

Faure Gnassingbe est illégal
The Issue
PÉTITION CITOYENNE
Pour la pleine exécution de l'arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la
Communauté, qualifiant la révision constitutionnelle togolaise de " changement
inconstitutionnel de gouvernement "
À l'attention de : la Cour constitutionnelle du Togo, l'Assemblée nationale, le Sénat, la Cour
suprême, la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH), le corps diplomatique
accrédité à Lomé, la Commission de la CEDEAO, l'Union Africaine, ainsi que l'ensemble des
partenaires bilatéraux et multilatéraux de la République togolaise.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Nous, citoyennes et citoyens togolais, résidant sur le territoire national comme au sein de la
diaspora, signataires de la présente pétition, entendons soumettre aux institutions nationales,
régionales et internationales les considérations qui suivent, dont la gravité commande, à notre
sens, une réponse à la hauteur des principes en cause.
CONSIDÉRANT que, le 25 mars 2024, une révision constitutionnelle instituant une
prétendue " Cinquième République " fut adoptée par une Assemblée nationale dont le mandat
était échu depuis le 31 décembre 2023 ; que cette refonte intégrale de l'ordre constitutionnel -
laquelle excède, par sa nature comme par son ampleur, le champ d'une simple révision - fut
conduite sans consultation nationale préalable, sans débat public digne de ce nom et sans que
le peuple souverain fût appelé à se prononcer par voie référendaire, en méconnaissance du
principe cardinal selon lequel nul ne saurait disposer de la souveraineté constituante à la place
de son titulaire légitime ;
CONSIDÉRANT que ladite réforme a aboli l'élection du Président de la République au
suffrage universel direct - acquis démocratique fondamental arraché de haute lutte par le
peuple togolais - et a opéré une concentration de l'essentiel des prérogatives exécutives entre
les mains d'un Président du Conseil des ministres, fonction dont l'exercice échoit aujourd'hui à
M. Faure Essozimna Gnassingbé, détenteur ininterrompu du pouvoir d'État depuis 2005 ; qu'un
tel dispositif institutionnel, loin de procéder d'une exigence de modernisation, a pour effet
manifeste de soustraire la dévolution du pouvoir suprême au verdict des urnes ;
CONSIDÉRANT que, saisie par la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme conjointement avec
douze partis politiques et organisations de la société civile, la Cour de justice de la CEDEAO,
statuant en l'affaire n° ECW/CCJ/APP/15/24 par un arrêt en date du 29 janvier 2026, rendu
public le 25 juin 2026, a expressément qualifié cette révision constitutionnelle de " changement
inconstitutionnel de gouvernement " au sens de l'article 23 de la Charte africaine de la
démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG), instrument que la République
togolaise a librement ratifié et dont elle ne saurait, sans se déjuger, récuser aujourd'hui la
portée obligatoire ;
CONSIDÉRANT que la haute juridiction communautaire a rappelé, avec la solennité qui
s'attache à ses décisions, que les procédures de révision constitutionnelle ne sauraient être
détournées de leur finalité pour faire échec à l'alternance démocratique ni pour perpétuer
indéfiniment l'exercice du pouvoir au profit d'un homme, d'une famille ou d'un clan ; que ce
rappel s'inscrit dans une jurisprudence régionale et continentale constante, laquelle érige la
prohibition des manipulations constitutionnelles au rang de norme impérative de l'ordre public
démocratique africain ;
CONSIDÉRANT que l'État togolais, régulièrement notifié de l'instance et mis en mesure de
faire valoir ses moyens, s'est abstenu de produire le moindre mémoire en défense devant la
juridiction communautaire ; que cette carence délibérée, loin de constituer une simple
négligence procédurale, traduit un mépris caractérisé pour le droit régional auquel le Togo a
souverainement adhéré et dont il tire, par ailleurs, des avantages qu'il ne songe nullement à
répudier ;
CONSIDÉRANT enfin qu'un pouvoir issu d'un changement inconstitutionnel de
gouvernement, dûment constaté par une juridiction régionale dont la compétence est reconnue
par l'État togolais lui-même, ne saurait se prévaloir d'aucune légitimité démocratique ; que la
légalité formelle des actes ne saurait suppléer au vice originel qui affecte l'autorité dont ils
émanent, conformément à l'adage selon lequel ce qui est bâti sur le néant juridique ne produit
que du néant ;
PAR CES MOTIFS, NOUS DÉCLARONS ET DEMANDONS CE QUI SUIT
Premièrement. - Nous tenons le régime issu de la Constitution promulguée le 6 mai 2024, dirigé
par M. Faure Gnassingbé en qualité de Président du Conseil des ministres, pour dépourvu de
légitimité démocratique et entaché d'illégalité au regard du droit communautaire ainsi que des
engagements internationaux souscrits par la République togolaise, ainsi que l'a constaté, dans
l'exercice de sa mission juridictionnelle, la Cour de justice de la CEDEAO.
