Petition updateFéminisme ou antimalisme ?Civilisation et sabotage de la terminologie
SOS men bashing
Mar 21, 2023

Nous vivons une époque dans laquelle de nombreux mots, particulièrement ceux qui se rapportent à la vie sociale et politique, sont équivoques, fallacieux, captieux : socialisme, communisme, démocratie, citoyen, souveraineté, liberté, égalité…. Ce fait a été relevé à nombre de reprises :

« Les détournements conceptuels touchent des notions aussi complexes que fondamentales : autonomie, déconstruction, identité, universalité… En témoigne l’installation dans ce qui tient lieu de débat public, d’artefacts fabriqués de toutes pièces, de mots fourre-tout ou de mots fétiches. » Myriam Revault d’Allonnes.

" La science politique est une discipline où l’intelligence est divertie de sa neutralité par les affections et les intérêts. Il n’est point de discipline où la rigueur nécessaire des termes soit aussi corrompue par leur usage dans des controverses vulgaires et les valeurs émotives dont ils se chargent, témoin les mots de démocratie ou de socialisme, imprégnés de tant d’espoirs divers qu’ils y ont perdu tous sens exact." Bertrand de Jouvenel, Du pouvoir.

Cet état de la terminologie politique et sociale ne doit rien au hasard. Il est recherché pour lui-même. Nous pensons avec des mots, nous nous exprimons avec des mots. Détruire le vocabulaire, c'est nous empêcher de penser, c'est nous empêcher de nous exprimer, c'est nous empêcher de nous organiser. C'est s'assurer un pouvoir sur nous.

Nous parlons du mandat du député, du mandat du président de la République, etc. Ce mot de mandat est mensonger et malhonnête. Ni le député, ni le président de la République ne reçoivent un mandat. 

« À tous égards, il y a divergence absolue entre la représentation de droit public et le système du mandat. Les éléments essentiels du mandat, ceux qui par définition même sont indispensables pour la réalisation de ce contrat, font tous défaut dans la représentation de droit public.

« Dès lors, comment pourrait-on prétendre établir une assimilation ou même seulement une analogie entre la situation du député et celle d’un mandataire ? La vérité est qu’entre l’idée de représentation, au sens que ce mot a en droit public, et celle du mandat, il existe une incompatibilité absolue qui exclut entre elles toute idée de rapprochement. Il ressort de là, comme le dit M. Adhémar Esmein (Éléments de droit constitutionnel, 7e éd. Tome I, page 317) que le terme usuel de mandat législatif est, à tous égards, incorrect et inexact. » Raymond Carré de Malberg, Contribution à la théorie générale de l'État, N°346.

Une question se pose : si ni le député, ni le président de la République ne reçoivent un mandat, pour quelle raison utilisons nous systématiquement ce mot ? Ou plutôt, pourquoi nos maîtres utilisent-ils systématiquement ce mot ? La réponse est toute simple : nos maîtres emploient systématiquement ce mot parce que Les éléments essentiels du mandat, ceux qui par définition même sont indispensables pour la réalisation de ce contrat, font tous défaut dans la représentation de droit public. C'est aussi simple et aussi compliqué que cela. 

Nous vivons dans une société civilisée. Le mensonge (le "faire comme si") est de l'essence de la civilisation. Il n'y a pas de civilisation sans mensonge. Plus une société est civilisée, plus elle est malhonnête et mensongère. Comme notre société est très civilisée, elle est très malhonnête et très mensongère.

" Les illusions se recommandent à nous par le fait qu'elles nous épargnent des sentiments de déplaisir et nous font éprouver à leur place la satisfaction. Il nous faut donc accepter sans nous plaindre qu'elles se heurtent un jour à une partie de la réalité et s'y brisent." Sigmund Freud.

Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X