Combat contre le jugement de la différence

0 a signé. Allez jusqu'à 500 !


C’est aujourd’hui une maman déchirée et désemparée qui s’adresse à vous.
Je viens vous crier toutes mes inquiétudes, mon indignation, mon sentiment d’injustice et d’incompréhension, ma colère face à la situation effroyable qu’est en train de vivre mon petit ange de 6 ans.
Après des années de traitements et une opération pour lutter contre une endométriose et alors que le corps médical tentait de me faire accepter que je ne connaîtrais jamais une grossesse, un petit être, tant désiré, a grandi dans mon ventre. Alors qu’il semblait ne plus y avoir d’espoir, mon miracle a eu lieu, Dieu m’a accordé sa confiance et m’a permis de donner la vie, de rencontrer cette petite merveille et de devenir maman. Mon quotidien en fût intensément comblé et je rendais grâce, chaque jour, qu’il puisse faire partie de ma vie.
Ayant suivi des formations d’éducatrice spécialisée, de petite enfance et d’auxiliaire de puériculture, j’ai très vite constaté que mon enfant évoluait différemment, il faisait preuve chaque jour d’aptitudes et d’attitudes qui allaient au-delà de ce qu’on appelle « la norme ». Je m’y suis adaptée et j’ai vite compris qu’on n’était pas maman mais que c’était notre enfant qui nous apprenait à le devenir au fil de son développement.
C’est un enfant « buvard » dans le sens où il lui suffit d’entendre ou de voir quelque chose une fois pour que celle-ci soit comprise et intégrée. Ainsi, il était en mesure de lire, écrire et compter à 3 ans et demi, compétences acquises par sa seule compréhension du monde qui l’entourait.
Au vue de son développement avancé, je ne l’ai scolarisé qu’à 4 ans, âge auquel il a intégré l’école maternelle en moyenne section. L’enthousiasme du nouveau a vite laissé la place à la lassitude et au désintéressement au point où je devais l’habiller de force et faire face à son refus pour l’emmener à l’école chaque matin.
Au début de sa dernière année de maternelle, dans le cadre d’une courte hospitalisation pour toux, fièvre et vomissement, mon enfant a été examiné par un pédiatre de garde qui se trouve être un neuropédiatre. Suite à ses échanges avec mon enfant, il m’explique que nous sommes en présence d’un enfant en grande précocité et par conséquent, qu’il devrait être testé pour lui offrir un accompagnement adapté. J’entame donc les démarches auprès de l’inspection académique qui me met en relation avec la psychologue scolaire.
Cette dernière m’explique qu’avant de tester un enfant, elle doit l’observer une demie journée dans sa classe, ce qu’elle fera en octobre 2016. A la fin de cette journée, je vais rechercher mon enfant à l’école et la maîtresse m’informe qu’il ne sera finalement pas testé et qu’elle fait un signalement aux services sociaux, sans m’en expliquer d’avantage.
Suite à ce signalement, une assistante sociale viendra rencontrer mon enfant à mon domicile, accompagnée d’une infirmière PMI (Protection Maternelle et Infantile) et fera un rapport dans lequel elle-même et l’institutrice soupçonnent une souffrance psychique ainsi qu’une sur-stimulation intellectuelle de ma part, alors même que l’institutrice de grande section de maternelle faisait faire à mon enfant des exercices de lecture, d’écriture et de mathématiques tirés de manuels de CP et ce, tout au long de l’année scolaire.
L’école a finalement décidé de faire tester mon enfant par la psychologue scolaire en mars 2017, test qui a conclu à des résultats nettement supérieurs à la moyenne mais ne reconnaissant pas la précocité au vue des soupçons de sur-stimulation que j’exercerais sur mon enfant.
En juillet 2017, je suis convoquée, avec mon petit, devant le tribunal pour enfant. La juge pour enfant explique que la thèse de sur-stimulation doit être approfondie et ordonne 3 mesures : une AEMO (Assistance Educative en Milieu Ouvert), une MJIE (Mesure Judiciaire d’Investigation Educative) et une expertise psychiatrique de mon enfant.
Au cours de l’AEMO, 2 éducatrices me rencontrent ainsi que mon enfant seul.
Au cours de la MJIE, je rencontre une éducatrice et une psychologue pour retracer mon parcours de vie.
Je suis à nouveau convoquée, avec mon petit, devant le tribunal pour enfant, le 14 février 2018, alors que l’expertise est prévue le 20 février 2018.
Il est alors exposé que la mesure d’AEMO a mis en évidence que mon enfant avait un développement inquiétant parce qu’atypique et que la MJIE ne pouvait pas mettre en corrélation cet état de fait avec mon parcours de vie. Il est également précisé leur inquiétude face à ma non reconnaissance des faits de sur-stimulation et ma non remise en question.
Lorsque la juge pour enfant évoque un éloignement de la sphère familiale, je lui demande de m’expliquer en quoi mon enfant se trouverai d’après elle en situation de danger, je n’ai comme réponse que « Madame, ce n’est pas vous qui posez les questions ».
Après délibération, la juge pour enfant prendra la décision d’un placement en famille d’accueil pour une durée de 8 mois avec effet immédiat. Je suis priée de quitter son bureau sans pouvoir revoir mon enfant. Je ne le reverrai que brièvement en fin de journée lorsque je déposerai ses affaires aux services sociaux, affaires que j’ai dû préparer en 45 minutes, dans la sidération du moment.
La juge pour enfant ne m’a laissée que mon autorité parentale, un appel téléphonique par semaine et une heure de visite en lieu neutre avec un travailleur social tous les 15 jours.
Le 20 février 2018, mon enfant a été reçu par l’expert psychiatre nommé par le tribunal. Il a conclu qu’il n’avait rien sur le plan psychologique ou psychiatrique, que notre relation maman-enfant était saine et non pathogène, que son développement atypique lui faisait évoquer une précocité et qu’il s’opposait formellement au placement.
Aujourd’hui, une famille entière se trouve brisée du fait des conséquences extrêmes que peuvent engendrer le jugement de l’être humain, jugement bâti sans aucun fondement mais sur une perception erronée de la « différence » à la « norme ».
Parce que mon enfant est « différent », il a été violemment arraché à sa famille ce 14 février 2018, jour où l’on célèbre l’Amour avec un grand A, pas seulement celui qui uni deux êtres amoureux mais aussi celui qui lie deux êtres qui s’aiment, quel que soit les rapports qui les unissent.
Parce que mon enfant est « différent », on le prive aujourd’hui de l’amour de sa famille, on me prive de mon enfant, on prive sa mamie de son petit-fils.
En ce 14 février, nous n’avons pas pu célébrer l’Amour, nous n’avons pas pu nous témoigner notre Amour.
Parce que mon enfant est « différent », il n’a plus le droit à cet Amour.
Comment expliquer à un enfant qu’il n’a plus le droit à sa famille parce qu’il est « différent » ?
Comment accepter pour sa famille qu’elle n’a plus le droit à son enfant parce qu’il est « différent » ?
Je lance aujourd’hui un cri de détresse, je dénonce aujourd’hui la gravité que peut entraîner le jugement d’un être humain sur un autre.
J’engage aujourd’hui un combat pour que mon enfant puisse réintégrer au plus vite sa famille qui le chéri tant.
J’engage aujourd’hui un combat contre le jugement de la « différence ».

Arrêtons de faire des jugements sans preuves.



Maman compte sur vous aujourd'hui

Maman MAMAN a besoin de votre aide pour sa pétition “gouvernement: Combat contre le jugement de la différence”. Rejoignez Maman et 341 signataires.