Deuxièmement. - Nous interpellons solennellement les institutions de la République - Cour
constitutionnelle, Assemblée nationale, Sénat, Cour suprême, Commission Nationale des Droits
de l'Homme - sur les responsabilités historiques qui leur incombent. Ces institutions ne
sauraient poursuivre leur fonctionnement ordinaire comme si l'arrêt de la juridiction
communautaire était dénué d'existence juridique. Le silence, dans une telle situation, équivaut
à une forme de complicité passive. Nous leur demandons donc de se prononcer publiquement
sur les conséquences de droit qui découlent de cette décision et d'en tirer, chacune dans la
limite de ses attributions, toutes les implications que commande le constat d'un changement
inconstitutionnel de gouvernement.
Troisièmement. - Nous appelons l'attention de l'ensemble des institutions nationales,
régionales et internationales sur la circonstance que les accréditations, nominations,
engagements conventionnels et actes juridiques émanant du gouvernement issu de ce
changement inconstitutionnel se trouvent exposés à contestation, voire à invalidation, dès lors
que l'autorité qui les délivre puise son titre dans un processus jugé contraire à l'article 23 de la
CADEG. Nous invitons les partenaires de la République togolaise à prendre en compte cette
donnée juridique dans la conduite de leurs relations avec Lomé, comme l'a déjà demandé une
partie importante de la classe politique togolaise.
Quatrièmement. - Nous demandons à la Commission de la CEDEAO ainsi qu'à la Conférence des
Chefs d'État et de Gouvernement d'assumer pleinement les responsabilités que leur assignent
les textes fondateurs de la Communauté face au constat dressé par leur propre juridiction,
conformément aux stipulations du Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne
gouvernance. La crédibilité de l'organisation régionale dans son ensemble dépendra de sa
capacité à donner effet aux décisions de sa Cour, sans distinction entre les États membres selon
leur poids ou leurs alliances.
Cinquièmement. - Nous appelons à l'ouverture, sans délai ni faux-fuyant, d'un authentique
dialogue national inclusif, débouchant sur une transition politique consensuelle, sur la
restauration de l'élection présidentielle au suffrage universel direct et sur le rétablissement d'un
ordre constitutionnel librement consenti par le peuple togolais, seul détenteur légitime du
pouvoir constituant avec pour préalable le départ pur et simple de M. Faure Gnassingbé comme
condition sine qua non.
Sixièmement. - Nous exhortons toutes les Togolaises et tous les Togolais, de l'intérieur comme
de la diaspora, à apposer massivement leur signature au bas de la présente pétition et à en
assurer la plus large diffusion, dans un esprit rigoureusement pacifique, civique et respectueux
de la légalité, afin que force demeure au droit et que le droit demeure au service du peuple.
APPEL À SIGNATURE
Togolaises, Togolais,
La plus haute juridiction de notre communauté régionale a dit le droit, et elle l'a dit sans
équivoque : la réforme dont est issue la " Cinquième République " constitue un changement
inconstitutionnel de gouvernement. Ce constat n'appartient à aucun parti, à aucune chapelle ni
à aucune coalition. Il appartient au peuple togolais tout entier, dans sa diversité et dans son
unité.
Apposer sa signature au bas de la présente pétition, c'est refuser que la Loi fondamentale soit
réécrite par des mandats expirés. C'est exiger que les institutions de la République servent le
droit et non les intérêts d'un clan. C'est affirmer, pacifiquement mais avec la fermeté que donne
la conscience du bon droit, que la souveraineté nationale appartient au peuple, qu'elle ne se
délègue point contre sa volonté et qu'elle ne se confisque jamais impunément.
L'histoire retiendra celles et ceux qui, à l'heure du choix, auront préféré le droit à la résignation.
Fait pour valoir ce que de droit.
