in the country, while creating new taxes for the most precarious citizens. Amongst the population, it is widely considered to be an unfair and antisocial law.

The country's government does everything in its power to stop the people from voicing their opinion: preventing public demonstrations that follow the country's constitution and arresting peaceful protestor on false charges have become everyday acts, all while the international community keeps a complicit silence.

Over 25 peaceful protesters and opinion leaders have been arbitrarily arrested in the last 3 weeks. This is what peacefully protesting results to in Niger.

Resolute in not wanting to let the new finance law last, the people of Niger have taken to the streets. Public demonstrations organized by civil society are held every two weeks in Niamey and other major cities of the country. On March 25th 2018, citing an "insecure environment" the government decided to block one of those demonstrations. Taking into consideration the fact that the ruling party held a meeting the same day in the same city and the peaceful nature of previous demonstrations, the organizers decided that the government's ruling was unjustified and maintained the event.

On Sunday 25th of March, before the demonstration even began, Moussa Tchangari was arrested in the offices of Alternative Espaces Citoyens. Ali Idrissa, coordinator for the ROTAB was arrested in the MPCR's main offices, which is also the headquarters of the Cadre de Concertation de la Société Civile, the place where the anti-finance law demonstrations are organized. MPCR's Nouhou Arzika, lawyer Lirwana Abdourahamane, and many other peaceful protesters were also wrongfully arrested.

On that day, 23 people are wrongfully arrested for, in accordance with their country's Constitution, exercising their right to free assembly and expressing their opinion on an unjust law. To this day they are still behind bars.

However mobilization did not falter and the country's civil society kept organizing more demonstrations. This led to a second wave of arrests to occur on the 15th of April 2018. Publicly showing its intent to decapitate any and all opposing social movement, the government arrested three opinion leaders. Maikoul Zodi, coordinator of Tournons la Page in Niger and president of the Mouvement des Jeunes Républicains and Ibrahim Diori of Alternative Espace Citoyen are held behind bar since that day. The president of Jeunesse pour une Mentalité Nouvelle Abdourahamane Idé Hassane was released on bail.

Arbitrarily arresting disident voices endangers Niger's rule of law and democracy. Never before has the country seen such a wave of repression since President M. Issoufou took power.

Those arrests are done in complete impunity, and the silence of the international community is troubling. The practices of Issoufou's government are a real threat to Niger's rule of law and democracy. It's now up to us to fight for freedom in Niger !

Together, we ask of the government of Niger:

  • The immediate and unconditional release of all the activists and demonstrators incarcerated following the demonstrations on March 25th and April 15th
  • To respect and uphold citizen's freedoms of assembly and demonstration, as stated by the country's Constitution
  • To cease threatening independent medias and civil society leader


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