Musique : pas le coeur à la fête !


Musique : pas le coeur à la fête !
Le problème
« Cela a été une erreur de baisser le budget de la culture pendant deux ans. Il ne faut jamais donner de mauvais signes à la culture. (…) Il est temps qu’il y ait une forme de rébellion. » Déclaration de Manuel Valls le 17 mai 2015.
Cette mise en garde du premier ministre vient à point nommé au moment où le sort de France Musique est en jeu. Elle doit inciter les décideurs à une grande clairvoyance.
France Musique est en effet le véhicule privilégié de la musique classique, art infiniment plus accessible universellement que l’éternel reproche d’élitisme ne tendrait à le faire croire. Si élitisme il y a, c’est celui réclamé par Vilar et Vitez au festival d’Avignon, celui qui s’adresse à l’élite de chacun, sa meilleure part. À travers le rôle de transmission pédagogique que France Musique assure de façon irremplaçable, elle représente une valeur ajoutée d’intelligence à la perception des auditeurs.
Cette chaîne ne serait pas rentable, dit-on en se basant sur son taux d’écoute par comparaison avec d’autres. Mais on ne peut comptabiliser de la même façon celui qui écoute et celui qui entend. Quantité et qualité ne se mettent pas en parallèle. France Musique est structurée comme une chaîne que l’on écoute et son but n’est pas de jouer le rôle d’un fond sonore.
À travers des diffusions de concerts, des interviews, des séries d’émissions publiques qui rassemblent des artistes de tous horizons, qui représentent des échanges et des passerelles entre des mondes très divers qui ne se rencontreraient pas sans elle, elle assure aussi la promotion des artistes, elle aide à établir un lien fidèle entre les musiciens et le public, qui apprend à les connaître, qui aime ensuite à les suivre. Les jeunes talents, en particulier, souffriraient fortement d’un amoindrissement de cette action. Le service public pourrait être accusé de ne pas soutenir leur cause, eux comme tant d’autres ont besoin de travailler. Comment les engagerait-on pour des concerts si on n’a jamais entendu leurs noms ?
Renoncer à cette excellence en réduisant le budget de fonctionnement de France Musique constituerait une illusoire économie. Outre le fait qu’il pèse bien peu au regard du coût global de Radio France et de ses grosses structures, on ne peut mesurer les conséquences d’un tel choix. Tout se tient. Si les organisateurs de concerts et de festivals étaient privés de l’action de communication et de diffusion de France Musique, alors que déjà leurs subventions sont revues à la baisse, nombre d’entre eux seraient vite condamnés à disparaître et les retombées économiques locales qu’ils génèrent, aussi.
L’audimat ne peut avoir le dernier mot en matière de culture.
Pourquoi le mot de beauté n’est-il jamais prononcé par les hommes politiques ? Liberté, égalité, fraternité, beauté. C’est un droit de l’homme tout aussi fondamental. N’éteignons pas les lumières. France Musique fait partie des veilleurs qui gardent la flamme allumée. C’est si beau, l’union de ces deux mots, France et Musique… gardons-les réunis !
Anne Queffélec
Pianiste
Le problème
« Cela a été une erreur de baisser le budget de la culture pendant deux ans. Il ne faut jamais donner de mauvais signes à la culture. (…) Il est temps qu’il y ait une forme de rébellion. » Déclaration de Manuel Valls le 17 mai 2015.
Cette mise en garde du premier ministre vient à point nommé au moment où le sort de France Musique est en jeu. Elle doit inciter les décideurs à une grande clairvoyance.
France Musique est en effet le véhicule privilégié de la musique classique, art infiniment plus accessible universellement que l’éternel reproche d’élitisme ne tendrait à le faire croire. Si élitisme il y a, c’est celui réclamé par Vilar et Vitez au festival d’Avignon, celui qui s’adresse à l’élite de chacun, sa meilleure part. À travers le rôle de transmission pédagogique que France Musique assure de façon irremplaçable, elle représente une valeur ajoutée d’intelligence à la perception des auditeurs.
Cette chaîne ne serait pas rentable, dit-on en se basant sur son taux d’écoute par comparaison avec d’autres. Mais on ne peut comptabiliser de la même façon celui qui écoute et celui qui entend. Quantité et qualité ne se mettent pas en parallèle. France Musique est structurée comme une chaîne que l’on écoute et son but n’est pas de jouer le rôle d’un fond sonore.
À travers des diffusions de concerts, des interviews, des séries d’émissions publiques qui rassemblent des artistes de tous horizons, qui représentent des échanges et des passerelles entre des mondes très divers qui ne se rencontreraient pas sans elle, elle assure aussi la promotion des artistes, elle aide à établir un lien fidèle entre les musiciens et le public, qui apprend à les connaître, qui aime ensuite à les suivre. Les jeunes talents, en particulier, souffriraient fortement d’un amoindrissement de cette action. Le service public pourrait être accusé de ne pas soutenir leur cause, eux comme tant d’autres ont besoin de travailler. Comment les engagerait-on pour des concerts si on n’a jamais entendu leurs noms ?
Renoncer à cette excellence en réduisant le budget de fonctionnement de France Musique constituerait une illusoire économie. Outre le fait qu’il pèse bien peu au regard du coût global de Radio France et de ses grosses structures, on ne peut mesurer les conséquences d’un tel choix. Tout se tient. Si les organisateurs de concerts et de festivals étaient privés de l’action de communication et de diffusion de France Musique, alors que déjà leurs subventions sont revues à la baisse, nombre d’entre eux seraient vite condamnés à disparaître et les retombées économiques locales qu’ils génèrent, aussi.
L’audimat ne peut avoir le dernier mot en matière de culture.
Pourquoi le mot de beauté n’est-il jamais prononcé par les hommes politiques ? Liberté, égalité, fraternité, beauté. C’est un droit de l’homme tout aussi fondamental. N’éteignons pas les lumières. France Musique fait partie des veilleurs qui gardent la flamme allumée. C’est si beau, l’union de ces deux mots, France et Musique… gardons-les réunis !
Anne Queffélec
Pianiste
Pétition fermée
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Pétition lancée le 5 juin 2015