Les citoyennes et citoyens signataires

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The Issue
PÉTITION CITOYENNE
Pour la pleine exécution de l'arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la
Communauté, qualifiant la révision constitutionnelle togolaise de " changement
inconstitutionnel de gouvernement "
À l'attention de : la Cour constitutionnelle du Togo, l'Assemblée nationale, le Sénat, la Cour
suprême, la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH), le corps diplomatique
accrédité à Lomé, la Commission de la CEDEAO, l'Union Africaine, ainsi que l'ensemble des
partenaires bilatéraux et multilatéraux de la République togolaise.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Nous, citoyennes et citoyens togolais, résidant sur le territoire national comme au sein de la
diaspora, signataires de la présente pétition, entendons soumettre aux institutions nationales,
régionales et internationales les considérations qui suivent, dont la gravité commande, à notre
sens, une réponse à la hauteur des principes en cause.
CONSIDÉRANT que, le 25 mars 2024, une révision constitutionnelle instituant une
prétendue " Cinquième République " fut adoptée par une Assemblée nationale dont le mandat
était échu depuis le 31 décembre 2023 ; que cette refonte intégrale de l'ordre constitutionnel -
laquelle excède, par sa nature comme par son ampleur, le champ d'une simple révision - fut
conduite sans consultation nationale préalable, sans débat public digne de ce nom et sans que
le peuple souverain fût appelé à se prononcer par voie référendaire, en méconnaissance du
principe cardinal selon lequel nul ne saurait disposer de la souveraineté constituante à la place
de son titulaire légitime ;
CONSIDÉRANT que ladite réforme a aboli l'élection du Président de la République au
suffrage universel direct - acquis démocratique fondamental arraché de haute lutte par le
peuple togolais - et a opéré une concentration de l'essentiel des prérogatives exécutives entre
les mains d'un Président du Conseil des ministres, fonction dont l'exercice échoit aujourd'hui à
M. Faure Essozimna Gnassingbé, détenteur ininterrompu du pouvoir d'État depuis 2005 ; qu'un
tel dispositif institutionnel, loin de procéder d'une exigence de modernisation, a pour effet
manifeste de soustraire la dévolution du pouvoir suprême au verdict des urnes ;
CONSIDÉRANT que, saisie par la Ligue Togolaise des Droits de l'Homme conjointement avec
douze partis politiques et organisations de la société civile, la Cour de justice de la CEDEAO,
statuant en l'affaire n° ECW/CCJ/APP/15/24 par un arrêt en date du 29 janvier 2026, rendu
public le 25 juin 2026, a expressément qualifié cette révision constitutionnelle de " changement
inconstitutionnel de gouvernement " au sens de l'article 23 de la Charte africaine de la
démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG), instrument que la République
togolaise a librement ratifié et dont elle ne saurait, sans se déjuger, récuser aujourd'hui la
portée obligatoire ;
CONSIDÉRANT que la haute juridiction communautaire a rappelé, avec la solennité qui
s'attache à ses décisions, que les procédures de révision constitutionnelle ne sauraient être
détournées de leur finalité pour faire échec à l'alternance démocratique ni pour perpétuer
indéfiniment l'exercice du pouvoir au profit d'un homme, d'une famille ou d'un clan ; que ce
rappel s'inscrit dans une jurisprudence régionale et continentale constante, laquelle érige la
prohibition des manipulations constitutionnelles au rang de norme impérative de l'ordre public
démocratique africain ;
CONSIDÉRANT que l'État togolais, régulièrement notifié de l'instance et mis en mesure de
faire valoir ses moyens, s'est abstenu de produire le moindre mémoire en défense devant la
juridiction communautaire ; que cette carence délibérée, loin de constituer une simple
négligence procédurale, traduit un mépris caractérisé pour le droit régional auquel le Togo a
souverainement adhéré et dont il tire, par ailleurs, des avantages qu'il ne songe nullement à
répudier ;
CONSIDÉRANT enfin qu'un pouvoir issu d'un changement inconstitutionnel de
gouvernement, dûment constaté par une juridiction régionale dont la compétence est reconnue
par l'État togolais lui-même, ne saurait se prévaloir d'aucune légitimité démocratique ; que la
légalité formelle des actes ne saurait suppléer au vice originel qui affecte l'autorité dont ils
émanent, conformément à l'adage selon lequel ce qui est bâti sur le néant juridique ne produit
que du néant ;
PAR CES MOTIFS, NOUS DÉCLARONS ET DEMANDONS CE QUI SUIT
Premièrement. - Nous tenons le régime issu de la Constitution promulguée le 6 mai 2024, dirigé
par M. Faure Gnassingbé en qualité de Président du Conseil des ministres, pour dépourvu de
légitimité démocratique et entaché d'illégalité au regard du droit communautaire ainsi que des
engagements internationaux souscrits par la République togolaise, ainsi que l'a constaté, dans
l'exercice de sa mission juridictionnelle, la Cour de justice de la CEDEAO.
