
Maman MAMANFransa
9 May 2018
Bonjour,
voici la copie de mon cinquième courrier adressé au juge des enfants en date du 27 avril 2018 et qui est toujours sans réponse:
"Madame le Juge des Enfants,
Par ordonnance du 14 février 2018, vous avez pris la décision de placer mon enfant X en famille d'accueil et ce, jusqu'en octobre 2018.
Pour vous, cela ne fait peut-être pas beaucoup mais pour nous ça parait une éternité.
Depuis cette date, mon enfant et moi-même n'avons pu se voir que pendant 2h45 en visite encadrée à l'UTPAS.
Par chance, nous nous sommes aussi vu le 20 février 2018 pour l'expertise psychiatrique, le 28 mars et le 23 avril pour des rendez-vous médicaux et nous nous sommes croisés furtivement à trois reprises, dans et en-dehors de la ville où j'habite et où il est placé.
Je ne sais pas si vous êtes maman, mais si vous l'êtes, pensez-vous que la fréquence et la durée de ces rencontres soient humainement vivables pour une maman et son enfant de 6 ans alors que le service de l'UTPAS reconnait que je ne suis pas maltraitante, alors que l'expert psychiatre reconnait que je ne représente pas un danger pour mon enfant et que ce dernier évolue bien?
C'est d'autant plus difficile à vivre que X me réclame, à chaque fois qu'il en a l'occasion, de pouvoir se voir plus, plus longtemps, qu'il aimerait venir à la maison, qu'il aimerait voir sa mamie, qu'il espère que "la juge va vite répondre oui"
Mes quatre premières lettres étant restées sans réponse, je me permet de vous interpeller à nouveau pour vous demander de nous recevoir en audience avant octobre 2018 afin de réévaluer la situation avec les nouveaux éléments mis au jour par la mesure de placement.
En attendant, je vous implore de faire appel à la part d'humanité qui est en vous et vous demande de bien vouloir augmenter mes droits de visite, tant en terme de fréquence qu'en terme de durée, d'accepter de mettre en place des droits d'hébergement, d'augmenter et de diversifier les contacts de X avec sa grand-mère maternelle (appel téléphonique, correspondance écrite, visite).
Ma mère est atteinte depuis de nombreuses années d'une maladie orpheline qui l'a conduite petit à petit dans un fauteuil roulant en 2006.
L'arrivée de X a tellement bouleversé sa vie, il lui a tellement procuré de la joie et lui a tellement témoignée son affection que la force de ce lien a permis à ma mère de quitter progressivement le fauteuil et de remarcher depuis un peu plus d'un an.
Aujourd'hui, n'ayant eu le droit que de lui téléphoner une fois depuis la date du placement, son état de santé se dégrade, son corps se diminue de semaine en semaine, comme toute personne atteinte d'une maladie neurodégénérative qui subit un choc affectif.
Vous avez sans doute pris cette décision de placement en pensant que X était en danger et nécessitait donc votre protection.
Cependant, lorsqu'une famille ne correspond pas, dans sa réalité de vie, à la perception qui en avait été faite, avez-vous conscience de la souffrance que toute cette famille vit au quotidien?
Je vous en prie, Madame le Juge des Enfants, entendez-moi, entendez-nous et permettez que ma famille puisse vivre en tant que telle."
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