Deuxièmement. - Nous interpellons solennellement les institutions de la République - Cour
constitutionnelle, Assemblée nationale, Sénat, Cour suprême, Commission Nationale des Droits
de l'Homme - sur les responsabilités historiques qui leur incombent. Ces institutions ne
sauraient poursuivre leur fonctionnement ordinaire comme si l'arrêt de la juridiction
communautaire était dénué d'existence juridique. Le silence, dans une telle situation, équivaut
à une forme de complicité passive. Nous leur demandons donc de se prononcer publiquement
sur les conséquences de droit qui découlent de cette décision et d'en tirer, chacune dans la
limite de ses attributions, toutes les implications que commande le constat d'un changement
inconstitutionnel de gouvernement.
Troisièmement. - Nous appelons l'attention de l'ensemble des institutions nationales,
régionales et internationales sur la circonstance que les accréditations, nominations,
engagements conventionnels et actes juridiques émanant du gouvernement issu de ce
changement inconstitutionnel se trouvent exposés à contestation, voire à invalidation, dès lors
que l'autorité qui les délivre puise son titre dans un processus jugé contraire à l'article 23 de la
CADEG. Nous invitons les partenaires de la République togolaise à prendre en compte cette
donnée juridique dans la conduite de leurs relations avec Lomé, comme l'a déjà demandé une
partie importante de la classe politique togolaise.
Quatrièmement. - Nous demandons à la Commission de la CEDEAO ainsi qu'à la Conférence des
Chefs d'État et de Gouvernement d'assumer pleinement les responsabilités que leur assignent
les textes fondateurs de la Communauté face au constat dressé par leur propre juridiction,
conformément aux stipulations du Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne
gouvernance. La crédibilité de l'organisation régionale dans son ensemble dépendra de sa
capacité à donner effet aux décisions de sa Cour, sans distinction entre les États membres selon
leur poids ou leurs alliances.
Cinquièmement. - Nous appelons à l'ouverture, sans délai ni faux-fuyant, d'un authentique
dialogue national inclusif, débouchant sur une transition politique consensuelle, sur la
restauration de l'élection présidentielle au suffrage universel direct et sur le rétablissement d'un
ordre constitutionnel librement consenti par le peuple togolais, seul détenteur légitime du
pouvoir constituant avec pour préalable le départ pur et simple de M. Faure Gnassingbé comme
condition sine qua non.
Sixièmement. - Nous exhortons toutes les Togolaises et tous les Togolais, de l'intérieur comme
de la diaspora, à apposer massivement leur signature au bas de la présente pétition et à en
assurer la plus large diffusion, dans un esprit rigoureusement pacifique, civique et respectueux
de la légalité, afin que force demeure au droit et que le droit demeure au service du peuple.
APPEL À SIGNATURE
Togolaises, Togolais,
La plus haute juridiction de notre communauté régionale a dit le droit, et elle l'a dit sans
équivoque : la réforme dont est issue la " Cinquième République " constitue un changement
inconstitutionnel de gouvernement. Ce constat n'appartient à aucun parti, à aucune chapelle ni
à aucune coalition. Il appartient au peuple togolais tout entier, dans sa diversité et dans son
unité.
Apposer sa signature au bas de la présente pétition, c'est refuser que la Loi fondamentale soit
réécrite par des mandats expirés. C'est exiger que les institutions de la République servent le
droit et non les intérêts d'un clan. C'est affirmer, pacifiquement mais avec la fermeté que donne
la conscience du bon droit, que la souveraineté nationale appartient au peuple, qu'elle ne se
délègue point contre sa volonté et qu'elle ne se confisque jamais impunément.
L'histoire retiendra celles et ceux qui, à l'heure du choix, auront préféré le droit à la résignation.
Fait pour valoir ce que de droit.
Les citoyennes et citoyens signataires

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Petition created on July 15, 2026